Calédonie ensemble est un parti politique non indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, classé au centre-droit de l'échiquier politique, formé officiellement lors de son congrès fondateur du Kuendu Beach à Nouville à Nouméa le . Il est créé par des dissidents de l'Avenir ensemble, parti anti-indépendantiste créé en 2004 et au pouvoir seul jusqu'en 2007, qui se veulent les défenseurs de l'idéologie d'origine de ce dernier mouvement. Emmenés par le président de la Province Sud Philippe Gomès, ils reprochent à l'Avenir ensemble, sous la direction de Didier Leroux et Harold Martin, d'être devenu « l'otage politique » du Rassemblement-UMP.

De l'ancienne Avenir ensemble, Calédonie ensemble a emporté la majorité des élus à l'Assemblée de la Province Sud (16 sur 20) et donc au Congrès (12 sur 17). Toutefois, les quatre membres élus par le groupe encore uni de l'Avenir ensemble en 2007 (et notamment le président de l'exécutif, Harold Martin), ainsi que l'unique élue en 2004 du parti en Province Nord (Armande Duraisin), sont restés fidèles à Didier Leroux. Il est le premier parti néo-calédonien en nombre de voix à chaque scrutin entre 2012 et 2019.

Le parti est actuellement en procès, étant accusé d’avoir mis en place un large système d’emplois fictifs à visée clientéliste.

Positionnement Philosophie générale Charte des valeurs Dans l'article 2 de ses statuts, le parti déclare faire « sien les principes exposés par la charte de l’Avenir ensemble du Les Statuts, site officiel de Calédonie ensemble, consulté le 10 septembre 2025 », à savoir : le républicanisme français : « Respecter la démocratie et défendre les valeurs républicaines » (liberté, égalité des chances, égalité des hommes et des femmes, dignité de la personne, solidarité, respect de l'état de droit, équité, ouverture aux autres) ; le progressisme : « Être ouvert à l’évolution de la société » ; la démocratie participative : « Encourager la participation des acteurs sociaux » (syndicats et associations) ; le libéralisme politique : « Favoriser la liberté d’expression et de débat ».

