Marc Garanger est un photographe et cinéaste français, né le à Ézy-sur-Eure (Eure) et mort le à Lamblore (Eure-et-Loir).

Il est connu pour ses portraits en noir et blanc d’Algériennes et Algériens, pris entre 1960 et 1962 pour le compte de l’Armée française, et pour lesquelles il reçoit le prix Niépce en 1966.

Biographie

Marc Garanger est scolarisé chez les Frères des écoles chrétiennes à Dreux« Interview de Marc Garanger », Artsenal, Conseil général Eure-et-Loir 2013.. Pour son bac en 1953, son père lui offre un Foca StandardFrédérique Chapuis, « Mort de Marc Garanger, le photographe de la guerre d’Algérie », Télérama, 30 avril 2020..

En 1958, il devient photographe professionnel à l’Institut pédagogique de LyonJean Dieuzaide, « La photographie synonyme de réalité, le témoignage de Marc Garanger », Le Château d’Eau, 3 juin 1986.. Au cours de son service militaire effectué pendant la Guerre d’Algérie, de à , au d’infanterie stationné dans le secteur d’Aumale, il est nommé photographe du régiment. Il a 25 ans. Envoyé à Aïn TerzineMichel Guerrin, « Deux visages de l'Algérie , Le Monde, 19 décembre 2000., il en revient au bout de dix jours avec plus de deux mille portraits de femmes algériennes – qui ont été contraintes de se dévoiler – destinés à des photos d’identité Camille Sarret, « Portraits de femmes algériennes : « Elles m’ont foudroyé du regard » », TV5 Monde, 20 décembre 2012.. Lors d’une permission, sur les conseils de Robert Barrat, ancien journaliste à Témoignage chrétien et directeur du bureau parisien de l’hebdomadaire Afrique Action, il passe clandestinement en Suisse et fait paraitre ses portraits de femmes algériennes dans L’Illustré qui publiera six images accompagnées d’un texte de Charles-Henri FavrodFrançoise Denoyelle, « Marc Garanger », À l’Œil, 30 avril 2020.. Ces photos lui valent le prix Niépce en 1966. Il en tire un livre en 1982, Femmes Algériennes, 1960 chez Contrejour, réédité en 1989 puis en 2002. En 1984, Il publie au Seuil La Guerre d’Algérie vue par un appelé du contingent qui passe complètement inaperçu à l'époque et quand même ré-imprimé en 2001.

En 1964, il réalise un reportage sur les funérailles de Palmiro Togliatti à Rome avec son ami Roger Vailland. En 1966, avec la bourse de son prix Niépce« Les lauréats du Prix Niépce depuis 1955 », Société des gens d’images, 7 mai 2015., il part en Tchécoslovaquie, de l’autre côté du rideau de fer.

Depuis, d’année en année, Marc Garanger réalise des reportages toujours plus à l’Est, dans presque toutes les Républiques de l’ex-URSS, jusqu’en Yakoutie.

En 2003 et 2004, il suit au Cambodge La chaîne de l’espoir, une association de chirurgiens qui opèrent les « enfants bleus » malades du cœur.

En 2004, il retourne pour Le Monde en Algérie à la rencontre des gens et des lieux qu’il a photographié quarante ans plus tôt.

En 2005, il est en résidence d’artiste au Foyer de travailleurs immigrés Rhin et Danube, à Lyon avant le départ du dernier occupant« Voyage à Rhin et Danube », Musée de l’histoire de l’immigration, consulté le 28 avril 2020..

Photographe militant et engagé, il a été l’un des principaux acteurs du développement l’Union des photographes professionnels (UPP) et un artisan de la création de la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF)« Hommage à Marc Garanger », Union des photographes professionnels, 30 avril 2020..

Marc Garanger meurt à Lamblore le à l’âge de 84 ans.

Prix et récompenses

Publications Liste non exhaustive

Collections publiques Bibliothèque nationale de France« Marc Garanger, Algérienne, 1960 », Bibliothèque nationale de France., Paris ; Musée Réattu, Arles ; Le Château d’eau, Toulouse.

Expositions, projections

Filmographie Liste non exhaustive 1988 : Regard sur la Planète, photographies de Marc Garanger, Laserdisc, éditions Futur-Vision, Paris 1989 : Louisiane, entre ciel et terre, texte d'Yves Berger, Laserdisc, éditions Futur-Vision 1991 : Vallée de la Mort, Las Vegas et le Grand Canyon, Laserdisc, éditions Futur-Vision 1996 : Taïga, terre des Chamans, avec Catherine Garanger, 52 min, France 3 - ADR Productions 1999 : Ako Senze, les rois dans la République de Côte d’Ivoire, avec Claude-Hélène Perrot, 52 min, CNRS, diffusé sur TV5 Afrique 2001 : Abandonnez-nous, parole de Georges Niangoran Bouah, 26 min, diffusé sur TV5 Afrique

Documentaire Vivre avec son œil, un portrait du photographe Marc Garanger, de Naïs Van Laer, 2016, Sanosi Productions, 54 min. Notes et références

Liens externes

Clothilde de Ravignan, Marc Garanger, les femmes algériennes et les lieux de mémoire, Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, Année 2009/60, pp. 185-190.

Portfolio « Femmes algériennes », Portfolio, Galerie Binôme, Paris. Vidéogramme Une minute pour une image - Femme Algérienne, Agnès Varda, 2 min.

Catégorie:Naissance en mai 1935 Catégorie:Naissance dans l'Eure Catégorie:Photographe français du XXe siècle Catégorie:Photographe français du XXIe siècle Catégorie:Photojournaliste Catégorie:Photographe portraitiste Catégorie:Lauréat du prix Niépce Catégorie:Réalisateur français Catégorie:Décès en Eure-et-Loir Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Décès en avril 2020 Catégorie:Militaire français de la guerre d'Algérie