Le basco-algonquin ou basco-amérindien était un pidgin parlé par des baleiniers basques et les tribus de langues algonquiennes tels que les MicmacsLes Micmacs au . Les premiers contacts et les Montagnais dans le Nord du golfe du Saint-Laurent vers l'océan Atlantique.
Les Basques distinguaient quatre groupes autochtones dont trois groupes avec qui des relations de confiance s'installent (les « Montaneses » (Montagnais ou Innus aujourd'hui), les « Souriquois » (Micmacs) les « Canaleses » (Iroquoiens) et les « Esquimaos » (Inuits) qui leur paraissent hostiles.
Histoire Vers l'an 1000, les Vikings établirent un village à L'Anse aux Meadows mais ils ne purent pas s'y maintenir. Ils furent les premiers Européens à arriver en Amérique, cinq siècles avant Christophe Colomb.
En 1412, les Islandais notèrent la présence d’une vingtaine de baleinières basques au large de la pointe ouest de Grundarfjörður, donc à environ 500 milles à l'Est des côtes du Groenland. C'est un des premiers documents qui notent une présence basque en Atlantique nord. On peut présumer qu'ils viennent déjà depuis quelques décennies, mais aucune autre preuve n'a été encore découverte.
Ensuite, au , les Basques viennent y pêcher la baleine et la morue, avec au moins neuf avant-postes de pêche établis au Labrador et à Terre-Neuve. Le plus grand établissement était à Red Bay avec environ 900 personnes. Des pêcheurs européens, principalement des Portugais et des Espagnols, firent plus tard de nombreuses visites en suivant les bancs de poissons à Terre-Neuve.
Les couronnes anglaise et française envoyèrent des expéditions en Amérique du Nord, notamment pour chercher un chemin vers les Indes et également cartographier les zones de pêches du golfe du Saint-Laurent. Les Français installèrent des forts permanents et fondèrent le Canada.
Le pidgin Des contacts importants entre les peuples amérindiens et les Basques ont crééMichel Usereau, Le pidgin basque-amérindien, Compte-rendu d'une présentation donnée lors d'un cours de langue basque à Montréal, janvier 2003. un pidgin au vocabulaire assez restreint et à la grammaire rudimentaire, avec pour objectif spontané de trouver un moyen de communication, les différents peuples ayant tous des langues différentes.
Les peuples les plus en contact avec les Basques étaient principalement les Micmacs et les Innus, appelés aussi à l'époque Montagnais. Le moyen de communiquer entre des peuples de langues aussi éloignées (le basque et les langues algonquiennes) s'est fait par la création d'une forme de langage commun, simple, rudimentaire et efficace pour trouver des terrains d'entente et réaliser des échanges commerciaux et autres.
Même si le caractère passif du verbe transitif et du verbe d’action se retrouve dans le basque et dans certaines langues de l’Amérique comme l'algonquin, il n'y a aucune autre corrélation linguistique possible entre l'isolat basque et une quelconque famille linguistique d'Amérique Le caractère passif du verbe transitif ou du verbe d'action dans certaines langues d'Amérique du Nord Voir mon article sur Le caractère passif du verbe transitif ou du verbe d’action dans des langues de l’Amérique du Nord (Rapports et communications de l’Académie Royale des Sciences d’Amsterdam, section des Lettres, cinquième série, deuxième partie, Amsterdam 1917, p. 187 et suivantes) La création d'un nouveau pidgin était nécessaire pour franchir la barrière linguistique, et d'ailleurs, les Basques en avaient déjà créé un autre sur les fjords à l'ouest de l'Islande, appelé le basco-islandais.
Selon Michel UsereauMichel Usereau, Maîtrise en linguistique à l’Université de Montréal, Professeur de français pour le Ministère de l’immigration du Québec, Montréal, en novembre 2000 : « Il n'a jamais existé de créole basque-amérindien. Mais est-il permis d'imaginer que des peuples ayant eu des contacts pacifiques, comme c'est le cas pour les Basques et les Amérindiens, aient développé un pidgin ? Peter Bakker, chercheur à l'université d'Amsterdam, pense que oui. »
Pendant un certain temps, les historiens croyaient à l'existence d'un pidgin à base de français en Amérique, mais après une étude lexicale du pidgin, on constata que c'était du basque.
