Au Burkina Faso, depuis , la langue de travail, de l'administration et d'enseignement est le français ; il existe en outre une soixantaine de langues nationales, les quatre principales étant le mooré, le fulfuldé (ou peul), le dioula et le bissa. Ces quatre langues ont été choisies en 1974 car elles sont considérées par l'État comme des langues vernaculaires dans le pays.

En 2024, la population francophone du Burkina Faso représente 22,8 %, soit environ personnes. Parmi elles, 1,3 % (environ individus) parlent le français comme langue maternelle.. De plus, , soit 21,5 % de la population totale de , utilisent le français comme langue seconde. vignette|droite|300px|Panneaux commerciaux en français à Ouagadougou

Cadre juridique, énumération des langues, nombre de locuteurs et classement linguistique Cadre juridique vignette|300px|Les principaux groupes ethniques du Burkina FasoD'après la carte de l'article de l'université de Laval http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/burkina.htm Selon l'article 35 de la constitution du :

Cette loi n'ayant jamais été édictée, il n'existe pas de liste officielle de l'ensemble des langues nationales du Burkina FasoInstitut des Sciences des Sociétés (INSS).

Énumération des langues Néanmoins, 81 langues africaines ont été recensées dans le pays. :

Nombre de locuteurs

|- style="vertical-align:text-top;" | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 | + Langues parléesRépartition de la population résidente par la principale langue parlée, qui n'est donc pas forcément la langue maternelle. au Burkina Faso selon le recensement de 2006http://www.burkinafaso-cotedazur.org/documents/documents/demographie/Tableau-langues-2006%20.pdf Langue % # Mooré Dioula (ou bambara) (pas2006) Fulfudé (ou peulh) Goulmancema (ou gourmantché) Bissa Bwamu (ou bwamou) Dagara San (ou samogho ou samo) Lobiri Lyélé Bobo Sénoufo Français Nuni (nounouma) Dafing Tamachèque (ou bella) Kasséna Gouin Sonrhaï Gurunsi Dogon (ou kaado) Siamou Sembla Koussassé Ko Haoussa Djerma Minianka Anglais Arabe Ouolof Sisaala Russe Ashanti Autres langues nationales 4,52 % Autres langues africaines 0,08 % Autres langues non africaines 0,00 % 418 ND 1,38 % Non Concerné 10,06 % Total 100,00 %

Classement linguistique La quasi-totalité de ces langues appartient à la famille des langues nigéro-congolaises à quelques exceptions près, telles que le songhaï et le zarma qui appartiennent à la famille des langues nilo-sahariennes et le haoussa et la tamcheck qui appartiennent à la famille des langues chamito-sémitiques. Parmi les langues de la famille nigéro-congolaise, les langues gur (mooré, gulmancéma, sénoufo) (plus de 60 % des languesÉvolution de la question de l'utilisation des langues nationales dans le système éducatif au Burkina Faso, Norbert Nikiema), sont les plus représentées suivies par les langues mandés (dioula, bissa) (environ 20 % des langues), et enfin par les langues ouest-atlantique (peul, dogon).

La langue officielle, le français, jusqu'en décembre 2023.

250px|vignette|Le français langue de l'enseignement scolaire ici à Dourtenga Le français est la langue principale des institutions, des instances administratives, politiques et juridiques, des services publics, des textes et des communiqués de l’État, de la presse écrite, des écrivains. Il s'agit de la seule langue à l'écrit des lois, de l'administration et des tribunaux.

La langue française a été introduite dans le pays par les colonisateurs français. Les missionnaires pour se démarquer de l'école laïque enseignaient en langues locales puis finirent par y renoncer et par adopter un enseignement classique en français, exception faite des écoles adressées aux fillesLa question culturelle et l’institution scolaire burkinabè. Approche historique et socio-anthropologique, Géraldine André, Université catholique de Louvain, janvier 2006.

