La poche de Demiansk est un combat d’encerclement des forces allemandes par l'Armée rouge qui s’est déroulé, autour de la ville de Demiansk située au sud de Léningrad, du au , pendant la Seconde Guerre mondiale.

Préambule

À au nord-est de Kholm, entre le lac Ilmen au nord et le lac Seliger au sud, se trouve la ville de Demiansk. Dans le cadre de l'offensive d'hiver 1941-1942, et afin de desserrer l'emprise allemande sur Léningrad, le , les Soviétiques partent à l’attaque des et Armee Korps de la Armée allemande. À la jonction du Heeres Gruppe Nord et du Heeres Gruppe Mitte, le général Andrei Eremenko lance sa Armée de choc et ouvre une profonde brèche en crevant le front allemand. La Armée de choc entre dans la bataille, pénétrant profondément dans le dispositif de défense allemand, marche sur les villes de Demiansk et Kholm (à au sud-ouest de Demiansk) qui se trouvent l'une et l'autre encerclées, malgré la défense opiniâtre des Allemands dans une région boisée et marécageuse.

L'encerclement et le siège

Le , par , profitant des mois les plus froids de l'hiver, les troupes des 1 et de choc et des 11 et soviétiques, franchissent les glaces du lac Ilmen, le delta des marécages de la Lovat ainsi que les vallées basses de la Pola, de la Redia, du Polist et de leurs affluents. Les Russes attaquent ainsi les communications avec l'arrière du Armeekorps et l'encerclement soviétique se referme le sur les troupes allemandes.

C'était le premier grand combat où les troupes allemandes se trouvaient encerclées La guerre près du lac Ilmen (6 mars 1942) - Journal Les Actualités Mondiales..

C'était la première fois, dans l'histoire militaire, qu'un corps d'armée de 6 divisions, soit environ fut ravitaillé par air.

La poche ainsi constituée mesure , ce qui représente un diamètre de contenant allemands, environ et qui se retrouvent piégés. Les villes de Kalitkina, Fedorovka, Vatolino et Demiansk font partie de la poche. La profondeur moyenne varie de . Le territoire de cette poche est tenu par six divisions sous le commandement du général-comte Walter von Brockdorff-Ahlefeldt : Armeekorps; 30. Infanterie Division au nord (Generalleutnant Kurt von Tippelskirch) 290. Infanterie Division au nord (Generalleutnant-baron Theodor von Wrede) SS Division Totenkopf au nord-est (Obergruppenführer Theodor Eicke) 1 SS Kampfgruppe Eicke à l'ouest Armeekorps; 12. Infanterie Division à l'est de Demiansk (Oberst Karl Hernekamp) 32. Infanterie Division au sud (Generalmajor Wilhelm Bohnstedt) 123. Infanterie Division au sud-ouest (Generalmajor Erwin Rauch) ainsi que des troupes paramilitaires unités de la Polizeiregiment Nord unités de la Reichsarbeitsdienst unités de l'organisation Todt

Le général von Brockdorff-Ahlefeldt est certain qu'il sera délivré au printemps et il a su s'établir sur des positions dominantes de la région. Les Soviétiques sont en contrebas, dans des zones marécageuses quand elles ne sont pas gelées et difficiles à ravitailler, car les routes principales et la voie ferrée passent par Demiansk, tenu par les Allemands. Néanmoins pour tenir, les troupes allemandes ont besoin de ravitaillement. Un pont aérien est alors mis en place par la Luftwaffe pour ravitailler les de la poche, laquelle comprend deux aérodromes assez importants à Demiansk et à Peski. C'est le premier pont aérien de l'histoire à une telle échelle. La Luftwaffe emploie les grands moyens en utilisant des Junkers Ju 52, JU 90, JU 86 et des Heinkel He-111. Les quinze groupes de transport et de bombardement qui participent au pont aérien effectuent , apportant de ravitaillement (les besoins en ravitaillement étaient de 270 tonnes par jour, ce qui représentait un mouvement aller-retour de 10 à 15 avions par jourOpération Barbarossa T2 - Paul Carell Editions J'ai lu leur aventure.), évacuant et amenant de remplacement. Cependant, la Luftwaffe perd 265 avions (dont 106 Ju 52, 17 Heinkel He-111 et 2 Ju 86), malgré la faiblesse de l'aviation soviétique. En , la bataille fait rage dans la poche avec une rare intensité, car les Soviétiques sont intervenus avec du parachutiste, dont certains ont sauté au cœur même de la poche de Demiansk vers Lytschkovo, tandis que d'autres s'infiltraient dans les lignes allemandes vers Vereteïka, sur le marais de Niévy gelé et entre Poustynia et Nory. Le , le de skieurs attaque Dobrossli et les et de parachutistes l'aérodrome et les alentours de Demiansk. Ils ne seront éliminés que le .

thumb|250px|Déchargement d'un Junkers Ju 52 dans la poche de Demiansk (22 décembre 1941).

Entre-temps, les Allemands ont monté depuis l'extérieur de la poche l'opération Brückenschlag, qui doit avoir lieu avant la fonte des neiges.

Opération Brückenschlag

Cette opérationMilitaria : la bataille de Leningrad. a pour but de délivrer les six divisions encerclées dans la poche de Demiansk. L’opération part des environs de Staraïa Roussa à l'ouest du lac Ilmen pour venir sur le nord-ouest de la poche en traversant les rivières Polist, Redia et Lovat en direction de Ramouïevo et Kalitkina.

