Sainte-Geneviève-de-Batiscan est une municipalité du Québec située dans la municipalité régionale de comté des Chenaux, dans la région administrative de la Mauricie. Traversée par la rivière Batiscan, Sainte-Geneviève-de-Batiscan fait aussi partie de la Batiscanie. Quant au gentilé, les habitants de Sainte-Geneviève-de-Batiscan sont des Genevièvois, Genevièvoises (avec un accent grave ou un accent aigu)Le gentilé a été officialisé le 3 février 1986. Les deux graphies sont possibles : Genevièvois (avec un accent grave) et Geneviévois (avec un accent aigu), selon Jean-Yves Dugas, Gabriel Martin, Répertoire des gentilés officiels du Québec Éditions du Fleurdelysé, 2016, page 170.
Territoire organisé en paroisse dès 1721, Sainte-Geneviève-de-Batiscan était située sur la seigneurie de Batiscan. La première terre a été concédée en 1685. Elle est constituée en municipalité depuis 1845 et 1855 sous la désignation de «Municipalité de paroisse» parce que les limites de son territoire municipal étaient calquées sur celles de la paroisse préexistanteIl ne faut pas confondre une municipalité et une paroisse. Selon le ministère des Affaires municipales et de l'organisation du territoire, une «municipalité locale est formée d’un territoire et des habitants et contribuables de celui-ci. [La municipalité est organisée en corporation et] est dirigée par un conseil composé d’un maire et de conseillers, tous élus parmi les électeurs de la municipalité.» Par comparaison, une paroisse est formée d'un territoire et des résidents de celui-ci. La paroisse est dirigée par un curé ou une équipe pastorale, nommés par l'évêque, et administrée par une corporation intitulée La Fabrique de la paroisse de (nom) dirigée par un conseil composé d'un président d'assemblée, du curé et de six marguilliers élus parmi les paroissiens de la paroisse. Autrement dit, la municipalité est chargée des affaires civiles tandis que la paroisse est chargée des affaires religieuses. Dans le régime municipal actuel, au Québec, les municipalités locales ont été, au , créées sous six désignations qui tendent à disparaître pour ne conserver que la désignation «Municipalité», c'est le cas pour 646 municipalités (dites «sans désignation»). Les cinq autres désignations sont : «ville» (autrement dit «municipalité de ville», territoire urbanisé) pour 224 municipalités, «municipalité de paroisse» pour 151 municipalités (territoire calqué sur celui d'une paroisse préexistante), «municipalité de village» pour 44 municipalités (territoire calqué sur celui d'un village), «municipalité de canton» pour 43 municipalités (territoire calqué sur celui d'un canton), «municipalité de cantons-unis» pour 2 municipalités. Source : Ministère des Affaires municipales et de l'organisation du territoire, L'organisation municipale au Québec en 2016, Québec, le ministère, 2016, page 4.. Elle a été le chef-lieu de la municipalité du comté de Champlain de 1855 à 1981, jusqu'à la création de la municipalité régionale de comté de Francheville en 1982 (remplacée par la MRC des Chenaux en 2002). Au cours de son histoire, l'économie de la localité a porté sur l'agriculture, la sidérurgie, l'exploitation forestière, la pêche et le transport fluvial. Sainte-Geneviève a aussi été un centre de commerce prédominant pour la Batiscanie.