La personnalité la plus connue ayant pratiqué ce pidgin est Mathieu da Costa, le premier Noir au Canada. Interprète, car il était dans la tradition d'utiliser depuis plus d'un siècle des interprètes africains, Mathieu da Costa « parlait probablement le français, le hollandais, le portugais ainsi que le « pidgin basque ». En fait, ce dialecte était sans doute la langue de commerce la plus utilisée à l'époque avec les peuples autochtones. » Qui était Mathieu da Costa? sur le site de Patrimoine Canadien
Citation en rapport avec ce pidgin Pedro de Garibay, né au Pays basque en 1571 a publié un livre à Anvers et là, dans une discussion sur l'apprentissage difficile ou pas de l', Garibay pense que la langue basque n'est pas difficile et cite le cas des Indiens du Canada qui l'avaient apprise :
« Puisque les marins de la province du Guipuscoa et du señorío de Bizkaia et le Pays des Basques vont chaque année à la terre récemment découverte (Newfoundland) pour pêcher et chasser, les sauvages de cette région ont appris leur langage cantabre [c'est-à-dire l'euskara] malgré la brève communication, tellement de peu de durée, qu'ils maintiennent avec les gens d'ici avec une seule fois par an, pendant une période de moins de trois mois. Et si ces gens privés raison et organisation sont capables de l'apprendre, tout au plus il pourrait facilement les gens de vie respectable de notre vieux monde… » La traduction originale est faite à partir d'une édition anglaise. C'est une traduction d'une traduction en espagnol : « ...puesto que los marineros de la provincia de Gipuzkoa y del señorío de Bizkaia y el País de los vascos van cada año a la tierra recientemente descubierta [Terranova] para pescar y cazar, los salvajes de aquella región aprendieron su lenguage cántabro [es decir, Basque] a pesar de la breve comunicación, de tan poca duración, que mantienen con la gente de aquí una sola vez al año, durante un período de menos de tres meses. Y si esa gente privada de razón y organización es capaz de aprenderlo, cuanto más fácilmente podría la gente de vida respetable de nuestro viejo mundo. »
L'historien Lope Martinez de Isasti de Lezo écrit en 1625 sur la relation avec les populations locales:
« ... c'est dans la région aussi lointaine de Terre-Neuve que la population sauvage des Montagnais ont appris à communiquer avec les marins basques, allant chaque année pêcher la morue, qui, entre autres choses posent la question suivante en basque: Nola zaude? (Comment ça va ?) : Gracieusement répondu: Apaizac obeto, les meilleurs ecclésiastiques, sans savoir ce qu'est un dignitaire religieux, mais en ayant entendu déjà parlé. Ils parlent et traitent avec les nôtres, et aident à tirer le poisson sur le rivage en échange d'un peu de pain, de biscuit et de cidre qu'ils n'ont pas là. » « ...en region tan remota como Terranova han aprendido los salvages montañeses con la comunicación que tienen con los marineros bascongados, que van cada año por el pescado bacalao, que entre otras cosas preguntándoles en bascuence: nola zaude, como estás: responden graciosamente: Apaizac obeto, los clérigos mejor: sin saber ellos, qué cosa es clérigo, sino por haberlo oido. Hablan y tratan con los nuestros, y ayudan á beneficiar el pescado en la ribera á trueque de algun pan bizcocho y sidra que allá no tienen ellos. »
Il y a également eu des contacts avec les baleiniers européens de religion chrétienne, la preuve est dans cette déclaration d'un Micmac à un missionnaire:
Noukhimami Jesus, ïagoua Khistinohimaonitou Khik hitouina caié Khiteritamouïn. Ca cataouachichien Maria ouccaonia Jesu, cacataouachichien Joseph aïamihitouinan. The Jesuit Relations: and Allied Documents Travels and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France 1610—1791Traduction de l'espagnol: « Mi Señor Jesús, ¿enséñame tus palabras y tu voluntad! ¡Oh, buena María, Madre de Dios! ¡Oh, buen José! ¡Orad por mí! »
« Mon Seigneur Jésus, montrez-moi vos paroles et votre volonté! Oh, la bonne Marie, Mère de Dieu! Oh, bon José! Priez pour moi! »
Peu de commentaires sur l'utilisation de ce pidgin sont mentionnés jusqu'à nos jours. Cependant, en 1616, un missionnaire jésuite note que les amérindiens de Port Royal en Nouvelle-Écosse utilisaient le mot adesquidex qui signifie « ami » en basque pour saluer les FrançaisPeter Bakker, « " The Language of the Coast Tribes is Half Basque ": A Basque-American Indian Pidgin in Use between Europeans and Native Americans in North America, ca. 1540-ca. 1640 », Anthropological Linguistics, vol. 31, no. 3/4, 1989, p. 117-135.. En 1603, les missionnaires français établis à Tadoussac notent aussi que les Montagnais faisaient usage du mot ania qui signifie « frère » en basque pour saluer seulement les Français, tandis qu'entre eux ils utilisaient le mot nichtais.
