Le chamois (Rupicapra rupicapra) est une espèce de mammifères de la famille des bovidés et de la sous-famille des caprinés. Les six sous-espèces reconnues vivent dans les zones rocheuses, les forêts et pâturages de montagnes, depuis les Alpes jusqu'à l'Anatolie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie, en passant par les Vosges, le Jura, le Massif central, les Balkans et les Carpates. Il existe également une population introduite en Nouvelle-Zélande. En 2021, on compte en vie.

L'isard, une espèce voisine appartenant au même genre Rupicapra, vit dans les Pyrénées, la cordillère Cantabrique et les Apennins italiens.

Dénominations Nom scientifique valide : Rupicapra rupicapra (Linnaeus, 1758) Protonyme : Capra rupicapra Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Chamois, Chamois des Alpes, Chamois d'Europe Noms vernaculaires (langage courant) : chamoez (breton), chamouès (arpitan), isard (catalan), sarrio (basque)

Étymologie Le mot chamois provient d'un nom alpin préindoeuropéen kamo(r)c* donnant les formes rhéto-romanes kamuoč, cjamorto ou italienne dialectale kamužu, portugais camurça, allemand Gämse du v.h.a. Gamiza. En gaulois, il prend le nom de camox et le restera en latin médiéval camox, d'où le français chamois, l'italien camoscio, l'ancien slovaque kamōke ou l'espagnol gamuzaThe Oxford Dictionary of English Etymology.

Description Morphologie

Ce sont les plus petits représentants des caprinés (comprenant les mouflons et bouquetins). Ils mesurent en général pour les mâles adultes entre du museau à la queue, entre de haut au garrot. Il a des cornes d'environ pour le mâle. Le poids est compris entre . Les femelles leur sont presque toujours inférieures en poids et en taille. Les animaux ont un poids maximum en automne, alors qu’ils ont accumulé des réserves durant l’été. À la fin de l’hiver, le poids des chamois peut diminuer de moitié, et au début du printemps ils épuisent leurs réserves.

Cornes thumb|Crâne d'un chamois (Sorbonne Université).

Les chamois se distinguent aisément par leurs petites cornes d’un noir ébène qui contrairement aux cervidés sont conservées en permanence jusqu’à la fin de leur vie. De plus les femelles et les mâles les ont dès le plus jeune âge. Les cornes poussent dès la naissance, elles sont visibles dès le deuxième mois. L’accroissement de la gaine est maximum lors de la deuxième année de vie.

Dès la sixième année, les cornes ne poussent plus que de par an. Elles mesurent environ pour (étuis seulement – contre pour le bouquetin) mâles et femelles confondus. Elles poussent tout d’abord verticalement, puis, elles s’infléchissent vers l’arrière pour former le crochet. Les cornes sont composées de deux éléments principaux : l’étui corné et la cheville osseuse. Cette dernière fait partie de l’os frontal. C’est elle qui est responsable de la croissance des cornes grâce à un tissu chorio-épidermique. L’étui corné ou gaine quant à lui est composé de cellules épidermiques mortes et kératinisées (substance riche en soufre et fondamentale des poils, ongles, plumes, et cornes). Sur l’étui corné, nous pouvons distinguer deux types de reliefs : des annelures de parures (rarement sur tout le tour), et des anneaux d’âges (tour complet et plus marqué). Les annelures de parures sont des protubérances plus ou moins marquées, à ne pas confondre avec les anneaux d’âge qui sont dus à un arrêt hivernal de la croissance des cornes. L’arrêt de la kératogenèse est due à une nourriture moins abondante et moins riche en minéraux.

Glandes rétrocornales C’est une des particularités du chamois, elles sont présentes chez les deux sexes à l’arrière des cornes ; elles sont de la taille d’une noisette. Chez les mâles, elles grossissent dès septembre et au moment du rut elles sécréteront une odeur très forte qui servira à marquer leur territoire. Les animaux en imprègnent les plantes et les rochers. Il semble également que l’odeur des glandes excite la femelle pour favoriser l’accouplement : c’est pourquoi elles sont appelées glandes de rut. Les mâles aiment souvent lécher celles des femelles.

