thumb|Charles Barbier de Meynard, qui enseigna le turc et l'arabe à la fin du .
L'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco ou INALCO), dit Langues O' (prononcer Langzo), anciennement École nationale des langues orientales vivantes puis Centre universitaire des langues orientales vivantes, est un établissement français d'enseignement supérieur et de recherche chargé d'enseigner les langues et civilisations autres que celles originaires d'Europe occidentaleécrit traditionnellement Langues’O, cf. p. ex. http://www.inalco.fr/IMG/pdf/historique_long.pdf et le livre Langues’O 1795-1995 : deux siècles d'histoire de l'École des langues orientales. La place de l'apostrophe sur le logo a été modifiée en 1997..
Langues O' est le nom donné par des générations d’étudiants à l’École spéciale, puis royale, puis impériale, puis nationale, des langues orientales de Paris, qui a pris son nom actuel en 1971. Parmi ces derniers, on compte de nombreux enseignants-chercheurs, linguistes et diplomates.
Depuis 2011, le siège de l'Inalco se trouve au cœur du Nouveau quartier latin, au Pôle des langues et civilisations, 65 rue des Grands-Moulins dans le arrondissement de Paris.
Le logo de l'Inalco est composé de l'acronyme de l'école dont chacune des parties est traduite dans des langues qui s'écrivent en caractères non latins, correspondant à des domaines d'enseignement et de recherche de l'Inalco.
Histoire Des origines (1669) jusqu'à 1914 L'enseignement des langues et des civilisations orientales en France remonte à la création du Collège de France à l'initiative de Guillaume Budé. L'intérêt porté par les humanistes pour les langues anciennes s'est en effet très vite doublé d'un besoin en orientalistes pour la diplomatie de François . Dès cette époque, un enseignement très spécialisé est donné dans ce cadre.
En 1669, Jean-Baptiste Colbert crée l'École des jeunes de langues.
L’École spéciale des langues orientales a été créée, notamment sous l’impulsion de Lakanal, par la Convention nationale (décret-loi du 10 germinal an III / ). Elle a ouvert ses portes dans l’enceinte de la Bibliothèque nationale à Paris rue Neuve-des-Petits-Champs, avec pour mission d’enseigner des langues orientales vivantes « d’une utilité reconnue pour la politique et le commerce ». Les premières langues enseignées furent l’arabe « littéraire et vulgaire », le turc et le tatar de Crimée, le persan et le malais.
Elle s’agrandit régulièrement au cours du , ajoutant des langues nouvelles, et fusionnant avec l’École des Jeunes de langues instituée par Colbert en 1669, afin de former des interprètes pour les langues du Levant.
En 1874, l’école s’installe dans un hôtel particulier situé au coin de la rue des Saints-Pères et de la rue de Lille.
De 1914 à 1984 vignette|gauche|2 rue de Lille (Paris).
En 1914, l’école devient « École nationale des langues orientales vivantes » (ENLOV), surnommée « Langues O' », et reçoit un statut particulier qui restera en vigueur jusqu’en 1968, année où le mouvement étudiant amène à intégrer l’établissement dans le secteur universitaire en tant que « Centre universitaire des langues orientales vivantes ». Ce « CULOV » ne garde pas longtemps ce nom et devient par décret du l’institut national des langues et civilisations orientales, rattaché jusqu’en 1984 à l’université de la Sorbonne nouvelle (Paris III).
Les différents départements entassés au 2 rue de Lille sont alors dispersés « provisoirement » dans divers centres universitaires périphériques : Dauphine, Asnières, Clichy ou dans des locaux loués à Paris : Quai Voltaire, rue Censier, rue Broca, rue Riquet. Des langues nouvelles s’ajoutent aux autres et les activités de recherche se développent. Des départements interdisciplinaires se multiplient, comme le centre de préparation aux échanges internationaux (commerce international), la filière de hautes études internationales (HEI, consacrée notamment à la préparation des concours des Affaires étrangères), la filière communication et formation interculturelle, le traitement automatique des langues et l’ingénierie multilingue, etc.
