Jules Jean Julien Milhau, né à Causses-et-Veyran (Hérault) le http://archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vta45e4e563760f13cf/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_b32346a4ee9299692237fc24e9fedc98#id:722423121?gallery=true&brightness=100.00&contrast=100.00&center=2108,-1581.5]acte de naissance, acte numéro 13, mairie de Causses et Veyran, Hérault ainsi rédigé: "l'an dix-neuf cent trois et le vingt-deux juillet, à six heures du soir, devant nous Félix Jany, maire et officier de l'état civil de la commune de Causses et Veyran, arrondissement de Béziers (Hérault) a comparu Emile Jean Milhau... lequel nous a déclaré que ce jourd'hui à deux heures de l'après-midi Noémie Rivemale son épouse... est accouchée dans son domicile d'un enfant de sexe masculin qu'il nous présente et auquel il déclare vouloir donner les prénoms de Jules Jean Julien..." et décédé à Agde le , est un économiste du mouvement mutualiste français, théoricien de l'économie rurale et homme politique de l'Hérault.

Il est inhumé au cimetière de Causses-et-Veyran.

Biographie Né dans une famille modeste de viticulteurs originaire du village de CanacLe Centre de recherche du patrimoine de Rieumontagné (CRPR) situé à Nages a établi un dossier sur Jules Milhau, car il a toujours été fidèle au village de ses parents.(dans la commune de Murat-sur-Vèbre)Le Château de Canac, sa mère, Noémie Rivemale est couturière et son père Jules Jean Milhau dit Emile, est un petit propriétaire, que l'engagement mutualiste conduit à créer l'une des premières sociétés de secours mutuels du villageL'essentiel de cette biographie est établie à partir de celle d'Olivier Dedieu - Le Midi rouge N°4, décembre 2004. Le texte est maintenant en ligne sur le site de l' Association Maitron Languedoc-Roussillon voir les liens externes.. À l'âge de quatre ans, il est affecté d'une grave maladie qui le tient immobilisé pendant trois ans et d'où il est sorti marqué physiquement et moralement par une jambe ankylosée. Jules Milhau est le petit cousin de Jean Milhau (peintre).

Formation et enseignement Jules Milhau fait toutes ses classes primaires à Causses-et-Veyran. Son père étant mobilisé au Maroc, il est pris en charge par des membres de sa famille qui lui permettent de poursuivre ses études à l'École supérieure Michelet à Montpellier, à l'École primaire supérieure de Paulhan et au lycée Henri-IV de Béziers. Une fois bachelier, Jules Milhau prépare Mathématiques Supérieurs et Mathématiques Spéciales, mais il est arrêté à nouveau par son état de santé.

Jules Milhau obtient en 1925 et 1926 les licences de mathématiques et de physique à la faculté de Montpellier et devient professeur de physique au lycée de Provins. Inscrit à la Sorbonne pour préparer une thèse de physique il abandonne ce projet pour suivre les enseignements de Charles Gide au Collège de France et s'oriente ainsi vers l'économie. En 1930, tout en étant professeur au lycée d'Agde, il s'inscrit à l'université de droit de Montpellier où il obtient une licence de droit. Après l'obtention d'un diplôme d'études supérieures (DES) d'économie politique, droit public, et droit privé, Jules Milhau soutient en 1935 une thèse intitulée Étude économique du prix du vin en France avec mention très bien et éloges.

À la fois juriste et scientifique, le travail universitaire de Jules Milhau constitue l'une des premières applications de l'économétrie. Domaine peu connu dans un milieu universitaire dont la formation est celle des humanités, le caractère opérationnel de ses résultats est bien reçu, ce qui le mobilise dans cette nouvelle branche de la discipline économique. L'objet de sa thèse est la construction d'un modèle de prévision des prix du vin nécessaire aux mécanismes de lutte contre l'irrégularité des cours du vin (défaut de régulation). Jules Milhau se fait ainsi le défenseur d'un modèle économique de type coopératif, intermédiaire aux modèles libéraux et étatistes, devant permettre la sauvegarde de la petite paysannerie dont il était originaire.

En 1939, Jules Milhau obtient un poste de chargé de cours à l'université de Toulouse, où il poursuit ses travaux sur les applications économétriques et le prix du vin. Il est chargé de mission en 1941 pour le compte du secrétariat d'État à l'instruction, dont il tirera une étude sur le vignoble du Maghreb. En , Jules Milhau est rattaché à l'université de Montpellier où il réussit brillamment, après deux tentatives (en 1938 et 1942), le concours de l'agrégation et devient professeur d'université.

Parcours de militant politique Dès son adolescence et parallèlement à son parcours universitaire et intellectuel, Jules Milhau est aussi un militant de gauche actif. Dans son village il milite dès les années 1920 au sein des jeunesses laïques républicaines.

À son retour de Provins en 1930, Jules Milhau s'investit dans la section d'Agde dont il devient le secrétaire à partir de 1933. Il joue aussi un rôle de premier plan dans la fédération départementale où il occupe plusieurs fonctions. Il milite aussi au sein de l'Université populaire de Montpellier où il anime plusieurs conférences entre 1934 et 1948. C'est pendant cette période qu'il adhère à la SFIO, parti dont il était proche, avec son programme agricole, sa philosophie laïque et anticléricale, aussi présentes au sein des jeunesses laïques et républicaines.

