L’Union démocratique bretonne (UDB) (, en gallo : Union Dëmocratiq Bertonn) est un parti politique breton créé en 1964. Située à gauche de l'échiquier politique, l'UDB a pour objectifs l'autonomie politique de la Bretagne — c'est-à-dire une forte décentralisation — et l'écologie politique.
Mouvement passé d'un discours assez radical à un programme modéré, l'UDB devient l'un des partis régionaux les plus importants en France métropolitaine et le premier à participer à un exécutif régional. Principale formation autonomiste en Bretagne, l'UDB est présente dans les institutions depuis ses débuts, avec un premier élu dès 1965 à Guilvinec. Elle entre au conseil régional de Bretagne en 2004, à l'Assemblée nationale en 2012. et au conseil départemental d'Ille-et-Vilaine en 2021. En 2023-2024, sa porte-parole Lydie Massard est même brièvement députée européenne. Dotée d'une organisation structurée, et présente sur le terrain comme dans les mouvements sociaux, l'UDB dispose à plusieurs moments de son histoire d'un nombre non négligeable de militants ; mais si elle rencontre un certain succès dans la diffusion de ses idées, dans une région à l'identité affirmée. et aspirant à un pouvoir régional renforcé., son impact électoral reste faible. Dans les années 2010, l'UDB apparaît toujours comme un mouvement politique en devenir.. Elle présente Lydie Massard à la primaire de la gauche unitaire de 2026.
Histoire
Fondation
Le parti est créée le , à Rennes, par seize jeunes gens. Parmi les fondateurs se trouve et Yann-Ber Piriou.
Le mouvement est issu d'une scission du Mouvement pour l'organisation de la Bretagne (MOB).
Le premier élu est en 1965 au conseil municipal du Guilvinec.
Le parti dispose de 2 000 militants en 1980, à son apogée.
L’UDB revendique en 2014 83 élus municipaux, 4 conseillers régionaux et un député apparenté.
Congrès
Un congrès se tient en 1974 à Loctudy.
Un congrès se tient à Saint-Martin-des-Champs, les 8 et .
Classification L’UDB est proche du mouvement socialiste. Lors des élections municipales de 2026, la section vannetaise de l'UDB soutient la liste de gauche menée par Audrey Essola.
D'après le Centre de recherches sur l'action politique en Europe, l'UDB est implanté durablement dans le paysage politique régional et s'inscrit dans l’histoire de la Bretagne.
Identité visuelle
Positionnement politique
Charte de l'Union démocratique bretonne Charte d’adhésion à l'UDB, mise à jour et adoptée lors de la Convention nationale du à Plœmeur. : Article 1 : l’Union démocratique bretonne (UDB) est un parti politique qui rassemble les Bretons d’origine ou d’adoption et les amis de la Bretagne conscients de l’existence du peuple breton. L’UDB agit pour la reconnaissance des droits du peuple breton au niveau de l’État français, de l’Union européenne et des instances internationales. Article 2 : l’UDB agit dans l’ensemble de la Bretagne et milite pour sa réunification administrative. Article 3 : l’UDB agit pour la construction d’une Europe fédérale et solidaire des peuples et des régions. Article 4 : l’UDB agit pour les droits culturels du peuple breton, notamment le droit effectif pour tout Breton d’accéder à la connaissance de son histoire, de sa culture et des langues de Bretagne. Article 5 : l’UDB agit pour que la Bretagne soit dotée d’institutions autonomes et des moyens de son développement. Article 6 : l’UDB condamne toute forme de dégradation de la personne humaine, notamment le racisme, le fascisme et les totalitarismes de toute nature. Elle œuvre pour l’établissement d’un régime résolument démocratique tant sur le plan individuel que collectif. Article 7 : l’UDB situe son action politique dans le cadre du débat démocratique, excluant tout recours à des moyens violents. Article 8 : l’UDB affirme la primauté de la personne humaine et du travail sur le capital et la nécessité d’une régulation et d’une orientation de l’économie de marché par la puissance publique et l’action citoyenne. Article 9 : l’UDB affirme le rôle primordial des organisations syndicales et professionnelles et des associations pour plus de démocratie dans l’économie. Article 10 : l’UDB œuvre pour l’établissement d’une société solidaire, ce qui implique la redistribution des richesses entre individus, entre régions et entre peuples au niveau européen comme au niveau mondial. Article 11 : l’UDB œuvre pour un développement durable qui préserve l’avenir de la planète et des générations futures. Ceci suppose la démocratisation et le renforcement des structures internationales, tant européennes que mondiales. Article 12 : l’UDB est solidaire des peuples qui luttent pour leur liberté politique, économique et culturelle. Article 13 : l’UDB, hostile au militarisme, agit pour le désarmement généralisé et en priorité pour la dénucléarisation. Elle défend le devoir d’ingérence, sous le contrôle d’instances internationales démocratiques, pour mettre fin aux violations massives des droits de l’homme dans les conflits internationaux ou internes aux États.
Organisation
Personnalités
Liste de personnalités membres de l'UDB ou qui s'en disent proches :
Mouvement des jeunes (UDBy)
L' (UDBy), ou UDB Jeunes en langue française, est la structure animée par les adhérents de l'UDB ayant moins de . Créé en 2007, le mouvement revendique une centaine d'adhérents en 2011. Ses membres disposent de leur propre organisation et élisent eux-mêmes leurs représentants. Le responsable de l'UDBy est membre d'office au bureau de l'UDB. L'UDB Jeunes est présent dans les manifestations sociales de la région et organise régulièrement ses propres actions militantes. Mobilisés lors des élections, certains membres ont pu se voir élire conseillers municipaux et conseillers communautairesTexte tiré de l'article UDB Jeunes..
