Dominique Reynié, né le à Rodez en Aveyron, est un politologue, homme politique français, et homme médiatique.
Professeur à Sciences Po, ses travaux portent sur les grands enjeux de société ; politiques, économiques et sociaux. Il travaille notamment sur l’opinion publique européenne, le populisme, ou encore la raison d’État. Il est à l’origine de la notion de « populisme patrimonial ».
Depuis , il est directeur général de la Fondapol, un think tank ou fondation politique libérale et . Il s'est présenté à des élections régionales sous l'étiquette UMP (renommée depuis LR). Il est un chroniqueur récurrent de l'émission politique C dans l'air sur la chaîne de télévision France 5 et est aussi régulièrement intervenant sur France Inter.
Biographie Jeunesse et études Originaire de Rodez, Dominique Reynié vient d'une famille où sa mère était croyante, tandis qu'il définit son père comme « humaniste, presque anticlérical ». Il estime être « le produit de ce mélange ». Il doit beaucoup à son institutrice, sœur Marie-Pauline, qui était pour lui « un modèle de sensibilité et d'humanité qui a aiguisé mon esprit ».
Dominique Reynié est diplômé en 1983 de l'Institut d'études politiques de Paris. Il y soutient en 1984 un mémoire de DEA en science politique.
Il devient docteur en science politique en 1994 avec une thèse dirigée par Jean Leca sur le thème « L'ordre démocratique : les fondements pratiques d'une politique de masse de type démocratique »Notice bibliographique officielle sur le site de l'IEP Paris..
En 1997, il est reçu à l'agrégation de science politique.
Parcours professionnel Il devient ensuite professeur des universités en science politique. Il est nommé à l’université de Nice - Sophia Antipolis en 1997, et conserve ce poste jusqu'en 1999.
De retour à Sciences Po, il dirige le DESS « Études et stratégies marketing » de l'institut de 1999 à 2006. Proche du directeur Alain Lancelot, il fait partie, lors des dernières années de celui-ci à la tête de l'école, de son groupe rapproché..
Lorsque Richard Descoings est élu directeur de l'IEP en 1996, il demeure proche de la tête de l'établissement. Il suggère à Descoings dès 1998 de mettre en place une forme de discrimination positive en créant une filière d'admission parallèle à Sciences Po. Refusée par celui-ci dans un premier temps, elle est acceptée en 2001 et mise en œuvre« Richard Descoings, ombre et lumière », Les Échos, 15 mai 2015..
En 2018, il est toujours chercheur associé au CevipofÉquipe Sciences Po Cevipof, sur cevipof.com..
Il a été expert auprès de la Commission européenne à la direction de la communication dans le cadre du programme « The Future of Europe ». Il a notamment publie un rapport sur la "Décomposition du système politique et l’Europe comme enjeu : la présidence d’Emmanuel Macron fin 2018"
Interventions dans les médias Depuis 1997, Dominique Reynié intervient régulièrement dans les médias. Il est l'auteur de plusieurs tribunes libres et interviews dans des journaux tels Le Figaro, Le Monde« L'avènement du populisme patrimonial », Le Monde, 7 avril 2011. ou encore Libération.
En 2011 et 2012, il tient une chronique hebdomadaire sur France Culture intitulée « Le monde selon Dominique Reynié ». Sa forte présence dans le paysage médiatique a été un motif de critique à son encontre..
Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) En Dominique Reynié : « la Fondation pour l'innovation politique porte un projet libéral, progressiste et européen. », Dominique Reynié succède à Franck Debié au poste de directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol)« Chirac : retraite en bon ordre » de Carole Barjon paru le 16 octobre 2008 dans Le Nouvel Observateur., un groupe de réflexion fondé en 2004 et proche, à sa création, de l'UMP.. Fondapol est considéré comme un think tank ou fondation politique libéraleThierry Fabre. «Économie : La vérité sur le financement des think tanks », Challenges.fr, 20 septembre 2015 (consulté le 10 octobre 2018)., ancré à droiteLaura Berny, Benoît Georges. « Comment les think tanks surfent sur la présidentielle», Les Échos. 8 février 2017 (consulté le 10 octobre 2018).. Sous sa direction, ce think tank, qui s'affirme comme « libéral, progressiste et européen », s'est notamment positionné avec ses « 12 idées pour 2012 » en faveur du mariage homosexuel., de la gestation pour autrui (GPA), de la diversité.