Principes fondamentaux Les dirigeants de Calédonie ensemble ont défini ce nouveau parti comme« Ce que nous défendons », version archivée du site officiel de Calédonie ensemble, consulté le 12 septembre 2017 : « un mouvement politique territorial », mettant en avant la nécessité d'avoir des élus locaux sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, se voulant pluri-ethnique et refusant toute association formelle avec un parti national. « non indépendantiste », ce qui l'inscrit pleinement à la droite de l'échiquier politique néo-calédonien, d'autant que la plupart de ses meneurs ont clairement soutenu Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007 (mais n'ont donné aucune consigne de vote en 2012, seul Philippe Gomès indiquant pour le second tour qu'à titre personnel il avait voté au premier tour et qu'il ferait de même au second pour le président sortant) et sont très proches (si ce n'est membres) de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) jusqu'en 2012. Par la suite, son positionnement a été plus centriste, beaucoup de ses membres ont rejoint l'Union des démocrates et indépendants (UDI, dont Philippe Gomès et Sonia Lagarde font partie des membres fondateurs), quand plusieurs représentants de la « jeune garde » ont adhéré à La République en marche (LREM) après 2017 (Nicolas Metzdorf et Nina Julié notamment)Agence Presse Pacifique, « Pourquoi nous rejoignons "En Marche" », La Dépêche.nc, 11/03/2018.. Cet anti-indépendantisme est fortement europhile, puisque le parti déclare que « nous avons la chance exceptionnelle d'être rattachés à la France et à l'Europe », et cite en exemple les « grands pays européens qui ont mutualisé leurs compétences de souveraineté (monnaie, défense, justice, diplomatie) ». Il défend régulièrement, dans ses programmes électoraux, le passage à l'euro. « favorable au maintien de la paix et au dialogue avec la mouvance indépendantiste », ce qui implique un attachement fort à l'application de l'Accord de Nouméa et une négociation permanente avec les indépendantistes. Pour cela, ils sont opposés à l'idée d'un référendum sur l'indépendance dès 2014 (comme proposé avant les élections provinciales de 2009 par le président du Rassemblement-UMP, Pierre Frogier, afin de remédier le plus tôt possible à la question de l'avenir institutionnel de l'archipel), et sont favorables à un « référendum éclairé » puis, après le référendum de 2018, à un « référendum d'avenir partagé ». Calédonie ensemble propose ainsi que la question porte sur un projet de société qui, dans son esprit, doit s'orienter vers « une Nouvelle-Calédonie pleinement émancipée » et disposant d'une forte autonomie tout en restant dans la République française. Les dirigeants du parti emploient également régulièrement l'expression de « petite nation au sein de la nation française » pour désigner la Nouvelle-Calédonie, expression reprise du « Manifeste du Rassemblement pour la Calédonie » rédigé en 1977 par Jacques Lafleur MANIFESTE DU RASSEMBLEMENT POUR LA CALEDONIE, 17/04/1977, site officiel du Rassemblement-UMP, . Une « petite nation » qui, pour eux, existerait déjà puisque « depuis 1988, le peuple calédonien bénéficie du droit à l’autodétermination : il est souverain sur son destin ». En ce sens, ils défendent à partir de 2017 de définir un « patrimoine commun » qui regrouperait les principes fondamentaux de cette « petite nation » et qu'ils veulent définir avant la consultation de sortie de l'accord de Nouméa dans une « déclaration solennelle entre indépendantistes et non indépendantistes ». Se réclamant ainsi d'un « nationalisme calédonien » sans indépendantisme, ils estiment « qu’une nation n’est pas obligatoirement un État » et citent comme exemples le Québec, reconnu en 2006 comme une « nation au sein d'un Canada uni », ou l'Écosse, qui a le statut officiel de Nation constitutive du Royaume-Uni. Cette posture se retrouve dans les positions prises par le parti dans les négociations qui font suite, en 2025, aux émeutes de 2024, lors desquelles Calédonie ensemble défend des principes comme la mise en place d'une loi fondamentale inscrite dans la Constitution française et de nouvelles modalités pour exercer le droit à l'autodétermination après les trois référendums. le parti de « la cohésion sociale, du respect et de la solidarité », tout en rejetant « l'assistanat destructeur », ce qui le rapproche d'une certaine tendance sociale libérale. Le parti prône ainsi son attachement à la réalisation des « 75 propositions », liste des promesses et des projets que l'Avenir ensemble avait annoncés vouloir réaliser s'il arrivait au pouvoir lors des élections de 2004 et qui comportait de nombreuses dispositions socialesH. Lepot, « Philippe Gomès lance "Calédonie ensemble" », Les Nouvelles Calédoniennes, 13/10/2008.

75 propositions pour un destin commun

Calédonie ensemble, toujours dans l'article 2 de ses statuts, déclare que « la mise en œuvre des "75 propositions pour un destin commun" », qui servait de programme électoral à la liste Avenir ensemble en 2004, est l'un de ses objectifs. Ces 75 propositions comprennent des mesures phares, notamment dans le domaine social, dont beaucoup ont été réalisées entre 2004 et 2009, comme le passage du Salaire minimum garanti (SMG) à Francs CFP (soit 1 005,6 €, contre F CFP soit alors, ce qui est fait au ), l'instauration du Pacte civil de solidarité dit PACS (son application à la Nouvelle-Calédonie étant acté en par l'Assemblée nationale), la généralisation des allocations familiales (à partir du ), la création d'un observatoire de la condition féminine (par arrêté du ), l'inscription des lagons au patrimoine mondial (réalisé le ), une réforme de la fiscalité ou encore le passage à l'euro (ces deux sujets restant toujours en suspens après 2009)Les 75 propositions et le bilan de leurs réalisations en 2006 sur le site de l'Avenir ensemble.

