L'élection présidentielle américaine de 2012, pourvoyant à la du président des États-Unis et du vice-président, élus pour un mandat courant de 2013 à 2017, se tient le .

Elle voit la réélection du président démocrate sortant Barack Obama, opposé à Mitt Romney, choisi par le Parti républicain. Les autres candidats investis par des partis mineurs ou dits « indépendants » recueillent des scores mineurs. Obama remporte ce scrutin malgré une perte de trois millions et demi de voix en quatre ans, fait rare pour un sortant réélu ; l'étiquette républicaine recueille à peu près autant de voix qu'en 2008. Cette campagne est par ailleurs la plus coûteuse de tous les temps, conséquence d'une décision du pouvoir judiciaire d'interdire toute limitation de la participation des personnes physiques et morales aux frais de campagne ; une association favorable à leur limitation a estimé à le coût final de la seule élection présidentielle..

L'élection présidentielle se déroule en même temps que les élections au Sénat et à la Chambre des représentants. Les trois élections aboutissent à un au niveau des rapports de force. Cependant, le Parti républicain, à nouveau défait mais partageant toujours le pouvoir législatif, laisse entendre qu'il est prêt à certains compromis sur les mesures avancées par le Président.

Barack Obama est réinvesti dans ses fonctions le en prêtant serment à la Maison-Blanche et en recommençant l'opération le lendemain, en public, devant plusieurs centaines de milliers d'Américains, au pied du Capitole.

Obama a profité de l'amélioration de la situation économique, caractérisée par le retour de la croissance et une baisse sensible du chômage et d'une très nette majorité obtenue chez les jeunes, les femmes, et les minorités, pour être facilement réélu avec près de de voix d'avance sur son rival.

Conditions d'éligibilité

Ne peuvent se présenter, selon l'article section première de la ConstitutionConditions requises par la clause 5 de l'article 2 de la Constitution des États-Unis., que les citoyens : Américains de naissance ; âgés d'au moins ; ayant résidé aux États-Unis depuis au moins . Les présidents qui ont déjà été élus deux fois ne sont pas éligibles. Seuls Bill Clinton et George W. Bush sont dans ce cas, car deux autres anciens présidents encore en vie au moment de l'élection présidentielle de 2012, Jimmy Carter et George H. W. Bush, n'ont été élus qu'une fois et pouvaient donc théoriquement se présenter à cette élection.

Modification du collège électoral thumb|Carte du collège électoral pour la période 2012-2020.

À la suite du recensement de 2010, le collège électoral connaît les modifications suivantes : le Texas gagne quatre voix ; la Floride gagne deux voix ; l'Arizona, la Caroline du Sud, la Géorgie, le Nevada, l'Utah et l'État de Washington gagnent chacun une voix ; l'Illinois, l'Iowa, la Louisiane, le Massachusetts, le Michigan, le Missouri, le New Jersey et la Pennsylvanie perdent chacun une voix ; l'État de New York et l'Ohio perdent chacun deux voix.

Contexte

Parti démocrate

Le président démocrate sortant, Barack Obama, initialement mis en difficulté par la victoire des Républicains aux élections de mi-mandat de novembre 2010 mais conforté dans les sondages depuis l'annonce, en , de la mort du terroriste Oussama ben Laden., est éligible à un second mandat. Depuis 1972 (après le retrait des primaires démocrates du président Johnson la fois précédente), les présidents sortants ont toujours demandé et obtenu l'investiture de leur parti en vue d'un second mandat.

Obama, qui s'est déclaré candidat à un second mandat dès le , ne devait donc rencontrer aucune difficulté pour obtenir cette investiture. Depuis que son ancienne concurrente lors des primaires de 2008, la Secrétaire d'État Hillary Clinton, a déclaré qu'elle ne se présenterait pas à celles de 2012., seul un petit candidat de témoignage, le militant anti-avortement Randall Terry, a annoncé en son intention de se présenter aux primaires démocrates, ainsi que Tiffany Briscoe, laquelle est également candidate à l'investiture du Tea Party.

Parti républicain

Initialement affaibli par ses défaites lors des élections de 2006 et de 2008, le Parti républicain n'avait pu empêcher l'adoption de la réforme de l'assurance santé en 2010. Dépassé sur sa droite par un mouvement populiste Tea Party qu'il peinait à canaliser à son profit., le parti de Lincoln était en mauvaise posture jusqu'en 2010.

Il opère cependant son redressement électoral dès en remportant une victoire symbolique lors d'une sénatoriale partielle dans le Massachusetts (élection du républicain Scott Brown dans le fief démocrate progressiste de feu Edward Moore Kennedy). Portés par la montée du mécontentement des classes moyennes confrontées à la crise économique, les Républicains ont ensuite remporté les élections de mi-mandat de novembre 2010, gagnant notamment la majorité des sièges à la Chambre des représentants.

Primaires républicaines

Le processus de désignation du candidat, via des élections primaires et des caucus, fut cependant plus long que prévu. Mitt Romney, multimillionnaire en dollars, de religion mormone, Gouverneur du Massachusetts, fils d'un Sénateur, était le favori avant même le début des primaires. Cependant, il s'est retrouvé en peine face à la base et aux candidats populistes qui la représentaient : Newt Gingrich, WASP et héraut de la victoire de 1994, Rick Santorum, ultra-catholique, Ron Paul, libertarien, furent ses trois derniers adversaires à rester dans la course, le dernier ne cessant sa campagne qu'en juin sans se désister. S'ils ont jeté l'éponge, c'est plus par manque de soutien financier, pas parce que la fracture qu'ils représentaient était véritablement résorbée.

