Le drapeau du Quebec.. ou le fleurdelisé. (aussi orthographié fleurdelysé) est le drapeau national du Quebec depuis 1948. Il est bleu royal orné d'une croix blanche cantonnée de quatre fleurs de lys de la même couleur.
Le drapeau est adopté par le gouvernement du Quebec pendant le deuxième mandat du gouvernement de Maurice DuplessisArrêté en Conseil no. 72, du 21 janvier 1948. Gazette officielle du Québec, 24 janvier 1948, tome 80, no. 4, p. 303;. Il est élevé pour la première fois le à 15 heures, au sommet de la tour centrale de l'Hôtel du Parlement, dans la ville de Quebec. Le fleurdelisé flotte aujourd'hui sur tous les édifices publics et partout dans le monde sur les à l'étranger..
Description du drapeau
La description héraldique du drapeau est : « d'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre fleurs de lys du même ».
En héraldique, « l'azur » correspond au bleu et « l'argent » au blanc.
Symbolisme
thumb|upright=0.75|Réplique, à la Tour Solidor (Saint-Malo), de la croix érigée par Jacques Cartier à Gaspé le 24 juillet 1534.
De couleur blanche, la croix renvoie au christianisme ainsi qu'au drapeau blanc et or du royaume de France, qui était celui de la Nouvelle-France de sa fondation jusqu'à la conquête britannique. Centrée et droite, elle est typique de nombreux anciens royaumes d’Europe occidentale. L'utilisation de croix blanches sur les drapeaux royaux français remonte au -.
Comme pour le « Carillon », ancêtre direct du fleurdelisé, le bleu symbolisait à l'origine la Vierge Marie. S’éloignant peu à peu de sa symbolique originelle, la couleur du drapeau est devenue nettement plus foncée au fil des années. Les drapeaux bleus à croix blanche sont attestés en France comme symboles militaires ou de la marine marchande dès le . Le fond bleu royal rappelle la couleur du blason des souverains de France qui régnèrent sur la Nouvelle-France.
Quant au lys comme symbole de la monarchie française, il est attesté à partir de la fin du comme symbole spécifique de la monarchie française, bien qu'il soit déjà utilisé sous les règnes de Pépin le Bref et Charlemagne qui le reprennent sans doute des Lombards (une légende le fait remonter à Clovis). Les fleurs de lys du drapeau québécois se distinguent de celles du blason royal français par leur couleur. Les premières sont blanches, la couleur du catholicisme, mais aussi celles du royaume de France sous les Bourbons, les fondateurs de la colonie. Les secondes sont dorées, selon l'usage des Capétiens directs. Le lys héraldique, décliné en différentes couleurs selon les régions, s'est imposé comme symbole des Français d'Amérique puis de la francophonie nord-américaine, après que la feuille d'érable, autre symbole canadien-français commence à se répandre dans le Canada anglais (vers 1840).
Protocole vignette|Variante 2:1 commune mais non officielle
Le ratio officiel du drapeau est de 3:2, mais il existe une variante 2:1 qui est utilisée lorsque le drapeau flotte avec le drapeau du Canada pour respecter la convention officieuse qui veut que des drapeaux flottant ensemble doivent avoir les mêmes dimensions. Les drapeaux des autres provinces canadiennes qui ont un ratio différent existent également en variante 2:1.
