Le musée de l'Armée est un musée national français situé dans l'hôtel national des Invalides dans le de Paris. Le musée de l'Armée est un musée d'histoire dont la vocation est de présenter l'histoire des conflits sous le prisme de l'histoire militaire de la France.
Histoire Origine vignette|Tombeau de à l’intérieur de l’église du Dôme. Le musée fut créé en 1905 par la fusion du musée d’Artillerie et du musée historique de l’Armée qui étaient tous deux déjà situés dans l’hôtel des Invalides. Le musée d’Artillerie est créé sous la Révolution et fut installé aux Invalides en 1872. Il a été constitué sur deux collections d’armement : la collection du garde-meuble de la Couronne et la collection des princes de Condé. Sont venus s’y ajouter des fonds provenant du Louvre, de l’artillerie de Vincennes, du château de Pierrefonds (la collection d'armure de Napoléon III) et des acquisitions ou dons (ex : le général Vanson, le prince de la Moskova petit fils du maréchal Ney). Le musée historique de l'Armée fut créé en par la société privée , sous un décret présidentiel, dans l'hôtel des Invalides aux côtés du musée de l’Artillerie qui était alors installé sur l’aile occidentale du bâtiment principal.. Le peintre Édouard Detaille, qui la présidait, possédait ses propres collections et voulait créer un musée militaire similaire aux salles rétrospectives de l’Exposition universelle de Paris de 1889 du palais du Trocadéro. gauche|vignette|redresse|Souvenirs napoléoniens, galerie ancienne vers 1900. Les collections étaient alors installées et réparties en deux sections : La section des armes et armures, qui comportait la galerie Joffre (fortifications et tranchées), la salle Kléber (collections orientales), la salle Massena (infanterie), la salle Richelieu (armes de luxe), la salle Douay (infanterie coloniale et armements étrangers), la salle Murat (cavalerie), la salle Margueritte (cavalerie d’Afrique, artillerie et harnachement), la salle Gribeauval (artillerie), la galerie Pétain (souvenirs de la Grande Guerre, drapeaux pris aux Allemands) et la galerie Foch (souvenirs des armées alliées). La section historique, qui comportait la salle Turenne ou « salle des Drapeaux » (s’y trouvaient plus de ou étendards); la salle Bugeaud (collection Detaille : tableaux, costumes militaires, armes), la salle Louis XIV (costumes et souvenirs de l’ancienne monarchie), la salle Napoléon, la salle , la salle d’Aumale (campagnes coloniales), la salle Mac Mahon (guerres de 1825 à 1870), la salle Chanzy (1870 à 1914), la salle des médailles, la salle Charlemagne (collection d’uniformes grecs et romains et des Gaulois), la salle d’Assas, la salle La Tour d’Auvergne. (La marine est très peu représentée ce qui est toujours le cas de nos jours). Pendant la Première Guerre mondiale, le musée de l'Armée ne ferme pas ses portes. Il va, lors du conflit et après, s'enrichir drastiquement avec des objets de la Grande Guerre, mais aussi avec des objets provenant de la guerre franco-allemande de 1870. Des trophées de guerre comme des drapeaux de régiments prussiens sont présentés dans la cour des invalides.
