Le fort d’Exilles est une forteresse italienne reconstruite par le royaume de Sardaigne au début du à Exilles (val de Suse), dans la province de Turin, en Piémont.

Il a succédé à un château des dauphins de Viennois, qui fut renforcé à l'époque classique par les architectes militaires du roi de France.

Le fort classique [{ "type": "ExternalData", "service": "geoshape", "ids": "Q2408412", "properties": { "fill": "#fc3", "stroke": "#000000" } }, {"type":"FeatureCollection","features":[{"type":"Feature","properties":{"marker-color":"#191919","marker-size":"medium","marker-symbol":"marker-stroked"},"geometry":{"type":"Point","coordinates":[6.936482191085815,45.09966936167452]}}]}] vignette|Le fort d'Exilles, plan-relief de 1695. Échelle 1/600e.|gauche Une première tour lombarde existe au : elle est détruite par les FrancsMontagnedoc, Fort d’Exilles, en ligne, , consulté le 26 juin 2008. Un château fort est construit sur un éperon rocheux dans la deuxième moitié du Jean Grézard, « Le fort d’Exilles », in Vauban et ses successeurs en Briançonnais, Association Vauban, Paris, 1995, ; le territoire appartenait alors au Dauphiné de Viennois. Après le transport du Dauphiné au royaume de France en 1349, ce château est constamment agrandi et amélioré par les ingénieurs du roi de France, étant en position avancée sur le versant italien des Alpes. Il sert ainsi de dépôt d’armes à la fin du .

Charles-Emmanuel de Savoie profite des guerres de religion qui affaiblissent la France pour s’en emparer en 1593, avant de le perdre quelques années plus tard. L'ingénieur militaire Jean de Beins lui ajoute des bastions au début du . Il est pris à nouveau par la Savoie en 1708 et cédé en 1713 par le traité d'Utrecht, avec le haut val de Suse, au duché de Savoie.

Il est alors tourné contre la France par Willencourt (1726), puis Ignazio Giuseppe Bertola, qui acquit le titre de « Comte d’Exilles », et enfin Bernardino Pinto. Les travaux durent jusqu’en 1780. Il est pris en par les armées révolutionnaires. Jugé menaçant pour la France, le traité de Paris prévoit sa destruction à la fin de 1800.

Le fort contemporain gauche|vignette|Le fort d'Exilles. Le fort est reconstruit pour contenir une éventuelle menace venant de la France post-révolutionnaire, par Antonio Olivero et Giuseppe Rana (1818-1829). Il est financé par l’indemnité de guerre versée par la FranceGrézard, Le fort d’Exilles, , . Il est en forme de grand trapèze : deux petits côtés de ; deux grands côtés de . Du côté du front principal, un avant-fort (le Rivellino) est édifié. Une batterie est ajoutée au bas-fort pour protéger le front principal. La caserne est construite voûtée sur deux niveaux, entourant une cour sur les quatre côtés. Du côté du Piémont, deux tenailles étagées, dotées de pont-levis, protègent le fort. Une rampe d’accès est construite (22 % de pente) côté piémontais, et le glacis aménagé du côté de la France et du village d’Exilles. Il est encore modernisé en 1844 et doté de , remplacés par des canons à chargement arrière à la fin du .

Les progrès des troupes de montagne le rendent obsolète, et il devient une simple base arrière à partir de 1889Grézard, Le fort d’Exilles, , . Il est désarmé en 1915 lors de l’entrée en guerre de l’Italie contre l’Autriche, et sert de camp de prisonniers de guerre jusqu’en 1918, puis de centre de mobilisation, avant d’être abandonné en 1943 par le de chasseurs alpins. Il est cédé à la région Piémont en 1978 et restauré depuis.

L'homme au masque de fer Sous le règne du roi de France Louis XIV, le fort d'Exilles a été le lieu d'enfermement pendant plusieurs années de l'homme au masque de fer, qui avait précédemment été emprisonné à Pignerol et sera, après Exilles, retenu dans l'île Sainte-Marguerite en face de Cannes, puis à la Bastille à Paris.

Musée et événements culturels De nos jours, le fort est ouvert au public lors de visites et comporte un musée le concernant, ainsi qu'une partie des collections militaires du musée national de la Montagne de Turin, liées aux troupes de montagnes et à l'architecture militaire des Alpes occidentales. Il accueille également divers événements culturels : spectacles, concerts, événements liés au cinéma, aux arts, à la littérature, conférences et événements autour de la montagne

Notes et références

Sources

Bibliographie Jean Grézard, « Le fort d’Exilles », in Vauban et ses successeurs en Briançonnais, Association Vauban, Paris, 1995

Au Musée Maquette du Fort d'Exilles, construite en 1673 et actuellement conservée au musée des Plans-reliefs (Hôtel des Invalides, Paris) Le site internet du Fort d’Exilles (langue : italien).

Liens externes

Exilles Catégorie:Monument dans la ville métropolitaine de Turin Catégorie:Patrimoine du XIXe siècle Catégorie:Histoire du Piémont