L'Université de Toronto (, souvent appelée U of T) est une université de recherche publique située dans la Région du Grand Toronto à Ontario, Canada, et l'une des universités les plus prestigieuses du monde. Avec plus de ., elle constitue la plus grande université du Canada, puisqu'elle est en partie le résultat d'une fusion des collèges: Université Victoria, Trinity College, St. Michaels College et University College.
Elle est répartie sur trois campus : le plus ancien campus, St. George, se trouve dans centre-ville de Toronto, autour de Queen's Park, tandis que les deux autres se trouvent dans l'agglomération torontoise, respectivement à Mississauga et à Scarborough.
D'abord établie par charte royale en 1827 sous le nom de « », elle prit le nom d'« Université de Toronto » en 1849, après avoir rompu avec l'Église anglicane pour devenir un établissement laïque. L'université est composée de sept , dont quatre furent créés et sont aujourd’hui gérés par elle (University College, le premier, créé en 1853, New College, Innis College et Woodsworth College). Les trois autres étaient auparavant indépendants et ont été fédérés plus tard (Trinity College, Victoria University et St. Michael's College). L'université compte aussi cinq indépendants à caractère confessionnel et un postgraduate.
Sur le plan académique, l'Université de Toronto est connue pour ses mouvements et ses programmes influents en critique littéraire et en théorie de la communication, connus collectivement sous le nom de Toronto School. L'université a été le berceau de la recherche sur l'insuline et les cellules souches, le premier stimulateur cardiaque artificiel et le site de la première transplantation pulmonaire et nerveuse réussie. L'université abritait également le premier microscope électronique, le développement de l'apprentissage en profondeur, du réseau neuronal, de la technologie multi-touch, l'identification du premier trou noir Cygnus X-1 et le développement de la théorie de la complétude NP.
Les anciens de l'Université de Toronto comprennent trois gouverneurs généraux du Canada, cinq premiers ministres du Canada, neuf dirigeants étrangers et dix-sept juges de la Cour suprême. En , douze lauréats du prix Nobel, six lauréats du prix Turing, 94 boursiers Rhodes et un médaillé Fields étaient affiliés à l'université.
Histoire vignette|gauche|Le bâtiment gothique de l'University College en 1859.
L'établissement fut créé le , quand le obtint son statut d’université par charte royale. Le avait été fondé par John Strachan, évêque anglican de Toronto, et était par conséquent très lié avec l’anglicanisme, alors religion officielle du Haut-Canada. Les habitants n’étant cependant pas tous de confession anglicane et le fonds de dotation (Endowments) de 91,436 hectares (225,944 acres), de terres de la Couronne, ainsi qu'une subvention de sur , ne fut partagé qu’avec le Upper Canada College https://torontofamilyhistory.org/simcoesgentry/11/kings-college. L'université, contrôlée par l'Église d'Angleterre fut considérée comme discriminatoire auprès des autres religions anglophones. Après de nombreuses années de conflits internes, politiques, le refus d'inclure les autres confessions religieuses; les méthodistes, presbytériens, baptistes et catholiques romains (irlandais).. Le conflit mena à la dissolution de la charte le par la législature. Le l'université de Toronto fut créée par plusieurs amendements de Londres; l’établissement devint laïque, sous le nom d’Université de Toronto A History of Higher Education in Canada 1663-1960 De Robin S. Harris. p-8, quand la province se dota d’un gouvernement responsable en 1848. À la suite de la fermeture du bâtiment qui abritait le King’s College depuis son origine (situé à l’emplacement de l’actuelle assemblée législative de l’Ontario), l’université fut transférée en 1853 dans les locaux du nouvel , alors connu sous le nom de Provincial College.
L'université fédéra ensuite peu à peu la plupart des institutions confessionnelles de la région de Toronto, qui se résignèrent à rejoindre l'« U of T » parce qu’elles ne pouvaient pas faire face à la concurrence d’une grande université publique. Son organisation fédérale fut inspirée de celle de l'université de Londres, ce qui eut pour résultat de conférer à ses colleges une grande autonomie, notamment financière. Les trois colleges ainsi fédérés furent l’université de Victoria (méthodiste, fédérée en 1892), Trinity College (anglican, en 1904) et St. Michael’s College (catholique, en 1910).. L’organisation de l’université est aujourd’hui régie par le University of Toronto Act de 1971.
left|thumb|Le Convocation Hall, où se trouve le plus grand amphithéâtre de l'université.
Après une période difficile liée à la Grande Dépression et aux deux guerres mondiales — au cours desquelles de nombreux étudiants de l' « U of T » furent mobilisés —, l'université connut une forte croissance dans les années 1950 et 1960, tant en raison du baby boom que du fait de la massification de l’enseignement supérieur. Cinq nouveaux colleges furent alors créés : New College, Innis College et Woodsworth College sur le campus de St. George, Erindale College à Mississauga ( à l'ouest de Toronto) ainsi que, à Scarborough, l'University of Toronto at Scarborough ( à l'est de Toronto).
Dans les années 1980 et 1990, l’enseignement supérieur canadien connut d’importants changements, le gouvernement réduisant les dotations budgétaires des universités : celles-ci durent alors davantage se tourner vers le secteur privé pour obtenir des financements ou des mécénats. L'Université de Toronto, du fait de sa position à la fois géographique (au centre de la capitale économique du Canada) et institutionnelle (la plupart de l'élite canadienne est diplômée de l'« U of T »), fut à même de trouver les fonds nécessaires à son bon fonctionnement : elle dispose aujourd’hui d’un budget de plus d’un milliard et demi de dollars canadiens, le plus important du Canada, toutes universités confondues. À l’aube du , l'« U of T » demeure encore et toujours une université en pleine expansion.
