Henri Maillot dit l'aspirant Maillot (né à Alger le , mort à Lamartine, aujourd'hui El Karimia, le ) est un militant communiste et anticolonialiste algérien d'origine française.

Biographie Engagement politique

Né à Alger en 1928 dans une famille Pieds-noirs, ami depuis l'enfance de Fernand Iveton, son voisin du Clos-Salembier, Henri Maillot est militant du Parti communiste algérien (PCA). Secrétaire général de l'Union de la Jeunesse Démocratique algérienne, il représente l'Algérie dans des congrès de la jeunesse à Prague et à Varsovie. Il est aussi employé par le quotidien Alger républicain, proche des communistes. La répression qui frappe les musulmans après le massacre du Constantinois en , marque profondément Henri Maillot, qui confirme alors ses choix politiques et se joint aux Algériens engagés dans la lutte pour l'indépendance. Maillot se considérait avant tout comme Algérien. Dans sa lettre adressée à la presse, il écrivait :

En , Henri Maillot fut appelé sous les drapeaux à Miliana en tant qu’aspirant, au (BTA) qui devint ensuite le (BT).Il fut confiné dans des tâches administratives du fait de ses opinions politiques, bien qu’il s’occupait de la gestion de l’armement et des munitions.

Désertion Le , il déserte et détourne un camion d'armes et de munitions pour rejoindre un groupe de maquisards communistes qui s'était constitué dans la région d'Orléansville sous la responsabilité d'un membre du bureau clandestin du PCA, Abdelkader Babou. Quelques jours plus tard, il adresse aux rédactions des journaux français une lettre où il écrit notamment : .

Rivalité avec le FLN Le FLN se méfie des groupes armés qu'il ne contrôle pas. Belkacem Bouchafa, responsable des réseaux FLN d'Alger, raconte en 1986 :

Maquis rouge Le , Henri Maillot est condamné à mort par contumace pour trahison par le tribunal militaire d'Alger. Le , le groupe de huit maquisards du « maquis rouge » que commandait Henri Maillot est surpris par les troupes françaises près de LamartineAujourd'hui El Karimia. dans la région d'OrléansvilleAujourd'hui Chlef.. Trois membres du groupe sont tués au combat : Belkacem, Hammi et un Européen, Maurice Laban, membre du Parti communiste algérien, ancien combattant de la guerre d'Espagne et ancien résistant.. Henri Maillot, quant à lui, est pris vivant puis confié aux gendarmes mobiles. Après deux heures de torture, on lui dit de filer. Il part à reculons en criant « Vive le Parti communiste algérien ! »France Observateur, 14 juin 1956. et s'écroule sous une rafaleSelon le témoignage recueilli plus de quarante ans après par Serge Kastell pour son livre Le Maquis rouge. L'Aspirant Maillot et la guerre d'Algérie, 1956, les militaires auraient sommé Maillot de crier « Vive la France ! » et il se serait exclamé « Vive l’Algérie indépendante ! » en tombant sous les balles..

Le Monde et Le Figaro publient alors une série d’articles sur « la trahisonLe Figaro, 7-8 avril 1956 » puis la mort de « l’officier félonLe Monde, 7 juin 1956. » Au sein du Parti communiste français, la trahison d’Henri Maillot est controversée : approuvée et considérée comme « héroïque » pour les partisans d’une lutte plus radicale contre la guerre, elle est dénoncée comme un acte individuel de « désertion » pour ceux qui défendent le travail militant au sein de l’armée. C’est en partie pour se démarquer de ce « frère algérien » aux modalités d’action radicales que l’on assiste à un durcissement des positions légalistes au sein de la direction du PCFVanessa Codaccioni, La construction d'une façade légaliste en contexte répressif L'action anticoloniale communiste pendant le conflit algérien, Sociétés contemporaines, 2012/4 (n° 88), pages 45 à 72.

Postérité vignette|redresse=1.6|La tombe d'Henri Maillot à Alger.Gravure : Ici repose, avec ses parents Henriette et André, Henri Maillot, mort au champ d'honneur le 5 juin 1956 pour une Algérie indépendante et fraternelle.

En 2002, l’État algérien a inauguré à Alger une stèle à la mémoire des Français qui avaient soutenu le combat du peuple algérien pour sa libération. En 2016, une place, à Alger, dans la commune d’El Mouradia, a été baptisée en son nomUne place au nom d'Henri Maillot à El Mouradia, site elwatan.com, 19 février 2016..

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . . .

Liens externes

https://maitron.fr/babou-abdelkader-nom-de-guerre-si-youcef-2/ https://www.algerie-francaise.org/trahison/trahison.shtml

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