Programme des provinciales de 2009 Calédonie ensemble a axé sa campagne pour les élections provinciales du autour du slogan « Le rêve calédonien ». Il comprend les thèmes suivants« Calédonie ensemble décline son projet », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/03/2009F. THERIAUX, « Provinciales 2009: Programme de Calédonie Ensemble », Calédosphère, 26/04/2009 : Transferts de compétences : révision des compensations financières promises par l'État au Comité des signataires du (jugées insuffisantes) pour le transfert de l'enseignement. Avenir institutionnel : « Garantir la paix civile en privilégiant le dialogue avec les indépendantistes et le consensus politique », en rejetant le référendum « pour ou contre l'indépendance » selon lui facteur de « tensions et de ralentissement économique pour le pays », et prônant « une nouvelle solution consensuelle, qui s'articulera autour d'une très large autonomie de la Calédonie au sein de la France », Économique et social : « Rétablir l'égalité des chances » (réussite scolaire, accès au logement, solidarité envers les personnes âgées ou dépendantes, meilleur contrôle des richesses) avec : lutte contre la vie chère par une « loi antitrust » limitant à 25 % les parts de marché pour chaque groupe de la grande distribution, afin de « mettre fin au duopole actuel et de créer plus de concurrence », mais aussi l'encadrement des marges bénéficiaires et de la tarification des prestations bancaires, sociaux construits par an, prêt à taux zéro pour l'accès à la propriété des classes moyennes, jusqu'à 51 % de parts pour la Nouvelle-Calédonie dans le capital de la Société Le Nickel (SLN), taxes sur les richesses, dont une redevance appliquée au « grand tuyau » de Vale Inco, revalorisation des bas salaires de 15 % compensée par une diminution des cotisations sociales, minimum vieillesse de F CFP et augmentation de F CFP des petites retraites, gratuité des transports en commun pour les personnes âgées, création d'un « fonds d'intervention souverain ». Transports : mise en place de transports en commun en site propre de type tramway ou monorail dans le Grand Nouméa (reprise d'une promesse phare de la liste « Changer, c'est capital » de Sonia Lagarde aux élections municipales de 2008 à Nouméa), ainsi qu'« un aménagement des points d’entrée de Nouméa ». Culture : création d'un « village d'artistes » et construction d'une salle de spectacle de type Zénith. Sécurité : lutte contre la délinquance en restructurant la cellule familiale, Philippe Gomès souhaitant ne pas « stigmatiser les familles mais les accompagner au plus près », et par la construction de trois foyers d'accueil pour délinquants.

Prises de position dans l'opposition (2010-2014) À partir de 2010, Calédonie ensemble s'est démarqué de nombreuses propositions ou prises de position du Rassemblement-UMP et de Pierre Frogier, et incarne de 2011 à 2014 la principale force d'opposition au Congrès à une majorité de gestion formée entre le Rassemblement-UMP et l'Avenir ensemble du côté loyaliste, et le groupe FLNKS (tendance UC) ainsi que le Parti travailliste d'autre part. Dans cette opposition, Calédonie ensemble s'est rapproché de l'Union pour un destin calédonien (UDC, formé en par deux dissidentes, Nathalie Brizard issue du RPC et Corine David issue de l'Avenir ensemble), avec laquelle il constitue un groupe politique commun du au (à cette date, Nathalie Brizard et l'UDC s'éloignent de Calédonie ensemble, tandis que Corine David y adhère définitivement), mais aussi avec le Rassemblement pour la Calédonie (RPC) de Jean-Luc Régent et Isabelle Lafleur et le Mouvement de la diversité (LMD) de Simon Loueckhote.

Calédonie ensemble s'est ainsi prononcé depuis 2010 :