La Force aérienne chinoise - officiellement : Force aérienne de l'armée populaire de libération - (chinois simplifié: 中国人民解放军空军; chinois traditionnel : 中國人民解放軍空軍; hanyu pinyin : Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn Kōngjūn) est la composante aérienne de l'armée populaire de libération. Il s'agit de la troisième force aérienne mondiale (derrière les États-Unis et la Russie) et la plus importante force aérienne d'Asie, avec et de combat .

Histoire La première utilisation d'aéronefs au sein de l'armée populaire de libération remonte à la guerre sino-japonaise mais la constitution d'une force aérienne à part entière date de l'été 1949 avec la création du Groupe de Vol Nanyuan chargé de la protection aérienne de Pékin. Ce groupe dispose alors de 40 aéronefs saisis aux Forces armées de la république de Chine.

Avec la proclamation de la libération de la Chine, le , la force aérienne chinoise fut fondée le . Dès , elle participe à un conflit majeur, la guerre de Corée où avec des unités de l'armée de l'air soviétique volant sous cocarde chinoise; elle affronte les forces armées des États-Unis et la coalition sous drapeau de l'ONU. La livraison d'aéronefs en provenance de l'URSS notamment des Mig-15 débute dès 1951 et la Chine obtient deux ans plus tard des licences pour la production de ces aéronefs. L'aide soviétique ne se limite pas à la fourniture d'équipements mais participe également à la formation du personnel chinois et à la défense de l'espace aérien de certains sites face à Taïwan en 1950. Elle affrontera la Force aérienne de la république de Chine dans des combats aériens de grande ampleur lors de la Seconde crise du détroit de Taïwan en 1958.

Dans les années 1960, la rupture sino-soviétique entraînera une période difficile pour l'armée de l'air chinoise. La fin de l'aide soviétique combinée à la concurrence nouvelle exercée par le programme de missiles balistiques chinois vont contribuer à un affaiblissement de cette force aérienne. Cependant, de nouvelles conceptions locales d'aéronefs (Shenyang J-8 - basé sur le MiG-21 ou des copies d'hélicoptères comme le Super Frelon français) permettra un redressement progressif. Ainsi l'industrie de l'armement de la république populaire de Chine livre des aéronefs de combat à l'armée populaire vietnamienne à partir de 1965.

Entre la guerre du Viêt Nam et la fin des années 1980, les équipements de la force aérienne chinoise sont constitués quasi exclusivement d'appareils obsolètes d'origine soviétique. Le rôle de l'aviation chinoise était alors le soutien de l'armée de terre chinoise face à une éventuelle invasion de chars de l'armée rouge. Dans ce contexte, la guerre sino-vietnamienne de 1979 n'a vu qu'une intervention très limitée de l'aviation.

Dans les années 1980, la force aérienne chinoise accentua ses efforts sur la formation de ses pilotes et reçut le soutien des nations occidentales jusqu'en 1989. Avec les manifestations de la place Tian'anmen, et la répression organisée par l'armée, l'ONU vota un embargo total sur les ventes d'armes à la république populaire de Chine. Mais en 1991, l'effondrement de bloc soviétique permettra à la république populaire de Chine et à la Russie d'améliorer leurs relations. Ainsi, la Russie redevient un fournisseur d'armements de la République populaire.

Modernisation vignette|Un Shenyang J-11 en 2007. Au début des années 1990, l'armée de l'air chinoise entame une vaste modernisation qui prévoit le retrait des avions dépassés et leur remplacement partiel par des appareils plus modernes. En effet en 1995 80% de la flotte de combat chinoise était composée de variantes du Mig-19, seulement moins de 2% de la flotte était composée d'avions de génération. Ainsi la force aérienne diminue de manière drastique son parc d'avions avec le retrait du service de près de 3500 avions soit environ 70% de sa flotte. Les effectifs diminuent également mais cela permet un meilleur tout en assurant une meilleure qualité et disponibilité de ses équipements. Le retrait de tous ces avions nécessite évidement un renouvellement important et ce programme débute par l'acquisition auprès de la Russie de Su-27 en 1991, puis un achat de 76 Su-27. La Chine a commencé à acquérir des Su-30 au début des années 2000. Ces avions ont été achetés dans le cadre de plusieurs accords, le plus notable étant l'achat de la version Su-30MKA (modèle d'exportation) et Su-30M2. Ce renouvellement passe aussi par la conception d'aéronefs locaux comme Chengdu J-10, aidé notamment par la Russie avec la fourniture du moteur AL-31F et du JF-17 Thunder en collaboration avec le Pakistan pour ce dernier.

La république populaire de Chine obtient en 1996 la licence pour la production locale de 200 Su-27 (Shenyang J-11) et une nouvelle acquisition de Su-27 et Su-30 permet de continuer cette modernisation mais en 2004, l'industrie de l'armement de la république populaire de Chine après avoir produit 95 J-11 et commencé la production du J-10 a annulé le contrat du J-11, arguant que le matériel russe était trop limité technologiquement. Pourtant, en 2007, Pékin a sorti le J-11B, qui est en fait une réplique de Su-27 biplace - sauf le moteur, le radar et le tableau de bord . En 2015 la Chine annonce avoir signé un contrat avec la Russie d'un montant de pour la fourniture de 24 Su-35, l'accord de vente comprend également la livraison d'équipements de soutien au sol et de moteurs de rechange. Les dernières livraisons ont eu lieu en 2018.

