N'Djaména (étymologiquement ; en arabe : , ; appelée Fort-Lamy avant 1973) est la capitale administrative et la plus grande ville de la république du Tchad. Sa population compte plus de (estimation de 2012). Elle est la deuxième capitale économique du pays (derrière la ville de Moundou) et vit une croissance économique sans précédent depuis l'avènement de l'ère pétrolière au Tchad le , et grâce à la pérennisation de la paix dans le pays depuis 2009. Néanmoins, l'instabilité dans les pays voisins (Nigeria, Cameroun, Libye, République centrafricaine.) empêche la ville de profiter pleinement de son vrai potentiel et de ses deux atouts que sont l'exportation du bétail (au Nigeria principalement) et le lac Tchad (grenier agricole, gisements pétroliers identifiés mais non exploitables à cause de Boko Haram).

La ville a longtemps souffert du manque d'électricité, mais de nouvelles centrales ont permis d'améliorer significativement la fourniture en énergie. Elle souffre également d'une croissance démographique exceptionnelle dont la surpopulation due à l'exode rural, qui oblige les autorités à investir de façon massive dans les infrastructures. Les populations nouvelles, désœuvrées pour la plupart, vivent souvent à la périphérie de la ville, où les services de l'État sont inexistants.

L'essor économique tchadien de la décennie 2003-2013 y reste visible. Les chantiers innombrables ont néanmoins été fortement affectés par la récession de 2016-2017, due à la chute des prix du pétrole. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont annoncé le que le pays avait atteint le point d'achèvement de l'initiative pays pauvres très endettés.

Géographie N'Djaména est située au centre-ouest du pays, au confluent du fleuve Chari et de la rivière Logone, sur la rive droite du Chari. Trois ponts relient N'Djaména à la rive gauche du Chari : deux à Chagoua dont un à voie unique (le pont de Chagoua), un à double voie (le pont de Taiwan). La ville camerounaise de Kousséri est située à environ dix kilomètres de N'Djaména, sur la rive gauche de la rivière Logone, qui marque la frontière et qui est accessible par le pont de N'gueli.

N'Djaména se situe à une centaine de kilomètres, à vol d'oiseau, au sud du lac Tchad.

Bien qu'excentrée, N’Djamena est le principal nœud de communication du Tchad. Les principales routes goudronnées du pays s'organisent autour de la capitale. N'Djaména est ainsi située à 450 km de la seconde ville du pays Moundou, et à 750 km d'Abéché, la plus grande ville de l'Est du Tchad.

Histoire

N'Djaména a été fondée par l'explorateur et administrateur français Émile Gentil le sur l'emplacement d'un petit village kotoko sous le nom de Fort-Lamy, en souvenir du commandant François-Joseph-Amédée Lamy, décédé à la bataille de Kousséri quelques jours plus tôt Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, . Le , pendant sa campagne d'Authenticité, le premier président tchadien François Tombalbaye la renomme N'Djaména, du nom d'un village arabe voisin (Am Djamena, signifiant « le lieu où l'on se repose »).

La ville a subi de lourdes destructions en 1979 et surtout en 1980 au moment de la deuxième guerre civile. Une bonne partie de la population d'origine méridionale a alors quitté la ville.

N’Djaména s'est fortement peuplée depuis, sans grands travaux d'aménagement ni même de réparation. Les infrastructures existantes ne sont pas suffisantes (voirie, alimentation en eau, drainage, ordures ménagères, électricité).

Le , la bataille de N'Djaména se déroule dans le contexte de la guerre civile qui déchire le pays depuis 2005 : des rebelles parviennent à entrer dans la capitale et se dirigent vers le palais présidentiel, où se déroulent alors d'importants combats avec les forces gouvernementales. Après deux jours de combat, le président Idriss Déby Itno, qui dispose d'un avantage matériel certain sur ses adversaires car il peut aligner trois hélicoptères et plusieurs chars T-55, repousse les rebelles et sauve son gouvernement. Ces derniers ne concèdent toutefois pas de défaite et battent alors en retraite vers Mongo et Bitkine.

