Anne Gilbert de La Val est un général français de la Révolution et de l’Empire, né le à Riom en Auvergne et mort le à Mora de Rubielos en Espagne. Comme beaucoup d'officiers, il connaît un avancement rapide pendant la période révolutionnaire. Commandant une demi-brigade à partir de 1794, il participe à plusieurs batailles de la campagne de 1796 en Allemagne. Il est promu général de brigade en 1799 et sert à Zurich, Stockach et Moesskirch.
Après avoir exercé divers commandements secondaires, Laval est placé à la tête d'une brigade prenant part à l'invasion de l'Espagne en 1808 et est élevé au grade de général de division l'année suivante. Sous les ordres de Louis-Gabriel Suchet, il commande une division avec laquelle il prend part aux batailles d'Alcañiz et de Belchite. Il est anobli en , peu de temps avant sa mort due à la maladie. Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.
Biographie Carrière militaire sous l'Ancien Régime et la Révolution Anne Gilbert de La Val naît le à Riom, dans la province d'Auvergne. Il entre en service le comme cadet gentilhomme et devient sous-lieutenant le . Il passe ensuite lieutenant en second le et capitaine le . Il est nommé lieutenant-colonel au d’infanterie le avant d'être suspendu le . Réintégré le , puis le , il prend le commandement de la de première formation qui devient, le , la de deuxième formation. . En juin de la même année, la demi-brigade fait partie de la division du général Guillaume Philibert Duhesme, composée de fantassins et 895 cavaliers, elle-même intégrée à l'aile gauche de l'armée de Rhin-et-Moselle sous le commandement du général Laurent de Gouvion-Saint-Cyr. À la tête de son unité, Laval participe à un combat victorieux contre les Impériaux à Renchen le . Au cours de l'avancée des troupes françaises en Allemagne du Sud, il est également présent aux batailles d'Ettlingen le , de Neresheim le et de Friedberg le . Après la retraite de l'armée de Rhin-et-Moselle, la demi-brigade sert durant le siège de Kehl, du au , ainsi qu'au combat de Diersheim le suivant.
Le , la demi-brigade combat avec la division lors de la première bataille de Zurich et Laval est promu général de brigade moins d'une semaine plus tard, le . Il est alors affecté à la division du général Jean-de-Dieu Soult le et prend part à la deuxième bataille de Zurich les 25 et . Au cours de l'engagement, les soldats de Soult franchissent la Linth et surprennent hommes de l'armée austro-russe qui sont mis en déroute. Ce succès a pour conséquence la mort du commandant en chef autrichien Friedrich von Hotze et permet aux Français de couper la ligne de retraite d'Alexandre Souvorov. Sous le commandement du général Honoré Théodore Maxime Gazan, la division participe aux manœuvres visant à encercler l'armée de Souvorov dans les Alpes. Du au , des affrontements ont lieu au lac du Klöntal, à Muotathal, à Näfels et à Schwanden. Six indique que Laval est affecté le à la division de Gazan.
vignette|Le château d'Aarbourg, dont Laval s'empare le 25 juin 1799.
Transféré à l'armée du Rhin au début de l'année 1800, Laval commande provisoirement la division de cette armée à partir du . Il sert ensuite sous les ordres du général Dominique René Vandamme dont la division, attachée à l'aile gauche dirigée par le général Claude Jacques Lecourbe, est formée de la demi-brigade d'infanterie légère et des , et demi-brigades d'infanterie de ligne ainsi que du régiment de hussards. Le , Vandamme contraint la forteresse de Hohentwiel à capituler et ses troupes sont engagées deux jours plus tard à la bataille de Stockach, puis à celle de Moesskirch le ; le 23 de ce mois, Laval est placé au commandement d'une brigade de la division Gudin. Après avoir servi à la bataille d'Höchstädt, il s'empare du château d'Aarbourg le et contribue à la prise de Feldkirch le . Ayant manqué la bataille de Hohenlinden le , il prend part à la poursuite de l'armée impériale en déroute. Le , à Salzbourg, l'arrière-garde autrichienne parvient à repousser des troupes françaises appartenant au corps de Lecourbe, parmi lesquelles la division Gudin. Envoyé à l'armée expéditionnaire de Brest le , il devient commandant de la division militaire de Toulouse le suivant puis des côtes de la Méditerranée de la frontière d'Espagne jusqu'au Rhône le .
Général de l'Empire Laval commande par intérim la division militaire de Lyon à partir du avant d'être affecté à la division Lagrange du corps de la Grande Armée le . Il occupe à ce titre la ville d'Hanau le et prend le commandement du Mecklembourg à la fin de l'année 1806. Le , il est attaché au corps d'observation de la Gironde au sein de la division du général Vedel et, à partir du , dirige temporairement la division du corps de Dupont après la mort du général Jean-Pierre Firmin Malher.
À cette époque, Napoléon a pris la décision de s'emparer de l'Espagne par la force et de déposer le roi Charles IV. Sous divers prétextes, l'Empereur dirige soldats dans la péninsule Ibérique et, en , ceux-ci prennent le contrôle d'un certain nombre de points stratégiques. Le , la population de Madrid se soulève contre les occupants français, ce qui marque le début de la guerre d'indépendance espagnole. Le , Laval prend la tête de la brigade de la division commandée par le général Bernard Georges François Frère, la seconde brigade étant sous les ordres de Claude Rostollan. La division Frère est constituée à cette époque du régiment d'infanterie légère ( hommes), de la légion de réserve ( hommes) et du bataillon du régiment d'infanterie suisse ( hommes). Initialement stationnée à Madrid, la division Frère est détachée du corps principal afin de rétablir les communications avec les troupes du maréchal Moncey, en retraite après leur échec devant Valence, et n'est donc pas présente lors de la capitulation de Bailén. Les colonnes de Frère et de Moncey font leur jonction le et se replient sur Madrid. Nommé le commandant de la brigade de la division Grandjean, servant au corps de Moncey, Laval participe au second siège de Saragosse en .
vignette|upright|Le général Louis-Gabriel Suchet, commandant en chef du corps de l'armée d'Espagne.
