de Guînes, né vers 1135 et mort le , est le fils d' et de Mahaut de Saint-Omer. Comte de Guînes de 1169 à 1205, il entre dans l'histoire comme un des grands seigneurs les plus instruits du .
Biographie Baudouin, fils d'Arnould de Gand et de Mahaut de Saint-Omer, est tenu sur les fonts baptismaux par , son grand-oncle. Manassès lui donne le nom de Baudouin en mémoire de son propre père A. du Chesne, cité dans la bibliographie, ..
Baudouin est fait chevalier par Thomas de Cantorbury, plus connu sous le nom de Thomas Becket, archévêque de Cantorbury, alors en conflit avec le roi et de passage en France.
, son père, constate qu'Arnould, vicomte de Marck est devenu d'Ardres, seigneur d'Ardres par son mariage avec la fille d' d'Ardres, Adeline d'Ardres, héritière d'Ardres après la mort de ses deux frères. d'Ardres n'a lui-même qu'une fille Chrétienne ou Christine d'Ardres. Christine était promise à Étienne, fils d'Elenard de Seneghem, (Seninghem). de Guînes craint que les anciennes rivalités entre Guînes et Ardres, qui s'étaient déjà affrontés par les armes, ne reprennent. Il va à Ardres pour négocier le mariage de son fils aîné Baudouin et de la fille d' d'Ardres. L'accord se fait, Baudouin épouse l'héritière d'Ardres et cumule ainsi le comté de Guînes et la seigneurie d'ArdresA. du Chesne, cité dans la bibliographie, .. Le mariage de Baudouin avec Chrétienne d'Ardres, unique héritière d'Ardres, va permettre de mettre fin aux conflits ouverts ou larvés opposant les comtes de Guînes à leurs vassaux, seigneurs d'Ardres.
de Guînes meurt en 1169. est reconnu comte de Guînes, il en porte le titre dans une charte du comte de Flandre Philippe d'Alsace, datée de 1169 et dressée en faveur de l'abbaye de Marchiennes.
Comte de Guînes Baudouin avait eu une jeunesse dissipée. Il change complètement en succédant à son père, et va administrer son comté avec vertu. Il rend la justice avec rigueur et sévérité mais en se montrant juste et équitable, ce qui lui vaudra les surnoms de« juste juge » ou encore « justicier admirable ».
En 1170, Thomas de Cantorbury retournant en Angleterre passe par Guînes. Baudouin le reçoit avec beaucoup d'honneur. Il avait demandé à Pierre, abbé de l'abbaye Saint-Médard d'Andres d'aller au devant de lui jusqu'à l'abbaye de Saint-Bertin. Après quelques jours, Thomas repart en Angleterre et y est assassiné. Baudouin va ensuite toujours honorer son nom, recherche et obtient des reliques du saintA. du Chesne, cité dans la bibliographie, ..
Il se montre également très pieux. Il fait construire une riche et somptueuse chapelle près de son donjon de Guînes, ainsi qu'une autre chapelle au lieu-dit Montor ou Mont d'Or, en l'honneur de sainte Catherine (Catherine d'Alexandrie), y met des reliques de saint Thomas (Thomas Becket déjà cité), la décore et y établit pour chapelain, un savant homme nommé Michel, natif de Loresse, ayant enseigné les belles lettres à Ardres, élevé prêtre par le dit Thomas Becket.
et son épouse font d'importantes donations à l'abbaye de Clairmarais, tout en confirmant celles faites par son père ArnouldAlphonse Wauters, cité dans la bibliographie, , année 1174.. Il octroie également plusieurs faveurs à l'abbaye d'Andres, et confirme un échange de terres entre l'abbaye et un chevalier nommé Vivian. Il confirme, avec sa femme Chrétienne et son fils Arnould, lors d'une assemblée plénière de ses barons à Guînes, le don fait par Clément d'Autingues à l'abbaye d'Andres, d'un tiers de la dîme de Zouafques, que Clément tenait en fief d'Arnould d'Ardres.
Vers 1170, tient une cour plénière et solennelle à Guînes lors de laquelle Baudouin de Campagne (Campagne-les-Guînes), fait partie des plèges (cautions) avec d'autres seigneurs, de la dîme qu'Adolphe d'Alès engagea à Pierre abbé d'Andres moyennant un prix de 85 marcs d'argent. tient cette assemblée en tant que protecteur et avoué de l'abbaye d'Andres, le jour où Henry de Campagne devait combattre à Guînes contre le champion de Baudouin de Campagne son frèreA. du Chesne, cité dans la bibliographie, ..
