Charles Spindler né le à Bœrsch et mort le à Saint-Léonard est un peintre, illustrateur, ébéniste, écrivain et photographe françaisBiographie Charles Spindler..
Il fait partie du cercle de Saint-Léonard et est le créateur de la Revue alsacienne illustrée.
Biographie vignette|Portrait de Charles Spindler, photographie anonyme.
Charles Spindler est le neveu du portraitiste et peintre de genre Louis-Pierre Spindler.
Il est né à Bœrsch, dans la première maison à gauche en rentrant dans le village par la Porte Haute (au sud).
Après le décès de son père en 1875, sa mère Marie Célestine Spindler et lui s'installent à Strasbourg. Il entre au collège Saint-Étienne et assiste au cours de dessin de la veuve du peintre Théophile Schuler. Entre 1882 et 1888, il étudie à Düsseldorf, Munich et Berlin. Lors d'un séjour en Alsace en 1886, il se lie avec Anselme Laugel, un ancien voisin de Saint-Léonard. Il s'y installe alors à son tour en 1891. En 1902, il se marie avec Jeanne Rippel, originaire de Strasbourg.
À partir de 1899, Charles Spindler s'entoure d'artistes et d'artisans pour former le cercle de Saint-Léonard. Le but de ce groupe est de susciter un mouvement d'art industriel à l'imitation de ce qui se fait par ailleurs en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Les principaux membres sont Paul Braunagel et Auguste Cammissar pour le vitrail, les frères von Zschock pour la ferronnerie, Léon Elchinger et Wingerter pour la céramique, Jacquemin, J.-J. Graff et Lienhardt pour l'ébénisterie.
En 1898 il lance la revue alsacienne illustrée en bilingue dans le but de faire découvrir les facettes artistiques de l'Alsace. Quelques années plus tard, le docteur Pierre Bucher en assure la direction.
Il a tenu régulièrement son journal pour occuper ses insomnies dues à des crises de goutte, maladie qu’on ne savait pas encore soigner. La partie allant du au a été publiée en 1925Charles Spindler, L'Alsace pendant la guerre. Strasbourg, Librairie Treuttel & Würtz, 1925 ; réimpression : L'Alsace pendant la guerre 1914-1918. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2008.. C’est un document incomparable qui restitue l’état d’esprit de la population pendant la Première Guerre mondiale car, malgré son patriotisme français évident, il reste objectif et témoigne de ce qu’il entend dire autour de lui.
À la date du , il écrit :
Le livre est d’autant plus savoureux que, si les propos tenus en allemand ou en alsacien sont traduits, de façon d’ailleurs fort brillante ( devient ), souvent le texte original est donné en note ou immédiatement après.
La partie du journal postérieure au est inédite. Le Jean-Marie Gyss a prononcé à la salle des fêtes de Bœrsch une conférence où il a parlé de la suite du journal, qui s'arrête pratiquement en 1928https://c.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2015/10/24/spindler-par-jean-marie-gyss|Spindler par Jean-Marie Gyss, conférence organisée par la Société d’histoire et d’archéologie de Boersch-Klingenthal-Saint-Léonard et l’Association des amis de la Léonardsau et du Cercle de Saint-Léonard.. De cette conférence, il apparait que l'enthousiasme patriotique de Spindler est bien vite retombé devant les maladresses des autorités françaises et que ce patriote français a été outré par les exactions commises contre les Allemands. Étant encore bien vu, il a réussi à intervenir utilement en faveur de quelques-uns mais cette attitude modérée, dans le climat exalté de l'époque, a commencé à lui valoir des inimitiés. Nombre de ses proches ont rompu avec lui quand, à l'occasion du procès des autonomistes de ColmarCe procès qui concernait 22 autonomistes a eu lieu en mai 1928., il est venu témoigner en faveur d'un autonomiste, innocent des faits dont on l'accusait. À pareille époque, une telle publication aurait paru un soutien à la cause autonomiste qu’il n’a jamais soutenue.
Dans ses Mémoires inédites publiées 70 ans après sa mortCharles Spindler, L'âge d'or d'un artiste en Alsace. Mémoires inédits 1889-1914. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2009. il mâche encore moins ses mots. Sur Hansi, dont la légende fait son ami, il écrit :
Cet ouvrage rassemble ses souvenirs allant de 1889 à 1914 et a été rédigé après 1928, quand il a cessé de tenir son journal. C'est un ouvrage essentiel pour qui s'intéresse à la vie artistique et intellectuelle de l'Alsace avant 1914. Par ailleurs, bien que profondément déçu par la politique française en Alsace après 1918, il cherche toujours à rester objectif dans ce domaine et constate que :
Une partie de son travail est protégée par l'inscription à l'inventaire complémentaire des monuments historiques, catégorie mobilierVoir la base Palissy. : ils sont conservés à la mairie d'Étampes, ou à Soultz-sous-Forêtsœuvres classées..
