Mediapart est un quotidien de presse en ligne français fondé en 2007 par un groupe de journalistes dont Edwy Plenel et présidé depuis 2024 par Carine Fouteau.

Il contribue au journalisme d'enquête notamment dans les révélations de l'affaire Woerth-Bettencourt en 2010, de l'affaire Sarkozy-Kadhafi en 2012, de l'affaire Cahuzac en 2012-2013, de l'affaire Benalla en 2018-2019 ou de l'affaire Bétharram en 2025. Ses enquêtes sont à l'origine de démissions, comme celle du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, du ministre de l’Écologie François de Rugy, de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie ou du député de Paris Denis Baupin.

Son capital social est détenu depuis 2019, via la Société pour la protection de l’indépendance de Mediapart (SPIM), par le Fonds pour une presse libre (FPL). : un fonds de dotation à but non lucratif visant à garantir l'indépendance rédactionnelle et financière du journal et dont la mission d’intérêt général est la défense de la liberté, de l’indépendance et du pluralisme de la presse..

Le site est disponible en français, anglais et espagnol. Il a une ligne éditoriale orientée à gauche.

Paraissant exclusivement en ligne, il comporte deux volets, l'un réservé à la rédaction, l'autre, « le club de Mediapart » est alimenté par les blogs des abonnés.

Histoire Mediapart est fondé le par François Bonnet, Laurent Mauduit, Edwy Plenel, Marie-Hélène Smiéjan et Gérard Desportes.. Plusieurs d'entre eux viennent de la direction du Monde, où ils dénoncent la mise en place depuis 2005 d'un journalisme de validation au détriment d'un journalisme d'investigationLaurent Huberson, Enquête sur Edwy Plenel, Éditions du Cherche Midi, décembre 2011, .Edwy Plenel, Procès, Éditions Stock, 2006..

Le nom est un mot-valise qui associe deux notions voulues par ses fondateurs. : « Média » : pour rappeler qu'il s'agit d'un organe de presse et d'information numérique ; « Part » : qui renvoie à la fois à « participatif » (en raison de la forte interaction avec les lecteurs et de l'espace de blogs ouvert aux abonnés) et à l'idée d'un « média à part » (indépendant, sans publicité ni subvention étatique).

Mediapart héberge des ⁣⁣articles de presse⁣⁣ rédigés par ses journalistes (« le journal »), ainsi que des articles de ses lecteurs (« le club de Mediapart »)..

Avec d'autres médias en ligne, le média est à l'initiative de la création, à l'automne 2009, du syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL), dont Edwy Plenel est le secrétaire général. et dont Maurice Botbol, président de Indigo Publications, est président.

Mediapart est partenaire du média Disclose depuis 2018..

Depuis 2022, Mediapart est membre de la Maison des lanceurs d'alerte... Il participe à la création d'un réseau, , afin de collecter des informations sur des sujets d’investigation spécifiques, en sécurisant les sources..

Contenus Mediapart se présente avec deux entrées principales : Le Journal, tenu par les journalistes professionnels de la rédaction, et Le Club, animé par les internautes abonnés. Le pari de Mediapart est de faire cohabiter les articles de la rédaction du journal et les contributions des lecteurs (dans les éditions participatives, dans les blogs personnels), la modération se faisant selon un principe de responsabilité individuelle et collective. Par delà l'indépendance éditoriale et économique, l'articulation bicéphale entre Club et Journal serait, dans l'architecture même du site, la condition pour faire de Mediapart « le journal de ses lecteurs ». La charte de participation à Mediapart expose les motifs et règles déontologiques en vigueur..

Les contenus du journal sont actualisés trois fois par jour (aux environs de 9, 13, et .). Chaque « Une » (page d'accueil, page International, page France, page Économie, page Culture et idées) se présente en deux volets : la « Une » de la rédaction de Mediapart et la « Une » du Club, sélection d'articles des éditions ou de billets des blogs opérée par Mediapart. Le Club possède sa propre entrée, dont les articles mis en avant sont également choisis par la rédaction de Mediapart.

Une étude publiée en 2021 note que . Il met de l'avant ses enquêtes et ses reportages sur des sujets de société, alors que les autres médias francophones ..

En , pour la première fois en France, Mediapart crée un poste de “gender editor”. et y nomme Lénaïg Bredoux. Son rôle est de veiller à la bonne représentation des femmes dans leur traitement éditorial....

La boîte noire Mediapart accompagne ses enquêtes d’une rubrique intitulée « Boîte noire », située en bas des articles. Elle décrit les méthodes de travail des journalistes, les sources utilisées (sans révéler leur identité), les vérifications effectuées, les mises à jour et, le cas échéant, les limites de l’enquêtehttps://www.mediapart.fr/mode-emploi.

Éditions participatives Le Club de Mediapart comprend des « éditions participatives », des espaces de publication collectifs créés et animés par les abonnés autour d'un thème, d'un territoire ou d'un centre d'intérêt commun. Chaque édition rassemble plusieurs contributeurs sous la coordination d'un responsable éditorial et s'inscrit dans les règles de participation du Club ...

Ce dispositif s'inscrit dans le projet de journalisme participatif revendiqué par Mediapart dès sa création. Dans une étude publiée par la revue Réseaux, les chercheurs Roland Canu et Caroline Datchary analysent le Club comme un espace où se négocient les relations entre journalistes professionnels et lecteurs-contributeurs, permettant à la fois la participation des abonnés et le maintien d'une distinction entre production journalistique et contribution citoyenne ..

Les éditions participatives constituent ainsi l'une des principales manifestations de la dimension participative du modèle éditorial de Mediapart, fondé sur l'association des lecteurs à la vie du journal au-delà des simples espaces de commentaires ..

