Les Bretons () sont les habitants de l'île de Bretagne (, ) durant l'Antiquité... Les Bretons ont été partiellement romanisés à l'époque romaine. Les langues brittoniques parlées par les Bretons dans l'Antiquité et au Moyen Âge sont les ancêtres des langues brittoniques qui ont survécu jusqu'à l'époque moderne : le gallois, le breton et le cornique. Cependant, selon Tacite (De vita Agricolae), la langue insulaire courante (« common brittonic » en anglais) de l’Antiquité ressemblait fortement au gaulois continental de l’époque.. La diversification vers les langues celtiques d’aujourd’hui aurait eu lieu pendant et après la chute de l'Empire romain..
Au cours de l'Antiquité tardive, la propagation des cultures des Scots, des Pictes et des Anglo-Saxons a déplacé les Bretons d'une grande partie de la Grande-Bretagne. Les Bretons ont par la suite propagé leur propre culture en Europe continentale, peuplant l'ouest de l'Armorique, qui prend alors le nom de Bretagne.Bède le Vénérable les désigne sous le nom de Brettones et les auteurs français contemporains utilisent souvent le terme de Britons pour les distinguer des habitants de la Bretagne Armorique. Les noms gréco-romains et sont tous deux dérivés du nom antique des Bretons. À son tour, le démonyme correspondant du peuple britannique moderne est issu de la même source.
Par la suite arrivent et s'ajoutent : les Romains auxquels se mêle une partie des Bretons insulaires ; les Angles et les Saxons sur les côtes est de l'île de Bretagne ; les Jutes sur les côtes sud-est ; les Scots venus d'Irlande sur les côtes nord-ouest de l'île de Bretagne ; les Scandinaves sur les côtes nord et nord-est de l'île de Bretagne ; les Normands ; les Flamands, arrivés après la conquête normande, et dont certains seront par la suite installés dans le sud du pays de Galles « Flemish immigration to England », In: Flanders and the Anglo-Norman World, 1066–1216, VI, pp. 178-218, Cambridge University Press, 2012.voir aussi Landsker et ..
Ainsi, la définition du peuplement de l'île de Bretagne pose la double question de son caractère celtique et de sa part d'autochtonie, surtout si l'on prend en compte le fait que les Celtes, venus d'Europe centrale, n'ont peuplé l'île qu'au . et y ont trouvé des populations antérieures de culture campaniforme habitant l'île depuis et qui, venues d'Europe orientale Iñigo Olalde, Selina Brace […], David Reich, The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe, nature.com, 555, pages 190–196, 8 mars 2018, avaient elles-mêmes succédé à la civilisation des mégalithes, qui commence vers . Arrival of Beaker folk changed Britain for ever, ancient DNA study shows, theguardian.com, 22 février 2018.
Cette question des origines doit être considérée pour deux périodes distinctes qui ensemble durent près de mille ans : avant la conquête romaine d'une part, et durant le haut Moyen Âge d'autre part.
Origine du nom
La première référence connue aux habitants de la Grande-Bretagne provient du récit du voyage de Pythéas, un géographe grec originaire de Massalia, l'antique Marseille qui a fait un voyage d'exploration autour des Îles Britanniques entre 330 et 320 L'ouvrage de Pythéas, De l'Océan (, ) a disparu, mais plusieurs auteurs antiques nous en ont transmis des bribes, principalement le géographe StrabonStrabon, Géographie, I, 4, 2-3 et II, 5, 8.; Ératosthène, Polybe Polybe, Histoire générale, , livre XXXIV, , trad. Félix Bouchot, 1847., Diodore de Sicile et Pline l'Ancien. Pythéas appelle les îles αἱ Βρεττανίαι (ai Brettaníai traduit en « îles Britanniques ») mais utilise également le terme . Les peuples de ces îles sont désignés comme Πρεττανοί (Prettanoí), Priteni, Pritani ou Pretani, peut-être transmis à Pythéas par les gaulois. et peut-être de même étymologie que πρυτανεία (prytania : « élite »), qui est aussi l'une des significations possibles du mot « celtes »P. De Bernardo Stempel, « Linguistically Celtic ethnonyms : towards a classification » in : L. García Alonso (ed.), Celtic and Other Languages in Ancient Europe, éd. de l'Université de Salamanque 2008, ..
