Augustin Trébuchon, né le au Malzieu-Forain (Lozère) et mort au combat le à Vrigne-Meuse (Ardennes), est considéré comme le dernier soldat français mort lors de la Première Guerre mondiale sur le sol français. Il était âgé de 40 ans.
Un Lozérien mobilisé Augustin Joseph Louis Victorin Trébuchon est le fils de Jean Baptiste Trébuchon et de Rosalie Vissac, cote R8165, folio 605.. Il est né au hameau du Montchabrier« Augustin Trébuchon », sur le site Amilo (consulté le ). Acte de naissance d'Augustin Trébuchon., sur la commune du Malzieu-Forain. Selon sa fiche matricule, il mesurait et possédait des cheveux blonds, associés à des yeux gris.
Faisant partie de la classe 1898 (l'année de ses vingt ans), il est tiré au sort pour faire son service militaire parmi les jeunes du canton de Malzieu. Malgré sa position d'aîné d'une fratrie d'orphelins, il est incorporé le comme soldat de au d'infanterie, caserné à Mende, jusqu'au . De 1900 à 1914, il exerce l'activité de berger à Saint-Privat-du-Fau en Lozère, restant d'abord en disponibilité de l'armée active, passant réserviste en , puis dans la territoriale en . Il accomplit ses périodes d'exercices, d'abord en mars- et en au , puis du 2 au au territorial d'infanterie.
Dans le cadre de la mobilisation française de 1914, il est rappelé dès le à la caserne de Mende, toujours au d'infanterie territoriale, puis il est versé en renfort, malgré son âge, dans le d'infanterie le (ce régiment du vient de perdre une partie de son effectif lors des batailles des Frontières, du Grand-Couronné et de Revigny). Il passe ensuite au le , puis le le , le d'infanterie territoriale le et enfin le le . Il devient soldat de le .
Tué le 11 novembre 1918 Augustin Trébuchon est, en , soldat de avec fonction d'estafette au sein de la du de la d'infanterie. Le , cette division française atteint la Meuse, entre les localités de Charleville-Mézières et Sedan (sans s'aventurer dans ces villes). Le soir venu, les ordres de son corps d'armée sont de maintenir le contact avec les troupes allemandes et de franchir la vallée. Les régiments d'infanterie de la division doivent improviser le franchissement du fleuve en crue, pendant la nuit du 9 au 10, le à Nouvion-sur-Meuse et le à Vrigne-Meuse, profitant du brouillard. Seul le réussit, bénéficiant des restes du barrage de Dom-le-Mesnil, mais se retrouve bloqué et isolé sur l'autre rive. Les unités allemandes (comprenant des bataillons de la Garde) contre-attaquent cette fragile tête de pont dans l'après-midi du 10. Les fantassins français passent la nuit du 10 au 11 en restant enterrés, encadrés en cas de besoin par les tirs de barrage de l'artillerie divisionnaire. L'annonce de l'armistice arrive au régiment le vers ; les adversaires restent ensuite prudents durant le reste de la matinée, comptant les dernières minutes, même si les tirs d'artillerie et de mitrailleuses se poursuivent jusqu'au cessez-le-feu de ..
Augustin Trébuchon est tué à du matin., soit avant l'heure du cessez-le-feu décidé par l'armistice du à . Selon d'autres sources, il aurait été tué aux environs de et ...
Augustin Trébuchon avait 40 ans. Il reçoit une balle dans la tête alors qu'il portait un message à son capitaine (consulté le ).. Le soldat Gazareth découvre le corps (consulté le ).. Le compte et dans ses rangs au cours des journées des 9, 10 et .
Mention antidatée vignette|Mémorial de la d'infanterie, à Vrigne-Meuse. Sur les dix Trébuchon morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 et répertoriés sur le site SGA/Mémoire des hommes., seule la fiche d'Augustin Trébuchon porte la mention rectificative du lieu de son décès, l'armée ayant corrigé la première version situant la mort à Dom-le-Mesnil (sur la rive gauche de la Meuse) pour la remplacer par Vrigne-Meuse (sur la rive droite). La mention « Mort pour la France » est antidatée au comme pour les autres Français morts le .
Le général Alain Fauveau rappelle entre autres les conditions de décès et d'enregistrement du décès d'Augustin Trébuchon dans son livre Le Vagabond de la Grande Guerre, d'après les carnets de guerre de son grand-père, le chef de bataillon Charles de Menditte en poste de commandement au village de Dom-le-Mesnil à cette époque.. Dans un article consacré à ce livre et cet épisode, Jean-Dominique Merchet estime que, pour les autorités militaires, .
Le dernier mort au combat ? Un doute subsiste sur le fait de savoir si Augustin Trébuchon est bien le dernier soldat français mort au combat pendant la campagne contre l'AllemagneToujours sur le front occidental, un soldat américain a été tué à 10 h 59 min à Chaumont-devant-Damvillers dans la Meuse ; il s'agit de Henri Nicolas Gunther. Il appartenait au de la d’infanterie de l'armée américaine. (les combats se poursuivent dans les Balkans et au Levant) ; ainsi, selon l'historien belge Jean-Émile Andreux, un autre soldat serait mort, cinq minutes avant , par un tir d'obus allemand.. Selon Jean-Dominique Merchet, il pourrait s'agir de Jules Achille (né en 1893, en Mayenne) servant dans le même régiment.
René Richard, spécialiste de la guerre de 1914-1918 et président de l’association « Bretagne 14-18 », a mis au jour en 2017 le décès d'un autre combattant, mort à , soit trois minutes après Trébuchon, qui ne serait donc pas le dernier poilu mort au combat. Il s’agit d’Auguste Joseph Renault., né le , à Saint-Trimoël (Côtes-du-Nord)..
Le parait le premier roman consacré à Augustin Trébuchon, Augustin, du journaliste et écrivain français Alexandre Duyck. Il raconte de manière documentée et romancée les derniers jours de la dernière bataille de la Première Guerre mondiale en France, dans les Ardennes, vus par Augustin Trébuchon..
Un jardin de la mémoire Augustin Trébuchon a été inauguré à Rethondes en 2012.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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Articles connexes
Jules André Peugeot, le premier soldat français mort de cette même guerre. Octave Delaluque, le seul soldat français qui sonne le clairon de l'Armistice sur le front en plein combat, le à 11 heures. , le dernier soldat de la British Army tué pendant cette guerre, le à . Henry Gunther, le dernier soldat tué pendant cette guerre, le à . George Lawrence Price, le dernier soldat du Commonwealth tué pendant cette guerre, le à . Marcel Toussaint Terfve, le dernier soldat belge tué pendant cette guerre, le à . Documentaire : Le Soldat méconnu.
Catégorie:Poilu Catégorie:Naissance en Lozère Catégorie:Naissance en mai 1878 Catégorie:Décès en novembre 1918 Catégorie:Décès à 40 ans Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Personnalité liée à la Lozère Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Mort de façon insolite