Jules Milhau jouera un rôle important à la SFIO d'Agde, parce qu'à partir de 1933 le parti subit une hémorragie d'élus et de militants consécutive à la scission impulsée par Édouard Barthe et que Jules Milhau sera de ceux qui restent à la SFIO. Il deviendra secrétaire de section et propagandiste fédéral spécialisé dans les questions économiques. Pacifiste convaincu et partisan de Paul Faure, il soutient avec Fernand Roucayrol la motion Blum-Faure en 1937. Militant reconnu, Jules Milhau, se voit proposer plusieurs candidatures aux élections locales, mais il se présente sans succès; aux élections municipales de Causses-et-Veyran en 1935, à la troisième circonscription de Béziers en 1936, fief de d'Édouard Barthe. Au-delà de la lutte partisane, est présente aussi l'opposition entre deux projets viticoles, celui de Barthe favorable au statut viticole (lois Barthe) et celui de Milhau favorable à l'office des vins.

Enfin, en 1938 ont lieu à Agde des élections municipales complémentaires et Jules Milhau est élu sur une liste alliant socialistes, communistes et radicaux face à la liste patronnée par Jean Felix ex-maire SFIO d'Agde proche de Barthe.

Durant la période 1939-1944, Jules Milhau semble avoir cessé tout rôle politique actif et se consacre essentiellement à ses travaux de recherche.

Parcours du mutualiste et de l'économiste régional À la Libération Jules Milhau devient l'un des principaux dirigeants de la mutualité et de la coopération agricole régionale. Il possède les qualités personnelles qui sont susceptibles de mobiliser toutes les ressources nécessaires au développement régional : son statut d'expert reconnu de la question viticole, son appartenance à la SFIO, sa modération et son savoir-faire relationnel.

Jules Milhau est nommé par le nouveau pouvoir président des caisses de réassurances agricoles du Midi, sur proposition du directeur de l'École nationale supérieure agronomique de Montpellier (ENSA-M) le professeur Buchet et avec le soutien des cadres SFIO de la mutualité qui jouent un rôle actif dans la recomposition de ces organismes. Il participe aussi à la mise en place de la Confédération générale de l'agriculture dont il devient l'un des administrateurs départementaux.

En 1947, Jules Milhau devient administrateur des caisses centrales de la mutualité agricole et vice-président de l'Union. Il préside en 1948 la Mutualité Sociale Agricole (MSA) nouvellement créée.

Au-delà de ses positions institutionnelles, dès 1945 Jules Milhau fait paraître dans le Populaire du Bas Languedoc son projet d'Office du vin ; « plan d'ensemble scientifiquement étudié » qui se veut une solution aux aléas de l'économie de marché.

Il s'agit pour l'auteur d'instituer un organisme régulateur susceptible d'harmoniser le différentiel entre offre et demande, afin d'affranchir le producteur des contraintes excessives du marché. Partant de l'idée que le législateur ne peut intervenir efficacement que sur l'offre, son projet vise à stocker les surplus de récolte d'une année pour les écouler lors des années déficitaires.

Pour lui une telle solution n'est possible qu'en développant les moyens collectifs des caves coopératives. Mais au-delà de la question de la régulation du marché, c'est le devenir de la petite exploitation viticole qui est au centre de sa problématique. La petite exploitation n'est viable qu'à la condition d'être modernisée. La coopération ne doit donc pas seulement se limiter à la vinification mais aussi à la vente en commun de la production et à l'achat des outils de production.

Jules Milhau est de ceux qui vont aussi prôner l'évolution qualitative du vignoble du Languedoc en favorisant sa reconversion avec des cépages méridionaux de qualité et l'amélioration des techniques de vinification. Il fonde dès 1945 le syndicat des coteaux de l'Orb et du Vernazobre qui portera par la suite la dénomination Saint Chinian tout en développant la fédération méridionale des VDQS.

À partir de 1950, Jules Milhau joue un rôle moteur dans les politiques de développement régional. Compte tenu de la dépendance viticole il apporte un soutien déterminé au projet d'aménagement régional prôné par Philippe Lamour, qui aboutira en 1954 à la création de la Compagnie Nationale du Bas Rhône Languedoc ; ce qui favorisera son intégration auprès des planificateurs nationaux (Commissariat général au Plan).

En tant que membre du comité économique, au titre de la mutualité depuis 1951, Jules Milhau obtient l'appui financier et institutionnel pour lancer plusieurs enquêtes sur la productivité des économies régionales. En 1953, il crée le Centre régional de la productivité et des études économiques associant universitaires et acteurs locaux pour produire des études de conjoncture régionale et diffuser les politiques de modernisation agricole.

En 1961, il devient le président de la Commission de développement économique régionale du Languedoc (structure institutionnelle de l'administration gaulliste) et crée avec Philippe Lamour la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) pour intégrer en 1962 la Commission nationale d'aménagement du territoire.

Jules Milhau continuera à jouer un rôle actif dans le développement régional après son départ de l'université à la fin de 1968 et décèdera brutalement en au Cap d'Agde.

Le marché du vin Jules Milhau a été préoccupé, sa vie durant, par l'étude de l'économie rurale. C'est probablement pour mieux appréhender les phénomènes du monde rural qu'il s'est fait économiste. Son œuvre s'est achevée comme elle avait commencé : par une étude d'économie viticoleIntroduction et texte extraits de 'L'Agriculture et le monde rural dans l'œuvre de Jules Milhau' à partir du dossier du CRPR (juillet 2008) sur 'Le professeur Jules Milau (1903-1972)'.

De son Traité d'économie rurale (PUF 1954) est extrait ce Paragraphe 2 - Le marche du vin se trouvant au Chapitre II- L'Etude des marches agricoles

La prévision du prix du vin Peut-on prévoir le prix moyen annuel du vin dès que la récolte est connue d'une manière certaine ?