Son fils Paul Spindler (1906-1980) a tourné beaucoup de films amateurs durant sa vie dans toute l'Alsace.. Sur beaucoup de ces pellicules, essentiellement en , en et en Super 8, Charles Spindler apparaît à de nombreuses reprises dans les villes et villages de la région pendant les années 1920 et 1930. Ce fonds de films amateurs est aujourd'hui conservé par l'Association MIRA-Mémoire des images réanimées d'Alsace, cinémathèque numérique alsacienne créée en 2006 et basée à Strasbourg.
Œuvre
Mobilier
Charles Spindler découvre fortuitement. la marqueterie en 1893, art qui devient pour lui son moyen d'expression artistique préféré. Ses premiers meubles sont réalisés sous l'inspiration du Jugendstil tout en préservant son enracinement dans l'art populaire alsacien.
Il participe à de multiples expositions et obtient des distinctions pour ses œuvres (grand prix à l'Exposition universelle de 1900 à Paris pour Le Salon de Musique, Highest Award à l'Exposition universelle de 1904 de Saint Louis).
Le galeriste Jean Brolly témoigne :
Images alsaciennes Entre 1893 et 1896, sur une idée du dessinateur bavarois Joseph Sattler, Charles Spindler publie les Images alsaciennes (Elsaesser Bilderbogen), une série de planches illustrant les histoires et légendes d'AlsaceCharles Spindler, L'Alsace pendant la guerre : 1914-1918, fac-simile de l'édition de 1925, avec une présentation et des commentaires de Jean-Marie Gyss, Éditions Place Stanislas, Nancy, 2008, ..
Costumes et coutumes d'Alsace En 1902, Charles Spindler illustre l'ouvrage d'Anselme Laugel, Trachten und Sitten im ElsassSUDOC , réédité en 1975 sous le titre Costumes et coutumes d'AlsaceSUDOC..
Travaux publicitaires
Publications illustration de Leb'wohl, mein Elsass de Alberta von Puttkamer. Émile Straus, Le Théâtre alsacien, illustré par Charles Spindler et Albert Koerttgé, Bibliothèque de la critique, 1901. L'Alsace pendant la guerre, préface de André Hallays, vignettes d'après les dessins de l'auteur, Treuttel et Würtz, Strasbourg, 1925, 763 p. ; réédité en fac-similé en 2008, avec des compléments de Jean-Marie Gyss et Michel Loetscher, Nancy, Éditions Place Stanislas, 847 p. . Ceux d'Alsace : types et coutumes, avec des dessins originaux d'Édouard Elzingre, Éditions des Horizons de France, 1928, 137 p. ; réédité en 2010 sous le titre Ceux d'Alsace : l'hommage d'un artiste aux Alsaciens et à leurs traditions, avec une introduction de François Igersheim et un texte de Barbara Gatineau, Nancy, Éditions Place Stanislas, 220 p. .
Notes et références
Annexes
Bibliographie Charles Spindler : une œuvre fondatrice de l'identité alsacienne, [catalogue d'exposition], Strasbourg, Conseil général du Bas-Rhin, 2011, 21 p. Michel Loetscher et Jean-Charles Spindler, Charles, Paul, Jean-Charles Spindler, un siècle d'art en Alsace, Éditions La Nuée Bleue, 2005, 265 p. ; Jean-Marie Gyss, Charles Spindler mémorialiste : son journal d’après-guerre (1919-1933), Université Strasbourg-II, 2005, n.p. [mémoire de DEA]. Étienne Martin, « Charles Spindler et le cercle de Saint-Léonard. Régionalisme et modernité », in Strasbourg 1900 : naissance d'une capitale, [actes du colloque, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, 1-], Paris, Somogy ; Strasbourg, Musées de Strasbourg, 2000, . Étienne Martin, « Charles Spindler », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 35, . Étienne Martin-Tresch, « Charles Spindler. L'Alsace et l'Art Nouveau », ABC, , , à 18 et [illustrations de meubles et divers ouvrages d'ébénisterie en bois marquetés datés de 1902 à 1904]. . Julien et Walter Kiwior Le Kunschthaafe Art, histoire et gastronomie en Alsace, Association A.R.S Alsatiae, 2010, . Georges Bischoff, Jérome Schweitzer, Florian Siffer, Néogothique ! Fascination et réinterprétation du Moyen Âge en Alsace (1880-1930), Strasbourg, BNU éditions, 2017, 192 p. .
Liens externes
Site de la marqueterie d'art Spindler sur spindler.tm.fr.
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