400px|right|thumb|Ayant perdu son premier espace colonial (bleu clair), la France va s'employer à se reconstruire, se rétablir sur la scène internationale, et se reconstituer un second espace colonial (bleu foncé)

Cet article retrace les principaux évènements de la politique extérieure française de 1814 à 1914.

La France, isolée, défaite, et affaiblie en 1815 montrée du doigt, réussit un retour sur la scène internationale, que les autres puissances européennes (Royaume-Uni excepté) consentent intelligemment à transformer en politique coloniale audacieuse.

Restauration

Situation en 1815 La période des Restaurations est marqué par le retour du frère de Louis XVI en France. Il est rétabli sur le trône par les Alliés qui voient en lui un gage de paix pour l'Europe.

Le frère de Louis XVI, Louis XVIII, est rétabli sur le trône par les Alliés, qui voient dans la monarchie un gage de paix pour l'Europe.

Le traité de Paris ramène la France aux frontière de 1792. Signé le , il ne demande pas de compensation financière à la France.

Cent jours Après la défaite de 1815, le second traité de Paris sanctionne le sursaut impérial des Cent-Jours de conditions à la sévérité accrue. Le pays est occupé par environ pendant une période allant de quelques jours à plusieurs mois. La France est donc divisée en deux parties, séparées par les cours de la Loire, de l'Allier, de l'Ardèche et du Rhône. La partie située au sud et à l'ouest de cette ligne était . Tout le reste du pays était réservé aux alliés.

Entre le et le a lieu le Congrès de Vienne, où la France réintègre le jeu diplomatique par le bais de Talleyrand.

Autour de la France, différents royaumes sont créés dans le but d’empêcher une expansion française dans le futur. La France doit aussi payer une indemnités de guerre de 700 millions de franc or.

Seconde Restauration En 1818, la France obtient le retrait des forces coalisées lors du traité d'Aix-la-Chapelle.

En 1820, après un voyage en France, Chaigneau gagne Hué avec le titre de consul et commissaire du roi Louis XVIII, afin de négocier un traité de commerce avec Annam, mais le territoire demeure fermé jusqu’au retour offensif des Français, en 1858.

En 1823, une expédition militaire en Espagne est organisée pour rétablir sur le trône Ferdinand VII.

À partir de 1827, la France organise des missions en Océanie.

Entre 1828 et 1833, une expédition en Grèce est organisée pour soutenir l'indépendance grecque.

En 1830, Charles X commence la conquête de l'Algérie avec un contingent de . Le but est a la fois de distraire l’attention d’une opinion publique agitée et de renforcer la présence française en Méditerranée.

Monarchie de Juillet

Diplomatie

Europe Le , par l'intermédiaire de la comtesse de Boigne, la duchesse d'Orléans reçoit une communication de l'ambassadeur de Russie à Paris, le comte Pozzo di Borgo, qui indique « qu'il est bien disposé pour le duc d'Orléans ». Le prince Paul de Wurtemberg, frère du roi de Wurtemberg Guillaume et, surtout, beau-père du grand-duc Michel de Russie, lui dit qu'il est « absolument nécessaire » que les chambres proclament son mari roi et que « les puissances étrangères verraient une garantie de stabilité dans sa nomination ».

La révolution qui touche la France durant les Trois Glorieuses influencent la révolution belge de 1830.

La France accueille après 1831, environ 5000 Polonais qui fuient les répressions en Pologne.

Le , au cours de la conférence de Londres, la France reconnait l'indépendance de la Belgique.

En 1832, le gouvernement français envoie des troupes lors de la crise d'Italie. Ce fait est une atteinte au principe de la non-intervention que la monarchie de Juillet avait proclamé dès les premiers moments de son existence.

Reste du monde Contrairement à une idée reçue, il n'y a pas de projets de colonisation en Californie.

Politique coloniale En 1831, les troupes de la Légion étrangère sont créées. Il y a aussi la création des zouaves et des tirailleurs (recrutés parmi la population locales) et les spahis (qui servaient le dey auparavant).

Durant la crise de succession d'Espagne (1833-1846), des réfugiés carlistes s'installent en France.

La Monarchie de Juillet permet aux missionnaires catholiques François Caret et Honoré Laval de s'installer aux Gambier en 1834 et font en 1836 une tentative sur Tahiti. Cependant, George Pritchard, missionnaire protestant, inquiet de cette montée du catholicisme, pousse la reine Pōmare IV à se révolter contre les Français. L'affaire se termine à l'amiable entre les Britanniques et les Français.

À partir de 1839, la France participe aux guerres de l’Opium auprès du Royaume-Uni.

Seconde République

Diplomatie Le , une expédition française est votée par l'Assemblée nationale afin de porter secours aux républicains romains insurgés contre les prétentions papales et la domination autrichienne.

Cependant, les élections législatives de , en France, ramenèrent le parti de l'ordre conservateurs, catholiques, monarchistes au pouvoir. Louis Napoléon Bonaparte, élu président de la République quelques mois plus tôt, donne l'ordre au corps expéditionnaire d'Italie de retourner ses armes contre ceux qu'il était venu initialement secourir.

Politique coloniale La République réorganise l'Algérie en trois provinces.

L'abolition de l'esclavage bouleverse les contours de la citoyenneté.

Second Empire

Diplomatie

Napoléon III veut rendre à la France une place de premier rang sur la scène européenne. C'est ainsi qu'il s'engage avec l'Angleterre en 1854 dans une guerre contre la Russie, coupable d'avoir attaqué l'Empire ottoman. Le consacre la victoire de la coalition et la place éminente obtenue par l'empereur. Entre 1858 et 1859, la France intervient en Italie.

