Orbigny (prononcé ) est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Des vestiges préhistoriques ténus et parfois difficiles à interpréter (survivance toponymique d'anciens mégalithes, traces d'activité sidérurgique) sont retrouvés sur la commune. Une église y est fondée dès le et le territoire est peu à peu défriché alors qu'au Moyen Âge il se situe sur l'un des nombreux chemins menant vers Saint-Jacques-de-Compostelle et dispose des équipements nécessaires à l'accueil des pèlerins. Dès le , des activités manufacturières (meunerie, verrerie, tuilerie, textile) se développent mais aucune ne survit à la révolution industrielle et à l'exode rural des . La population communale en subit les conséquences puisque, si elle atteint plus de à la fin du , elle ne s'établit en qu'à . Pour autant, son statut de bourg permet à Orbigny de conserver une certaine activité économique encore dominée par l'agriculture , mais surtout par le commerce et les services. La situation géographique de la commune, aux confins de l'Indre-et-Loire, fait qu'elle est davantage tournée vers Saint-Aignan-sur-Cher et le département voisin de Loir-et-Cher que vers le pays lochois.

Seule la nef de l'église dédiée à saint Vincent est inscrite au titre des monuments historiques, mais le patrimoine bâti de la commune comporte également de nombreux châteaux et manoirs, ainsi que des édifices de plus petite taille comme des moulins, des fours (à chaux ou à pain) ou des puits. Le patrimoine naturel, qui ne fait l'objet d'aucune mesure de protection spécifique, est principalement constitué par la forêt de Brouard au nord et à l'est de la commune, conservatoire de flore et de faune. Géographie Localisation et communes limitrophes Orbigny, commune rattachée au canton de Loches, est située dans l'extrême est de la Touraine à environ au sud-est de Tours., préfecture du département d'Indre-et-Loire. Elle est également implantée à au nord-est de Loches., sous-préfecture départementale et bureau centralisateur du canton de Loches, mais la ville importante la plus proche est Saint-Aignan-sur-Cher à vers l'est., dans le département voisin de Loir-et-Cher et Orbigny, bien qu'étant une commune du département d'Indre-et-Loire, fait partie du bassin de vie de Saint-Aignan-sur-Cher.

Sur les huit communes limitrophes d'Orbigny, trois appartiennent au département de Loir-et-Cher.

Géologie et relief vignette|redresse=1.1|alt=Carte en couleurs montrant le zonage géologique d'un territoire.|Carte géologique simplifiée d'Orbigny.. Le territoire communal d'Orbigny, comme toute la Touraine, fait partie du bassin parisien au sens géologique du terme, vaste zone sédimentaire s'étendant vers le sud jusqu'aux limites du Massif central, marquée dans le sud de la Touraine par des dépôts sédimentaires résultant d'avancées maritimes successives à partir du Crétacé supérieur..

La plus ancienne de ces strates sédimentaires est constituée par les sables du Cénomanien déposés before present (BP) ; elle est présente sur l'ensemble du territoire, mais n'affleure pas. Elle renferme une nappe de type aquifère (ou nappe ) qui se caractérise par un bombement dont la surface piézométrique atteint, au niveau d'Orbigny, une altitude de .. Le tuffeau jaune du Turonien supérieur () la recouvre (C3c). Sur les plateaux, de part et d'autre de la vallée de l'Olivet, cette formation s'est dégradée en argile à silex blanche (c4-6S) et s'est peu à peu recouverte à l'Éocène (de 55,8 à BP), au nord-est, des argiles à silex détritiques de la Gâtine de Loches et de Montrésor (eC).. Sur la plus grande partie du territoire, ces différentes formations sont recouvertes de dépôts limoneux quaternaires (LP)... L'Olivet et ses affluents ont creusé leurs cours dans cet ensemble, faisant apparaître la succession des strates sur les flancs de leurs vallées. Des alluvions sableuses et graveleuses (Fy-z) tapissent le fond de la vallée de l'Olivet.

Le territoire d'Orbigny affecte sensiblement la forme d'un quadrilatère allongé orienté du nord-ouest au sud-est, plateau plus haut vers le nord-est s'abaissant vers le sud-ouest . L'altitude maximale communale est de au nord, près de la Ronde, alors que le point le plus bas () se situe dans la vallée d'Olivet au sud-ouest, là où la rivière pénètre sur le territoire de Beaumont-Village.

Avec , Orbigny est en superficie la seconde plus grande commune d'Indre-et-Loire derrière Loché-sur-Indrois. Orbigny était la commune la plus étendue du département jusqu'en 1823, année où Loché-sur-Indrois, en fusionnant avec Aubigny, prit la tête de ce classement départemental.