Baudouin intervient ensuite dans le différend entre l'abbaye d'Andres et la famille de Bavelinghem : Hugues de Bavelinghem, Simon et Frumold, ses frères, Wichard et Raoul Bailleul et autres, leurs cohéritiers, à propos d'une portion du marais de Bavelinghem. Hugues de Bavelinghem et ses partisans en réclamaient la tierce partie. Didier évêque de Thérouanne va négocier un accord, conforme aux donations des précédents comtes de Guînes, et Baudouin va l'approuver.
Puis, se trouvant à Audruicq avec son fils Arnould, Henry de Seltun et autres chevaliers, il se rend caution envers l'abbé et les moines d'Andres d'un accord passé entre eux et Guillaume, frère de Charles de Bredenarde. Les lettres officielles à ce sujet ont été énoncées publiquement à Guînes, en présence de nombreux chevaliers.
Il montre encore sa magnificence en tant que comte de Guînes par les différents édifices qu'il fait construire. Sur son donjon de Guînes, il élève une belle maison ronde couverte de plomb, tellement grande qu'elle donnait l'impression d'un labyrinthe ou dédale. Il fait également réparer le château de Tournehem qui tombait en ruines.
Vers 1175, Baudouin fait construire dans les marais de Sangatte un solide château fort avec une haute tour, des fossés, malgré la résistance et l'opposition des cités de Boulogne, Wissant, Calais, Mercq (Marck), détenues par le comte de Boulogne. Le comte de Boulogne, Renaud de Dammartin, y voit une volonté d'entraver la libre possession des biens évoqués et va vouloir riposter en construisant un château à Ostrowic (devenu Ostruy, sur la commune actuelle de Réty) pour abolir le nom et la force de celui de Sangatte mais les gens de Guînes et de Sangatte vont empêcher sa constructionAndré Du Chesne, Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy et de quelques autres familles illustres, Paris, 1632, , lire en ligne.. Cet épisode illustre les tensions fréquentes entre le comte de Guînes et le comte de Boulogne, tension qui se transformera en lutte ouverte plus tard (voir ci-dessous).
En 1176, d'Ardres et son épouse Adeline meurent. Dans l'année qui suit, leur fille Chrétienne, femme de Baudouin, resta malade à la suite de l'accouchement de son dernier enfant. Baudouin qui était en Angleterre pour y régler ses affaires, rentre au plus vite et va la retrouver à Ardres. Chrétienne meurt le . Elle est enterrée dans l'église d'Ardres, aux pieds de sa mère. Les funérailles sont célébrées par Godescal, abbé de Saint-Bertin, Alger abbé de Notre Dame de la Capelle (commune actuelle de Les Attaques), Pierre abbé d'Andres, Robert abbé de Licques et d'autres ecclésiastiques. Lambert d'Ardres, le chroniqueur célèbre rédige son épitaphe en six vers latins. Chrétienne était très appréciée et considérée comme une bonne et sage dame.
Baudouin très affecté, tombe à son tour gravement malade au point de penser sa mort proche. Ayant retrouvé la santé, il se montre encore plus pieux qu'auparavant, se fait protecteur des veuves et orphelins, avantage les ecclésiastiques, rétablit dans leurs biens les enfants de nobles lésés par leurs pères dans leur héritage. Il reçoit à Ardres et traite avec les plus grands égards, l'archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains, de retour de la visite du sépulcre de Thomas CantorburyDu Chesne, cité dans la bibliographie, ..
En 1191, Philippe d'Alsace, comte de Flandre, meurt sans héritier. Le roi de France s'oppose à finalement reconnu comme nouveau comte de Flandre à la suite du traité d'Arras de 1191. doit accepter la perte du Boulonnais, du Ternois et du pagus Atrebatensis au profit du roi de France Philippe Auguste. , de même que le comte de Boulogne et le comte de Saint-Pol, doit rendre hommage au roi de France, son nouveau suzerainAnselme de Sainte Marie (Père Anselme), Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, 9 volumes, Paris, 1725 et années suivantes, , page 78, lire en ligne..
ne reste pas longtemps dans l'obéissance et la fidélité au roi de France, il reste fidèle à . En 1192, quand celui-ci assiège Saint-Omer, vient à son aide et lance de puissants assauts contre la ville qui doit se rendre.