Levée et salut du drapeau
Lors de la levée du drapeau, celui-ci doit être hissé en un mouvement ferme et vif. Cependant, lorsqu'il est ramené, cela doit se faire lentement et soigneusement. Après avoir hissé le drapeau, les participants sont invités à respecter une minute de silence. Ensuite, une personne doit réciter la formule du salut du drapeau :
Une autre version, plus nationaliste et accompagnée d'une fanfare, est celle créée originellement par Raôul Duguay et Alain Sauvageau pour la Société Saint-Jean-Baptiste :
Historique
Période française (1534-1763) vignette|gauche|Croix blanche de saint Michel, utilisé en tant que drapeau militaire de la France lors du Bas Moyen Âge. thumb|Un des nombreux drapeaux présents en Nouvelle-France, celui des Compagnies franches de la marine
Le , Jacques Cartier plante une croix de trente pieds de haut à Gaspé pour signifier l'appropriation des lieux au nom du roi de France. Il était de coutume pour la prise de possession d'une nouvelle terre d'y faire dresser, à l'arrivée des explorateurs, une croix surmontée d'un blason aux armoiries de France avec la fleur de lys. Après 1665, lorsque le premier contingent militaire français débarque en Nouvelle-France, le pavillon blanc du Royaume de France se répandra graduellement à l'échelle de toute la colonie de l'Amérique du Nord. Le pavillon du royaume côtoie les étendards des différents gouverneurs qui se succèdent à la tête de la colonie et le blason des compagnies chargées du commerce. À titre d'exemple la Compagnie des Indes occidentales pouvait apposer où bon lui semblait les armoiries qui lui avaient été accordées en 1664 : un écusson au champ d'azur semé de fleurs de lys d'or sans nombre, avec deux sauvages pour supports et surmonté d'une couronne tréfléeL'héraldique au Canada/Heraldry in Canada, vol. XVII, mars 1983 et vol. XXV, septembre 1991. En 1662, Louis XIV fait de la colonie une province royale, la dotant d’une administration royale comme toute province Française. Ce faisant, les armoiries du Roi de France et le pavillon blanc du Royaume de France devinrent les symboles officiels du pouvoir royal dans toute la Nouvelle-France. De même, de nombreux et différents drapeaux militaires français flottèrent sur la colonie jusqu'en 1760..
Période britannique (1763-1948)
Toutefois, à la suite de la conquête britannique de 1759 et de la prise de Québec, on hisse le drapeau britannique sur les remparts. Avec la reddition de la Nouvelle-France en 1760, et la cession de la colonie aux Britanniques par le traité de Paris de 1763, le drapeau britannique devient, jusqu'en 1868, le seul drapeau officiel à flotter sur, successivement, la province britannique de Québec, le Bas-Canada et le Canada-Uni. Le , la reine Victoria accorda des armoiries au Québec qui, dès ce moment, permirent de créer un drapeau officiel du Québec. Il s'agissait d'un Blue Ensign avec l'Union Jack dans le coin supérieur gauche et les armoiries du Québec à la droite. Il semblerait cependant qu'il fut utilisé très rarement : plusieurs sources, incluant le site du gouvernement du Québec., mentionnent que ce fut l'Union Jack qui flotta au-dessus du parlement jusqu'au et non le Blue Ensign québécois. De plus, en 1938, à l'ouverture d'une école minière à Val-d'Or, le drapeau utilisé pour représenter le gouvernement du Québec fut un emblème. Ceci fut fait à la demande de Burroughs Pelletier, qui fut avisé que le ministère voulait un symbole, mais qu'il était incertain sur lequel devait être utilisé.
En quête d'un drapeau national Tricolore des Patriotes (1837-1838)
vignette|gauche|Drapeaux tricolores à bandes horizontales (vert, blanc et rouge) lors de l'Assemblée des six-comtés.
Le désir des Canadiens — qui plus tard s’appelleront les Canadiens français — d'un drapeau distinct demeure après la Conquête. Le drapeau des Patriotes, composé de trois bandes horizontales verte, blanche et rouge, fait son apparition pour la première fois en 1832, lors de la libération de Ludger Duvernay, journaliste à la Minerve, et de Daniel Tracey fondateur du Vindicator. Lors des insurrections de 1837-1838 et de la proclamation de la très éphémère République du Bas-Canada, le drapeau des Patriotes devient le drapeau national. Certaines théories concernant ses origines affirment que la couleur verte a été adoptée pour représenter les Irlandais, la couleur blanche pour les Canadiens français et le rouge pour les Anglais. Certains affirment également que le style tricolore a été inspiré par le drapeau de la France, symbole de la révolution française qui a inspiré les Patriotes. On lui ajoute parfois d'autres emblèmes comme le castor, la branche de feuille d'érable et le maskinongé. Il fut par la suite adopté par la Société Saint-Jean-Baptiste le Journal Le Canadien, 24 juin 1842. Il est arboré lors de la Fête Nationale de la Saint-Jean et lors de la Journée de Dollard qui deviendra en 2001 sur décision de l'Assemblée Nationale la journée nationale des patriotes. On pavoise également au drapeau des patriotes lors d'événements festifs (concerts..) ou de rassemblements marqués par le nationalisme québécois ou le souverainisme. D'autres versions contemporaines intègrent une étoile jaune dans la partie supérieure gauche suivant une illustration d'Henri Julien Le Vieux de 1837, une allégorie des patriotes devenue archétypale.