Selon une estimation de la CIA de 2003, seul 21,8 % de la population de 15 ans et plus sait lire et écriredont 29,4 % des hommes et 15,2 % des femmes, Central Intelligence Agency, World Factbook, de plus le taux net (c'est-à-dire sur une classe d'âge donnée) de scolarisation, malgré une hausse constante depuis plusieurs années, n'est que de 47,70 % pour l'année scolaire 2005-2006Annuaire statistique de la DEP du Ministère de l'éducation de base et d'alphabétisation, mai 2006 in Le projet école bilingue » de l’OSEO à Koudougou et Réo. La fabrication d’un succès, Hélène Cheron d'où le fait que le français ne soit compris que par environ 15 % de la population10 à 15 % selon Nikièma (2000, ) in La traduction médicale du français vers le mooré et le bisa. Un cas de communication interculturelle au Burkina Faso, Lalbila Aristide Yoda (22 % en 2015 selon l'OIF.), dont seulement 5 % de francophones réels selon la Délégation générale à la langue française et aux langues de Franceréférence 2006.

Malgré la supériorité numérique des langues nationales, le statut de langue officielle et celui de langue internationale font en sorte que le français pèse progressivement de plus en plus dans la vie sociale et économique du pays. Le français jouit, sur le plan social, d'un statut de prestige associé à une participation au monde moderneBatiana & Prignitz, 1993 : in Vécu Langagier africanophone et francophone de jeunes lycéens du Burkina Faso.. Il s'agit de la langue de la promotion sociale.

Le français, en nette progression entre les recensements de 1985, 1996 et 2006, est devenu la en tant que principale langue parlée par les Burkinabais urbains () après le moré () et le dioula ().

Selon André Magord et Rodrigue Landry, André Magord et Rodrigue Landry, Vécu Langagier africanophone et francophone de jeunes lycéens du Burkina Faso. Cette variété de français endogène qui résulte d'une hybridation linguistiqueBakary Coulibaly est un pidgin en voie de créolisation"Le français des rues, une variété avancée du français abijanais", Suzanne Lafage, Faits de langues, 1998, vol 6, numéro 11, .

Ainsi, comme dans le pays voisin qu'est la Côte d'Ivoire, est apparu un français populaire au Burkina FasoBatiana, 1998. Dans ce français appelé parfois et qui reste essentiellement une langue oraleLe « français populaire » dans le champ artistique francophone. Les paradoxes d’une existence, Amadou Bissiri, Plurilinguisme et création, s'est créé un certain nombre d'interférences entre le français standard et le français populaire du Burkina du fait de l'influence des langues africaines dans la pratique locale du françaisInterférences et français populaire du Burkina, Bakary Coulibaly, Langue française, année 1994, volume 104, numéro 1, .

Enfin on assiste de plus en plus à des mariages mixtes constituant des familles dont la langue première est le françaisBatiana & Prignitz, 1993 : in André Magord et Rodrigue Landry, Vécu Langagier africanophone et francophone de jeunes lycéens du Burkina Faso..

En , Le gouvernement du Burkina Faso adopte un projet de loi révisant la Constitution et consacrant désormais les langues nationales comme langues officielles à la place du français qui est relégué au rang de « langue de travailLe Burkina Faso révise sa Constitution et relègue le français au rang de « langue de travail », Le Monde, Le Monde ».

Les langues nationales véhiculaires de grande diffusion, le mooré, le dioula et le fulfudé

Parmi elles, le mooré est une langue du groupe gur, c'est non seulement la langue maternelle de trois millions de personnes dans le pays, les Mossi qui occupent l'espace appelé le moogho ou pays du mossi qui occupe une superficie d'environ 63 Compaoré, 1990, in Chapitre 4, Les langues mooré et bisa, correspondant au bassin de la Volta Blanche, mais aussi de plus de six millions de Burkinabés (53 %) le parlent dont les Gourounsi, il s'agit d'une manière générale de la langue véhiculaire du pays et plus précisément de sa capitale Ouagadougou et du centre et de l'est du pays. Elle se divise en quatre dialectes ceux de Ouagadougou : le dialecte du centre; de Ouahigouya : le yaadre; de Kaya de Koudougou : le taaolonde.