Dents

Les chamois comme les êtres humains ont une dentition de lait et une définitive. Elle comprend dès le ( de lait) : , et , le maxillaire supérieur étant toujours dépourvu d’incisives.

Pelage alt=Un chamois sur l'Ornach|vignette|Un chamois sur l'Ornach (Allemagne).

La fourrure du chamois se compose de deux sortes de poils : les poils plus épais et longs de jarre et le duvet. Les poils de jarre () forment l’essentiel du pelage, vient ensuite près du corps le duvet qui forme une couche laineuse protégeant l’animal contre le froid en hiver. Les marques faciales sont caractéristiques : tête et gorge blanchâtres, bande longitudinale d'un noir brun foncé entre la base des cornes et le museau. Sur l’échine, les chamois mâles portent une crinière, communément appelée « barbe », qui peut mesurer jusqu’à lors du rut, alors qu’en été elle ne fait plus que . Grâce à un muscle horripilateur, les poils de la crinière peuvent se dresser verticalement. La couleur du pelage varie selon les saisons : plus foncé en hiver que lors de la saison chaude (avec une raie dorsale brun foncé en été), il correspondrait à un besoin d’économie d’énergie, le pelage noir permettant de mieux profiter de l’énergie du rayonnement solaire. Après la mue de printemps, le pelage devient beige sale puis gris beige.

Il existe également des cas de mélanisme et d’albinisme qui présentent des animaux noirs ou blancs tout au long de l’année.

Sens La vue du chamois lui permet de distinguer un mouvement à près d’un demi-kilomètre dans la pénombre, mais cet animal éprouve des difficultés à identifier des objets immobiles même proches de lui. Son ouïe est habituée aux bruits liés aux activités humaines. Les chamois font par contre très attention à tout bruit insolite, et pour repérer s’il y a danger ou non, ils utilisent leur sens le plus développé : l’odorat. Ce sens leur permet de confirmer, par vent favorable, la présence d’intrus à plus de .

Sabots Les sabots sont constitués de deux doigts de pied latéraux équipés d’une partie cornée, les onglons nettement séparés l’un de l’autre et orientables. Pouvant s’écarter pour mieux adhérer aux rochers, ils forment une pince dont l'extrémité tendre assure la tenue sur des prises minuscules. La sole plantaire et le talon caoutchouteux adhèrent parfaitement à la roche lisse et glissante. Le pied des chamois comporte également une cloison interdigitale aux fibres conjonctives recouverte de poils qui lui évite de trop s’enfoncer dans la neige et qui fait office de raquettes.

Cœur et poumons Cet animal est tout à fait adapté à son milieu comme le montre bien son cœur très volumineux. En effet, il pèse de pour – le cœur de l’homme fait environ pour – de plus, le sang contient plus de de globules rouges par millilitre : quatre à cinq fois plus que l’homme. Les poumons des chamois sont également très grands. Ces particularités du chamois font qu’il peut aisément gravir et descendre en quelques minutes.thumb|Une chèvre et son cabri.

Position demi fléchie Le chamois, contrairement à d’autres animaux, a une position demi fléchie, ce qui lui procure une détente spectaculaire et une puissance remarquable. Les os forment des angles fermés qui font office de ressort lors d’un saut.

Déplacement Les chamois se déplacent par bonds, et les plus vifs peuvent prendre la fuite à une vitesse maximale de Faune Alpine Le Chamois.

