vignette|Fête foraine à Francfort. vignette|La Foire comtoise de Besançon. vignette|Tivoli Sariola à Turku, Finlande.

Une fête foraine ou foire ou vogue est un rassemblement en plein air de forains indépendants itinérants revenant à date fixe. Elle regroupe des attractions et manèges, ainsi que divers stands, tels que jeux de tirs ou vente de friandises..

En 2024, la culture foraine est classée au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.

Histoire

Dérivé de l'ancien théâtre de la foire, le terme art forain est apparu il n’y a qu’une trentaine d’années en France, utilisé par Jean-Paul Favand, fondateur du musée des Arts forains.

Les premières « foires foraines » étaient des stands et des petits manèges démontables se déplaçant à travers tout le pays dès le début du , particulièrement au nord de la Loire. Peu à peu, les forains (« ceux qui travaillent à la foire ») se regroupent et fondent un groupe distinct du marché avec une place précise, qui sera rebaptisé « fête foraine ». La fête foraine est inscrite en 2017 à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.

L’apogée : début du Tout ce qui n’est pas rentable n’est pas forain, aussi les stands sont magnifiques pour attirer les chalands, en étant munis de miroirs, décors fantaisistes puis éclairés à l’électricité. Le marketing sous une forme assez marquée apparaît alors : on installe de gigantesques orgues de foire, dont la musique vent portant, s'entend jusqu’à . Si la fête est cachée par des arbres, les forains et les visiteurs sont ainsi avertis de la présence de celle-ci.

L’odeur de la noix de coco, exotique et encore peu connue, est dominante jusqu’à l’apparition de la barbe à papa, qui se répand après l’exposition universelle de Saint-Louis en 1904.

Le rôle forain est avant tout informatif : les troubadours n’existant plus, les forains traversent les pays de village en village et apportent ainsi les « nouvelles » de la région (à l'analogue toujours actuel, de l'annonce locale ambulante d'un spectacle de cirque), en s'ajoutant au divertissement. Cet aspect s’estompera avec la diffusion de la télévision dans les années 1950.

Le cheval utilisé pour transporter les manèges, sera remplacé par la vapeur puis par l’électricité dès le début du .

L'électricité sert au départ davantage à attirer le chaland plutôt qu’à éclairer réellement. L’éclairage électrique est particulièrement remarqué lors de l’exposition universelle de Paris en 1900.

Le cinéma sera lui aussi nomade, en particulier de 1895 à 1914. Les forains ayant racheté aux frères Lumière des droits, des salles de cinématographe mobiles verront le jour en fête foraine et présenteront des films de Georges Méliès, jusqu’à la Première Guerre mondiale où le cinéma se sédentarise complètement.

Curiosités originales et spectacles de cirque À l'origine, les attractions étaient des artistes présentant leur talent seul ou en groupe (jongleurs, funambules, contorsionnistes…). Afin d'attirer davantage les foules, des personnes ayant des dons inhabituels ou des caractéristiques particulières (nains, géants, femmes à barbe, homme éléphant…), étaient présentées dans des tentes mises en retrait des lieux de spectacles.

Ce type de spectacle, bien que s'étant progressivement raréfié au profit des manèges à sensations attirant davantage le public et également par souci d'humanité et respect des personnes, existe toujours dans quelques fêtes foraines et parcs d'attractions, comme actuellement les hommes géants les plus grands de France et du Monde, au Parc Saint-Paul, occasionnant souvent la photo familiale souvenir, et les spectacles de cirque fréquents dans les fêtes et parcs.

L’art forain est qualifié ainsi car il rassemble tous les métiers, du verrier à l’ingénieur en passant par l’architecte pour la réalisation des manèges, dont les fameux orgues limonaires de carrousels de chevaux de bois.

Manèges à non sensations Les premiers manèges vont être perfectionnés au fil du temps. Ainsi apparaît le carrousel à deux étages qui se distingue du manège à un étage, mais aussi de multiples stands qui permettront la diffusion dans le pays des nouvelles technologies, notamment la photographie ou le cinématographe, épisode souvent négligé de l'Histoire.