Elle est déclenchée le , avec un effort principal délivré par le groupe Seydlitz (Generalleutnant Walther von Seydlitz-Kurzbach) composé des Leichte Division (Generalmajor Karl Allmendinger) Leichte Infanterie-Division (Generalmajor Gustav Höhne) d'infanterie (Generalmajor Sigfrid Macholz) d'infanterie (Oberst Bruno Hippler) I/ Panzer Regiment 203 Gebirgsjäger-Regiment 206 (chasseur de montagne) (Oberst Edmund Hoffmeister) Luftwaffen-Felddivision de Meindl d'infanterie motorisée

Soutenues par les d'infanterie d'infanterie Régiment de sécurité (Sicherungsregiment) Mayer Plusieurs Kampfgruppen de la Panzerdivision SS Totenkopf Des éléments de la Polizeiregiment Nord Stug Abteilung 659 Stug Abteilung 666 130 bombardiers de la Luftflotte 1 80 chasseurs de la Luftflotte 1

thumb|250px|Ouverture de la poche de Demiansk par des blindés et des fantassins allemands (21 mars 1942).

Le , le groupe Seydlitz lance une reconnaissance au sud de Staraïa Roussa.

Le 21, la Leichte Division, en provenance de France, remporte un très beau succès dès son entrée en action, mais les unités voisines ne suivent pas ou mal. En effet, les Russes ont organisé leur défense sur 5 positions échelonnées en profondeur. Un Kampfgruppe du SS Regiment 5, encerclé depuis 8 semaines au milieu des lignes russes, est quand même délivré. Mais le mauvais temps, et surtout la résistance acharnée des Russes, bloquent l’opération allemande, qui s’enlise pendant près de 2 semaines.

Le , l’opération est renouvelée et doit coïncider avec la sortie des troupes encerclées, qui débute le .

Les jours suivants, la division SS Totenkopf parvient à se frayer un passage jusqu’à la rivière Lovat, qui est en crue à cause de la fonte des neiges.

Le , les Waffen SS aperçoivent des troupes allemandes de l’autre côté de la rivière. Ce sont les hommes du Kampfgruppe Seydlitz qui arrivent de l’ouest. Grâce aux troupes du génie, un contact est établi avec la 5e Leichte Division.

La poche de Demiansk n’est définitivement sauvée qu’au lorsqu’un corridor solide est établi. Elle n’est pas évacuée et restera telle quelle jusqu'à l’hiver suivant, formant un incroyable saillant, relié au front allemand par le mince couloir de Ramouchevo, large de seulement et long de 12.

Le saillant

Ce saillant restera occupé par les unités initiales et les unités du groupe Seydlitz (qui fut dissous le et rattaché au Armeekorps). En , le Gebirgsjäger-Regiment 206 part en Finlande rejoindre la Gebirgs-Division (division de montagne). En , la SS Division Totenkopf est reconstituée en France avant de repartir sur le front russe. Ces troupes sont renforcées au fur et à mesure par : SS Freikorps Danmark — Corps franc danois (Sturmbannführer Christian Frederik von Schalburg), de mai à 81. Infanterie-Division (Generalmajor Erich Schopper), de à 126. Infanterie-Division (Generalleutnant Paul Laux), de à l'évacuation 58. Infanterie-Division (Generalleutnant Karl von Graffen) de à l'évacuation 225. Infanterie-Division (Generalleutnant Ernst Risse) de à l'évacuation 254. Infanterie-Division (General de Infanterie Friedrich Köchling) de à l'évacuation

Pertes et chiffres Pertes et chiffresBergstrom 2007, p. 23. : Chez les Allemands Chiffres 2 aérodromes (Demiansk et Peski). 15 groupes de transport et de bombardement de la Luftwaffe Sorties aériennes : Besoin en ravitaillement soit 270 tonnes par jour Nombre de blessés évacués : Effectifs des troupes de remplacement :

Pertes Morts ou disparus : Blessés : environ dont Avions : 265 Pilotes tués ou disparus : 387

Chez les Soviétiques Il n'y a guère de données concernant les pertes soviétiques : Avions : 408

Sur 19 000 habitants, 6 000 vivaient encore dans Demiansk durant cette période.

Conclusion

Si, à Kholm, on trouve défenseurs, dans la poche de Demiansk, avec un périmètre défensif nettement plus grand, il y a combattants allemands encerclés (+ paramilitaires). Dans une certaine mesure, cela préfigure la bataille de Stalingrad et l’issue de cette bataille a des répercussions désastreuses dans l’esprit du commandement allemand qui croira pouvoir ravitailler Stalingrad par la voie des airs, comme cela avait été possible pour la poche de Demiansk.

Les combats dans la région du corridor de Ramushevo et de la poche de Demiansk ont continué jusqu'au . Demiansk est libérée lors de l'opération Polyarnaya Zvezda par l'Armée rouge le avec la retraite des troupes allemandes.

Articles connexes Poche de Kholm Défense en hérisson

Liens externes Carte allemande des phases de l'opération Brückenschlag Carte russe de la phase finale de l'opération Brückenschlag Le corridor et la poche de Demiansk Carte générale de offensive d'hiver 1941-1942 Carte de offensive d'hiver 1941-1942 autour de Demiansk Historique et bibliographie sur la Bataille de Demiansk en 1942 Historique et bibliographie sur l'Opération "Brückenschlag" en mai 1942

Bibliographie Alexandre Thers, Demiansk, la glace et le feu, in Ligne de Front n°39, Editions Caraktère, 2012 Paul Carell, Opération Barbarossa T2 - Editions J'ai lu leur aventure

Notes et références

Catégorie:Siège de Léningrad Catégorie:Histoire de l'oblast de Novgorod Catégorie:Bataille de 1942 Catégorie:1942 en Union soviétique Catégorie:Ordre de bataille de la Seconde Guerre mondiale