Jean Cabot, de son nom de naissance Giovanni Caboto, et appelé John Cabot en anglais, né vers 1450 et mort en 1498, est un navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre à partir de 1496.
De dix ans plus âgé que Christophe Colomb, il aspire, comme lui, à découvrir une route d'Europe vers l'Asie à travers l'océan Atlantique et atteint la région de Terre-Neuve en 1497.
Biographie Origines familiales et formation Jean Cabot est le fils de Giulio Caboto, mort avant 1482..
Son lieu de naissance est incertain : certains pensent qu'il est originaire de GênesC'est notamment ce qu'affirme un contemporain de Cabot, Pedro de Ayala, diplomate de Ferdinand d'Aragon et d’Isabelle de Castille à Londres, le qualifiant en 1498 d’ : Lettre de Pedro de Ayala au roi d'Espagne, 25 juillet 1498., alors que d'autres le font naître à Gaète, près de Naples. Le principal argument en faveur de cette localité est donné par des documents évoquant une famille « Caboto » qui vit jusqu'au milieu du , mais n'est plus citée après 1443 : cf. Roberto Almagiá, Commemorazione di Sebastiano Caboto nel IV centenario della morte (Venise, 1958), . Les hypothèses d'une origine vénitienne, anglaise ou catalane se sont avérées sans fondement : cf. . près de Naples. On considère souvent que Cabot est né vers 1450, mais on ne dispose pas de documents le concernant, antérieurs à 1476.
Sa famille part à Venise alors qu'il est encore enfant. Il en obtient la nationalité en 1476. Il épouse une Vénitienne nommée Mattea, qui lui donne trois fils, Ludovico, Sebastiano et Sancio, les deux premiers nés avant 1484.
Débuts professionnels : Venise et Valence Les activités professionnelles de Jean Cabot pendant sa période vénitienne, qui se prolonge au moins jusqu'en 1484, ne sont pas connues avec certitude. Il semble avoir été actif dans le commerce avec le Levant ; il pourrait avoir voyagé jusqu'en Arabie, aurait établi des cartes et aurait été informé tant du voyage de Marco Polo en Chine au que des entreprises maritimes des Portugais, qui explorent progressivement la côte de l'Afrique depuis 1420.
Jean Cabot se serait ensuite établi à Valence (València), dans le royaume d'Aragon, de 1490 à 1493, et aurait travaillé à la fortification du port de la ville. Il aurait donc pu se trouver à Valence, lorsque Christophe Colomb, de retour de son premier voyage de découverte en 1492, y passe. Il semble par ailleurs que Jean Cabot ait cherché un soutien auprès des rois d'Espagne et du Portugal pour ses propres projets d'exploration. Le fait de bien connaître les récits de Marco Polo sur le pays de Cathay pourrait l'avoir amené à douter de la conviction de Colomb d'avoir atteint «les Indes».
Au service de l'Angleterre Il est établi que Jean Cabot arrive en Angleterre avant la fin de l'année 1495, et qu'il souhaite entreprendre une expédition pour atteindre Cathay par l'ouest en voyageant plus au nord que Christophe Colomb. Des navigateurs anglais, partis de Bristol, comme Thomas Croft et John Jay, avaient atteint dès les années 1480 une « terre ferme » située à l'ouest de l'Irlande. Jean Cabot pourrait en avoir entendu parler et cela aurait pu motiver son arrivée en Angleterre.
La lettre patente du roi (1496) Ayant persuadé le roi , lui aussi à la recherche d'une route vers l'Asie, qu'il est possible d'atteindre les Indes orientales en passant au nord de l'Amérique, il est chargé d'entreprendre une expédition dans ce but, au départ de Bristol par une lettre patente du . The Voyage of John Cabot to America. sur Chronicles of America..
Sa première tentative (1496) est un échec : Cabot atteint l'Islande, mais en raison de disputes avec son équipage, du mauvais temps et du manque de nourriture, il est obligé de rebrousser chemin.
Le voyage de 1497 Le , l'explorateur quitte Bristol à bord du Matthew, un navire de x disposant d'un équipage de dix-huit hommes, dont son fils Sébastien Cabot. L'équipage comprend des marins de Bristol, mais aussi des marchands, un barbier génois et un sujet bourguignonLe duché de Bourgogne étant revenu dans le domaine royal français en 1482, ses habitants sont sujets du roi de France. En revanche, l'héritier des ducs de Bourgogne, le Habsbourg Philippe le Beau, détient encore le comté de Bourgogne et les Pays-Bas bourguignons..
Il touche terre le , mais ne rencontre pas d'indigènes. Il a atteint l'île de Cap-Breton ou l'île de Terre-Neuve, sans qu'il soit possible de localiser le lieu exact du débarquement.. Il explore ensuite la côte pendant quelque temps, mais ne se rend plus à terre.
Il repart pour l'Angleterre et fait le récit de son voyage au roi le 10 ou le . Cabot est alors lui aussi persuadé d'avoir atteint l'Asie. Il note l'abondance de cabillauds au large des terres découvertes.
vignette|Route du voyage de 1497 d'après The Cabot Project
Controverses sur l'antériorité du voyage de Cabot L'endroit précis de son premier accostage est controversé. En effet, les gouvernements canadien et britannique considèrent qu'il est arrivé dans la péninsule de Bonavista.
qu'il était le premier Européen à découvrir la « nouvelle terre » après les Vikings., Colomb étant arrivé dans les Caraïbes, pas sur le continent ; mais l'absence de cartographie ou de journal de voyage est source de problèmesLucien Campeau, « Découvertes portugaises en Amérique du Nord », Revue d’histoire de l’Amérique française, 1966..
Le voyage de 1498 et la disparition de Cabot Au début du mois de mai 1498, Cabot repart de Bristol avec cinq navires. Il est probable que l'objectif ait été de passer au sud des terres abordées lors du premier voyage et d'établir un comptoir à Cathay ou sur le trajet. Cabot n'est jamais revenu en Angleterre et on ignore si l'expédition a réussi.
Hommages
à Bristol : la tour Cabot, une tour de 30 mètres de haut en grès rouge bâtie en 1897 dans le centre de la ville, sur Brandon Hill, marque le de son débarquement en Amérique ; une réplique du Matthew dans le port de Bristol ; une statue de l'explorateur dans le quartier du port ; à Rome : l'université américaine de Rome porte son nom. en Nouvelle-Écosse : la Piste Cabot, une route scénique de près de 300 kilomètres fait le tour de l'Île du Cap-Breton .
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Edmund Burke Delabarre, Dighton Rock: A study of the written Rock of New England, 1928. Manuel Luciano Da Silva, Christopher Columbus was Portuguese, deuxième partie, Dightonrock the four theories, 2006 . Manuel Luciano Da Silva, The meaning of dightonrock, 1966. Cesáreo Fernández-Duro, « Los Cabotos », Boletín de la Real Academia de la Historia, tome 22, Madrid, 1893, . . . . Cristóbal Pérez Pastor, « Sebastián Caboto en 1533 y 1548 », Madrid, 1893 .
Articles connexes Grandes découvertes Contacts trans-océaniques précolombiens Christophe Colomb ; Amerigo Vespucci ; Giovanni da Verrazzano Grands voyageurs italiens du Moyen Âge et des Temps modernes
Liens externes
Catégorie:Explorateur italien du XVe siècle Catégorie:Navigateur italien du XVe siècle Catégorie:Explorateur du Canada Catégorie:Personnalité disparue au XVe siècle Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XVe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XVIe siècle)