Le traité de Péronne est signé en 1200 entre et Philippe Auguste. Le roi obtient confirmation de la possession de la partie du comté de Flandre qui lui avait été apporté par son mariage avec Isabelle de Hainaut, c'est-à-dire le futur Artois, comprenant les villes de Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys, Arras, Bapaume, les comtés d'Hesdin et de Lens, et les terres attribuées lors du traité d'Arras de 1191, dont l'hommage de Guînes. Ces territoires vont revenir à , fils de Philippe Auguste, et après lui au fils de Louis, Robert, comte d'Artois sous le nom de Du Chesne, cité dans la bibliographie, .. Le comté de Guînes relève dès lors du comté d'Artois, ce qui sera le cas pour les successeurs d', fils et héritier de .
En 1191, Baudouin est arbitre avec Didier, évêque des Morins, au sujet d'un débat s'étant élevé entre l'abbaye Saint-Médard d'Andres et Adelide, veuve de Henri de Campaines, et son fils Henri au sujet de la propriété d'un maraisAlphonse Wauters, cité dans la bibliographie, , Année 1191..
Comme ses prédécesseurs, Baudouin veille aux bonnes relations avec les abbayes : en 1198, il sert d'intermédiaire lors d'une donation faite à l'abbaye de LicquesAlphonse Wauters, cité dans la bibliographie, , Année 1198.. Il fait plusieurs donations à l'abbaye d'Andres dans les années 1200, 1202-1203.
Les comtes de Guînes détiennent des biens en Angleterre. Le devenir de ces possessions est lié également à la qualité des liens entretenus avec le roi d'Angleterre, qui le cas échéant, a la capacité d'attribuer ou retirer des domaines. À l'époque de Baudouin, et de son fils , ces relations sont plutôt bonnes : plusieurs actes en témoignent, qui concernent tant Baudouin que l'un ou l'autre de ses enfants. Pour améliorer et faciliter la gestion de ses domaines, Baudouin procède en 1200 avec le comte de Pembroke Guillaume le Maréchal, à un échange de biens : il lui cède des domaines en Angleterre contre des biens possédés par le noble anglais en Flandre; le roi d'Angleterre confirme cette transactionAlphonse Wauters, cité dans la bibliographie, , Année 1200.. La même année, il fait ouvrir un chemin pour séparer les bois détenus respectivement par l'abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer, l'abbaye de Licques et son fils Guillaume. En 1206, c'est une église (Est-Malling), située dans le Kent, qui appartenait à Baudouin, qui est donnée à un clerc britannique par le roi d'AngleterreAlphonse Wauters, cité dans la bibliographie, , Année 1206..
Renaud de Dammartin, enlève Ide de Lorraine et devient de ce fait comte de Boulogne. Ide était promise à de Guînes, fils de . va essayer de récupérer Ide puis épouse Béatrice de Bourbourg. Pour défendre les intérêts de celle-ci contre les prétentions de Mathilde de Portugal, il s'oppose aux chevaliers de Flandre. Mathilde s'allie à Renaud de Dammartin qui capture en 1205. Bien que relâché un peu plus tard, Baudouin meurt des effets de sa captivité le . devient le nouveau comte de Guînes. est inhumé dans l'abbaye d'Andres en présence de sa très nombreuse descendanceDu Chesne, cité dans la bibliographie, ..
A. Du Chesne, s'appuyant sur la chronique d'Andres (voir Guillaume (abbé d'Andres), lui prête une très nombreuse descendance, 32 ou 33 enfants, légitimes issus de Chrétienne d'Ardres ou nés de plusieurs femmes après la mort de celle-ci. Pour Du Chesne, ce nombre d'enfants illégitimes et « cet amour inconsidéré des femmes et des jeunes filles », seront les seuls défauts à opposer à ses vertus.
Goût des lettres Une des facettes les plus caractéristique de de Guînes demeure la place qu'il accorda à la culture : il n'a ni étudié ni appris les « belles lettres » mais excelle en nombreuses sciences.