thumb|Drapeau du Parti de gauche.

Le Parti de gauche (abrégé en PG) est un parti politique français classé à gauche, fondé le . Lancé par les parlementaires Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez le , après leur départ du Parti socialiste (PS) à la suite du congrès de Reims, le PG fédère des personnalités et des regroupements issus de traditions politiques diverses, et revendique une orientation socialiste, écologiste et républicaine.

Politiquement situé entre le Parti socialiste et le Parti communiste français, le Parti de gauche entend fédérer l'ensemble des sensibilités de la gauche antilibérale au sein d'une même alliance. En 2008, le PG s'allie au Parti communiste, à la Gauche unitaire et à six autres organisations de gauche et d'extrême gauche au sein de la coalition du Front de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon est le candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Le PG est coprésidé à partir du congrès du Mans en , par Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard. En , le Parti de gauche compte . Fin , Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard démissionnent de sa présidence, la direction du parti est alors assurée collectivement par le secrétariat national et sa coordination par Éric Coquerel et Danielle Simonnet.

En 2021, le congrès du Parti de Gauche élit Jean-Christophe Sellin et Hélène Le Cacheux, comme co-coordinateurs. En 2024, Isabelle-Hélène Lerner est élue pour succéder à Le Cacheux.

En 2016, en vue des élections présidentielle et législatives de l'année suivante, Jean-Luc Mélenchon forme un mouvement politique, La France insoumise (LFI), que le PG contribue à animer. Aux élections législatives de 2017, plusieurs membres du PG sont élus sous l'étiquette du mouvement LFI, puis de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) en 2022, et enfin du Nouveau Front populaire (NFP) en 2024.

Bien que ces partis soient affiliés les uns aux autres, il ne s'agit pas du même groupe politique, et ils ne portent pas les mêmes idées.

Orientation politique thumb|left|upright|Jean Jaurès, référence de la pensée socialiste selon le Parti de gauche.

Idéologie Le PG est un parti socialiste démocratique., se référant à l'analyse marxiste avec l'objectif de l'adapter aux réalités contemporaines. Il se présente comme l'héritier de l'expérience des luttes féministes, antiracistes, écologistes et altermondialistes et promeut le « dépassement » du capitalisme par une méthode respectueuse des institutions démocratiques (la « révolution citoyenne »). Il met en avant les impératifs sociaux et écologiques, qu'il relie dans le concept de « planification écologique ». Le Parti de gauche se définit ainsi comme un parti politique d'éducation populaire, « ouvert et démocratique », « alliant réflexion et action », « unitaire et fédérateur », internationaliste et « de perspective européenne »Extraits du document présentant le Parti de gauche à destination des adhérents potentiels, 3, repris par le « Guide de l'adhésion au Parti de gauche », 7.. Il est classé à gauche, ou à l’extrême gauche de l’échiquier politique..

Lors de son congrès de Bordeaux en , le Parti de gauche adopte un manifeste pour l'écosocialisme composé de 18 thèses, rattachant ainsi le Parti de gauche au courant écosocialiste. Ce manifeste revendique un « socialisme débarrassé de la logique productiviste », ainsi qu'une « écologie farouchement anticapitaliste ».. Le Parti de gauche rejoint ainsi d'autres mouvements se réclamant de l'écosocialisme, comme la Quatrième Internationale - Secrétariat unifié, en France le NPA ou Les Alternatifs, Izquierda Unida en Espagne ou SYRIZA en Grèce. Ce manifeste pour l'écosocialisme a également été adopté en par le Parti de la gauche européenne, auquel appartient le PG.

Programme Dans les mois suivant sa fondation, le PG met la crise économique et la catastrophe écologique actuelle sur le compte du système capitaliste. Il prône donc un « renversement politique » et affirme qu'une « autre voie » est possible. Le PG ambitionne de devenir majoritaire, en s'appuyant sur une mobilisation massive, populaire et citoyenne, pour ensuite prendre des responsabilités gouvernementales afin d'appliquer un programme républicain de rupture avec la domination du capitalisme. Il veut agir « en faveur de l'implication citoyenne à tous les niveaux de la vie sociale, dans la protestation comme dans l'action gouvernementale »:statuts-transitoires-du-pg-adoptes-par-le-congres-constituant&catid=66:congres-constitutif-du-pg&Itemid=141 « Statuts transitoires du PG adoptés par le congrès constituant », sur le site du Parti de gauche.. Soucieux de « reformuler l'idéal socialiste pour tourner la page du capitalisme », il propose à ce titre un juste partage des richesses, une réhabilitation de la souveraineté populaire qu'il qualifie d'exigence républicaine, le « dépassement » du système capitaliste et celui du modèle productiviste en inventant un « alterdéveloppement ». Il souhaite atteindre ces objectifs en s'attelant à trois tâches : faire face à la droite, rassembler « l'autre gauche » pour gagner les élections et devenir à terme « un parti pour réinventer la gauche ». Lors de ce congrès constituant, le PG propose donc d'organiser ce qu'il qualifie de « travail programmatique » autour de cinq axes : Faire face à « l'urgence sociale » en redéfinissant ce qui doit revenir sous contrôle public et en inversant l'ordre du partage des richesses entre le capital et le travail sous toutes ses formes. Faire face à « l'urgence environnementale » en installant la planification écologique pour engager une transition vers un modèle d'alter-développement. Faire face à « l'urgence démocratique » pour réaliser la refondation républicaine et laïque des institutions et de la société française afin d'inventer la société de ce que Jean Jaurès appelait « la démocratie jusqu'au bout ». Faire face à « l'urgence européenne » en tournant la page du « modèle de construction libérale de l'Europe dont le Traité de Lisbonne est la règle du jeu antidémocratique et antisociale ». Faire face à « l'urgence économique, sociale et écologique planétaires », en démocratisant les institutions des Nations unies, en reconnaissant « la supériorité des normes sociales et environnementales » et en réorientant les politiques de coopération, notamment.