Toponymie À l'origine et encore en 1765, le lieu était désigné sous le nom de «Rivière Batiscan». Dès 1723, la paroisse catholique a été désignée en hommage à sainte Geneviève (v420-v500). Les archives ne rapportent pas pourquoi le nom de cette sainte a été choisi. Tous les auteurs rapportent qu'elle est la patronne de la ville de Paris et suggèrent que son nom a été choisi parce que c'est à Paris où a été ordonné le premier prêtre desservant de la paroisse, l'abbé Gervais Lefebvre (vers 1672-1736)«On a longtemps pensé que [ce] nom avait été choisi parce que les ancêtres des pionniers venaient majoritairement de Paris et que ces derniers avaient réclamé le patronage de sainte Geneviève. Or, un examen attentif des lieux de naissance de ceux-ci a révélé qu'il n'en était rien. Il faut plutôt y voir le fait que le premier desservant de la paroisse, l'abbé Gervais Lefebvre (vers 1672-1736), curé de Sainte-Foy (1712-1714) et de Batiscan (1714-1730), a été ordonné prêtre à Paris et qu'il y a obtenu son doctorat en théologie, encore que le nom retenu rappelle quand même sainte Geneviève constituait un prénom féminin assez courant à l'époque.» Source : Commission de toponymie du Québec, «Sainte-Geneviève-de-Batiscan», Banque de noms de lieux du Québec, [en ligne], http://www.toponymie.gouv.qc.ca/CT/toposweb/fiche.aspx?no_seq=57797 (page consultée le 30 avril 2016). Il faudrait plutôt simplement y voir la dévotion à Sainte-Geneviève qui était très populaire à cette époque. Elle était invoquée pour les fléaux et les intempériesL'église de Champlain, paroisse voisine, conserve un tableau de dévotion à Sainte-Geneviève et un tableau ex-voto consacré aussi à Sainte-Geneviève, tous les deux datant de la période de l'attribution du nom à la paroisse Sainte-Geneviève en 1727 ou avant. Voir le site web de l'église de Champlain : http://www.eglisedechamplain.qc.ca/eglise2.htm.
Histoire En 1639, les Jésuites firent l'acquisition de la seigneurie de Batiscan dans le but d'évangéliser les Attikameks. Ceux-ci ne s'installèrent jamais dans la colonie, bien qu'ils ont utilisé la rivière jusqu'au pour le commerce de la fourrure. En 1665, les Jésuites concédèrent les premiers lots de la seigneurie, les colons s'installèrent principalement à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. En 1781, ils installèrent un moulin sur la rivière des Envies, affluent réputé plus facile que la Batiscan. En 1786, une chapelle fut construite à Saint-Stanislas. Vers la fin du , les municipalités de Saint-Séverin, de Saint-Tite, de Sainte-Thècle, de Saint-Adelphe et de Lac-aux-Sables sont constituées.
1603 : Samuel de Champlain mentionne la rivière Batiscan pour la première fois. : La seigneurie de Batiscan est officiellement concédée aux Pères Jésuites. : Les Jésuites prennent officiellement possession de la seigneurie. 1663 : Grand tremblement de terre 1666 : les pionniers de Batiscan commencent à s’installer sur leurs concessions. Avant 1685 : Une première terre sur le territoire actuel de Sainte-Geneviève aurait été concédée pas avant 1685 à Laurent Lefebvre. C'est le début du peuplement permanent sur le territoire. Cette terre fut acquise plus tard par François Baril, fils de Jean. Comme le fait remarquer E.Z. Massicotte, l'ancêtre Jacques Massicot n'en serait pas le premier colon, comme le rapportent d'autres auteurs, puisqu'une dizaine d’autres colons y aurait été installé auparavantÉdouard-Zotique Massicotte, «Sainte-Geneviève de Batiscan», Bulletin des recherches historiques, août 1934, pages 492-497. : Procès-verbaux de Mathieu-Benoît Collet, procureur général du Roi, au Conseil supérieur de Québec, fixant les limites et l’étendue de 82 paroisses, dont Batiscan et Rivière-Batiscan. Collet et son greffier, Nicolas-Gaspard Boucault, parcoururent les deux rives du Saint-Laurent du au . Il est à Batiscan le . Extrait de son procès-verbal de l'assemblée des résidents de Batiscan : «(...) sur la commodité et incommodité pour venir à l’église de cette paroisse, (...) Mais ceux qui sont dans la profondeur de la d. rivière sont très incommodez, plusieurs se trouvant éloignez de près de quatre lieues de l’Église paroissialle; Pourquoy ils demandent que le Curé de Batiscan vienne leur dire la messe et faire le catéchisme à leurs enfans au moins une fois le mois c’est-à-dire de quatre