En 1971, l'École devient Institut national des langues et civilisations orientales (INLCO, puis Inalco), établissement public à caractère scientifique et culturel (EPCST) rattaché à l'Université Paris 3.
Dans les années 1972-1975, le regroupement en un site unique (Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée) et la transformation envisagée de l’institut en université internationale du langage et de la communication (UNILCO) n’aboutissent pas malgré l’aspect précurseur du projet défendu par René Sieffert et François de Labriolle.
De 1985 à 2011 Depuis 1985, l’Inalco a un statut de grand établissement (comme l’Institut d'études politiques de Paris par exemple). Dans les années 1990, d’autres projets de regroupement n’aboutissent pas (le plus avancé étant à l’École normale supérieure de jeunes filles du boulevard Jourdan).
vignette|gauche|redresse|Logo de l'Institut national des langues et civilisations orientales de 1996 à 2011. De 1996 à 2011, le logo de l’établissement était constitué de l’inscription « Langues O' » surmontant l’acronyme INALCO et la partie supérieure d’un globe terrestre ; on trouvait parfois un logo plus ancien constitué d’un oiseau et d’un serpent (empruntés à la girouette du 2 rue de Lille). C’est finalement à Paris Rive Gauche « carré Tolbiac » dans un terrain situé au sud de la future avenue de France, entre les rues Chevaleret, Cantagrel et Grands Moulins, que sera implanté l'Inalco, avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC), dans le cadre d'un « Pôle des langues et civilisations du monde ». Le choix architectural a été fait début 2005 en faveur des Ateliers Lion.
En 2010, l'Inalco est membre fondateur de Sorbonne Paris Cité. En 2024, il rejoint Sorbonne Alliance.
Depuis 2011 thumb|Inalco/BULAC, 2015.
Longtemps dispersée en plusieurs pôles, de nouveaux locaux d'enseignement et d'administration réunissent à présent l'essentiel des formations de l'Inalco dans le sur le nouveau Pôle des langues et civilisations, avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) et à proximité de Paris 7 et Paris 6.
L'établissement s'inscrit ainsi dans une volonté récente de rapprochement des universités afin d'affirmer leurs compétences sur la scène universitaire internationale (classement de Shanghai), en participant de 2010 à 2024 à la COMue Sorbonne Paris CitéCOMue Sorbonne Paris Cité - Établissements membres, consulté sur sorbonne-paris-cite.fr le ., avant d'adhérer en à Sorbonne Alliance rejoignant l'université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), la Sorbonne-Nouvelle (Paris 3) et l'ESCP Business School. Il est un des fondateurs du Nouveau quartier latin (NQL 13). Il adhère également à l'Agence universitaire de la Francophonie et à (université européenne du bien-être)..
Folklore Les étudiants des Langues O' étaient traditionnellement appelés « silvains » ; le terme, quasiment tombé en désuétude, est dérivé du nom du premier président de l'école Antoine-Isaac Silvestre de Sacy (familièrement « Silvestre ») dont la statue trône dans la cour de l'hôtel du 2 rue de Lille. Un « ordre très haut et très secret de Silvestre de Sacy » aurait été à l'origine d'une tradition de canulars qui rendait les silvains fameux parmi les étudiants parisiens pour la sophistication de leurs gags. Une salutation spécifique aux silvains (« ahure ») aurait fait partie de ce folklore.