En 1940, face à l'avancée allemande, le directeur du musée Augustin Eugène Mariaux, comme d'autre musées parisiens tel le musée du Louvre, décide d'envoyer les pièces les plus précieuses en province et les fait charger dans des camions. Les camions partent le : ils seront attaqués par des Junkers Ju 87, puis abandonnés près d'Étampes. Parmi les objets qui devaient être sauvés se trouve un morion saxon qui garde les traces de cette journée. Se trouvent aussi les reliques de Napoléon Ier. Ce sont des soldats allemands qui retrouvent les camions et en avertissent l'hôpital d'Étampes. Les objets sont ramenés à Paris. Le , les Allemands entrent à Paris : l'une des premières choses qu'ils vont faire sera d'aller chercher les drapeaux pris lors de la Première Guerre mondiale. Par la suite, les occupants vont envoyer des experts comme Alenxander von Reitzenstein qui va faire un inventaire des objets germaniques à rapatrier. Parmi eux, on trouve des canons comme le Vogelgreif (le griffon), le plus long canon en bronze du monde, des masses d'armes, des uniformes et également les reliques de Napoléon qui sont tous envoyés en Allemagne. Le Vogelgreif rejoint sa ville d'origine, Coblence. Quand l'Armée rouge entre dans Berlin, une partie des canons sont fondus. Le musée de l'Armée ne désespère pas et envoie des équipes les rechercher. De nos jours, presque tous les objets ont été récupérés, même si certains furent détruits et que d'autres existent toujours et se trouvent probablement en Russie (cette période a fait l'objet d'un documentaire qui n'est plus disponible aujourd'hui et qui a été fait par Public Sénat). Après la guerre, l'Armée rouge offre deux obusiers, les plus gros du Premier Empire qui avaient été pris par les Prussiens et qui trônaient devant l'arsenal : ils sont aujourd'hui dans la cour des Invalides. Après la guerre, ce fut le temps des réconciliations franco-allemandes. Le Vogelgreif, qui avait repris le chemin de Paris après la Seconde Guerre mondiale, fit l'objet d'une demande de restitution : la France le renvoie en Allemagne, l'Allemagne offrit le Drôle, un canon français pris à la bataille de Leipzig par les Prussiens.
Le musée de l'Armée hors les murs Le musée national de la Marine est dépositaire dans ses parcours dédiés à la marine de guerre d'un certain nombre d'objets provenant du musée de l'Armée. C'est le cas d'un canon de marine exposé au musée national de la Marine de Paris depuis sa réouverture. vignette|Salle d'Aumale - Sahara, Sénégal et Afrique occidentale. Méhari monté par un Targui. Vitrine : Selle et Armes de Samory, pris par le capitaine Gouraud, en 1898. Le château de l'Empéri est dépositaire depuis 1967 de la collection Raoul et Jean Brunon vendue à l'État cette même année. Exposée dans 25 salles, la collection est un des principaux affectataires du lieu. La collection est une des plus importantes et des plus riches au monde concernant l'armée française du règne de Louis XIV à la Grande guerre. La présentation est restée celle que Jean Brunon a connue, car il fut directeur de cette antenne du musée en région. Le musée de la cavalerie (Saumur) est dépositaire de certains uniformes prêtés par le musée de l'Armée. Le musée de l'Armée prête à un certain nombre de musées régimentaires ou d'institutions civiles et militaires des objets de ses collections.
Plan de rénovation ATHENA À partir de 1994, le musée fit l’objet de différents aménagements réalisés par l’architecte Christian Menu, puis à partir de l’an 2000 de l'important plan de rénovation ATHENA (Armes, Techniques, Histoire, Emblématique, Nation, Armée), avec la réouverture du département Armes et armures anciennes en 2005, celle du département des deux guerres mondiales entre 2003 et 2006 et celle du département moderne (de Louis XIV à Napoléon III) en 2010.. L'historial Charles-de-Gaulle, commandé par le musée et la fondation Charles-de-Gaulle aux architectes Alain Moatti et Henri Rivière., fut inauguré le et rénové le . Il s’articule autour d’une salle multi-écrans qui commence par la diffusion d’un film d’archives biographique de en plusieurs langues. L’exposition se poursuit dans un espace multimédia et interactif dans lequel le visiteur, muni d’un audioguide, découvre la vie du à travers audiovisuels..gauche|vignette|redresse|Sous-Officiers des Chasseurs à cheval et des Gardes d'honneur au musée de l'Emperi. Le , le musée de l’ordre de la Libération a été totalement réhabilité par Benjamin Mouton, architecte en chef des monuments historiques, et la muséographie entièrement repensée par Philippe Maffre et Marion Rivolier de l'agence [MAW]L'écho du Dôme n°34, octobre 2015-janvier 2016, site musée-armée.fr.. Le a ouvert une nouvelle section permanente au sein du musée, les Cabinets Insolites, consacrés dans une première partie aux figurines militaires ( de carte, plomb, étain et plastique sur un total de ) et aux modèles d’artillerie (l’une des plus importantes collections au monde, comprenant du au ) et dans une autre partie aux instruments de musique militaire, choisis parmi les 350 de la collection et les 30 déposés par le musée de la Musique..
