La Revue Spirite ou Revue Spirite, est une revue trimestrielle internationale. Elle est fondée par Allan Kardec en 1858 et devient en 2001 l'organe officiel du Conseil Spirite International.

Depuis , elle est gratuite, exclusivement numérique et traduite en sept langues (français, anglais, portugais, espagnol, italien, allemand et en esperanto).

The Spiritist Magazine, l'édition papier anglaise, a été maintenue.

Histoire À la différences des ouvrages d'Allan Kardec qui n'ont plus connus de transformation depuis son décès, la Revue Spirite est son unique héritage resté vivant. Depuis sa création, sa parution cesse à plusieurs reprises, de même que, au gré des multiples directeurs de publication qui se sont succédé, la ligne éditoriale évolue.

Première période de publication De à La Revue Spirite est fondée par Allan Kardec en au 8 rue des Martyrs à Paris 9e, puis en 1860 au 59 passage Sainte-Anne à Paris 2e. Il la dirigera jusqu’à sa mort, en , où elle déménagera de nouveau au 42 rue Saint-Jacques à Paris 5e.

Sa parution se fait sur les fonds propres d'Allan Kardec, à la différence d'une revue concurrente, la Revue spiritualiste, fondée quasi au même moment avec l'appui financier de la noblesse, considérée comme « une revue d'élite », qui dénigre sa rivale au motif qu'elle s'adresse à un public populaire; en pure perte. Allan Kardec « accapare l'attention », les titres concurrents s'arrêtent, tels les Revue des sciences occultes et naturelles (1857-1861), Revue spiritualiste (1858-1869). Le Journal du magnétisme (1845) connaît, lui, une première éclipse d'une dizaine d'années en 1861.

C'est de son vivant que, le , le titre est mis à l'Index. À ce titre Kardec rappelle que sauf une « autorisation du gouvernement », ce règlement de droit canonique n'a aucune valeur en droit français.

En 1873, sous l'administration de Pierre-Gaëtan Leymarie, le titre change de nom pour La Revue Spirite au moment où elle devient une Société Anonyme. Son siège social est au 7 rue de Lille à Paris 2e . Les tirages se poursuivent sans interruption, jusqu'en , en raison de la guerre, et ne reparait de nouveau qu'à partir du mois de . De à vignette|Affiche de présentation de la "Maison des Spirites", 8 rue Copernic, Paris XVIe. Elle reparait avec l’appui de Léon Denis, sous la direction de Jean Meyer (jusqu’en 1931). En 1923, la société est domiciliée à la Maison des Spirites (accueillant également les Editions Jean Meyer, l’Union Spirite Française et la Fédération spirite internationale) au 8 rue Copernic à Paris 16e.

En 1926, qu'avait fondé Gabriel Delanne en 1896 fusionne avec La Revue Spirite. La même année, Hubert Forestier en devient le rédacteur-en-chef, jusqu’à sa mort dans les années 1970.

En 1939, une controverse éclate entre les tenants de la Revue Spirite, de la « Société des Amis de la Maison des Spirites » et le nouveau Bureau de l'Union Spirite Française, qui les quitte pour la rue Léon-Delhomme. L'entrée en guerre de la France bouscule l'organisation du titre qui, dès septembre 1939, prie ses lecteurs de faire parvenir lettres, journaux, revues, livres, à Soual, « provisoirement ». Elle publiera un dernier numéro le mois de mai 1940.

Aux premiers jours de l'Occupation, les nazis dévaliseront les locaux.

De à Hubert Forestier fait reparaître le titre pour le mois de .

Le le titre "La Revue Spirite" est déposé à l'INPI au nom d'Hubert Forestier. À son décès, André Dumas, alors secrétaire général de l’Union Spirite Française (USF), est nommé rédacteur-en-chef à son tour.

En 1975, il signe une convention avec les ayants droit d'Hubert Forestier par laquelle il fait l'acquisition de la société, pour un franc symbolique aux conditions de l’engagement pour la continuité de .