Administration N'Djaména est la capitale et la plus grande ville du Tchad. Depuis 2002, elle a un statut particulier. Devenue une région cette même année, elle est divisée en dix arrondissements municipaux et 64 quartiers.

Arrondissement Quartiers(nbre) Population(2009) Noms des quartiers arrondissement 17 Allaya • Amsinéné • Ardeb-Timan • Djougoulier • Farcha • Madaga • Éthiopie • Terde-glog • Bouta-alwali • Guimeye • Karkandjeri • Madjorio • Massil Abcoma • Milezi • Zaraf • Adré • Djaali arrondissement 5 Bololo • Djambal Ngato • Goudji • Klémat • Mardjandaffack • Djambalbarh arrondissement 6 Ambassatna • Ardep Djoumal • Gardolé1 • Kabalaye • Sabangali arrondissement 5 Blabline • Naga I • Naga II • Repos arrondissement 3 Am-Riguebé • Champ de Fils • Ridina arrondissement 2 Moursal • Paris-Congo arrondissement 10 Ambatta • Amtoukougne • Atrone • Boutalbagara • Chagoua • Dembé • Gassi • Habena • Kilwiti • Kourmanadji arrondissement 6 Angabo • Diguel • Machaga • Ndjari • Zaffaye-Est • Zaffaye-Ouest arrondissement 7 Digangali • Gardolé 2 • Kabé • Ngoumna • Ngueli • Toukra • Walia 10 Achawayil • Djaballiro • Fondoré • Gaoui • Goudji-Charaffa • Gozator • Hillé Houdjaj • Lamadji • Ouroula • Sadjeri N'Djaména 64

Démographie En 1911, l'agglomération comptait , vivant dans quatre quartiers, non compris celui des Européens. Deux groupes d'importance numérique égale se détachent alors, chacun comptant 700 personnes : les Arabes et les Saras.

La population de N'Djaména est de en 2009 (RGPH 2009).

Composition ethno-linguistique en 1993 : (groupes représentant plus de 2 % de la population, RGPH 1993)

Géographie Climat La ville est soumise à un climat semi-aride tropical (Köppen: BSh, Trewartha: BSha) avec une courte saison des pluies et une longue saison sèche. Malgré le fait que la ville reçoive en moyenne environ h par an, elle ne connaît pas de fortes pluies. En raison de l'évapotranspiration très élevée de la région, N'Djamena appartient toujours à la catégorie climatique semi-aride. La saison des pluies dure de juin à septembre, avec les précipitations les plus importantes en août. La saison sèche couvre les huit mois restants. D'après les températures annuelles, N'Djamena est l'une des grandes villes les plus chaudes du monde. Seul le mois d'août enregistre des températures maximales mensuelles moyennes inférieures à . Les températures les plus élevées de la ville sont généralement observées entre mars et mai, juste avant l'arrivée des fortes pluies.

Inondations en 2022 En , le Tchad connait des inondations parmi les pires de son histoire (8,14m de hauteur du Chari, 9,10m en 1961). De nombreuses cultures ont été détruites et des milliers de bêtes d’élevage ont été emportées, tandis que les populations ont dû fuir devant la montée des eaux. En plus de la problématique de l’insécurité alimentaire déjà existante, la situation inquiète l’OMS qui craint une catastrophe sanitaire (paludisme, choléra…). Le réchauffement climatique est responsable de ce phénomène dramatique.