Depuis 2010 l'armée de l'air chinoise se transforme massivement et très rapidement. Elle a amélioré ses capacités dans plusieurs domaines, notamment les chasseurs, les missiles avancés, les systèmes de détections aériens avec des radars AESA et de nouveaux types d'AWACS comme le KJ-2000 ou le KJ-600 qui a effectué son 1er vol en 2020. Elle a également entamé des réformes majeures en matière de formation et de doctrines. Les dirigeants chinois ont compris que la force brute était insuffisante pour contrer l'intervention américaine dans les affrontements autour du détroit de Taïwan et ont donc investi massivement dans un plus large éventail de capacités conventionnelles pour faire passer la PLAAF d'une force importante et technologiquement inférieure à une position avantageuse du point de vue de la qualité et de la quantité.

Par ailleurs, le programme de modernisation est complété par une redéfinition des missions de la force aérienne. Le transport aérien, jusqu'ici négligé, augmente sa capacité avec l'annonce en 2005 de la commande de 30 Il-76 et 8 avions ravitailleurs Il-78. Des multiplicateurs de forces tels avion radar et avion ravitailleur sont également en service depuis les années 2000. Mais également la conception d'un avion de transport lourd a commencé en 2006 qui a débouché sur la production du quadrimoteur Xian Y-20, initialement équipé de moteurs russes, il est désormais équipé des moteurs chinois WS-20. De nombreuses variantes sont en cours de test ou de développement, en particulier une version ravitailleur aérien et AWACS. La version ravitailleur YY-20 est censée remplacer les H-6U qui ont été mis en service au début des années 90.

La conception du Chengdu J-20, le premier avion de chasse furtif de cinquième génération d'origine chinoise a débuté au début des années 2000 avec son premier vol effectué le . L'avion est officiellement entré en service en 2018, il était équipé d'un moteur russe le Saturn AL-31F M2 mais à partir de 2021 le moteur chinois Shenyang WS-10 a commencé à être installé sur ces aéronefs. En 2023 il est annoncé que le moteur WS-15 est entré en production de masse, ce moteur doit permettre au J-20 d'avoir la capacité supercroisière, c'est-à-dire être capable de dépasser la vitesse du son sans avoir recours à la postcombustion. vignette|AWACS KJ-2000 Entre 2008 et fin 2011, on estime que le nombre d'avions de combat moderne (J-10, J-11, Su-27, Su-30 et J-8F) est passé de 500 à plus de , les Chengdu J-7, copies du MiG-21, étant en retiré des premières lignes et en 2018 ils commencent à être retiré du service. Cependant ce n'est pas la fin de cet avion mythique de l'aviation chinoise car à partir de 2018 certaines informations font état de la transformation de J-7. En effet ces derniers seraient en train d'être modifiés pour transformer les vieux avions de chasse en drones. Il y a très peu d'informations à leurs sujets mais les J-7 dronisés pourraient être utilisés pour deux rôles principaux. Le premier transformera l'avion en leurre, ce qui lui permettrait d'user et détecter les missiles antiaériens ennemis ainsi que saturer les ondes radars afin de compliquer la tâche de la défense aérienne. Le second pour transformer l'avion en drone suicide, en y installant le plus d'explosifs possible et en le faisant s'écraser sur sa cible.

En 2013, on estimait que la Chine disposait de 400 chasseurs modernes de quatrième génération, et le nombre d’avions de quatrième génération devait encore augmenter. Le pourcentage de chasseurs de quatrième génération est passé de 30 pour cent en 2010 à 50 pour cent en 2015, prévoyant une structure de force majoritaire de quatrième génération dans un avenir proche. Depuis 2016 l'industrie chinoise se concentre en grande majorité sur la production de 3 types d'avions les J-10C, J-16 et J-20. Entre 2016 et 2022 on estime que la Chine a mis en service plus de 600 avions de combat de quatrième et cinquième génération, tous équipé de radars AESA. La PLAAF s'est également concentrée sur le développement d'options de frappe à longue portée avec des plates-formes de bombardiers améliorées basées sur des missiles de croisière à longue portée Xian H-6K, ainsi que sur le déploiement d'avions plus polyvalents tels que le Shenyang J-16. En 2014, le Pentagone a noté que la PLAAF comblait rapidement l’écart en matière de formation, d’équipement et de capacités de projection de puissance avec les États-Unis.

De 2014 à 2016, la PLAAF a intensifié ses efforts opérationnels conjoints avec la marine de l’APL, en renforçant ses capacités de projection de puissance et de frappe expéditionnaire avec d’autres branches de service, et s’est engagée dans des missions de patrouille conjointes avec la marine de l’APL en mer de Chine orientale et méridionale. En 2016, l'APL a créé la Force de soutien stratégique de l'Armée populaire de libération, qui a supprimé les responsabilités de la PLAAF dans le domaine de l'espace et de l'information, laissant l'armée de l'air concentrée sur les opérations aériennes, la défense aérienne, la guerre électronique, l'alerte précoce aéroportée et les missions de frappe air-sol. Dans le même temps, la PLAAF a activement développé un systèmes de défense aérienne intégrés sophistiqués, capable de fournir une couverture de défense aérienne au-delà du littoral et des frontières. La même année, le général de la PLAAF a annoncé que la Chine développait un nouveau type de bombardier à longue portée lors de la journée portes ouvertes de l'armée de l'air, qui sera plus tard baptisé bombardier furtif Xian H-20. vignette|Avion de 5eme génération J-20