L'université aujourd’hui Profil académique L'Université de Toronto propose une offre d’enseignements extrêmement variée, qui va du sanskrit à la génomique en passant par la littérature estonienne. Toutefois, elle ne dispense pas de cours de journalisme sur le campus de St. George, en partie du fait de sa proximité avec l’Université métropolitaine de Toronto, dont l’école de journalisme est très renommée. Une filière journalisme existe en revanche sur le campus de Scarborough, en partenariat avec le Centennial College. Les nombreux journaux du campus sont de ce fait souvent considérés comme une école officieuse de journalisme.
L’université accueille plus de , dont près des trois quarts sont du premier cycle (undergraduate). Les cours en première année de sociologie, de psychologie ou d’histoire sont ainsi dispensés à plusieurs milliers d’étudiants, et il est fréquent que des cours en amphithéâtre regroupent plus d’un millier d’étudiants. Au total, l’université accueille chaque année étrangers, qui représentent 9 % des étudiants au total et 13 % des étudiants des cycles supérieurs (postgraduate) Statistiques et nombre d’étudiants - 2004-2005, site de l’université..
Dans le domaine de la recherche, l'« U of T » a accueilli en son sein huit lauréats du prix Nobel . Bien que l’université soit particulièrement connue pour sa recherche en médecine, deux de ces prix Nobel furent récompensés pour leurs travaux en chimie, deux en physique et deux furent nommés prix Nobel de la paix. L'« U of T » est en outre la deuxième université nord-américaine en nombre de publications, juste derrière Harvard Medical Doctoral winner: University of Toronto - Maclean's, novembre 2005..
Classements et réputation
Le classement académique des universités mondiales de l’université Jiao Tong de Shanghai place l'Université de Toronto au mondial et au pour le Canada. Le supplément « enseignement supérieur » du magazine britannique Times la classe globalement en mondiale ( au Canada), dans le domaine des sciences et pour la médecine. Le classement de Newsweek la range, pour sa part, à la mondiale ( canadienne, publique, et hors États-Unis).
thumb|Robarts Library, la principale bibliothèque de sciences humaines et de sciences sociales du campus de St. George.
Ces douze dernières années, le magazine Maclean's a placé l’école de médecine de l’université en tête de son classement pour le Canada (elle fut ex æquo avec McGill en 2005) Classement des universités canadiennes selon leur réputation - D’après le University Research Tool de Maclean's. Cependant, en , onze universités canadiennes, dont l'« U of T », ont annoncé qu’elles refuseraient de communiquer à Maclean’s les données nécessaires au classement, exprimant ainsi leur désaccord avec la méthode utilisée 11 universities bow out of Maclean’s university rankings - Communiqué de presse de l’université.
L'Université de Toronto est présente dans plusieurs classements internationauxClassement académique des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai : édition 2006 . Classement mondial des universités - Supplément « enseignement supérieur » du Times (THES). Voir aussi le (). Top 100 des universités mondiales en août 2006 - Newsweek. Elle constitue aussi un pôle de recherche réputé, à l'origine, entre autres, du premier stimulateur cardiaque, de la transplantation nerveuse, des pancréas et larynx artificiels, ainsi que du premier microscope électronique.
Bibliothèques vignette|La Robarts Library, de l'université de Toronto. Mai 2021. Le réseau de bibliothèques de l'Université de Toronto est le troisième plus important d’Amérique du Nord en nombre d’ouvrages, juste derrière Harvard et Yale Classement des bibliothèques américaines par nombre d'ouvrages - Association des bibliothèques américaines Statistiques des bibliothèques de l’université pour l’année 2004-2005 - Site du réseau de bibliothèques de l'université , et le premier en termes de fichiers informatiques.
La Robarts Library, qui s’étend sur quatorze étages, est la principale bibliothèque en sciences sociales et sciences humaines du campus de St. George : elle dispose de la plus grande réserve de livres au Canada, parmi lesquels des livres rares conservés par la Thomas Fisher Rare Book Library. La Gerstein Library est, quant à elle, la principale bibliothèque de médecine de l'« U of T ».
En 2006, l’université a passé un accord avec l'Internet Archive concernant la numérisation d’un grand nombre de ses collections, en vue de leur mise à disposition en ligne dans le cadre d’une vaste bibliothèque numérique Building an Online Library, One Volume at a Time - The Wall Street Journal, novembre 2005.
Les trois campus
L'Université de Toronto est répartie sur trois campus, tous situés dans l’agglomération torontoise. Les trois campus sont en constante expansion, en nombre d'élèves comme de bâtiments.
St. George
Le campus de St. George, campus historique de l'« U of T », demeure aujourd’hui encore le plus important. Il abrite l’ensemble des colleges de l’université, à l’exception d’un seul, Erindale College. St. George dispose de deux atouts majeurs :
Les bâtiments les plus anciens de l’université, réputés pour leur architecture, y sont situés, ce qui attire de nombreux visiteurs non-étudiants et en fait un lieu privilégié pour les tournages de cinéma. Il est situé en plein centre-ville de Toronto et est, de ce fait, très bien desservi par les transports en commun, avec pas moins de quatre stations de métro à proximité (Spadina, St. George, Museum et Queen’s Park).
Le campus est délimité par la rue College au sud, l'avenue Spadina à l’ouest, la rue Bloor au nord et la rue Bay à l’est. Au centre du campus se trouvent Queen’s Park et le parlement provincial ontarien, tandis qu’un peu plus à l’ouest se trouve le Musée royal de l'Ontario.
Mississauga