, Le Mississippi brûle au Québec, est un film américain réalisé par Alan Parker, sorti en 1988. Il s'agit de l'adaptation d'un fait réel : les meurtres de la Freedom Summer, dont ceux de trois militants pour les droits civiques (James Chaney, Andrew Goodman et Michael Schwerner) assassinés en dans l'État du Mississippi.. Ces trois victimes travaillaient pour la campagne appelée Freedom Summer, organisée par le Council of Federated Organizations (COFO) afin d'inciter les Afro-Américains à s'inscrire sur les listes électorales.

Synopsis thumb|220px|Affiche de recherche du FBI de Michael Schwerner, Andrew Goodman et James Chaney, en 1964, dont la disparition a inspiré le film. En 1964, trois hommes, membres d'un comité de défense des droits civiques, disparaissent dans le comté de JessupJessup County est un comté fictif, inspiré du Comté de Neshoba, où les faits réels ont eu lieu., dans l’État du Mississippi, ne laissant aucune trace.

Alan Ward (Willem Dafoe) et son adjoint Rupert Anderson (Gene Hackman), des agents du FBI, sont chargés d’élucider cette affaire. Le premier agit avec , à savoir des démarches systématiques un peu violentes mais légales du FBI à l’époque de J. Edgar Hoover. Le second, originaire du Sud, utilise des moyens moins conventionnels, mais complémentaires. Pour être aidés dans leur enquête, ils font appel à des renforts qui fouillent les alentours de la ville à la recherche des trois disparus. Des violences sur fond de racisme éclatent alors dans le comté tandis que l'enquête semble s'enliser dans un bourbier sans fond.

Anderson poursuit l’enquête, en parallèle de l'équipe moderne de son chef Ward, mais selon des méthodes moins formelles et plus subtiles. Ses soupçons se portent sur le shérif Stuckey (Gailard Sartain) et son adjoint Clinton Pell (Brad Dourif), dont l'alibi au moment des disparitions s’appuie sur le témoignage de son épouse.

L’atmosphère est délétère et explosive : un homme est presque lynché, alors que Clayton Townley (Stephen Tobolowsky), chef local du Ku Klux Klan, attise les haines et la violence. (Frances McDormand), épouse de l’adjoint du shérif, écœurée par ces événements, se résout à parler et révèle à Anderson l’endroit où se trouvent les corps des trois disparus. Tilman (R. Lee Ermey), le maire, après avoir été terrorisé à la suite d'un faux enlèvement par un agent noir du FBI, donne des indications qui débouchent sur l’arrestation des coupables : Townley, Floyd Swilley, Lester Cowens (Pruitt Taylor Vince), Frank Bailey (Michael Rooker), Stuckey, Pell et Cooke.

Fiche technique

Titre original et français : Titre québécois : Le Mississippi brûle Titre de travail : Three Lives for Mississippi Réalisation : Alan Parker Scénario : Chris Gerolmo Musique : Trevor Jones Décors : Philip Harrison et Geoffrey Kirkland Photographie : Peter Biziou Montage : Gerry Hambling Production : Frederick Zollo et Robert Colesberry Société de production : Orion Pictures Sociétés de distribution : Orion Pictures (États-Unis), 20th Century Fox (France) Budget : Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleur Genre : drame, policier, thriller Durée : 126 minutes Dates de sortie. : États-Unis : (avant-première à Washington) ; (sortie nationale) France : France : Mention CNC : tous publics (visa d'exploitation délivré le ). Affiche : Bill Gold (États-Unis)

Distribution

Production Genèse et développement

Mississippi Burning s'inspire de faits réels qui ont lieu en dans l’État du Mississippi au tout début du Freedom Summer. Trois militants pour les droits civiques, Michael Schwerner, Andrew Goodman et James Chaney sont assassinés par des membres du Klan Seth Cagin, Philip Dray, , , 2006..

En 1967, un procès a eu lieu où sont accusées, sept d'entre elles sont condamnées d'atteinte aux droits civiques des trois militants assassinés. La peine maximale prononcée est de de prison.

Tournage Le tournage a lieu dans l'État du Mississippi, à Braxton, Canton, Jackson, New Hebron, Port Gibson, , Vaiden et Vicksburg, ainsi qu’à LaFayette dans l’État de l’Alabama..

Accueil Accueil critique Le film reçoit un accueil critique favorable, recueillant 89 % de critiques positives, avec une note moyenne de 6,4/10 et sur la base de 18 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes.

Box-office Le film connaît un certain succès commercial, rapportant environ de dollars au box-office en Amérique du Nord pour un budget de .

En France, il réalise .

Controverse Pour l'historien Howard Zinn, qui conseillait le SNCC à l'époque, le film fait la part trop belle aux agents fédéraux venus enquêter alors que Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie, Agone, coll. « Éléments », 2010, sq. Lire aussi du même auteur en anglais « Federal Bureau of Intimidation » (2006)..

Distinctions Récompenses Oscars 1989 : meilleure photographie pour Peter Biziou. Eddie Awards 1989 : meilleur montage d'un film (exæquo avec Stu Linder pour Rain Man) American Society of Cinematographers 1989 : meilleure photographie d'un film sorti en salles pour Peter Biziou Berlinale 1989 : Ours d'argent du meilleur acteur pour Gene Hackman Artios Awards 1989 : meilleur casting d'un film dramatique National Board of Review Awards 1989 : Meilleur film Meilleur réalisateur Meilleur acteur pour Gene Hackman Meilleure actrice dans un second rôle pour Frances McDormand British Society of Cinematographers 1989 : meilleure photographie pour Peter Biziou BAFTA 1990 : Meilleure photographie pour Peter Biziou Meilleur montage pour Gerry Hambling Meilleur son pour Bill Phillips, Danny Michael, Robert J. Litt, Elliot Tyson, Rick Kline

Nominations Oscars 1989 : Meilleur film Meilleur acteur pour Gene Hackman Meilleure actrice dans un second rôle pour Frances McDormand Meilleur réalisateur pour Alan Parker Meilleur montage pour Gerry Hambling Meilleur son Golden Globes 1989 : Meilleur film dramatique Meilleur réalisateur pour Alan Parker Meilleur acteur dans un film dramatique pour Gene Hackman Meilleur scénario pour Chris Gerolmo David di Donatello 1989 : Meilleur film étranger Meilleur acteur étranger pour Gene Hackman

Analyse Le racisme, l’insécurité et la manipulation des foules dans le sud des États-Unis sont rendus avec justesse.

Autour du film Éditions en vidéo Le film sort en DVD/Blu-ray, le , édité par L'Atelier d'Images, avec en complément une interview d'Alan Parker par Jean-Pierre Lavoignat et Christophe D'Yvoire (9'), les coulisses du tournage (6'), des entretiens avec Willem Dafoe (9'), Alan Parker (20'), et le scénariste Chris Gerolmo (15') ainsi que la bande annonce d'époque.

Autres œuvres sur le sujet Les mêmes faits sont également relatés dans l'épisode Les Écoles de la liberté () de la série Cold Case : Affaires classées (), diffusé en 2008.

Suites judiciaires En 1998, l'un des condamnés met en cause un certain Edgar Ray Killen, alors un des responsables du Ku Klux Klan, qui n'avait jamais été inquiété. Le dossier est rouvert et des témoignages établissent l'implication de ce nouveau suspect dans le meurtre, autorisant la tenue d'un nouveau procès. Le , Killen, âgé de , est reconnu coupable du meurtre des des droits civiques. Il est condamné à de prison par le tribunal de Philadelphia, Mississippi, plus de après les faits.

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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