Expert sur les enjeux politiques, économiques et sociaux, il prend part aux travaux de la l'Observatoire de la décentralisation du Sénat, et contribue notamment au rapport « Être élu local aujourd'hui : adapter notre gouvernance locale au défi de la décentralisation », publié en 2007« Être élu local aujourd'hui : adapter notre gouvernance locale au défi de la Décentralisation », Sénat.fr..
Il est entendu en 2010 par l’Observatoire dans le cadre d’un rapport d’information sur les sondages politiques. Il intervient également auprès de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, dont il est membre Les candidats à la direction de Sciences Po : Dominique Reynié (4/4), Sciences Po.Arrêté du 10 novembre 2005 relatif à la composition de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Legifrance, 10 novembre 2005..
En 2010, il participe avec la Fondation pour l’innovation politique à la création du Forum des Think tanks, rendez-vous ouvert au public qui rassemble les principaux think tanks français à la Sorbonne pour débattre des grands enjeux économiques et sociaux contemporains Forum des think tanks, Fondapol, 19 novembre 2011.. En 2012, il est membre du « Visitors Programme » du BEPA (Bureau of European Policy Advisers / Bureau des conseillers de politique européenne).
Il est invité en par la Fondation Copernic, lors de la Fête de l'Humanité., à participer à un débat sur l’avenir de la France, aux côtés de représentants d’autres fondations et think tanks.
Altercation avec Olivier Urrutia Le , lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, une altercation l’oppose au directeur général de l’Observatoire européen des think tanks, Olivier Urrutia. Dominique Reynié, remettant en cause la légitimité de l’observatoireAssociation loi de 1901 à but non lucratif exerçant depuis de nombreuses années dans le domaine. dans sa mission affichée d’évaluation de la transparence et de la bonne gouvernance des think tanks, insulte, menace et agresse son directeur général devant de nombreux témoins. Juste après la réunion, Olivier Urrutia dépose une main courante dans un commissariat de Paris.
Engagement politique
Dominique Reynié est candidat pour mener la liste LR-UDI de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées lors des élections régionales de décembre 2015"Dominique Reynié, un politologue en politique". Lacroix. le 06/04/2015Dominique Reynié aux régionales sous les couleurs de l'UMP?, LCP, 24 mars 2015.« Le politologue Dominique Reynié vise la grande région », ladepeche.fr, 5 avril 2015.. Le , il est désigné contre Bernard Carayon comme tête-de-liste LR-UDI, après le d'un vote par un « comité des sages » composé de 40 élus locaux et nationauxArnaud Boucomont, « Le politologue Dominique Reynié conduira la liste de droite aux Régionales », Midi Libre . En , son éligibilité est remise en question par Jean-Pierre Grand, sénateur LR, pour une question de domiciliationRégionales : « Je suis parfaitement éligible », se défend Dominique Reynié. France-Info, 24 octobre 2015.. Au premier tour, il obtient seulement 18,84 % des voix, ce qui le place en troisième position derrière Louis Aliot (FN) 31,83 % et Carole Delga (PS) 24,41 %Midi-Languedoc: Aliot (FN) en tête, la droite atomisée, ouest-france.fr, 6 décembre 2015Languedoc-Roussilon-Midi- Pyrénées, lemonde.fr. Dans son département d’origine, l’Aveyron, il se place en tête avec 30,53 % des voix, devant Carole Delga (25,5 %) et Louis Aliot (21,74 %)Élections régionales-Corse-Territoriales du 06 décembre 2015, aveyron.gouv.fr, décembre 2015.