Exemples
Quelques mots Outre celles mentionnées, ils ont aussi utilisé ensuite quelques mots du français: garramersies (grand merci, gracias). Même macharoa du portugais (passaro, oiseau), chave (saber, savoir) Vascos en América (sí, otra vez).
Année Algonquin(Micmac) Français 1603 matachia txanpon monnaie, ornement 1612 matachiaz txanpon monnaie, ornement1613souricouazurikoblanc (monnaie)1613pilotouagidaripilote1616adesquidex/sadiskideami1616bascuaeuskaldunbasque1616chabayabasatisauvage1618atourayatorrachemise1618baccalaosbakailaomorue Bacalao était une île de mystère sur plusieurs cartes du . Il est souvent employé pour appeler Terre-Neuve aussi bien que l'île fantôme. Le nom a été employé la première fois sur une carte en 1508 et le navigateur portugais João Vaz Corte-Real qui accosta sur les Açores cru avoir découvert la Terra do Bacalhau. Bacalao signifie également la morue et comme les pêcheurs basques pêchaient la morue sur les grands bancs de Terre-Neuve au , ceci pourrait également expliquer les origines du nom.Mythical Islands1618endiahandigrand1618escorkenmoskorivre1618CanadaquoaKanadakoadu Canada1618kessonagizonahomme1618mercatoriamerkatariacommerçant1618muschkuchabizkotxgâteauAucune dateania (montagnais)anaiafrèreAucune datecapitainakapitainacapitaineAucune datecaraconagari ona/ogiapainAucune datecarcaria/ircayirri-karkararireAucune datecastaignegaztaina/maginachâtaigneAucune datechimonutztxima luzecrinièreAucune dateechpataezpataépéeAucune dateelegeerregeroiAucune datemakiamakilabâtonAucune datemariabaleabaleineAucune datemartiamarta/lepahoriamartesAucune dateorignakoreinakorignalAucune datetabaguiatapakia/aterpearefugeAucune datebariliabarrikabaril
Phrases
En fait, les autochtones ne parlaient pas couramment le basque, mais plutôt quelques phrases simples avec un lexique basque, micmac et dans une moindre mesure avec du français et du montagnais.
Voici quelques phrases en basco-algonquin :
Basco-algonquin ⇒ Ania, kir capitana? Basque ⇒ Anaia, capitana al zara? Français ⇒ Frère, vous êtes un commandant de bord ?
Basco-algonquin ⇒ Ania capitana ouias amiscou. Basque ⇒ Anaia capitana kastor haragia. Français ⇒ Frère, capitaine de la viande de castor. Anglais ⇒ Brother captain beaver´s meat.
Basco-algonquin ⇒ Endia chave Normandia. Basque ⇒ Frantsesek gauza asko dakite. Français ⇒ Les Français savent beaucoup de choses.
Basco-algonquin ⇒ Gara gara ender-quir gara gara. Basque ⇒ Guda izango dugu. Français ⇒ Il y aura la guerre si nous continuons comme cela.
Basco-algonquin ⇒ Nola zaude? Apezak obeto. Basque ⇒ Nola zaude? Apaizak hobeto. Français ⇒ Comment êtes-vous ? Les curés mieux.
Basco-algonquin ⇒ Maloes mercatora. Basque ⇒ Malo Deunakoak merkatari bidegabekoak dira. Français ⇒ Ceux de Saint-Malo sont des commerçants injustes.
Influence toponymique basque
De nombreux noms de lieux trouvent leurs origines dans la langue basque.
Québec