Bicolore (1842)
La défaite des Patriotes porte un coup fatal au tricolore canadien, de plus le drapeau n'est guère apprécié par la population anglaise du Québec qui y voit un emblème révolutionnaire. C'est pourquoi le , la Société Saint-Jean-Baptiste décide d'adopter un drapeau bicolore, blanc et vert, à bandes verticalesH.-J.-J.-B. Chouinard, Fête nationale des Canadiens français célébrée à Québec le 24 juin 1880, Québec, A. Côté, 1881, .. Le bicolore blanc et vert remplace un temps le tricolore des Patriotes devenu intolérable aux Anglais. Le peu de succès du tricolore dans la sphère politique francophone canadienne explique sa rapide disparition devant le tricolore français.
On peut voir dans le drapeau franco-ontarien un descendant du bicolore québécois.
Tricolore français (1854-1948)
vignette|Lors d'un discours à l'extérieur de l'Hôtel du Parlement du Québec en 1922, le drapeau de la France et du Royaume-Uni sont côte à côte.
Le tricolore français était également souvent utilisé par l'ensemble des francophones lors des premières années de la Confédération canadienne. Le , la France et le Royaume-Uni s'allient et, le lendemain, déclarent la guerre à la Russie. Le , les troupes franco-britanniques gagnent la bataille de l'Alma. Montréal et Québec pavoisent aux couleurs françaises et britanniquesOlivier [pseudonyme de Benjamin Suite], « Le drapeau tricolore au Canada », Bulletin des recherches historiques, vol. III, , février 1897, .. Une des conséquences de cette alliance franco-britannique est la venue au Québec, durant l'été de 1855, du premier bateau français depuis la cession du pays en 1760. L'arrivée de la Capricieuse soulève l'enthousiasme de la population. Chaque victoire alliée dans la Guerre de Crimée provoque une apparition encore plus grande de drapeaux français et de La Marseillaise. En 1880, lors d'une conférence aux États-Unis, la proposition d'un drapeau pour une union francophone d'Amérique du Nord, qui est en fait le tricolore, est adoptée par les participants. En 1884, à la convention nationale acadienne de Miscouche, les délégués adoptent à l'unanimité le drapeau tricolore avec une étoile, figure de Marie (cf. le Drapeau de l'Acadie). En janvier 1887, Honoré Mercier et son Parti national prennent le pouvoir au Québec : sous son gouvernement jusqu'en 1891, le Tricolore devient le drapeau national.
Mais l'utilisation du bleu-blanc-rouge suscite deux catégories d'opposition. D'une part, parce qu'il représente la France républicaine. En 1877, Philéas-Frédéric Bourgeois fait même installer l'ancien drapeau fleurdelisé français au collège Saint-Joseph de Memramcook ; il est encore en place en 1881.. Les ultramontains lui préfèrent aussi un étendard fleurdelisé plus marqué par l'Ancien Régime comme le fait remarquer en 1884 François-Xavier Trudel. Ce à quoi lui répond opposant en faveur du Tricolore, Cyprien Fréchette de La Patrie, que Raoul Roy, Pour un drapeau indépendantiste, Montréal, les Éditions du Franc-Canada, 1965, ..