Au second tour, son score est de 21,32 % derrière Carole Delga (44,8 %) et Louis Aliot (33,9 %). Il est le seul candidat à la tête d’une liste UMP-UDI de France à arriver derrière le Front national au second tourUn enterrement de première classe pour Dominique Reynié, ladepeche.fr, 14 décembre 2015. Cette défaite suscite des critiques au sein de son parti malgré les soutiens qui voient dans sa candidature un renouveau du paysage politique dans la régionDominique Reynié : les raisons d’un crash aux régionales, midilibre.fr, 15 décembre 2015L’après Reynié, c’est parti !, francetvinfo.fr, 14 décembre 2015. Il est élu président du groupe d'opposition LR-UDI au conseil régional avec ( au scrutin, 2 abstentions et 1 vote contre)Laurent Dubois, « Dominique Reynié élu président du groupe LR-UDI au Conseil Régional », france3-regions.francetvinfo.fr, 19 décembre 2015.. Six mois après, le , son élection est annulée par le Conseil d'État : même si Dominique Reynié louait effectivement une chambre dans la région, le contrat de location a été jugé trop tardif par rapport à la date limite autorisée pour être candidat à l’élection. Dominique Reynié se plie à la décision du Conseil d’État. Il déclare au journal La Dépêche : .
Il est remplacé à son siège par le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre.
Prises de position Libéralisme économique et social
Dominique Reynié revendique un positionnement libéral sur les plans économique et sociétal, il est notamment partisan des libertés individuelles et d’une limitation de l’intervention de l’État dans la vie économique et sociale des individusDominique Reynié : « La politique française est caractérisée par l’absence d’option libérale », Contrepoints, 22 septembre 2014.
À ce titre, il soutient par exemple le projet de réforme du Code du travail du gouvernement de Manuel Valls (Loi El Khomri) en lançant une pétition le Droit du travail : une contre-pétition pour soutenir la loi El Khomri France Tv Info, 26 février 2016. Il soutient également l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ainsi que la libéralisation de l’accès à la PMA et à la GPADominique Reynié : encadrer la GPA et la PMA dans une vraie politique de la vie, le Figaro, 3 octobre 2014.
En 2011, la Fondation pour l’innovation politique publie sous sa direction : 12 idées pour 2012, déclinées en propositions concrètes pour, selon lui, « redéfinir un projet de société »Les think tanks, des idées en l'air le Monde, 8 janvier 2011. Dans ce document, la Fondation se prononce notamment en faveur de l’ouverture au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe, de la mise en place d’une TVA antidélocalisation, du développement du commerce en ligne, de la vente de médicaments sans ordonnances en grandes surfaces, d’une meilleure évaluation des services publics « en ouvrant au secteur marchand la possibilité de les produire », d’un investissement massif dans la R&D dans le secteur de l’énergie, du développement de l’open data et de l’open government, d’une refonte du système éducatif en faveur de plus d’égalité des chances, ou encore d’une politique de la diversité. Pour désendetter la France, la Fondation propose une relance des privatisations, plus précisément un retrait de l'État, des entreprises qui n’ont pas « un véritable enjeu stratégique ». La Fondation prône aussi la continuation du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et que sur deux postes supprimés, l’un soit remplacé par un contrat de droit privé, ce qui amènerait à terme, selon L'Humanité, « la fin du statut de la fonction publique ». La Fondation propose de réduire les dépenses de santé grâce à la mise en place d'une franchise annuelle de 2 % des revenus des ménages, et de réformer l'assurance-maladie en donnant un rôle plus important aux assureurs privés. Selon Dominique Reynié, la crise est « salutaire », car elle devrait permettre au gouvernement de « réduire les dépenses sociales ».
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