Pourtant, à la fin de l'année 1976, André Dumas cesse toute édition du titre au profit d'une nouvelle publication, Renaître 2000. Cette interruption intervient après le changement de nom de l'USF pour l'Union Scientifique pour l’Investigation Psychique et l’Étude de la Survivance. Le , la propose à André Dumas de prendre en charge la parution du titre, ce qu'il refusera. Ainsi, en 1978, un nouveau dépôt du nom à l'INPI empêche définitivement tout emploi du titre par d'autres personnes que les ayants droit.

Seconde période de publication D' à En , Roger Pérez (président de l’Union Spirite Française et Francophone) assigne en justice André Dumas pour déchéance du titre déposé "La Revue Spirite". Le , le tribunal de Meaux ordonne sa déchéance des droits pour non exploitation. Concomitamment au dépôt du nom "La Revue Spirite" à l'INPI, le , l'ex-publication de l'USFF, , est absorbée, faisant reparaître La Revue Spirite pour le de cette année-là pour sa année de parution.

En , à l'occasion du congrès spirite mondial à Lisbonne, Roger Pérez (président de l'USFF) formule une requête publique pour céder l'intégralité des droits qu'il détient personnellement sur la Revue Spirite le Conseil spirite international en assure l'édition permanente au motif que « la « Revue Spirite » [est] le patrimoine de tous les spirites du monde ». Elle n'en assumera l'édition qu'à compter du 2001.

D' au dernier numéro de l'année 2019 vignette|Illustration de l'édition anglaise Le comité de rédaction intégrant des personnes du monde entier, l'édition en langue française est « complétée » par des éditions en différentes langues :

en espagnol, depuis 2003 — devenue

, devenue en anglais, depuis 2007 Elle connaîtra aussi des éditions ponctuelles en portugais, en espéranto () et en russe (). Chacune d'elles connaît des rythmes et des durées de publication distinctes, bien que concordant à l'occasion d'évènements, comme le Congrès spirite mondial à Paris.

C'est en , à l'occasion du Congrès Spirite Mondial qui se déroule à Carthagène (Colombie), que l'entièreté des droits de propriété sur la marque de la revue seront acquis par le C.S.I., pleins et entiers en 2010.

À partir de cette année-là, le Conseil Spirite International explique vouloir encore renforcer la dimension internationale de la revue. Ils en précisent l'organigramme : le Comité exécutif du CSI préside le Comité central rédactionnel qui coordonne l'action des Comités de rédaction en langue française, anglaise et espagnole. Chacun d'eux est piloté par un « coordinateur » désigné parmi une entité membre du CSI et directement nommé par le comité exécutif. Aussi, quelle que soit l'édition (française, espagnole, portugaise, anglaise, russe, espérantiste), c'est le secrétaire général du CSI qui en est le directeur général de la publication. . Tous les frais sont à la charge du CSI.

Concernant l'édition française, c'est en que le président du Mouvement Spirite Francophone (MSF), Jean-Paul Evrard, succède à Charles Kempf dans le rôle de coordinateur de l'édition française, mais sous le titre de « Représentant Légal et Directeur de la Publication » de l'édition en langue française.

Prémisses d'un conflit À partir de 2019, un membre du comité de rédaction français rapporte que Roger Pérez (1928-2019) et auraient cédés et non délégués les droits du titre au MSF. Dans le même temps, un des distributeurs de la revue rappelle les propos que Roger Pérez avait tenus à Lisbonne en 1998 qui voulait .

Entre octobre et , Jean-Paul Evrard (président du MSF) et Charles Kempf (président de la jeune Fédération Spirite Française) quittent le Conseil Spirite International.

Troisième période de publication Pour des raisons indépendantes du contexte sanitaire qui marque ce début d'année 2020, la Revue spirite cesse de paraître pour la troisième fois de son histoire.