Quoi qu'il en soit, dans l'Empire romain, le nom latin des îles est BrittanniaeOED s.v. "Briton". See also Online Etymology Dictionary: Briton.
La Chronique anglo-saxonne, dont la rédaction est ordonnée par le roi Alfred le Grand à la fin du , commence par cette phrase : (« L'Arménie » est peut-être une transcription erronée de l'Armorique, région du nord-ouest de la Gaule)..
Dans l’Historia regum Britanniae, Geoffroy de Monmouth rapproche le nom de Bretagne à une fondation du royaume de la même île par Brutus de Troye, présenté comme fils d'Ascagne.
Au Moyen Âge, les Normands en Angleterre appellent les Bretons insulaires ‘les bretouns.’ Dans la romance Fouke le Fitz Waryn par exemple: ….la Blanche Launde, que jadys fust a un Bretoun, Meredus fitz Beledyns… Ou encore … Lors enquist le roy de un Bretoun coment la ville avoit un nom…...Les bretons armoricains sont plutôt des 'bretons': 'Mult bien le firent Breton' (Gaimar à propos de Alain le Roux). ou 'bretuns: 'Un lai en firent il Bretun' (Les Dous Amanz).. 'D’un mout ancien lai bretun' (Marie de France).. Ces termes anglo-normands sont aussi, peut-être génériques; ‘En grant travail entrent bretun..’
En anglais, le terme « britannique » désigne à l'origine les anciens Britanniques, plus particulièrement les Gallois, considérés comme leurs héritiers .. Après les Actes d'Union (1707), les termes British et Briton s'appliquent à tous les habitants du royaume de Grande-Bretagne..
Le mot gallois Brython est introduit dans l'usage de l'anglais par John Rhys en 1884 pour identifier sans ambiguïté les locuteurs brittoniques des locuteurs GaelsOnline Etymology Dictionary: Brythonic.
Origines protohistoriques
Les Bretons, c'est-à-dire les habitants de Grande-Bretagne vivant immédiatement avant la conquête romaine, comprenaient de nombreux peuples et tribus dont le caractère celtique est avéré, notamment dans le sud de l'île et à l'embouchure de la Tamise ; pour autant « quand et comment les îles – Bretagne et Irlande – devinrent celtiques ? » est une question discutée (Barry Raftery).
Des relations continues avec le continent existaient durant la période de Hallstatt (au premier âge du fer) et à l'époque de la Tène, une métallurgie du fer existe dans les deux îles (dès le avant notre ère en Irlande). Mais il faut attendre le avant notre ère (et le , voire le en Irlande) pour que le matériel archéologique comprenne une production métallurgique laténienne, celle-ci faisant totalement défaut pour La Tène ancienne. Dans le même temps, la société de l'époque nous donne de nombreux indices d'une hiérarchie très forte, dominée par une classe aristocratique à même d'importer de tels objets du continent.
À la fin du avant notre ère, des émissions de monnaie ont lieu dans le sud de l'île de Bretagne, aucune monnaie (pour la période correspondant à la période pré-romaine de l'île de Bretagne) n'ayant été découverte en Irlande.
L'âge du fer vignette|Pièce Trinovante Jules César mène une expédition sur l’île de Bretagne en -54 et trouve une population très dense sous la commande du roi Cassivellaunus. Normalement désunis, ils se sont mis sous la commande de ce dernier par crainte des légions..
Selon César, les gens de Cantium se distinguent des Bretons de l’intérieur par leur civilisation (quasi gauloise) plus avancée. Ceux de l’intérieur se disent (par tradition orale) autochtone. Pourtant, il y a des Belges (installées récemment) de l’autre côté de la Tamise. C’est leur influence qui fait que les pièces de monnaie bretonnes portent des sigles romains..
