Christian Ernst Graf ou Graaf, né à Rudolstadt le et mort à La Haye le , est un compositeur d'origine allemande et un maître de chapelle à la cour du stathouder à La Haye, dans la République des Sept Pays-Bas-Unis.
Biographie Jeunesse et formation Graf naît et grandit dans une famille de musiciens. Son père, Johann Graf (1684–1750), était professeur de musique, compositeur, chef d'orchestre et premier violon à la cour des princes de Schwarzbourg-Rudolstadt en 1722. En 1739, il était promu à la fonction de maître de chapelle de la cour. Johann Graf eut sept fils, qu'il instruit lui-même à la musique. Parmi eux, quatre suivent ses traces et deviennent musiciens. En 1745, Christian succède à son père en tant que maître de chapelle à la cour de Rudolstadt.
On est mal renseigné sur les activités de Christian Ernst Graf à Rudolstadt, avant son départ pour la république des Provinces-Unies. Graf aurait quitté sa ville natale avec des instruments de la cour et des dettes. Il se peut qu'il ait rejoint, avec son frère Friedrich Hartmann – son cadet de quatre ans, le service dans le régiment arrivé aux Provinces-Unies vers la mi-avril 1748. On sait que Friedrich Hartmann est blessé lors du siège de Berg-op-Zoom et qu'il est fait prisonnier de guerreTon Braas et Odilia Vermeulen. Sur le site web de la KVNM dans une introduction à (1802) de Christian Ernst Graf, à l'occasion de sa réédition..
Christian Ernst se trouve à Middelbourg en 1750, où il dirige le . Sous sa direction, le niveau de l'ensemble augmente de sorte qu'en 1754, le obtient une salle de concert, dont la ville prend en charge le financement. Le premier opus imprimé de Christian Ernst, les , est sans doute conçu à la fin de son séjour à Middelbourg, comme un salut d'adieu.
Cour de La Haye (1754–1767)
C'est sans doute dans la deuxième moitié de 1754 que Graf se rend à La Haye, où il devient compositeur de la cour de la princesse Anne de Hanovre, la veuve du stathouder Guillaume IV. La page de titre de son ouvrage de 1758 — les sonates pour deux violons et basse continue, l'opus 2 — en témoigne, puisque le compositeur s'y présente comme , soit « compositeur de Son Altesse Royale la Princesse d'Orange-Nassau », c'est-à-dire d'Anne de Hanovre.
En 1759, le , un quotidien de La Haye, fait mention de Christian Ernst en tant que compositeur de musique de la cour de Son Altesse Sérénissime le Seigneur Prince d'Orange (), c'est-à-dire le prince Guillaume, qui n'avait alors que onze ans. Après la mort d'Anne, en 1759, son titre devient (compositeur de la musique à la cour de Son Altesse Sérénissime le Prince d'Orange-Nassau) ; voir les de cette année-là. Ce titre est utilisé jusqu'à la publication de son opus 7, Six symphonies… Œuvre VII (1766) Rudolf Rasch, , , [En ligne], , réf. du sur hum.uu.nl.. À partir de 1759, son nom apparaît tous les ans, dans les comptes de la chapelle de la cour. Il se peut que Graf soit le premier professeur de musique du jeune prince Guillaume. Graf joua un rôle important dans l'encadrement musical des cérémonies funèbres après la mort d'Anne de Hanovre, survenue le Cité de Gert Oost. , (réd. Louis Peter Grijp et Ignace Bossuyt), Amsterdam University Press, 2001 , .. En 1764, Graf adapte son nom à l'orthographe néerlandaise. Leopold Mozart, au cours du séjour de la famille Mozart à La Haye (septembre-décembre 1765), note qu'un Mr: Graaff était Compositeur et directeur de la Musique du Prince. Une datation plus précise de sa nomination à ce poste, n'est toutefois pas possible en l'absence de documents.
