425px|Carte Lorganisation de la gendarmerie mobile en France est de type décentralisé. En effet, il n'existe pas au sein de la direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) de direction ou de sous-direction de la gendarmerie mobile mais une sous-direction fonctionnelle de la défense, de l'ordre public et de la protectionL'organisation des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) de la Police nationale est différente : en effet il existe une direction centrale des CRS (DCCRS) au sein de la Direction générale de la Police nationale (DGPN)... Les formations de gendarmerie mobile, quant à elles, sont placées sous l'autorité hiérarchique des commandants des sept régions de gendarmerie situés au siège de chacune des zones de défense et de sécurité, qui sont eux-mêmes directement subordonnés au directeur général de la gendarmerie nationale.

Chacune de ces sept « régions zonales » supervise plusieurs groupements de gendarmerie mobile dans lesquels sont répartis les escadrons de gendarmerie mobile (EGM). En 2024, il existe dix-huit groupements et 116 escadronsLe nombre total d'escadrons de marche a été porté à 116 entre 2015 et 2024. Un escadron avait été créé à la suite des attentats de 2015, sept autres ont été créés en 2023 et 2024 dits « de marche »En général, dans les forces armées françaises, une unité (régiment, bataillon etc.) est dite « de marche » lorsqu'elle est constituée temporairement, souvent à partir d'éléments divers n'appartenant pas à la même formation organique, pour accomplir une mission particulière pendant une période donnée. Dans la Gendarmerie, le terme est également utilisé pour distinguer les unités tactiques des unités de soutien (escadron de marche vs escadron des services ; peloton de marche vs peloton hors rang etc.). De nos jours, pratiquement tous les escadrons de gendarmerie mobile sont des escadrons de marche – à l’exception de quelques escadrons de la région parisienne qui assurent des missions de sécurité et de soutien. Ces dernières unités ne se déplacent pas et ne sont pas engagées au maintien de l’ordre comme les escadrons de marche..

Le groupement, qui forme corps, comprend entre cinq et onze escadrons sous le commandement d'un lieutenant-colonel, d'un colonel ou d'un général de brigade En janvier 2020, c'est le cas des deux groupements implantés en région parisienne – voir par exemple . .

L'organisation en groupements date de 1967. Avant cette date, les escadrons appartenaient à des légions, qui ont été brièvement rétablies de 1991 à 2005 (les groupements leur étant subordonnés) puis définitivement supprimées à cette dateEncyclopédie de la Gendarmerie Nationale, tome III, Éditions SPE Barthelemy Paris 2006. .

À l'occasion de ces réorganisations, la numérotation des unités a ainsi été modifiée. Ainsi, depuis la Seconde Guerre mondiale, celle des escadrons l'a été à deux reprises (1967 et 1991) tandis que celle des groupements (créés seulement en 1967) ne l'a été qu'une seule fois (en 1991) – voir ci-dessous.

La Gendarmerie présente ses escadrons de gendarmerie mobile comme des unités projetables vite, loin et longtemps avec une grande autonomie, ces exigences se traduisant à la fois dans l'entrainement, l'organisation et la dotation de ces formations.

Lorsque la situation nécessite l'emploi coordonné de plusieurs escadrons, ceux-ci sont regroupés en un Groupement Tactique de Gendarmerie ou GTGCette appellation a remplacé celle de Sous-Groupement Opérationnel de maintien de l'ordre (SGOMO) qui était auparavant employée. (deux à cinq escadrons) ou un Groupement opérationnel de maintien de l'ordre ou GOMO (plusieurs GTG ou plus de cinq escadrons), commandé par un commandant de groupement de gendarmerie mobile assisté d'un état-major constitué à partir de celui de son propre groupement.

Rappel historique

thumb|État-major du GBGM à Satory

La création en 1921 (loi du ), de pelotons mobiles de gendarmerie au sein de la gendarmerie départementale répond à la prise de conscience du besoin d’une force de gendarmerie spécialisée dans le maintien de l'ordre pour compléter l’action de la police et surtout pour éviter l’emploi de l’armée, avec tous les risques que celui-ci comporte (fraternisation ou violence excessive).

Le , une circulaire de la Direction de la gendarmerie planifie l’organisation de 24 pelotons en région parisienne (16 à cheval et 8 à pied) et 87 en province (52 à cheval et 35 à pied). Chaque peloton, à l’effectif de 60 en région parisienne et 40 en province, est commandé par un lieutenant ou un sous-lieutenant et doit être capable d’aligner un effectif de 30 hommes au maintien de l’ordre. Les déplacements des unités s’effectuent normalement en camionnettes ou en train. Pour ses missions militaires, un peloton dispose, en plus de son armement individuel, d’un lot de grenades, d’un mortier, de deux mitrailleuses et de deux fusils-mitrailleurs .

En 1926, les pelotons mobiles prennent l'appellation de garde républicaine mobile (GRM). La GRM devient une subdivision de la gendarmerie nationale en 1927.

La garde républicaine mobile est organisée en légions, groupes et compagnies, chaque compagnie comptant généralement trois pelotons. De 1927 à 1940, elle monte constamment en puissance, passant de 7 légions, 26 groupes et 84 compagnies en 1932 à 14 légions, 54 groupes et 167 compagnies regroupant 285 pelotons à pied, 156 pelotons à cheval et 51 pelotons motocyclistes en 1939.

Elle est dissoute après l'armistice de 1940 et remplacée en zone sud par la Garde, qui est séparée de la gendarmerie. Rattachée à la direction de la cavalerie, la Garde adopte l'escadron comme unité élémentaire (au lieu de la compagnie).

Réunie à la gendarmerie en 1944, elle prend l'appellation de garde républicaine qu'elle gardera jusqu'à ce que, par décret du , elle change de nouveau de nom pour devenir la gendarmerie mobile.