Le dioula appelé aussi jula, est la langue véhiculaire des commerçants dans toute l'Afrique de l'Ouest, elle sert de langue véhiculaire dans la deuxième ville du pays Bobo-Dioulasso capitale de la province de Houet et plus généralement dans l'ouest et le sud-ouest du pays, elle serait, selon le site ethnologue.com, la langue maternelle de de personnes au Burkina Faso (8,8 %) et serait comprise par trois à quatre millions de personnes en 1990. Elle est parlée par de nombreux groupes ethniques de l'ouest et du sud-ouest du pays (Bolon, Natioro, Komono, Pana, Bobo-madaré, Noumou, Sambla, Karaboro-Sénoufo, Toussian-Vigué, Marka, Turkaen) en complément de leur propre langue maternelle. Certains d'entre eux tels que les Tiéfo ou encore le Jalkuna (Blé) semblent même avoir complètement abandonné l'usage de leur langue originelle dans tous les domaines de la vie communautaire à son seul profitUn profil du bilinguisme en dioula au sud-ouest du Burkina Faso, Stuart D. Showalter, SIL International, 2008.

Le fulfudé qui est la langue de l'ethnie peul installée dans le nord du pays (Dori et Djibo), sert de langue véhiculaire dans cette même région, elle aurait en 1999Selon les données de Barbara et Grimes (1996), IRSST et CNRST in . (7,8 %). Or seule 0,7 % de la population du Burkina est alphabétisée en fulfuldéPour une alphabétisation durable en milieu peul, Issa Diallo, INSS, 2002.

Les autres langues locales

80 % des Burkinabè habitent en zone rurale où les contacts entre communautés sont peu fréquents. Le monolinguisme y est donc prédominantVécu Langagier africanophone et francophone de jeunes lycéens du Burkina Faso, André Magord, Rodrigue Landry.

La position de l'État est principalement attentiste concernant la promotion de ces langues nationales, il n'existe pas de stratégie cohérente et de plan clair. Il existe un certain selon Abou Napon qui freine la pratique du bilinguisme. Le pays est devenu un vaste champ d'expérimentation de politiques éducatives mené par des ONG comme TIN TUA.

La radio nationale par exemple ne fait des émissions radiophoniques que dans quinze langues nationales sur les cinquante-neuf langues recensées.

Outre les trois principales langues, il existe des programmes d'alphabétisation pour dix-neuf des langues nationalesJacques Leclerc, Université de Laval. La population est alphabétisée dans plusieurs langues : le sissala, le kassena, le gulmancema, le dagara, le lobiri, le san, le sonraï, le tamachek, le bwamu, le cara, le zarma, le haoussa, le cerma, le samogo, le bobo, le bissa, le nankana, le lyélé, le sikité, le winenServices de statistique de l'Institut national d’alphabétisation (INA).. Certains en arrivent à se demander à quoi peut bien servir d’apprendre à lire en termes d’alphabétisation, étant donné qu’il est presque impossible de se procurer des documents écrits dans chacune des languesColette Mvoto Meyong..

Le gourounsi est divisé en plusieurs sous-groupes dont le lyélé pratiqué à Réo (2,1 %, 130 000 locuteurs2001 Johnstone and Mandryk), le kassem (120 000 locuteurs) et le sissala pratiqué à Léo, le ko et le nouni.

Le gourmantchéma est pratiqué à Fada N'Gourma et dans le gourma. L'association TIN TUA a lancé en 1989, le Programme d'alphabétisation du Goulmou (PAG) dont le but est d’aider les paysans à apprendre à lire, écrire et calculer; de mettre à leur disposition des manuels de lecture en nombre suffisant et portant sur des thèmes divers; rédiger et publier un journal mensuel dénommé Labaali élaboré surtout par les néo-alphabétisés eux-mêmesLe Rôle des mouvements associatifs dans la défense des minorités linguistiques au Burkina Faso, Mamadou Lamine Sanogo, INSS-CNRST, ce journal possède .

La langue bisa se parle en pays bisa à savoir à la province du Boulgou, dont le chef-lieu est Tenkodogo.