Conflit de paternité En , le Mouvement Spirite Francophone publie un magazine homonyme. Jean-Paul Evrard en devient alors le directeur de publication et Charles Kempf un des membres de son comité rédactionnel. Mais, en continuant d'exploiter l'ISSN de (Conseil spirite international), cette fois sans mandat du CSI, ils poursuivent la numérotation historique du titre relancé par Roger Pérez puis confié à Nestor Masotti. Au moment où le CSI réédite la Revue Spirite, ils justifient la raison d'être de leur revue, affirmant que « [depuis] 2011, le Mouvement Spirite Francophone publie la Revue Spirite, à la demande de nos frères Roger Pérez et Nestor Masotti, en suivant la ligne universelle tracée par Allan Kardec ».

En , l'Union spirite belge, que dirige aussi Jean-Paul Evrard, supprime et fusionne le comité de rédaction de l'union belge au profit du Mouvement Spirite Francophone.

Depuis , la reprise Après un arrêt de 9 mois, en , le Conseil Spirite International poursuit l'édition de (fondée par Allan Kardec). Cette interruption aboutit à un changement de format et à un renforcement de son internationalisation. Ainsi, tout ou partie des numéros sont traduits en plusieurs langues (français, anglais, portugais, espagnol, italien et allemand) par les fédérations membres, disponibles numériquement et gratuitement sur le site internet du CSI ; l'espéranto réapparait pour l'édition de . La langue mère n'est alors plus le français, remplacé par le portugais.

Néanmoins, le comité rédactionnel anglais est maintenu et poursuit son édition papier de , toujours sous l'autorité du CSI.

La ligne éditoriale Reflétant avant tout le point de vue d'Allan Kardec, la Revue spirite devient le témoin d'une diversité de points de vues au sein de la communauté spirite globale, avant de devenir l'organe officiel des institutions la possédant. Dans divers articles, Nicole Edelman (historienne), fait état de son évolution, des origines jusqu'au début de la Première Guerre Mondiale.

Les thématiques Dès sa création, la Revue spirite a vocation de maintenir le dialogue entre la doctrine spirite et le milieu scientifique où elle puise — avec justesse, selon l'historienne Nicole Edelman — ses nombreuses références (astronomie, physique, chimie, géologie, minéralogie, botanique, archéologie, paléontologie, anthropologie, zoologie).

La Revue spirite est tout à la fois un support didactique et pédagogique. Allan Kardec justifie son objet en ces termes :

Pour atteindre ce but qui lui a été donné, la revue se réfère à « la » science et aux découvertes scientifiques de son temps, comme en archéologie, en astronomie, en biologie, en médecine et en psychiatrie. La rubrique des messages d'outre-tombes constituant une rubrique permanente et importante de la revue.

Aussi, jusqu'au décès de son fondateur en et en 1870, la Revue spirite s'attache à exposer les découvertes scientifiques récentes (pour l'époque), constitutives, pour Kardec, du caractère double de cette révélation, à la fois divine et scientifique. Sur ce dernier point, Kardec rappelle dans sa longue introduction que le spiritisme applique la méthode expérimentale— pour les choses métaphysiques, complète Nicole Edelman.

Parmi les sujets que la Revue spirite traite, ceux médicaux ont la part belle, devenant ainsi le support d'exposition des conceptions médicales et des découvertes aussi bien psychologiques que neurologiques et psychiatriques, en y adjoignant des conceptions proprement spirites comme le périsprit et la médiumnité. Nicole Edelman montre que la Revue spirite adopte dans ses premières années un langage peu agressif face à la médecine et à la psychiatrie. Cependant, cette attitude change dans les années 1880, de manière concomitante à la mise au jour du subconscient par Pierre Janet ou l'inconscient par Sigmund Freud. Les spirites publiant la revue cherchant à invalider ces concepts de la psychiatrie, la psychologie et la psychanalyse qui remettent en cause leurs interprétations sur la médiumnité.

À ses débuts, si Kardec présente la vérité comme un but que la nouvelle science spirite permet d'atteindre, après sa mort, les rédacteurs de la revue opèrent un virage rhétorique laissant croire qu'ils la détiennent.