Enquêtes et dossiers notables Mediapart se fait connaître rapidement par ses enquêtes.. Dès , des éléments sur le train de vie anormal d'une ministre sont publiés : « Les folles dépenses de la ministre Rachida Dati ». ; de même, le réquisitoire du Parquet dans la crise financière de janvier 2008 à la Société générale (Affaire Kerviel). est publié.

Jusqu'à la divulgation de l'affaire Woerth-Bettencourt, les débuts de Mediapart sont compliqués, certaines enquêtes passent inaperçues et les abonnements ne décollent pas.. Après la parution de l'enquête, les abonnements connaissent une forte hausse, passant de 24 000 à 42 000.

En 2018, Les Inrockuptibles considère que Mediapart est devenu la référence en matière de journalisme d'enquête.. Celles-ci sont à l'origine de plusieurs démissions, comme celle du ministre de l’Écologie François de Rugy ou de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie..

Affaire Woerth-Bettencourt (2010)

Le , Mediapart révèle l'existence et le contenu d'enregistrements effectués clandestinement en 2009 et 2010 au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome, et montrant des relations inconnues jusqu'alors entre celle-ci et plusieurs membres du gouvernement, en particulier Éric Woerth et Valérie Pécresse, ainsi qu'avec le président de la République Nicolas Sarkozy lui-même, déclenchant l'affaire Woerth-BettencourtMediapart, « Sarkozy, Woerth, fraude fiscale : les secrets volés de l'affaire Bettencourt », 16 juin 2010, contenu payant.... Cependant, le , le rapport d'un nouvel interrogatoire subi par l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, dont Le Figaro s'est procuré une copie, ferait apparaître que Mediapart aurait « romancé » les propos de l'ex-comptable en impliquant le président de la République.. La rédaction de Mediapart répond que l'article retranscrit fidèlement les propos du témoin recueillis en présence de tiers...

Commentant l'éclosion de cette affaire qui, selon lui, « affole le camp Sarkozy », le New York Times souligne que Mediapart propose un journalisme d'investigation que les médias dominants ne proposent plus guère en France..

Dans le contexte de l'affaire Bettencourt, Xavier Bertrand, alors secrétaire-général de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), prend à partie le site en ligne dénonçant ses « dérapages très graves » et ses « méthodes totalement anti-démocratiques » allant jusqu'à accuser le site d'Edwy Plenel de « méthodes fascistes ».. Une plainte est déposée pour diffamation. En , le ministre est relaxé, les juges de la chambre de la presse considérant que ..

Depuis une décision de justice de , à la demande de Patrice de Maistre, Mediapart ne peut plus diffuser ces enregistrements du majordome, de nombreux articles sont ainsi censurés..

En , la Cour européenne des droits de l'homme estime que la liberté de recevoir et communiquer des informations devait s’effacer devant le droit à la vie privée de Mme Bettencourt..

Affaire Sarkozy-Kadhafi (2012)

Le journal publie le un article sur une probable collusion entre le cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, le marchand d’armes Ziad Takieddine et le régime libyen, puis en puis en , deux notes qui laissent à penser que le régime libyen aurait financé à hauteur de d'euros la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. C'est le début de l'affaire Sarkozy-Kadhafi. Le candidat à sa réélection porte alors plainte pour , et . En 2016, la justice rend un non-lieu jugeant le document authentique, tout en précisant que le jugement ne porte pas .. Mediapart dépose quant à lui une plainte pour dénonciation calomnieuse..

Affaire Jérôme Cahuzac (2013)

Mediapart est à l'origine de l'affaire Cahuzac, un scandale politique français. Après avoir porté l'affaire seul et contre tous, le journal met en cause directement le ministre Pierre Moscovici dans cette affaire par l'intermédiaire d'Edwy Plenel le sur la chaîne i-Télé.. Edwy Plenel affirme que le ministre de l'économie connaissait la situation illicite de son ministre délégué depuis mi-, et que l'enquête fiscale auprès des banques suisses sur une période restreinte qu'il avait diligentée sur Jérôme Cahuzac n'aurait été qu'une tentative de sauvetage en ultime recours..

La révélation de cette affaire et ses conséquences contribuent à la création par le gouvernement du parquet national financier (PNF) et de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Mediapart se voit reprocher de pratiquer le « feuilletonnage » à l'occasion de l'affaire Cahuzac., une méthode relevant du pour les personnes impliquées selon l'Express, mais finalement . La parution en plusieurs volets des révélations a été justifiée sur ce cas pour une question de protection des sources et par le besoin de prolonger l'enquête à la suite des réactions des personnes incriminées.. Toutefois, pour le journaliste Denis Robert, le modèle économique de Mediapart l'obligerait à utiliser ce mode narratif ., tandis que pour Daniel Schneidermann, ce choix éditorial gagnerait à ce qu'en soient exposés les motifs..

Affaire Denis Baupin (2016)

Alors que jusque là aucun journal français n'avait publié d'enquête journalistique sur des violences sexuelles commises par un professionnel de la politique, le , France Inter. et Mediapart. publient les témoignages de huit élues et collaboratrices d'Europe Écologie Les Verts mettant au jour des affaires de harcèlement sexuel, voire d'agression sexuelle, notamment de la part du vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin.. Celui-ci poursuit le journal pour diffamation mais il est condamné pour procédure abusive....

Affaire Tariq Ramadan (2017)

Fin octobre et début , Tariq Ramadan est visé par deux plaintes pour viol et agressions sexuelles.. Mediapart ayant fait une enquête sur Tariq Ramadan en ., les détracteurs du journal suggèrent que le journal aurait dû découvrir, et donc révéler cette affaire durant l'enquête..