Le , le musée de l’Armée a lancé une opération de financement participatif dans le but de restaurer Vizir, le seul cheval naturalisé de , qui était exposé depuis le dans le département moderne (De Louis XIV à Napoléon III). Après un mois de restauration, la monture a retrouvé son emplacement d’origine dans une nouvelle vitrine à atmosphère contrôlée pour mieux la préserver. ..
La salle des deux guerres mondiales fut restaurée pendant six mois en 2023 afin de présenter de nouveaux multi-média ainsi que de nouvelles vitrines traitant de la situation au Proche-Orient et Europe de l'Est post Première Guerre mondiale. Les soldats de la marine ont aussi eu une plus grande place dans le musée. Projet 2024-2028
Extension Une extension des collections permanentes est prévue en deux temps. En 2024, les espaces d’accueil et d’expositions temporaires sont reconfigurés avec la création de lieux consacrés à l’histoire du site, ainsi qu’à l’actualité des engagements militaires français ; un nouveau bâtiment de réserves sera aménagé en banlieueRapport d'activité 2019 du musée de l'armée, p. 10, site musee-armee.fr.. Ouvert en , la salle consacrée à l'histoire du musée qui autrefois accueillait des mannequins montés, présente des chefs-d'œuvre de l'histoire des invalides.
Parcours sur la guerre froide Le second volet démarrera en 2025 et concernera la création d'un nouveau parcours consacré à l’histoire militaire de l’après 1945 et à la guerre froide jusqu’à la période consécutive à la chute du rideau de fer.
Parcours sur l'histoire coloniale vignette|redresse|Élément décoratif du dais royal de la reine Ranavalona III, mis en dépôt en 2020 à la république de Madagascar.
Dans l'objectif d’« apaiser les mémoires » divergentes des anciens colonisateurs et des colonisés, de refermer les blessures encore ouvertes et « de raconter le passé sans glorification ni repentir », le musée a entamé un inventaire de ses collections afin de connaître la provenance exacte des objets arrivés en France à la suite de pillages ou de transactions douteuses durant la période coloniale.
Après inventaire de ces artéfacts, un parcours intitulé « Colonisation, décolonisation : une histoire en partage » et élaboré avec des historiens et des spécialistes des pays qui ont été colonisés, il retracera le passé commun de la France et ses colonies en prenant en compte tous les points de vue.
Les parcours de visite et les collections L'hôtel national des Invalides héberge, sur ses , 3 musées qui cohabitent avec l'hôpital militaire toujours en activité.
Le musée de l'Armée occupe les ailes Est et Ouest autour de la cour d’honneur ainsi qu'une aile à l’ouest de l’église Saint-Louis et l’historial Charles de Gaulle une construction souterraine sous la cour de la Valeur, soit 40 % des bâtiments et une surface de près de augmentée de pour les expositions temporaires.
Les collections du musée de l’Armée présentées au public couvrent actuellement l’histoire de France, de la Préhistoire à la Seconde Guerre mondiale. Elles sont réparties au sein de six grands espaces chrono-thématiques : Le département ancien, Armes et Armures anciennes , collection antique, médiéval, asiatique et orientale, dont la collection est la en importance au monde, exposé sur ; Le département moderne, couvrant la période de Louis XIV à Napoléon III, période 1643–1870 ; Le département contemporain, les deux guerres mondiales, période de 1914 à 1945 ; Le département artillerie chargé des canons (comme le Saint-Gilles), petits modèles, munitions et instruments techniques d'aide au tir ;