En 2009, le Parti de gauche propose également vingt-neuf « mesures d'urgence » pour faire face à la crise économique. Ces mesures ont pour objet de combattre les licenciements et les délocalisations, de faire reculer la précarité du travail et la précarité sociale, d'augmenter le pouvoir d'achat et de modifier le partage des richesses, de développer l'emploi et d'amorcer un alterdéveloppement, d'instaurer une maîtrise publique du système financier afin de contrer la spéculation et de maîtriser le développement« Face à la crise, il faut résolument changer de cap ! Les 29 mesures du Parti de Gauche », sur le site du Parti de gauche..

En vue des élections présidentielles et législatives de 2012, le Parti de gauche, avec les cinq autres formations qui composent alors le Front de gauche, se dote d'un programme partagé intitulé L'Humain d'abordL'Humain d'abord - Le programme du Front de gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon. Ed. Librio, 95 p. .. Parmi les principales mesures de ce programme, sur le plan économique on peut citer l'augmentation de SMIC à bruts, la retraite à à taux plein ou encore l'instauration d'un salaire maximum, l'interdiction des licenciements boursiers et la création d'un pôle public financier. Sur le plan politique, ce livre-programme propose le passage à une Sixième république..

L'écosocialisme En 2013, le PG élabore et publie 18 thèses pour l'Ecosocialisme sous la direction de Corinne Morel Darleux.

En 2021, ces thèses sont complétées pour devenir 26 Thèses pour l'Ecosocialisme, et se dote d'un Comité permanent pour l'Ecosocialime dont l'objectif est la mise à jour permanente de ces Thèses, et la création d'un réseau écosocialiste international.

Positionnement politique Le Parti de gauche est un parti politique classé à gauche, se définissant au côté des autres organisations membres du Front de gauche en 2009 comme un parti de la « gauche de transformation sociale »., parfois qualifié également de parti de gauche radicaleLa gauche radicale ne veut pas baisser sa garde, Sophie de Ravinel, Le Figaro, 10 janvier 2013.

Le politologue Eddy Fougier considère que le Parti de gauche fait partie de la gauche radicale.. Dans un article consacré à « la famille de la gauche anticapitaliste en Europe occidentale », les politologues Jean-Michel De Waele et Mathieu Vieira pensent au contraire que le PG et le PCF font partie de ce qu'ils jugent être la composante la plus modérée de « l'anticapitalisme partisan », à savoir « l'aile gauche de la social-démocratie »Jean-Michel De Waele, Mathieu Vieira, « La famille de la gauche anticapitaliste en Europe occidentale, Une approche comparative (1989-2009) » in Jean-Michel De Waele, Daniel-Louis Seiler, Les Partis de la gauche anticapitaliste en Europe, Economica, 2012.. Le politologue Philippe Raynaud inclut dans l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon., et Gérard Grunberg y inclus le Parti de gauche..

Les journalistes positionnent parfois le Parti de gauche à la gauche radicale, parfois à l'extrême gauche..

Des personnalités politiques de droite, notamment de l'UMPAlexandre Lemarié, « L'UMP justifie sa stratégie du "ni-ni" en liant Front de gauche et Front national », in lemonde.fr, 12 juin 2012., assimilent également le Front de gauche, dont le PG fait partie, à l'extrême gauche, dénonçant ainsi les accords électoraux qu'opère le Parti socialiste avec ceux-ciLe Front de Gauche est-il d'extrême gauche?, Laurent de Boissieu..

Selon deux responsables du Parti de gauche, cette assimilation du Front de gauche à l'extrême gauche de la part de l'UMP aurait même pour but de ..

Le cofondateur du Parti de gauche, Marc Dolez, a quitté le parti estimant que Jean-Luc Mélenchon a « cornérisé » le parti à l'extrême gauche..

L'European Social Survey classe quant à lui le parti à gauche.

Organisation interne Animé par la volonté de porter des orientations politiques et un fonctionnement « novateurs et originaux », en particulier en matière de démocratie et de culture populaire, le PG se veut ouvert à la diversité des expériences de ses militants. Ses statuts déclarent à ce titre que le PG « ne veut pas de chapelles, de culte du chef ou de domination des spécialistes de la politique » et qu'il a vocation à devenir « un parti organisé pour être efficace qui n'épuise pas son énergie dans des luttes internes ». Se définissant comme « accueillant », « ouvert et démocratique », le PG, en tant que parti d'éducation populaire, demande à chacun de ses membres d'être « en veille et en formation politiques permanentes et d'aider les autres à acquérir cette formation ». Il entend consacrer l'énergie que lui insufflent ses militants à son engagement « dans la vie associative, syndicale, intellectuelle et culturelle de la société ».

Adhérents et structures locales thumb|Premier logotype du PG.

L'adhésion au Parti de gauche est ouverte à toute personne qui n'est pas déjà membre d'un parti politique. Chaque adhérent est tenu de se tenir à jour de cotisation, cotisation proportionnelle à son niveau de revenus. Depuis 2010, il faut être adhérent depuis au moins deux mois pour prendre part aux votes et investitures internes. La cotisation d’élu correspond à 20 % des indemnités d’élu en plus de la cotisation normale.