L’architecture est comme celle des Gaulois et le bétail abonde. Il y a de l’étain à l’intérieur, du fer sur la côte et une monnaie fabriquée de cuivre, d’or ou de fer. Il y a une interdiction de manger le lièvre, la poule et l’oie, bien qu’ils en élèvent pour le plaisir. Les gens de l’intérieur vivent, pour la plupart, de lait et de viande, et ne sèment pas le blé. Ils s’habillent de peaux.
Les guerriers bretons se donnent une allure bleue, terrifiante, avec un maquillage corporel de la guède. Hormis leurs chevelures longues, et leurs moustaches, ils se rasent toutes les parties du corps.
Le premier partenaire d’une femme est considéré comme le père de tous ses enfants dans leur société promiscue.
Ils construisent des forteresses dans la forêt, qu’ils appellent ‘oppidum’.
Cantium serait sous la domination de : Cingetorix, Carvilius, Taximagulus, Segovax et puis Cassivellaunus. Pourtant, les ennemis de ce dernier vont se soumettre aux Romains, à commencer par les Trinovantes du roi Mandubracios. Les Cénimagnes, les Ségontiaques. les Ancalites. les Bibroques et les Casses vont suivre son exemple. Cassivellaunus perd une bataille contre les Romains, dans laquelle les envahisseurs capturent un noble breton au nom de Lugotorix. Il décide, donc, de se soumettre lui aussi.
C'est vers la fin de la protohistoire continentale que César mentionne une invasion de l'île de Bretagne par les Belges en -75.. Celle-ci, peut-être due à la pression exercée par les Germains sur les Belges, est attestée tant par le mobilier inventé dans le sud-est de l'Angleterre que par l'étymologie et le nom de certaines tribus comme les Cantiaci, les Catuvellauni et probablement les Atrebates.
Selon Diodore, les Bretons insulaires habitent des maisons humbles, construites de roseaux et de rondins. Ils stockent leurs grains dans leurs granges et vivent ainsi, en broyant les têtes mures de leurs récoltes tous les jours. Ils mènent une vie simple, loin de la sagacité et vice des continentaux. Ils sont modestes car ils ne connaissent pas le luxe qu’engendre la richesse. Leur population est grande, et ils sont gouvernés par un grand nombre de rois et de potentats qui coexistent généralement en paix. Les gens de Belerium sont très accueillants grâce à leurs interactions fréquentes avec les étrangers. L’extraction et fabrication de petits morceaux d’étain est leur spécialité. Un commerce avec le continent est pratiqué sur l’île d’Ictis, et ces Bretons livrent leurs biens jusqu’à l'embouchure du Rhône..
En 43, à la demande roi exilé Bericus, l’empereur Claude décide de conquérir l’île véritablement. Selon Tacite, les Bretons insulaires sont superstitieux, courageux d’esprit (mais timides quand l’heure arrive), belliqueux de nature (comme les gaulois d’antan) mais paresseux en captivité, et certains d’entre eux utilisent des chars pour faire la guerre. (Mela confirme que les Bretons utilisent des chars (covinus) pour faire la guerre, et ajoute que comme ceux des gaulois, ils sont équipés de faux sur les essieux.). Ils sont généralement tolérants, mais ne supportent pas l’oppression. Ils ont une attitude relativement féministe concernant la succession royale. Les calédoniens ont des cheveux roux, comme les germains, alors que les silures, plutôt foncés, ont souvent des cheveux bouclés comme les Ibères..
En contraste avec le sud, qui se constituait de plusieurs royaumes indépendants, ce qui est maintenant le nord de l’Angleterre était sous la domination d’une fédération qui s’appelait les Brigantes. Ce territoire est le pays plus prospère de l’Île. Grâce à l’incapacité des Bretons du sud de s’unir, les Romains ont pu trouver des alliés fidèles comme le roi Cogidumnus.