L'escadron reste l'unité de base de la garde républicaine puis de la gendarmerie mobile.

Avant 1967, les escadrons étaient subordonnés à des légions de gendarmerie mobile, elles-mêmes éventuellement subdivisées en groupes d'escadrons lorsque le nombre d'escadrons le justifiait.

Les groupements de gendarmerie mobile ont été créés en 1967 et les légions ont été dissoutes à cette date.

De 1967 à 1991, les groupements furent subordonnés à des circonscriptions régionales implantées au niveau de chaque région économique : il y avait vingt-trois groupements : vingt en province et trois en région parisienne. Les groupements comportant un nombre élevé d'escadrons étaient eux-mêmes subdivisés en groupes d'escadrons mais ces derniers ont été dissous, pour la plupart dans les années 1980 ou 90Les deux derniers groupes d'escadrons (au sein du groupement blindé de gendarmerie mobile) ont été dissous au début des années 2000..

En 1991, les légions de gendarmerie mobile ont été recréées, chaque légion étant subordonnée à l'une des régions zonales. En 2005, les légions ont été à nouveau dissoutes et les groupements directement subordonnés à ces mêmes régions zonales.

Depuis 2005, 15 escadrons de marche ont été dissous et le nombre de groupements a été réduit de 25 à 18Source : Bulletins Officiel du Ministère de l'intérieur (BOMI) - Années 2010-2012.

Dans le cadre des mesures prises pour renforcer les forces de sécurité à la suite des attentats de 2015, un escadron est créé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) tandis qu'un peloton de marche supplémentaire est créé au sein de 22 escadrons en 2016 mais ces pelotons sont dissous en 2019 afin de répartir leurs personnels dans l'ensemble des escadrons. Magazine Gend'info , février-mars 2019..

Jusqu'en 2015, la gendarmerie mobile comportait 46 escadrons de réserve de gendarmerie mobile ou ERGM répartis entre les groupements mais ces unités ont été dissoutes lors de la fusion des réserves de la gendarmerie départementale, de la gendarmerie mobile et de la garde républicaine, la réserve opérationnelle de la gendarmerie ne comportant plus désormais que des compagnies de réserve territoriales ou CRT.

La Gendarmerie mobile est composée d'environ personnels Rapport de l'Assemblée Nationale fait au nom de la commission d'enquête chargée d’établir un état des lieux et de faire des propositions en matière de missions et de modalités du maintien de l’ordre républicain, dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation, ainsi que de protection des personnes et des biens », du . Elle met en œuvre 116 escadrons ainsi que des unités spécialisées dans les missions de sécurité ou de soutien et la Musique de la gendarmerie mobile. L'effectif moyen d’un escadron est d'environ 118 hommes.

Les personnels du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et des antennes du GIGN (AGIGN) implantées en métropoleLes personnels des antennes implantées outre-mer proviennent pour la plupart de la gendarmerie mobile ou de la garde républicaine mais portent les galons blancs (argentés) de la gendarmerie d'outre-mer. appartiennent également à la gendarmerie mobile.

L'unité de base est l'escadron. L'échelon supérieur est le groupement. Enfin les groupements sont subordonnés aux généraux commandants les régions zonalesCe sont les régions de Gendarmerie implantées au siège de l'une des sept zones de défense et de sécurité de France métropolitaine dans lesquels ils sont implantés.

Organisation administrative et opérationnelle Organisation administative Escadron de gendarmerie mobile (EGM)

Commandé par un capitaine ou un chef d'escadron, un escadron de gendarmerie mobile (EGM) est composé d'environ 110 militaires regroupés en cinq pelotons : un peloton hors-rang (commandement, administration et logistique) ; quatre pelotons de marche dont un peloton d'intervention (PI)Cette structure quaternaire — similaire à celle des Compagnies républicaines de sécurité de la Police nationale (CRS) — a été adoptée depuis le début des années 2000 afin de favoriser la modularité et la « sécabilité » des escadrons sur le terrain. Auparavant, les escadrons comptaient un peloton hors rang et trois pelotons de marche..

Il existe deux types d'escadrons de marcheC'est-à-dire tous les escadrons à l’exception de quelques escadrons de la région parisienne qui assurent des missions de sécurité et de soutien. Ces dernières unités ne se déplacent pas et ne sont pas engagées au maintien de l’ordre comme les escadrons de marche. : les escadrons portésUn escadron porté utilise des camions et autres véhicules tous chemins pour ses missions militaires mais ne dispose pas de véhicules blindés. et les escadrons VBRG du groupement blindé de gendarmerie mobile de SatoryLa gendarmerie a également acquis auprès de l’armée de terre 18 Véhicules de l’Avant Blindé (VAB) pour emploi en Afghanistan. Ces véhicules ont été rapatriés à Satory. Certains d'entre eux ont par la suite été redéployés en Nouvelle Calédonie.

Quelques escadrons disposent d'un ou deux pelotons supplémentaires affectés à des missions de sécurité/protection spécifiques ou à des escortes sensibles.

Certains escadrons implantés dans ou à proximité de zones montagneuses reçoivent également une qualification « montagne »Dix escadrons en 2015 : les EGM 33/2 (Pamiers), 34/2 (Saint-Gaudens), 35/2 (Tarbes), 21/5 (Chambéry), 22/5 (Annecy), 23/5 (Pontcharra), 24/5 (Grenoble), 25/7 (Saint-Étienne-lès-Remiremont), 25/6 (Digne-les-Bains) et 26/6 (Gap). Dans certains de ces escadrons, les personnels qualifiés « montagne » sont regroupés au sein d'un même peloton. Dans les autres, ils sont répartis dans les différents pelotons de l'unité..