Transports vignette|upright|Bus de transport inter-urbain à N'Djamena. vignette|upright|Transport routier à Goudji ( arrondissement). Étant la capitale dynamique du Tchad, N'Djaména est le cœur économique et culturel du pays. Comme toute grande métropole, la question des transports y est cruciale, tant pour le quotidien de ses habitants que pour son développement économique. Il y a plusieurs modes de transports dont :

Transport en commun : Généralement se fait en minibus appelé aussi « Car » et en taxi collectifs, ils sont très courants et jouent un rôle vital dans la mobilité urbaine. Les taxis sont généralement plus rapides et plus flexibles mais un peu plus chers. Cependant, l'état de ces derniers, leur sécurité et aussi leur confort laissent parfois à désirer. Transport individuel : Ce genre de transport se fait en taxi individuel et en mototaxi appelé aussi « Clando » ou « Klando », ils offrent tous les deux un service porte-à-porte pratique mais peuvent être couteux pour une utilisation régulière. Cependant les mototaxis sont très populaires, économiques, rapides et surtout moins coûteuses pour les trajets courts mais perçues comme moins sûres. Transport informel : Dans certaines zones, les charrettes tirées par des chevaux et les cabrouets/pousse-pousse appelé « Pouss » restent des moyens de transport importants, notamment pour les marchandises et les trajets courts.

Il y a aussi trois routes transafricaines qui traversent N'Djaména: 18px Transafricaine 3, Tripoli - Le Cap 18px Route trans-sahélienne, Dakar - N'Djaména 18px Transafricaine 6, N'Djamena - Djibouti La ville est reliée par le transport aérien avec l’Aéroport international de N'Djaména (code AITA = NDJ) mais aussi par le transport terrestre qui relie N'Djamena au port de Douala ou celui de Cotonou.

Économie N’Djaména est souvent considérée comme la capitale politique du Tchad alors que Moundou serait la capitale économique. Cela est principalement dû au fait que Moundou est le centre cotonnier du pays et que les régions du Logone oriental et Logone occidental entourant Moundou sont les principales zones pétrolifères. D'autres industries sont implantées à Moundou mais N’Djamena retrouve peu à peu son statut de capitale économique du pays notamment de par sa forte croissance démographique, le déclin du secteur cotonnier au Tchad, la proximité de la frontière camerounaise stimulant les échanges et l'achèvement de la raffinerie de Djermaya. D'autre part, l'essor progressif de l'économie tchadienne est principalement visible à N’Djamena qui timidement se modernise.

Selon une étude mesurant le coût de la vie pour les expatriés dans les villes du monde entier publiée par le groupe de consultants américain Mercer en 2011, N’Djamena est la troisième ville la plus chère du monde.. Elle souffre, comme d'autres villes africaines, du manque de logements aux normes attendues par les expatriés occidentaux.

La ville compte plusieurs marchés :

le marché central le marché Dembé, baptisé par certains marché chrétien en opposition au marché central dit musulman. le marché a mil le marché d'Adalah dans le arrondissement le marché Al Afia le marché du Diguel le marché de mouton de Diguel le marché du bétail de Diguel Zafaye le marché d’Habena ( arrondissement)

vignette|N'Djamena vue depuis la Station spatiale internationale en 2010 La principale source économique de N’Djamena est le travail agricole. Environ 80 % de la population de N’Djamena travaille dans des activités liées à l’agriculture, notamment la culture des récoltes et l’élevage du bétail. L’économie de N’Djamena dépend donc presque entièrement des conditions climatiques, ce qui la rend vulnérable lors des années de faible pluviométrie.

Éducation N’Djamena abrite plus de soixante-dix établissements scolaires et universitaires.

Universités Université de N'Djaména (publique), créée en 1970 ; Université Roi-Fayçal de N'Djaména (privée islamique) ; Université HEC-TCHAD: Hautes Études économiques, comptables, commerciales et communication du Tchad (privée), créée en 2004; Université Emi Koussi (privée); Université (ISPF): Institut supérieur polytechnique «La Francophonie» (privée); Université de Yaoundé II: École supérieure de sciences de gestion Pierre Elliott Trudeau (privée). Faculté de Médecine et école de santé, Hôpital universitaire Le Bon Samaritain Walia (privé) Écoles supérieures INSTA : Institut national des sciences et techniques d'Abéché (public) ; ISSED : Institut supérieur des sciences de l'éducation (public) ; CFPP : Centre de formation professionnelle et de perfectionnement de la Chambre de commerce (privée) ISG : Institut supérieur de gestion (privée) ; ENA : École nationale d'administration (public) ;