dimanches l’un, et ce jusqu’à ce que les profondeurs de la dite rivière puissent estre suffisamment establis pour y ériger une paroisse (...)»Transcription parue dans le Rapport de l’archiviste de la province de Québec, tome 2, 1921-1922, . À partir de ces procès-verbaux, sera rédigé un règlement le , confirmé par un arrêt du Conseil d’État, le , et enregistré au Conseil Supérieur, le . : Règlement des districts de paroisses fixant les limites et l’étendue de 82 paroisses, dont Batiscan et Rivière-Batiscan, d’après les procès-verbaux (voir ) de Mathieu-Benoît Collet, procureur général du Roi, au Conseil supérieur de Québec. Extrait du règlement concernant les habitants de ce qui deviendra Sainte-Geneviève : «à l’exception des habitants établis dans les profondeurs de la rivière de Batiscan qui ne seront desservis que par voie de mission jusqu’à ce qu’il y en ait un nombre suffisant pour y ériger une paroisse; et à l’effet de laquelle mission, il leur est permis de faire construire une chapelle dans le lieu le plus commode, dans laquelle chapelle le curé de Batiscan sera tenu d’aller dire la messe et faire le catéchisme à leurs enfants de quatre dimanches l’un.» Daté du , ce règlement fut confirmé par un arrêt du Conseil d’État, le , et enregistré au Conseil Supérieur, le Transcription parue dans l’Histoire de la paroisse de Champlain, tome 1, . Aussi dans C.-E. DESCHAMPS, Municipalités et paroisses dans la province de Québec, 1896, et 1193. 1723 : Construction de la première église, en bois, par corvée, après 1723, à proximité de la rivière à Veillet. L'autel a été terminé en 1727. Édouard-Zotique Massicotte note que «les PP. Jésuites ont prêté à la nouvelle mission des vases et des vêtements sacerdotaux, ainsi que divers ornements.» Entre 1723 et 1727 : Élection du premier marguillier, Jean Cadot, fils de Mathurin. 1727 : Construction du premier presbytère. 1727 : Ouverture des registres paroissiaux. 1729 : Ouverture du premier cimetière, en 1729 ou avant. Du moins, au mois d’, Mathurin Cadot, âgé d’environ , a été enterré dans le cimetière de la chapelle de la rivière Batiscan. 1730 : Il existe déjà un pont sur la rivière à Veillet. Au printemps 1730, il avait été emporté par les glaces lors de la débâcle. 1733 : La population de Sainte-Geneviève compte un esclave. Entre 1696-1779, il y a eu un total de 62 ou dans la MRC des Chenaux, soit plus de la moitié de tous les esclaves (114) que comptait la région de Trois-Rivières. Les deux tiers étaient à Saint-Anne-de-la-PéradeMarcel Trudel, Dictionnaire des esclaves. : Échange de terrain par le curé Charles Poqueleau pour «construire une nouvelle église, un nouveau presbytère et autres commodités.» 1755 : Construction de la deuxième église, de 1755 à 1758 sur le site actuel, à l'ouest de l'église actuelle. 1764 : Les habitants de Rivière-Batiscan refusent de rendre leurs armes. : Au terme de l'invasion américaine, une commission est nommée par le gouverneur anglais chargée de rétablir les milices dans les paroisses et de destituer tous ceux qui ont assisté ou aidé les Américains. La commission est à Sainte-Geneviève le . «Après avoir fait connaître l’objet de leur mission, les commissaires destituent les officiers suivants, comme amis des Américains: le capitaine Antoine Lacoursière, le lieutenant J.-B. Chateauneuf et l’enseigne François Trudel; les sergents Joseph Lafontaine et Antoine Prénoveau, puis tous les baillifs ou huissiers. À leur place furent nommés: capitaine, Joseph Belletête, lieutenant, Jean Trépanier; sergents: Louis Lheureux, Louis Guidau Lefèvre, Joseph St-Arnaud et J.-B. Cosset. On procéda ensuite à la revue de la milice comprenant 64 hommes; on leur fit "une harangue pour recommander aux officiers la fermeté et la diligence dans l’exécution des ordres du Roi relativement aux chemins, aux denrées, etc." Et l’on se dispersa aux cris de "Vive le roi".» 1798 : Ouverture des Forges de Batiscan. : Bénédiction d'une cloche par l’abbé François Noiseux, grand vicaire de Trois-Rivières, assisté des abbés P. Guillet, curé de Batiscan, Joseph Morin, curé de Sainte-Anne-de-la-Pérade, et Maurice Jean, curé de Sainte-Geneviève. La cloche pesait . Elle fut nommée Marguerite et elle eut pour parrain et marraine: l’honorable de Lanaudière et Marie-Marguerite de Tonnancour, épouse de l’honorable Thomas Coffin.