Hydrographie et hydrologie

vignette|gauche|alt=Photographie en couleur d'un pont enjambant un cours d'eau avec un lavoir en contrebas.|Lavoir et pont sur l'Olivet. Le territoire communal est drainé par l'Olivet, affluent de la rive droite de l'Indrois, qui prend sa source sur le territoire d'Orbigny, près de la Ronde de Céré et qui coule du nord-nord-est vers le sud-sud-ouest et. La commune est entièrement inscrite dans le bassin versant de cette rivière, et la forêt de Brouard, sur la crête du nord au sud-est, marque la ligne de partage des eaux avec le bassin versant du Cher. L'Olivet reçoit, dans sa traversée d'Orbigny, le tribut de plusieurs ruisseaux temporaires ou permanents, ceux provenant de sa rive gauche étant les plus nombreux et les plus constants. Plusieurs plans d'eau et étangs, naturels ou artificiels , complètent le dispositif hydrographique, les étangs artificiels étant parfois de petits barrages au niveau des moulins sur les cours de l'Olivet ou de ses affluents.

Rivière assez peu abondante (module de observé à Beaumont-Village), l'Olivet est cependant sujet à des variations saisonnières de débit importantes (de au mois d'août à en février), la période des basses eaux estivales étant fortement marquée. Pour autant, le débit instantané maximal enregistré à Beaumont-Village a été de le , tandis que la valeur journalière maximale était de le , phénomène pouvant se répéter tous les 15 à . À l'inverse, l'importante baisse du débit de la rivière, notamment en période estivale, peut conduire, comme en 2011, à la prise d'un arrêté préfectoral réglementant les usages de ses eaux et interdisant notamment tout prélèvement direct dans son lit..

Neuf zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « les étangs du Fay et du Buisson », « l'étang de Ferté », « l'étang Rouillé », « l'étang de l'Aubrière », « l'étang du Château du Mousseau », « l'étang de la Boufferie de Ville », « la vallée du Ruisseau de l'Olivet d'Orbigny à la confluence », « l'étang des Assis » et « la vallée du Ruisseau de l'Olivet du Haut Bonnet à Beauregard »...

Paysages naturels vignette|gauche|alt=Photographie en couleurs de grandes parcelles agricoles avec une forêt en arrière-plan.|Paysage de grands champs ouverts avec au lointain la forêt de Brouard. vignette|alt=Photographie en couleurs d'un troupeau de bovins dans des prés limités par des haies et des bosquets.|Paysage de bocage consacré à l'élevage bovin. Les bois, notamment la forêt de Brouard et les bois de la Lardière fortement dégradés par une surexploitation liée aux besoins des anciennes activités métallurgiques, représentent 27 % de la surface du territoire communal en 1987, ce taux s'élevant même à plus de 30 % selon un inventaire communal réalisé en 1998. Sur la portion du massif de Brouard appartenant au territoire orbignois, le défrichement systématique de bois jeune, opération destinée à fournir un matériau combustible, a généré l'appartion d'une lande.. La forêt de Brouard, qui limite le territoire vers l'est, est un vestige de la forêt médiévale de Chedon.. Les essences naturellement prédominantes sont le chêne, le bouleau et le tremble, mais les plantations de résineux ont été nombreuses dans le troisième quart du .

Les défrichements et la mise en culture des sols se sont probablement opérés à partir de la vallée de l'Olivet vers les limites du territoire et les agriculteurs ont, avant le remembrement communal général des années 1980, regroupé leurs parcelles, aboutissant à de grands champs ouverts, même si les haies ont localement gardé leur place et délimitent toujours les pâturages dans un paysage de bocage , surtout sur les parties vallonnées de la commune ou les pentes de la vallée de l'Olivet. Les prairies permanentes occupent encore, en 2010, près de ..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Moyenne vallée de la Loire » et « Centre et contreforts nord du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lye à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transports La , qui du nord-ouest au sud-est, relie la vallée du Cher à Écueillé, traverse Céré-la-Ronde puis Nouans-les-Fontaines, après être passée par le centre d'Orbigny. La vient de Genillé à l'ouest et se dirige vers Saint-Aignan-sur-Cher au nord-est, passant également par le bourg d'Orbigny. Vers le sud-ouest, c'est la qui permet de rejoindre Montrésor.. Dans le bourg d'Orbigny lui-même, en aval immédiat du pont sur l'Olivet, un gué est toujours fonctionnel.

Le bourg d'Orbigny se trouve ainsi au centre d'un réseau de routes rayonnant vers les chefs-lieux des communes voisines. Ce réseau permet également d'atteindre des itinéraires à plus grande circulation, comme la route de la vallée du Cher ou celle de Blois à la vallée de la Dordogne ou encore l'autoroute d'Angers à Vierzon par Saint-Aignan-sur-Cher et la .

Orbigny n'est directement desservie par aucun réseau de transport collectif routier. Les habitants doivent se rendre à Genillé pour accéder au réseau Fil Vert du conseil départemental d'Indre-et-Loire. ou à Saint-Aignan-sur-Cher pour bénéficier du réseau des Transports du Loir-et-Cher qui opère par délégation du conseil départemental de Loir-et-Cher..

Urbanisme Typologie Au , Orbigny est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..