Le fort de Lantin est l'un des douze forts établis pour la défense de Liège, en Belgique à la fin du à l'initiative du général belge Henri Alexis Brialmont. Contrairement aux ouvrages français de l'époque (voir Séré de Rivières), le fort a été construit presque exclusivement en béton (non armé), matériau largement méconnu. Le fort fut lourdement bombardé par l'artillerie allemande lors de la bataille de Liège en . Il ne fut pas réarmé comme les autres forts liégeois et conserve donc ses caractéristiques d'origine. Il est devenu musée et peut donc être visité.
Description gauche|vignette|Position fortifiée de Liège. vignette|Coupoles du fort de Lantin. Le fort de Lantin est un petit fort de la position fortifiée de Liège. Les petits forts de Liège sont moins bien pourvus en artilleurs faisant partie des troupes de forteresse relevant de l'armée d'active. Le fort a la forme d'un triangle isocèle dont la base mesure de long et les côtés . Un fossé profond de et large de entoure le fort. L'armement principal est concentré sur le massif central. Les fossés sont défendus en enfilade par des canons de disposés dans des casemates dans le mur de contrescarpe C'est un des plus petits forts de la position fortifiée de Liège. L'armement du fort de Lantin inclut une tourelle avec deux canons de et une tourelle comportant 1 obusier de , 2 tourelles avec un canon de et 3 tourelles avec un canon de . Il y a aussi sur le fort une coupole d'observation équipée d'un projecteur. 6 canons de à tir rapide équipaient les casemates protégeant les fossés et la poterne. Les canons utilisent de la poudre noire ce qui produisait des gaz asphyxiants se propageant dans les espaces confinés du fortDonnell, p. 17.
Le fort est situé à environ au nord-ouest du centre de Liège sur la rive gauche de la Meuse entre le fort de Loncin et le fort de Liers. Il a été construit dans une plaine agricole à d'altitude. Il tient sous le feu de ses canons la chaussée Liège-Tongres et le chemin de fer Liège-Tongres.
La communication entre les forts voisins de Loncin et de Liers pouvait se faire en morse au moyen de signaux lumineux. Un personnel d'observation était disposé sur les clochers des environs, sur les carrefours et points dominants en vue de régler le tir du fort. gauche|vignette|Plan d'un fort Brialmont. Exception faite du fort de Loncin, les forts belges possèdent peu de provisions pour subvenir à l'intendance quotidienne d'une garnison en temps de guerre. De plus, les latrines, douches, cuisine, morgue se trouvent dans la contrescarpe, une position intenable au combat. Cela aura d'importantes conséquences sur la capacité des forts à soutenir un assaut se prolongeant. La zone de service est placée directement en face des baraquements, qui s'ouvraient sur le fossé à l'arrière du fort (en direction de Liège) avec une protection moindre que les deux fossés latéraux. L'arrière des forts Brialmont est plus légèrement défendu pour faciliter une recapture par les forces armées belges. On trouve aussi sur ce côté les baraquements et les communs, le fossé arrière permettant l'éclairage naturel et la ventilation. Au combat, les tirs d'artillerie rendent le fossé intenable et les allemands ayant pu passer entre les forts ont pu les attaquer par l'arrièreDonnell, p. 36.
Histoire
Première Guerre mondiale gauche|vignette|Obusier de 210 mm.
Lors de la bataille de Liège en , le fort de Lantin est sous les ordres du capitaine-commandant Fabry. À sa prise de commandement le , il constate de nombreuses négligences : les voûtes sont fissurées, , les galeries encombrées, les coupoles recouvertes de terre et des obus inutilisables traînant sur le sol. Plus grave, les pièces d'artillerie sont en réparation.
Du 6 au , les canons de Lantin balayent tout leur secteur d'action. Se situant au nord-ouest de Liège, le fort de Lantin est l'un des derniers forts de Liège à subir les bombardements allemands, à partir du (après la chute du fort de Boncelles). Du 13 au , le fort est soumis à un bombardement intensif d'obusiers de calibre 210 mm provoquant le désaxement des coupoles et l'ébranlement des murs. Les gaz des explosions intoxiquent également la garnison. Le , il reste une seule coupole en mesure de fonctionner. Le commandant Fabry constate que le fort n'est plus en état de résister et décide la capitulation. À , les pionniers allemands prennent possession du fort, c'est-à-dire peu avant l'explosion du fort de Loncin où se trouvait le général Leman qui commandait la placeDonnell, p. 48-49. Un certain nombre de soldats belges ont été blessés et asphyxiés.
Entre-deux-guerres Après la Première Guerre mondiale, le fort n'a subi aucune modification, ce qui en fait un exemplaire unique, parfaitement conservé, de l'archéologie militaire du . Il a servi de dépôt militaire.
Après la Seconde Guerre mondiale Après la Seconde Guerre mondiale, le fort a été utilisé comme terrain de manœuvres et stand de tir.
Il a été acquis par l'Asbl Les Amis du Fort de Lantin en 1983 alors qu'il était laissé à l'état d'abandon par la Défense Nationale belge. L'association a entièrement restauré le fort et, depuis 2005, un parcours-spectacle a été mis en place avec un système d'audio-guidage quadrilingue. Parmi les travaux importants, il y a eu la restauration du massif central avec la pose de fausses coupoles et de la coupole-phare et la mise en place du système de rotation de la coupole de 120 mm droite et de l'accumulateur hydraulique de la coupole-phare (pièce unique actuellement fonctionnelle). vignette|Monument à la mémoire des défenseurs du fort de Lantin. On y trouve également un musée de la téléphonie au cours des cent dernières années et le musée du Beaurevoir consacré à la cuisine à travers les âges. Le fort peut être loué pour des événements notamment pour des séminaires.
Hommages Un monument a été érigé à la mémoire des défenseurs du fort de Lantin à l'extérieur du fort. Galerie
Références
Voir aussi
Bibliographie
Deuze (D.), Puttaert (A.), Le Fort de Lantin 1888-1892, publication de l’a.s.b.l. Les Amis du Fort de Lantin, Liège, s.d. Jean-Louis Lhoest et Michel Georis, Liège août 1914, Presses de la Cité, 1964.
Articles connexes
Position fortifiée de Liège Bataille de Liège Loncin, grand fort Liers, petit fort Général Leman
Liens externes
ASBL Les Amis du Fort de Lantin Fort de Lantin sur fortiff.be
Lantin Catégorie:Juprelle Catégorie:Histoire de la Wallonie pendant la Première Guerre mondiale