Enfin, la fête foraine propose à ceux qui n’ont pas les moyens de posséder un cheval, un vélo ou une voiture, un tour de manège en substitution. Au début du , on verra ainsi plus de vélocipèdes et d’automobiles sur les planchers des manèges que sur les routes.

À partir de 1950 : Développement des attractions à sensations Avec l’arrivée de la télévision, le caractère informatif de la fête foraine disparaît. Pour continuer d'attirer les foules, les forains font appel à des attractions de plus en plus impressionnantes. Ce procédé est toujours d’actualité, le credo des fêtes foraines aujourd’hui témoigne de cet état d'esprit : « Toujours plus vite et plus haut, toujours plus fou, toujours plus fort ».

On y trouve encore des attractions traditionnelles, telles que tirs, loteries, confiseries, manèges d’enfant, voyantes ou entre-sorts, ainsi que des cirques et des ménageries, même si ces derniers vont peu à peu disparaître au profit des grandes attractions. À côté du « Mur de la mort » et du « Globe Infernal » où des forains à moto, puis en voiture défient les lois de la gravité, se côtoient des manèges d’avions, des circuits de karting, puis des montagnes russes avec les premières sensations fortes…

Les parcs d'attractions excepté aux États-Unis, sont encore rares à cette époque en France et seules les fêtes foraines comportent des attractions à sensations, qui en ont donc l'exclusivité, ce qui sera le cas jusqu'aux années 1980.

Dans les années 1960, l'attraction vedette demeure les montagnes russes Scenic Railway. Les montagnes russes métalliques remplacent celles en bois. Le Rotor et le Tagada font leur apparition.

En 1964, la Foire du Trône s’installe Pelouse de Reuilly. Elle accueille un nouveau manège à sensations, le Skiliff, dont les douze nacelles s’élèvent à l’aide d’un énorme bras de fer et virevoltent à une hauteur impressionnante pour l’époque. Après les Grands Huit, le Skiliff marque le début de l’ère des grandes attractions en s'élevant jusqu’à de haut, atteignant des vitesses importantes.

Marcel Campion, gérant des fêtes parisiennes Marcel Campion, surnommé le « Roi des Forains » est le directeur et principal organisateur de nombreuses fêtes foraines, comme notamment celles parisiennes de la Foire du Trône, la Fête des Tuileries et la Fête à Neu-Neu.

Il est aussi guitariste swing-manouche, les ensembles manouche se succédant à l'occasion des Jours de fête au Grand Palais.

Depuis 1990 : Complémentarité avec les parcs d'attractions vignette|Vue depuis la grande roue de la fête foraine du jardin des Tuileries à Paris en 2019.

L'arrivée, puis le développement en manèges des parcs d'attractions depuis les années 1990, fit au départ quelque peu concurrence aux fêtes foraines, mais heureusement à la suite de l'engouement du public pour la fête, les jeux et les sensations fortes, étant différentes et complémentaires des parcs, ces fêtes obtiennent toujours autant de succès, en développant parallèlement notamment des Flat-rides impressionnants.

Les fêtes foraines contiennent une majorité de Flat rides et Vertical Rides, étant plus faciles à installer ou démonter, et transporter par camion que les montagnes russes, apanage des parcs d'attractions.

Les fêtes foraines réunies disposent à présent d'un nombre d'attractions spectaculaires diverses considérable, misant sur les Flat-Rides « Vertical Rides », tels que : le Maxximum 2 aux effets semblables à ceux des loopings d'avion, l'Extrême à bras articulés, le UFO formé de nacelles s'inclinant à 90° en position debout, la Boule Reverse bungee ou Catapult, la Sauterelle, le Star Flyer suspendu dans une tunique face au vide à une trentaine de mètres, ou encore le célèbre Speed ou Booster et autres manèges de type pendule.

