Le Cimetière des arlequins est le deuxième album du groupe de rock progressif français Ange, sorti en 1973.

Contexte et parution Après la parution de Caricatures en 1972, Ange part en tournée et gagne rapidement en popularité. Le groupe assure notamment la première partie de Johnny Hallyday à Chantilly, lors du premier concert de sa tournée « Johnny Circus ». Le Cimetière des Arlequins est enregistré en 1973, au retour de la première tournée anglaise du groupe .. L'album est enregistré au studio des Dames à Paris, à l'exception de La Route aux cyprès, qui est quant à lui enregistré au Château d'Hérouville, au studio Michel Magne..

L'album sort en 1973, année où la popularité du rock progressif est à son paroxysme. Pour promouvoir sa sortie, Ange donne de nombreux concerts.. Le groupe participe le au festival de Reading en Angleterre, le même jour que Genesis, qui est en tête d'affiche ce jour-là.. Le groupe joue alors devant personnes., dont un jeune Steve Hogarth, futur chanteur du groupe anglais Marillion.

Les premiers exemplaires de l'album qui sont commercialisés présentent des autocollants sur la pochette et sont accompagnés de transferts pour T-shirts. La pochette de l'album est une peinture d'un artiste d'origine russe, Jacques Wyrs, extraite de la série Monuments Stellaires..

Composition Face 1 Le premier titre de l'album est une reprise de Ces gens-là de Jacques Brel., qui a été complètement réarrangée par rapport à la chanson d'origine. Qualifiée de « théâtrale », seuls les trois premiers couplets de la version originale sont chantés sur cette reprise. Le dernier couplet est volontairement omis et est remplacé par un solo de guitare. De nombreux fans de Jacques Brel ont reproché à Ange l'absence du dernier couplet sur leur reprise. Le groupe s'en explique sur la pochette de l'album : « À Jacques Brel, nous n'avons pas osé te prendre Frida ! », afin de ne pas rendre la chute de la chanson incompréhensible. La chanson est pendant longtemps interprétée en concert par le groupe..

Aujourd'hui c'est la fête chez l'apprenti sorcier succède à Ces gens-là. Beaucoup plus orienté rock, ce titre est l'un des plus énergiques interprétés par le groupe. Il démarre par un motif en deux accords très simpliste, joué au clavier par-dessus un puissant riff de guitare, lui-même dominé par le chant thêatral de Christian Décamps .. Les paroles de la chanson font quant à elles référence à des apprentis sorciers. Le tout est .. Un break laisse ensuite place à une flûte, des claviers et des paroles murmurées. Cette section, qui est plus calme et atmosphérique, regagne finalement l'énergie du début la chanson.

La chanson suivante, Bivouac, est composé en deux parties.. Bivouac () débute avec une introduction chantée. Le titre commence de façon enjouée et ressemble presque à de la musique folk. La musique devient rapidement plus sombre et sinistre. Cette partie se compose de solos joués à l'orgue. La seconde partie du titre, Bivouac Final, est le seul instrumental de l'album. Cette partie se caractérise par une et par des claviers . L'Espionne lesbienne est à l'inverse une chanson acoustique accompagné de passages à la flûte.

Face 2 De temps en temps est une ballade à tendance symphonique, qui se termine sur un bruit de bande magnétique accélérée. La Route aux cyprès est une ballade folk, où une guitare acoustique et une flûte peuvent être entendues. Comparé à L'Espionne lesbienne, cette chanson acoustique est beaucoup plus détendue et attrayante. L'album se termine sur le titre du même nom, Le Cimetière des Arlequins. La chanson, qui dure plus de huit minutes, est construite sur un . Le côté théâtral d'Ange y est particulièrement mis en avant, tandis que les paroles évoquent des visiteurs de cimetières. Cette façon de terminer l'album par un long titre est une première pour le groupe, qui répète le schéma sur ses quatre albums studio parus après Le Cimetière des Arlequins.

Accueil critique

Le site de l'encyclopédie Larousse trouve que sur Le Cimetière des Arlequins, Ange .. Pour l'auteur Franz Bourlet, il est l'un des nombreux albums parus en 1973 qui attestent de la popularité du rock progressif cette année-là. Dans son livre Anthologie du rock français : De 1956 à 2017, Dominique Grandfils estime que Le Cimetière des Arlequins . Dag Erik Asbjørnsen, auteur du livre Scented Gardens of the Mind: A Guide to the Golden Era of Progressive Rock (1968–1980) in More Than 20 European Countries, conseille d'écouter tout d'abord Le Cimetière des Arlequins parmi tous les albums d'Ange parus entre 1972 et 1977, car il renferme selon lui . Frédéric Delage du magazine Rockstyle déclare qu'en dehors du titre De temps en temps, . Il observe toutefois que

Mike McLatchey du magazine Exposé estime que Le Cimetière des Arlequins présente par rapport à Caricatures, mais considère qu'il . Il considère également le solo de guitare interprété par Jean-Michel Brézovar sur Ces gens-là comme l'un des moments forts de l'album. Olivier Davenas de Big Bang trouve que la musique interprétée par Ange sur l'album est , mais qu'elle est d'autre part . Pour François Couture du site AllMusic, Le Cimetière des Arlequins possède une , comme du titre De temps en temps. Il pense que l'album manque de et d'une et recommande plutôt Au-delà du délire, qui présente selon lui ces qualités.

Ventes et postérité Suivant sa parution en 1973, Le Cimetière des Arlequins devient l'album le plus vendu d'Ange et se vend à plus de exemplaires. En 1976, il est certifié disque d'or en France pour s'être vendu à au moins exemplaires, sur InfoDisc.. Le Cimetière des Arlequins permet à Ange de se faire connaître en France, mais aussi dans les scènes de rock progressif européennes et au Québec. Le Cimetière des Arlequins est par ailleurs l'un des premiers albums écoutés par Luc Arbogast, participant à la saison 2 de The Voice : La Plus Belle Voix, lorsqu'il découvre pour la première fois les musiques traditionnelles...

Titres

Fiche technique Adaptée de la pochette intérieure du vinyle de 1973.

Musiciens Christian Décamps : chant, orgue Hammond, piano Francis Décamps : orgue, effets spéciaux, mellotron, chant Daniel Haas : basse, guitare acoustique Jean-Michel Brézovar : guitare solo, flûte, chant Gérard Jelsch : batterie, percussions

Équipe technique Henri Loustau : ingénieur du son (Studios des Dames) Jean-Louis Labro : assistant (Studios des Dames) Andrew Scott : ingénieur du son (Studio Michel Magne) Jacques Wyrss : illustration pochette recto-verso J. Aubert, C. Delorme : photos pochette intérieure

Notes et références

Bibliographie

(fr) François Robinet, Rock progressif français - Une histoire discographique, Rosières-en-Haye, Camion Blanc, 2020, pp. 92-95.

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