Cependant, on sait qu'en 1764, afin d'obtenir une augmentation de salaire, Graf s'adresse en vain à son mécène, le duc Louis-Ernest de Brunswick-Wolfenbüttel, régent pour le futur stathouder Guillaume, alors encore mineur.
Requête de Christian Ernst Graf Traduction Durchlauchtigsten, Vergieb mein draustes Unterwinden. Lass meiner Demuts-Schrift ein milder Auge finden. Wirf einen Gnaden-Blick auf dies mein Klage-Lied, Und siehe, wie dein Knecht am Kummer-Wagen zieht. Mich liesse ein Fürstlich Wort hieher aus Inland kommen; Mein Glück ist hier nicht mehr, dort ist mein Whol entnommen. Was da mein fleiss gewann, wird hier aus Not verzehrt; Der Leib mit magren Kost, der Geist mit Angst genärht.
[…] Zweijhundert fünfzig Gulden Die nimmt mein Haus Herr weg; wo bleiben Kost und Schulden? Ach. Lege jährlich doch nur noch ein weinig beij. Dass mein verfallner Stand nicht unerträglich seij.| Votre Altesse sérénissime,Excusez mon audacieuse entreprise.Que mon humble écriture trouve un œil doux.Jetez un regard miséricordieux sur ce jérémiade,Et apercevez comment votre serviteur tombe dans la misère.Le mot d'un prince m'a attiré ici, venant de l'intérieur du pays ; Mon bonheur n'est plus ici, mais, là, on m'a pris mon bien.Ce que j'ai gagné là par mon travail assidu, je le consomme ici par nécessité; Le corps nourri par des repas frugaux, l'esprit par la peur. […] Deux cent cinquante florins Vont au propriétaire ; comment payer les dépenses et les dettes ?Ô ! Ajoutez-y quand même un peu tous les ans. Pour que mon état nécessiteux ne soit pas insupportable.
À l'occasion de l'installation solennelle comme stathouder de Guillaume V — qui fête ses dix-huit ans le — Graf compose les trois couplets du chant de joie, Réjouissons-nous, Bataves ! (Laat ons juichen, Batavieren!.). Lors de l'installation solennelle du stathouder, il est chanté en italien, mais il est publié en néerlandaisRenseignements supplémentaires sur le CD-ROM (réd. Louis Peter Grijp et Ignace Bossuyt), Amsterdam University Press, 2001 ..
Pendant son séjour aux Provinces-Unies, le jeune Wolfgang Amadeus Mozart, est accompagné de Graf chef d'orchestre, lors du concert donné par Wolfgang et sa sœur à La Haye, le Biographie de Christian Ernst Graf sur www.donemus.nl. Paul Van Reijen. , (rééd. Louis Peter Grijp et Ignace Bossuyt), Amsterdam University Press, 2001 , .. Il utilise le thème pour une célèbre série de variations pour clavecin (KV. 24)Otto Erich Deutsch. , Stanford University Press, 1966 , .. Mozart emprunte cette même mélodie pour la fugue concluante de son quodlibet Gallimathias musicum (KV. 32, mars 1766).
Maître de chapelle de la cour (1767–1804)
En 1767, Graf reçoit enfin sa nomination officielle de maître de chapelle de la cour, ainsi que l'augmentation de salaire demandée précédemment. Les tâches de Graf comme maître de chapelle de la cour, comprenaient non seulement la sélection du répertoire de l'orchestre, mais également la composition de pièces nouvelles et la sélection des livrets et des paroles à mettre en musique à l'occasion de différents événements. De nombreuses œuvres sont créées pendant les années passées à la cour à La Haye : un grand nombre de symphonies, notamment la Grande simphonie Hollandaise en deux chœurs, musique à programme composée à l'occasion du rétablissement de l'autorité de Guillaume V en 1787, sonates (en trio et pour violon), quatuors (pour instruments à cordes), quintettes pour quatuor à cordes et flûte et autres genres de musique de chambre, deux sonates à quatre mains pour clavier, des chansons, des cantates, des fables pour voix et clavier (25 Fables dans le goût de la Fontaine, pour le Chant et le Clavecin) et enfin, une étude théorique et didactique de la basse continue. Apparemment, Graf n'a jamais tenté d'écrire un opéra. Graf est tout de même chargé de l'achat de partitions pour la maison et la cour ; on lui doit une partie considérable de l'actuelle collection de musique de la Maison d'Orange. vignette|300px| (L'Assiduité) de Van Alphen, mise en musique par Graf, du recueil (Petits poèmes à l'usage de l'enfance), s.d., publié par Markordt à Amsterdam.