La culture foraine est inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en 2024 au bénéfice de la Belgique et de la France.

Description Composition vignette|Auto-tamponneuses à Rambouillet (Yvelines, France), en mai 2018. vignette|Star Flyer à Rambouillet, en mai 2018.

vignette|Un stand de restauration au carnaval de Ressaix (Belgique), en mars 2024. Une fête foraine est composée de plusieurs stands de jeux ou gustatifs et d'attractions ambulantes destinées au divertissement, installés temporairement dans une ville ou un espace dédié.

Les principales activités sont aujourd’hui : Les attractions à sensations de différentes hauteur, Les grandes roues, Les manèges d'enfants, Les mini-kartings, Les parcours scéniques : Palais du rire et des glaces, trains fantômes, cinémas dynamiques… Les trampolines et bulles sur l'eau, les toboggans, Les jeux de tir (carabine, tir à l'arc, ballons, quilles…), Les jeux d'adresse divers (pêche enfantine, chevaux, lancers d'anneaux, ballons, etc.), Les machines à sous, machines à griffes, pousse pièces, Les jeux vidéo, flippers, baby-foot et palets, Les jeux de force et d'équilibre (punching ball, échelle pivotante), Les loteries de peluches et cadeaux, Les buvettes, stands de glaces, barbes à papa, Les stands de restauration salée.

En raison de leur aspect temporaire, les flat-rides, plus faciles à monter, démonter et transporter par camion, sont majoritaires dans les fêtes foraines par rapport aux montagnes russes, celles-ci étant davantage présentes dans les parcs d'attractions fixes.

Comparaison avec les parcs d'attractions Bien que l'aspect commun avec les parcs d'attraction soit principalement celui des sensations fortes des manèges, les principales différences sont les suivantes (sauf exceptions) : L'entrée est gratuite, mais chaque attraction est payante Files d'attentes aux attractions moins longues dû à ce fait Ouverture plus tardive, l'après-midi et le soir, souvent de 12 ou 14 h, jusqu'à 22 h à 2 h du matin Pilotage en partie manuel du forain de l'attraction Interventions « stimulantes » au micro du forain Musiques pop très rythmées Flat-rides majoritaires, avec une durée des tours, voire vitesse souvent plus importantes Illuminations en jeux de couleurs « psychédéliques », mais attractions et environnement peu thématisés Nombreux stands de jeux d'adresse, mais très peu de spectacles Installations transportées par camion dans les principales villes, à des périodes temporaires précises de l'année.

Caractéristiques et principales fêtes En France Le nombre de fêtes foraines en France est très important, changeant de ville au cours de l'année, et elles peuvent s'installer pour une durée variable de seulement un week-end ou pour une semaine, un ou deux mois, voire une grande partie de l'année comme sur la Côte d'Azur.

Elles animent beaucoup de principales grandes villes une ou deux fois par an. Par commodité et respect des riverains dû au bruit, un certain nombre ont dû changer d'aménagement vers la périphérie, d'autres centrales doivent ne pas mettre de sonorisation ou arrêter celle-ci à partir de 22 heures.

La France compte près de fêtes foraines par an, un Français sur trois y passant en moyenne une journée par anChiffres 2011, magazine C'est pas sorcier, 14 avril 2012.

Les principales en France sont : La Foire du Trône, à Paris 12°, les mois d'avril et de mai, La Vogue des marrons de la Croix-Rousse à Lyon, entre octobre et novembre, est la survivante d'une tradition foraine lyonnaise (en 1896, la ville totalisait 207 jours de vogues de Pâques à Toussaint). La Foire Saint-Romain, à Rouen, de mi octobre à mi novembre, La Foire de Mai à Metz, une grande partie du mois de mai, Le fête foraine des 400 Coups à Montauban, qui rassemble 200 manèges sur 3 jours. La Foire attractive de Nancy, tout le mois d'avril, La Foire aux manèges de Lille, deux fois par an,