Réinstallée au rang de puissance européenne par le traité de Paris de 1856, veut à renouer avec la Russie. Les deux empereurs parviennent à s'entendre en faisant les compromis nécessaires. laisse les mains libres à en Italie, qui en retour n'intervient pas en Pologne. Le traité de commerce signé le est un premier pas vers une alliance. Mais, une fois de plus, les évènements en Pologne vont y faire obstacle. À partir de 1860, des manifestations secouent l'ordre russe sur la terre polonaise qui conduisent à une véritable insurrection et à une terrible répression en 1863-1864. , ardent défenseur de la Pologne, déclare que mais n'a pas les moyens d'intervenir d'autant que la Prusse soutient la Russie.

En Asie, la France signe le le Traité de paix, d'amitié et de commerce entre la France et le Japon qui officialise les relations entre les deux pays. C'est sous le Second Empire que sont lancées les premières expéditions d’envergure, notamment en Cochinchine (campagne de Cochinchine) et en Chine (seconde guerre de l'opium).

En 1859, les armées de l'Empire français aident le royaume de Sardaigne à vaincre celles de l'empire d'Autriche. La conclusion favorable aux Italiens de la guerre permet la réunion de la Lombardie au royaume de Sardaigne et de poser les bases de la constitution du royaume d'Italie. Ces affaires ont d’importantes répercussions au sein de la France. La naissance du royaume d’Italie le est marquée par le lent éloignement des catholiques vis-à-vis du régime impérial, dont ils avaient jusque-là été l’un des piliers.

En 1860, la France envoie un corps expéditionnaire en Syrie. La Syrie est à l'époque une province de l’Empire Ottoman, regroupant la Syrie actuelle et le Liban. À causes de forte tension communautaire entre Chrétiens et Musulmans, le Liban et la Syrie ottomane s’embrasent à l’été 1860. Rapidement les premiers meurtres apparaissent. Cet embrassement des tensions internes à cette région du Levant, aboutit au massacre de milliers de civils chrétiens dans la région, au cours des mois de juin à . Des rapports adressés au gouvernement britannique parlent d’au moins , et environ 150 villages détruits, ainsi qu’un préjudice financier de près de 125 millions de francs. Cet évènement soulève une vague d’indignation des dirigeants et des populations dans toute l’Europe. Cette indignation se traduit par l’envoi d’un corps expéditionnaire « européen » en 1860, notamment par la Francehttps://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02176900v1/document.

En le président mexicain Benito Juárez décide de suspendre le paiement de sa dette extérieure. Trois pays étaient concernés, l’Espagne, le Royaume-Uni et la France. Profitant de la guerre de Sécession qui déchire les États-Unis, la France envoie un corps expéditionnaire au Mexique pour assurer les intérêts de la France. Pour Clément Recher : . Napoléon III rêve d’un empire, l’impératrice Eugénie veut rétablir la catholicité mise à mal depuis l’indépendance de 1821. Fort des succès militaires de la France, l’empereur proposa le trône du Mexique à l’archiduc Maximilien d’Autriche qui, poussé par son épouse Charlotte, finit par l’accepter. Animé d’idées libérales, le couple impérial se met à dos les conservateurs qui l’avaient appelé et n’eut pas de réel pouvoir face à celui du maréchal Bazaine.

Face à la guerre américaine de Sécession (1861-1865), Napoléon III signe le une proclamation de neutralité qui interdit à tout ressortissant français de prendre rang dans les deux armées sous peine de perdre toute protection. Cela n'empêche pas l'engagement d'immigrants français dans les deux camps. Suivant le lieu de résidence, les immigrants français suivent les tendances de séparatisme ou d’unionisme, ne serait-ce que pour ne pas s’aliéner les sentiments de la population au milieu de laquelle ils vivent. L’expérience de la guerre de Sécession constitue pour les Français installés aux États-Unis un terreau propice à l’assimilation.

La guerre de Sécession terminée, les États-Unis menacent la France d’un conflit si elle ne retire pas ses troupes du Mexique. Elles sont évacuées en 1866 ; Maximilien est capturé par les juaristes et fusillé peu après.

En , Napoléon III écrit à Victor-Emmanuel II pour le prévenir qu’en cas d’agression contre l’État pontifical, la France « s’y opposerait par la force ».

À partir de 1866, dans le but d’aider le Saint-Siège à assurer la protection de son territoire une fois que les troupes d’occupation française l’auraient évacué, le gouvernement impérial permet en effet la création d’un corps qui, recruté et formé en France, sera mis à disposition du pape : la Légion romaine, aussi connue sous le nom de « Légion d’Antibes », qu’elle tire de son lieu de formation.

État-tampon issu du Congrès de Vienne, le grand-duché de Luxembourg a pour souverain le roi des Pays-Bas mais fait également partie d'une Confédération germanique et doit, à ce titre, accepter sur son petit territoire une garnison prussienne. En 1867, Napoléon III confie au chancelier prussien Otto von Bismarck son désir d'être récompensé pour sa médiation dans la guerre austro-prussienne. Cependant, lorsque ce projet est communiqué à l'opinion publique allemande, celle-ci s'oppose catégoriquement à cette cession, considérant le Luxembourg comme un territoire historiquement allemand. Pour régler cette crise, une conférence réunit à Londres les principales puissances. Par un traité signé le , la France renonce à l'annexion du Luxembourg, en échange de quoi la Prusse retire ses garnisons du grand-duché de Luxembourg, lequel est déclaré neutre et pleinement indépendant.