Association des élus progressistes de Bretagne (AEPB)
thumb|alt=Logo de l'association des élus progressistes de Bretagne|Logo officiel de l'AEPB, apparu sur les supports de communication en juillet 2012. L'Association des élus progressistes de Bretagne (AEPB), ou (EDAB) en breton, est la structure rassemblant les élus UDB ou sans étiquette politique, proches de ce qui est appelé .. Site officiel de l'AEPB : Aepb.over-blog.com.
Créée à l'automne 1978., elle s'est tout d'abord dénommée AEMB : association des élus municipaux bretons. Puis lors d'une assemblée générale organisée plus tard le à Pontivy, les élus ont souhaité permettre l'adhésion des conseillers régionaux élus en 2004. Si ce changement de dénomination se justifie par une nécessité technique, le choix du terme « progressistes » s'explique par une volonté politique, comme le précise Herri Gourmelen, président de l'association jusqu'en 2008, et décédé en : .
L'objectif de l'AEPB est de proposer à ses membres un outil de concertation, de formation et de communication. Elle apporte un soutien dans leur action politique, notamment .
Son bureau respecte la parité hommes-femmes. Il est composé de huit membres issus de la Bretagne historique et représente aussi bien les grandes villes et les villes moyennes que les petites communes. L'AEPB comptait 150 élus membres en 2008, dont 1/3 non encarté à l'UDB.. Elle semble inactive depuis 2015.
+ Liste des présidents successifs de l'AEPB-EDAB Période Nom Commentaire 2011 – 2014 Nelly Fruchard (DVG), maire de Plescop Élue le lors de l'assemblée générale de Pontivy... 2008 – 2011 Georges Cadiou (UDB), adjoint au maire de Quimper Élu le lors de l'assemblée générale de Pontivy. 1978 – 2008 Herri Gourmelen (UDB), conseiller municipal de Saint-Malo Élu à l'automne 1978 lors de la création de l'association.
Représentation en France et en Europe
Au niveau hexagonal, l'UDB a été l'un des partis fondateurs de la fédération Régions et peuples solidaires (R&PS) en . R&PS est une coalition de partis régionalistes, autonomistes ou indépendantistes présents sur le territoire de la République française. Depuis son élection en , le député breton Paul Molac (RPS-UDB puis LREM puis sans étiquette) représente la fédération sur les bancs de l'Assemblée nationale...
Au niveau européen, l'Union démocratique bretonne a intégré l'Alliance libre européenne (ALE) en 1987. L'ALE est un parti politique européen qui rassemble des partis régionalistes, autonomistes ou indépendantistes présents sur le territoire de l'Union européenne. Au Parlement européen, ses eurodéputés siègent au côté des eurodéputés verts pour former le groupe Verts/ALE. Entre 2009 et 2014, puis depuis , le Corse François Alfonsi (RPS-PNC) est élu eurodéputé et représente la fédération Régions et peuples solidaires — et donc l'Union démocratique bretonne — sur les bancs du Parlement européen. Bruno Le Clainche, membre de l'UDB, est l'un de ses assistants parlementaires à Bruxelles...
Journal Le journal Le Peuple breton est une émanation de l’UDB.
Élections
Des années 1970 aux années 2000, l'Union démocratique bretonne ne parvient à capter qu'une part modeste de l'électorat breton.. L'universitaire Romain Pasquier constate qu'elle obtient des résultats significatifs aux élections locales, entre 5 et 10 % des suffrages exprimés, mais franchit rarement la barre des 3 % lors des élections nationales.
L'une des raisons se trouve dans le mode de scrutin majoritaire à deux tours largement pratiqué en France et qui a considérablement limité la possibilité de l'UDB d'obtenir des élus. Or, il est important pour le parti d'être représenté dans les assemblées explique l'ancien porte-parole Ronan Divard : .. Il y a aussi la volonté de ..Cet obstacle institutionnel a amené le parti autonomiste à rechercher, notamment lors des élections locales, des alliances avec d'autres partis de gauche. C'est là une critique faite par les détracteurs de l'UDB qui n'hésitent pas, de l'aveu même de Ronan Divard, à taxer ses militants de , même si ces alliances ne sont pas systématiques.
selon Romain Pasquier. Avec le changement du mode de scrutin des élections régionales et l'entrée de l'UDB au Conseil régional de Bretagne, ajouté à une alliance fructueuse et régulière avec Europe Écologie Les Verts, le parti autonomiste progresse en électorat et en nombre d'élus.
Des cycles électoraux et des alliances qui évoluent
Engagée dans la compétition électorale depuis ses débuts, l'Union démocratique bretonne a vécu quatre décennies politiques qui constituent des cycles électoraux distincts avec des stratégies d'alliances différentes..
La décennie 1970 marque un cycle d'expansion de l'UDB. Après des débuts électoraux difficiles au milieu des années 1960, un décollage électoral s'opère au début des années 1970 pendant lesquelles l'UDB s'engage dans les combats sociaux et profite de l'essor du mouvement culturel breton qu'elle contribue à structurer.. Les élections législatives de 1973 voient les cinq candidats UDB obtenir 2,10 % des voix en moyenne. Les cantonales de 1976 montrent une progression avec une moyenne de 5,27 % pour les neuf candidats UDB en lice. En participant aux listes d'Union de la gauche lors des municipales de 1977, l'UDB obtient 35 élus dont 11 dans sept villes de plus de . Les 34 candidats aux cantonales de 1979 (trois fois plus qu'en 1976) obtiennent 5,63 % en moyenne, plusieurs candidats dépassant les 10 %. Aux municipales de 1983, l'UDB présente des candidats dans 130 communes et double son implantation en remportant 80 conseillers municipaux dans 60 communes.