Administrateurs et présidents de Langues O' Les présidents sont nommés « administrateurs » de 1914 à 1969. Mandat Nom Discipline Commentaire 1796 - 1824 Louis-Mathieu Langlès Persan Décédé en 1824 1824 - 1838 Antoine-Isaac Silvestre de Sacy Arabe Décédé en 1838 1838 - 1847 Pierre Amédée Jaubert Turc Interprète militaire durant la campagne d'Égypte de 1798 1847 - 1864 Charles Benoît Hase Grec moderne Décédé en 1864 1864 - 1867 Joseph Reinaud Arabe Décédé en 1867 1867 - 1898 Charles Schefer Persan Décédé en 1898 1898 - 1908 Charles Barbier de Meynard Turc, persan Décédé en 1908 1908 - 1936 Paul Boyer Russe Décédé en 1949 1936 - 1937 Mario Roques Roumain Décédé en 1961 1937 - 1948 Jean Deny Turc Décédé en 1963 1948 - 1958 Henri Massé Persan Décédé en 1969 1958 - 1969 André Mirambel Grec moderne Décédé en 1970 1969 - 1971 André Guimbretière Hindi Décédé en 2014 1971 - 1976 René Sieffert Japonais Décédé en 2004 1976 - 1986 Henri de La Bastide Civilisation du Moyen-Orient Décédé en 1986 1986 - 1993 François de Labriolle Russe Vice-président de 1971 à 1986, décédé en 2019 1993 - 2001 André Bourgey Civilisation du Moyen-Orient 2001 - 2005 Gilles Delouche Thaï (siamois)Décédé en 2020 2005 - 2013 Jacques Legrand Mongol 2013 - 2019 Manuelle Franck Géographie de l'Asie du Sud-Est Vice-présidente de 2007 à 2013 Depuis 2019 Jean-François Huchet Économie de l'Asie orientale Vice-président du conseil scientifique de 2013 à 2019
Secrétaires-bibliothécaires, secrétaires généraux puis directeurs généraux des services À partir de la fondation de l'École, ce sont des philologues, le plus souvent nommés ensuite professeurs, qui assurent son secrétariat et la gestion de la bibliothèque : Jean Sédillot (de 1798 à 1832) Louis Sédillot (de 1832 à 1873) Auguste Carrière (de 1873 à 1884) (de 1884 à 1898) Maurice Gaudefroy-Demombynes (de 1898 à 1908) André Mazon (de 1909 à 1913) Léon Beaulieux (de 1913 à 1934 ; absent de 1915 à 1920, assure l'intérim de 1915 à sa mort en 1918 (de 1934 à 1941) (de 1941 à 1953)
À partir de 1945, la bibliothèque est gérée de manière indépendante de l'ÉcoleCréation d'un poste de bibliothécaire en chef en 1946 selon - Exercent les fonctions de secrétaire de l'École, puis secrétaire général et directeur général des services, les fonctionnaires suivants :
(de 1953 à 1987) (de 1987 à 1995) (de 1995 à 2002) (de 2002 à 2007) (de 2007 à 2012) (de 2012 à 2016) (de 2016 à 2021) (depuis )Arrêté du , Valérie Liger-Belair, attachée d'administration de l'État hors classe, directrice générale des services de l'Institut national des langues et civilisations orientales, Bulletin officiel du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche n° 20 du
Organisation L'Inalco a pour vocation d'enseigner les langues de l'Europe centrale et orientale, de l'Asie, de l'Océanie, de l'Afrique et des populations autochtones de l'Amérique, ainsi que la géographie, l'histoire, les institutions, la vie politique, économique et sociale des pays concernés. L’offre de formation en langues et civilisations est dispensée par des enseignants-chercheurs spécialistes de leur terrain et par des répétiteurs de langue maternelle des régions étudiées à l’Inalco.
L’Inalco a le statut de « grand établissement » (EPSCP particulier) et est membre du PRES Sorbonne Paris Cité.
Départements, filières et sections L’Inalco est structuré pour une part en départements, dont le périmètre correspond à une région du monde, et pour une autre en filières à visée professionnalisante. Les départements peuvent être monolingues ou regrouper plusieurs sections de langues. Les filières de l’Inalco préparent les étudiants aux métiers de la communication et formation interculturelle, du commerce international, de l’enseignement du français langue étrangère, des hautes études internationales, et du traitement automatique des langues.
Liste des départements : Afrique Études Indiennes, Sud-Asiatiques et Tibétaines Études arabes Études chinoises Études coréennes Études hébraïques et juives Études japonaises Études russes Eurasie Europe Langues et cultures des Amériques
Liste des filières : Commerce international (Centre de préparation aux échanges internationaux, CPEI) Communication et formation interculturelles Didactique des langues (ex français langue étrangère) Relations internationales (hautes études internationales, HEI) Textes informatique multilinguisme (TIM)