Bien qu'attaché à la cour, tout au long de sa carrière, le compositeur continue à travailler en dehors des activités de la chapelle musicale des princes d'Orange. Ainsi, à l'occasion de l'inauguration d'un nouvel orgue, le , il compose les chants religieux pour la consécration de l'orgue de la Grande Église à Bolsward ()Richard G. King. , , D. , , 1994, . et, en 1782, il fait publier une étude : l'Essai sur la nature de l'harmonie dans la basse continue et enseignement d'un chiffrage court et systématique ()Réédition en fac-similé : Amsterdam 1970, 46 pages de texte et onze illustrations.. À l'instar du compositeur néerlandais d'origine allemande Christian Friedrich Ruppe, Graf met en musique les Petits Poèmes à l'usage de l'enfance () de Hieronymus van Alphen, y compris le fameux Prunier (Pruimenboom., aussi connu comme …)Hieronymus van Alphen sur le site de la Bibliothèque royale (Pays-Bas), avec illustrations ; un article sur ce sujet : Frits Noske, , , D. , / fasc., 1962-1963, ..
À partir de 1788, cependant, Graf est remplacé au poste de maître de chapelle par le violoniste Jean Malherbe. C'est le même Malherbe qui lui succède à la tête de la chapelle musicale en 1790, lorsque Graf prend sa retraite, au mois de novembre de cette année.
Le plus grand succès de Graf est, à part l'oratorio perdu composé pour célébrer la paix entre la France et l'Angleterre, la cantate , composée en 1802 sur un livret de Karl Wilhelm Richter (1725–1798).
Graf décède peu après, le , à La Haye, où il est enterré dans la Grande Église ().
Notoriété Un contemporain le caractérise ainsi :
Un assez grand nombre d'œuvres sont conservées. Le musicologue Balfoort estime la cantate , dont la Bibliothèque royale à La Haye possède le manuscrit, être l'une de ses meilleures. Mais Balfoort voit moins de mérite dans le reste de l'œuvre :
Sur le site web de la Société royale néerlandaise de l'histoire de la musique (), Ton Braas et Odilia Vermeulen se prononcent à ce sujet d'une façon plus nuancée dans leur présentation de la réédition du dans une série consacrée aux trésors de la musique chorale néerlandaise () :
Voir aussi Discographie : Quintetti a flauto traverso, violino, viola, violoncello e basso - Ensemble Pont de la Virtue (Erasmus Music Productions, WVH) . - Jasperina de Jong et Lieuwe Visser (NM Classics NM 92071). - vol. 2 : Symphonie en ut majeur, op. 14 - Orchestre de la Résidence de La Haye, dir. Ton Koopman (1982, Olympia OCD 501) . , Ensemble Pont de la Virtue (1997, 2CD Erasmus Music Productions, WVH 187/188). , par différents interprètes (NM Special NM 93004). 1600-2000, par différents interprètes (NM Special NM 903002). , Mikail Helasvuo, Ostrobothnian Chamber Orchestra, dir. Juha Kangas (2004, Alba). Symphonies from the 18th century Court of Orange in The Hague : Symphonie en ré, op. 14 - New Dutch Academy, dir. Simon Murphy (15-17 juin 2009, PentaTone PTC 5186 365) * Cello Concertos & Sinfonias de Christian Ernst Graf et Karl Friedrich Abel, par L'Arpa Festante dir. Christoph Hesse, avec Klaus-Dieter Brandt au violoncelle
Notes et références
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