Bézoard Le bézoard est une sorte de boule contenue dans certains estomacs de chamois. C'est un léger conglomérat de taille moyenne variant de la taille d'une noisette à celle d'un œuf de poule. Le bézoard est constitué de fibres, de débris végétaux et de poils de léchage liés par la résine ingérée en même temps que l'écorce des conifères et tous matériaux non dissous par les sucs digestifs. Cette boule peut aussi contenir de la silice et des sels minéraux. Elle finira par devenir lisse et brillante, brun foncé et dégagera une forte odeur musquée. Tous les chamois peuvent avoir cela mais cela ne les gêne pas en général. Un bézoard trop volumineux peut provoquer la mort en bloquant le transit intestinal, mais cela se produit rarement. Autrefois on utilisait les bézoards comme porte-bonheur, et ils étaient aussi censés guérir certains maux et supprimer les vertiges (puisque le chamois n'est pas sujet au vertige…).

Distinction des sexes Allure Le dimorphisme sexuel est peu marqué chez les chamois. En effet les individus des deux sexes portent des cornes presque semblables et n’ont pas de grandes différences morphologiques. Il est cependant possible de les reconnaître : le bouc a un cou plus massif, et a une silhouette plutôt triangulaire. La chèvre quant à elle paraît plus fine et a une tête plus allongée.

Pelage Dès la quatrième année, les mâles ont, lors de la période de rut, un long pinceau pénien prolongeant le fourreau de la verge. La crinière permet aisément de repérer un mâle en hiver.

Cornes L’angle formé par le crochet permet dans presque tous les cas de distinguer un mâle d’une femelle : le crochet ouvert est le signe distinctif des femelles (plus de 45°). Le diamètre des cornes est également plus fort à la base chez le mâleLe Chamois et l'Isard, Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Attitude Lors du rut, il n’est pas rare que deux mâles se poursuivent sur plusieurs kilomètres. De plus, les chamois mâles ont une posture d’intimidation : de profil, corps tendu, tête haute et oreilles obliques. Il est également possible d’observer les chamois lorsqu’il urinent ; cela permet de dire avec certitude leur sexe : les femelles urinent en arrière des postérieurs alors que le mâle le fait entre ses quatre pattes.

Longévité et espérance de vie Les chamois peuvent vivre jusqu’à , mais peu dépassent . À partir de commence la sénescence ou vieillesse. Leur poids diminue et cela jusqu'à leur mort. Les poils ne sont plus autant colorés, ils arborent une teinte grisâtre. Alors augmente également le taux de mortalité qui croît encore entre . Le facteur le plus déterminant est l’usure des dents, car il conditionne la prise de nourriture, ainsi peu d’animaux peuvent dépasser 21-22 ans. Comme chez les humains, les femelles ont une plus grande espérance de vie. Les cabris ont entre 50 et 70 % de chance de survie en hiver et environ 90 % en été.

Reconnaissance de l’âge Taille des cornes La taille des cornes permet de déterminer l’âge des éterlous et éterles de la première année jusqu’à leur quatrième anniversaire. Il faut distinguer deux périodes : mai à août et septembre à avril. Dans la première, les chevreaux de la première année n’ont pas de cornes visibles, ceux de deux ans ont leurs cornes jusqu’au milieu des oreilles, les chamois de trois ans les ont aussi hautes que les oreilles et dès trois ans les cornes dépassent largement les oreilles. Dans la seconde période de septembre à avril, : cornes courtes et peu recourbées, : cornes légèrement au-dessous des oreilles, mais les crochets sont bien visibles. Le mâle est alors appelé éterlou, et la femelle éterle. Les chamois de portent leurs cornes plus hautes que les oreilles.

Anneaux d’âge Les anneaux d’âge, comme leur nom l’indique, permettent de calculer l’âge de l’animal à condition de posséder ses cornes. Il suffit de compter les anneaux. Toutefois, le premier anneau n’est pas visible tout le temps, il est situé dans la courbure du crochet. La croissance des cornes est plus rapide les premières années, cela se remarque par l’espace entre les anneaux, alors que les derniers proches de la base sont de plus en plus resserrés.

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