On trouve différents exemples de cette fracture. Le mouvement Tea Party, pour une rigueur budgétaire et socialement conservateur, ne s'est pas reconnu dans Mitt Romney. Ce dernier avait réalisé en 2006 une réforme du système d'assurances santé du Massachusetts proche de la réforme fédérale promulguée par Obama en 2010. La réforme fut utilisée par ses adversaires de droite puis de gauche. Romney ne pouvait surtout plus critiquer la réforme Obama, qui a pourtant marqué le mandat de son adversaire en bien et en mal.

La désignation de Paul Ryan, catholique, représentant du Wisconsin et protégé du Tea Party, permettait donc une union avec la base. Il était connu pour être l'auteur d'un projet de budget d'austérité drastique (Ryan Plan).

Tiers partis, partis mineurs, indépendants

En dehors des deux grands partis, seul le maire de New York, Michael Bloomberg, est considéré par les observateurs comme un candidat indépendant crédible. Déjà pressenti en 2008, Bloomberg a cependant déclaré en qu'il ne serait pas candidat..

Évolution de l'élection

Après une longue domination d'Obama dans les sondages, Mitt Romney refait une grande partie de son retard après le premier débat télévisé entre les deux candidats où, de l'avis général, Barack Obama paraissait impréparé. À quelques jours de l'élection, les sondages donnent à Obama et Romney le même résultat national, mais aucun n'a donné d'avantage au scrutin indirect. Reste alors quelques États-clés : les candidats mènent campagne dans les où ils concentrent leurs dépenses et leurs visites. Ces États sont l'Ohio (18 grands électeurs), la Floride (29), le Colorado (9), le Wisconsin (10), le Nevada (6), l'Iowa (6), le New Hampshire (4) et la Virginie (13). Comme les États fermement républicains apportant moins de grands électeurs, Romney devait pratiquement tous les remporter. Il a finalement réussi à amoindrir l'écart de 2008 de plusieurs millions de voix et à regagner quelques États.

Communication et réseaux sociaux

Évolution dans leur utilisation Une évolution significative dans l’utilisation des médias sociaux a été observée pour interagir avec les électeurs durant la campagne présidentielle de 2012 aux États-Unis. Ce scrutin a ainsi marqué une évolution significative dans la façon dont les candidats ont utilisé les médias sociaux pour interagir avec les électeurs, mais également dans l’approche avec laquelle ils ont abordé leurs audiences ainsi que la manière dont ils ont pu faire évoluer et ainsi façonner leur image publique.

Stratégie de Barack Obama Barack Obama a été un pionnier dans l'utilisation des nouvelles stratégies de communication politique. Son utilisation novatrice des nouvelles technologies a confirmé la maîtrise de l'équipe de campagne d'Obama en matière de communication politique moderne.

Lui et son équipe ont mis en place une communication politique axée sur les réseaux sociaux et un storytelling bien travaillé. À travers des plateformes comme Twitter et Facebook, la campagne a réussi à créer un dialogue direct avec les électeurs, à mobiliser des fonds et à diffuser efficacement son message. Les médias sociaux ont offert une plateforme où le candidat pouvait partager des moments de sa vie quotidienne, des histoires personnelles et des messages plus informels. Cette situation a contribué à humaniser l'image du président, le présentant comme accessible et proche des préoccupations des citoyens ordinaires. De plus, cette stratégie a permis à Barack Obama de mettre en place des campagnes de collecte de fonds en ligne qui ont fait recueillir des contributions financières de manière rapide et efficace.

Barack Obama a utilisé de façon importante le storytelling, la narration et le microciblage. Sa campagne a mis en avant son parcours personnel, insistant sur son identité métisse et sur son ascension politique. Des récits ont été construits autour de thèmes tels que l'égalité des chances, la diversité et l'idée que l'Amérique est un pays où chacun peut réussir, indépendamment de son origine. De plus, le slogan « Forward » (« avancer ») a été au cœur de la campagne d'Obama, symbolisant la nécessité de « maintenir l'élan » et de poursuivre les « progrès » réalisés dans des domaines tels que l'économie, les soins de santé et la politique étrangère. Barack Obama a tenté de défendre les actions entreprises au cours de son mandat présidentiel, dont la réforme du système de santé, la fin de la guerre d'Irak et la gestion de la reprise économique post-crise financière de 2008. La narration d'Obama était centrée sur l'idée de l'espoir et du changement, un thème central de élection présidentielle américaine de 2008 qui a été intégré dans la narration continue de sa réélection en 2012. Les discours, les publicités et les événements de la campagne ont été soigneusement orchestrés et étudiés afin d’adapter ses messages à des segments spécifiques de l'électorat. Les équipes de campagne ont analysé les données démographiques, les comportements en ligne et d'autres informations pour personnaliser les messages en fonction des préoccupations locales, des intérêts particuliers et des caractéristiques démographiques des électeurs. Cela était particulièrement visible dans les efforts déployés pour mobiliser les jeunes électeurs et les minorités.

Candidats déclarés Seuls les portraits des principaux candidats sont présentés, par ordre de déclaration de candidature. Les noms des perennial candidates (« candidats perpétuels ») et autres candidats de témoignage sans expérience politique sont cependant indiqués.

Parti démocrate Candidats désignés

Autres candidats Le président sortant Barack Obama compta peu d'adversaires sérieux dans son propre camp lors des primaires démocrates. Il remporta finalement ces primaires avec environ 88 % des suffrages exprimés, obtenant la majorité dans tous les États fédérés. Parmi ses adversaires, lesquels n'avaient obtenu au mieux que quelques comtés, on trouvait notamment : Randall Terry, , activiste anti-IVG de Washington ()Se présentent finalement en indépendants.. Tiffany Briscoe, , femme d'affaires du Maryland, briguant plus tard la nomination du Tea Party ().

Parti républicain Candidats désignés

Autres candidats