Au mois de mai, le corps de l'armée d'Espagne reçoit un nouveau général en chef, Louis-Gabriel Suchet. À cette période, Laval assume le commandement de la division forte de soldats en huit bataillons. La division est commandée par le général Louis François Félix Musnier et la cavalerie par le général Pierre Wathier. Au total, le corps n'aligne que soldats. Après la prise de Saragosse, les Français occupent facilement le sud de l'Aragon. La guerre menaçant d'éclater avec l'Autriche, Napoléon retire la moitié des troupes présentes en Aragon, affaiblissant sérieusement la position française dans ce secteur. La guérilla espagnole s'agite de nouveau, obligeant ses adversaires à évacuer certaines zones, tandis qu'une armée espagnole commandée par le général Joaquín Blake y Joyes fait son apparition avec l'intention de reconquérir la province.
Prenant l'offensive, Suchet attaque l'armée espagnole lors de la bataille d'Alcañiz le . L'armée française déploie fantassins en quatorze bataillons, 526 cavaliers en six escadrons et 18 pièces d'artillerie. De son côté, Blake peut compter sur fantassins, 445 cavaliers et 19 canons. La division de Laval se compose à ce moment du régiment d'infanterie de ligne et du régiment polonais de la Vistule, à deux bataillons chacun.. Blake dispose ses troupes sur trois collines situées en avant de la ville d'Alcañiz. Laval tente une première attaque sur l'aile droite espagnole mais il est repoussé. Suchet ordonne alors à Musnier de briser le centre de la ligne espagnole. Musnier part à l'assaut avec une colonne de cinq bataillons d'infanterie mais, malmenés par le feu des canons et par la mousqueterie des défenseurs, les fantassins franco-polonais se débandent. Suchet, blessé au cours de l'action, fait sonner la retraite. À l'issue du combat, le corps compte 800 tués ou blessés alors que Blake n'a perdu que 300 hommes. Suchet est contraint d'abandonner une grande partie de l'Aragon tandis que Blake reçoit le renfort de nouvelles recrues ; heureusement pour les Français, il n'y a pas assez de mousquets pour équiper tout le monde.
vignette|gauche|upright|Le général Joaquín Blake y Joyes, commandant en chef de l'armée espagnole.
Après sa victoire, Blake marche sur Saragosse. Il divise ses hommes en trois divisions et avance le long de la rivière Huerva. La division de Juan Carlos de Aréizaga progresse sur la rive droite pendant que les deux autres divisions, commandées directement par Blake, cheminent par la rive gauche. Détachant Laval avec une brigade de hommes pour contenir Aréizaga, Suchet oppose à Blake la division Musnier et la brigade du général Pierre Joseph Habert. Le , au cours de la bataille de María, Suchet défait Blake et le force à battre en retraite. L'armée espagnole n'est pas détruite mais perd tout de même 16 de ses 25 canons. Les troupes franco-polonaises déplorent 700 à 800 tués ou blessés sur un effectif total de fantassins, 800 cavaliers et 12 canons. Les Espagnols dénombrent pour leur part tués, 3 à blessés et plusieurs centaines de prisonniers sur un effectif total de fantassins et cavaliers. La brigade Habert, qui fait partie de la division Laval, est formée du de ligne et du régiment polonais de la Vistule. Le lendemain, Suchet essaye de contraindre ses adversaires à livrer bataille à Botorrita, mais Blake parvient à se dérober..
Le , Blake prend finalement position à côté du village de Belchite. Suchet entame les hostilités en attaquant les Espagnols par leur flancs. À gauche, la division Musnier progresse et refoule les troupes adverses, tandis que le général Habert s'en prend à l'aile droite. C'est alors qu'un coup de canon français fait sauter une partie des stocks de munitions espagnols, ce qui précipite la déroute de l'armée de Blake. Victorieux, Suchet charge Musnier d'observer les mouvements de Blake tandis que lui-même retourne à Saragosse avec Laval afin de rétablir l'ordre. Les pertes espagnoles se montent à hommes et 9 canons alors que celles des Français ne dépassent pas 200 tués ou blessés. En plus des unités composant la brigade Habert, Laval a à sa disposition le régiment d'infanterie de ligne.
Laval passe les mois suivants à pacifier le nord de l'Aragon. Dans les derniers jours d'août, il s'empare avec hommes du monastère Saint-Jean de la Peña près de Jaca. Le colonel espagnol Renovales se replie mais se retrouve coincé entre les troupes du corps et des détachements de gardes nationaux français. Renovales négocie sa reddition et obtient un sauf-conduit vers la Catalogne où il continue la lutte contre l'occupant. Toutefois, l'Aragon reste relativement calme de septembre à octobre.. Le , Laval est élevé au grade de général de division, fonction qu'il exerce en pratique depuis le . Au mois de décembre, ses soldats arrivent dans les environs de Teruel et contraignent la junte d'Aragon à prendre la fuite. En , le corps, fort de hommes, est organisé en trois divisions d'infanterie sous les ordres des généraux Laval, Musnier et Habert ainsi que d'une brigade de cavalerie commandée par le général André Joseph Boussart. La division de Laval compte hommes en six bataillons ; elle comprend le régiment polonais de la Vistule et les et de ligne, à deux bataillons chacun. Le régiment polonais de la Vistule est intégré nominalement à la division mais est détaché ailleurs. À cette période, Laval a son quartier-général à Mont-ral.