de Montfort, né en 1192. et mort le ., fils de et d'Alix de Montmorency, comte de Montfort, comte de Leicester, comte titulaire de Toulouse, vicomte d'Albi, vicomte de Béziers et vicomte de Carcassonne, est à la suite de son père mort en 1218 un protagoniste notable de la croisade des albigeois (1209-1229). Il est fait connétable de France en 1230, succédant à son oncle Mathieu de Montmorency.

Biographie

La croisade des albigeois thumb|left| Cession au roi et à ses héritiers de tous les droits accordés par l’Église à son père Simon de Montfort sur le Toulousain et l’Albigeois, . Archives nationales (voir transcription sur Wikisource).

Son père s’engage dans la croisade des albigeois en 1209 et reçoit à la fin de l’été les vicomtés de Carcassonne, d’Albi et de Béziers, ainsi que la charge de continuer la lutte contre l’hérésie. Au printemps 1210, Alix de Montmorency vient rejoindre son mari en amenant avec elle des renforts : on peut raisonnablement considérer que ses enfants l’accompagnaient, dont Amaury, alors âgé d’environ quinze ans. Avec son frère Guy, il figure par ailleurs dans un acte de donation de son père en faveur l’abbaye Notre-Dame de la Trappe, en 1212Foundation for Medieval Genealogy : Simon de Montfort..

Le , il est adoubé chevalier au cours d'une cérémonie solennellePour une description très détaillée, voir Histoire des croisades contre les Albigeois par J.J. Barrau et B. Darragon, Paris : A. Lacour, 1840., dans la ville de Castelnaudary, choisie par son père pour surveiller les agissements du comte et de ses alliés. Fait notable, cet adoubement est réalisé par des clercs, en l'occurrence les évêques d'Orléans et d'Auxerre.

La participation d'Amaury à la bataille de Muret (12 septembre 1213) ne paraît pas impossible, quoiqu'elle ne soit pas mentionnée par les documents. Il participe cependant de façon certaine à d'autres campagnes en Languedoc sous les ordres de son père : on le trouve au siège de Beaucaire (1216) et au siège de Toulouse (1218).

C’est au cours de ce siège de Toulouse que son père est tué. Amaury prend sa succession mais, à peine sorti de l'adolescence, il n'a que peu d'expérience. Pour venger son père, il refuse de lever le siège de Toulouse et de conclure une trêve avec , considérant qu'un tel acte serait contraire à son honneur. Ce sont ses barons et son oncle Guy qui l’obligent à mettre fin au siège.

Ceux-ci, lassés de se battre sans interruption et de devoir reprendre la lutte à son début lorsque la moindre révolte des barons occitans embrase le paysSimon de Montfort avait également ce problème de démotivation de ses troupes depuis Beaucaire, en 1216., se détournent d'Amaury. Il hérite donc, en même temps, des domaines de son père et d’une armée réduite et démoralisée. La perte rapide de toutes les conquêtes paternelles lui donnent l'image d'un chevalier peu capable.

Il reçoit cependant peu après quelques renforts, amenés par sa mère. Cette troupe est cependant trop réduite pour permettre davantage qu’un raid dans les Corbières sans grand résultat. Il met alors le siège devant Marmande, mais ne parvient pas non plus à prendre la ville avant l’arrivée du prince Louis. Après le départ de ce dernier, Amaury parcourt l’Occitanie avec sa petite armée, reprenant quelques places fortes. Mais les lui enlève et gagne du terrain. Fin 1223, les domaines d'Amaury se réduisent aux alentours de Carcassonne, de Minerve et de Penne-d'Agenais, et ses troupes à Guy de Montfort, , Lambert de Thuryou Lambert de Limoux, ancien défenseur du château de Beaucaire., une vingtaine de chevaliers et leurs soldats. Les comtes de Toulouse et de Foix font alors mine d'assiéger la ville. Sachant qu'il ne peut pas résister à un assaut, Amaury signe le une trêve jusqu'à la Pentecôte et part vers l'Île-de-France le .

En , il obtient une audience auprès de celui qui est devenu le roi . Il s'attendait à un roi dévot prêt à lui donner des renforts pour reconquérir ses États, mais fait face à un souverain capétien ayant conscience de son rôle d'homme d'État. Le roi le persuade sans mal de renoncer à tous ses droits sur l'Occitanie au profit de la couronneGeorges Bordonove, , .. En échange, la seigneurie de Montfort-l'Amaury est érigée en comté et plusieurs années plus tard, en 1230, Amaury succède à son oncle comme connétable de France.

Le comté de Leicester : un héritage difficile Son père a hérité le comté de Leicester de sa mère, Amicie de Beaumont, fille de . Après sa mort, Amaury devient comte de Leicester, parmi d'autres titres, mais, homme lige du roi de France, il ne peut être en même temps le vassal du roi d'Angleterre. Vers 1230, Amaury et Simon, son seul frère survivant, décident de scinder l'héritage de leur père : Amaury conserve Montfort-l'Amaury en France et Simon reçoit Leicester en Angleterre. Cependant, l'affaire de Leicester dure presque dix ans : ce n'est qu'en qu'Amaury renonce officiellement à ses droits en Angleterre et que Simon est reconnu par le roi comme comte de LeicesterLa description la plus détaillée se trouve dans le premier chapitre du livre Simon de Montfort par J.R. Maddicott, Cambridge University Press, 1996..

La croisade des barons En 1239, Amaury de Montfort participe à la croisade des barons avec , et beaucoup d'autres nobles du royaume. Le roi ne part pas en croisade, mais il donne à l'expédition un caractère royal en permettant Amaury d'y porter les fleurs de lys.. Le , au cours d'une bataille désastreuse menée par le comte , Amaury est capturé à Gaza et conduit en Égypte avec six cents autres prisonniers. Il passe les 18 mois suivants dans les prisons du Caire où il est traité plus sévèrement que les autres parce qu'il refuse de dire au sultan qui sont les autres prisonniers.. Il est libéré, avec tous les prisonniers français, le après que les croisés et le sultan d'Égypte ont conclu une alliance contre le sultan de Damas.. Il meurt à Otrante dans la même année ("Quinto kal. sept.", ou le , selon l'obituaire du prieuré de Haute-Bruyère), lors de son retour en OccidentFoundation for Medieval Genealogy., et est enterré, sur l'ordre du pape, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Mais son cœur, selon son dernier souhait, est envoyé au prieuré de Haute-Bruyère, près de Montfort-l'Amaury, où Aubry Cornu, évêque de Chartres, l'enferma dans une statue tombale..

Mariage et enfants Amaury de Montfort épousa en 1214 à Carcassonne Béatrix de Viennois (1205 peu après 1248.), fille de , dauphin de Viennois, et de Béatrice de Sabran. Le mariage ne fut consommé qu'en 1222., et donna naissance à : Jean (1249), comte de Montfort ; Marguerite (1289 ou 1290), mariée à comte de Soissons ; Laure, dame d'Épernon (1270), mariée à Ferdinand de Castille, comte d'Aumale, puis à , seigneur de Livry ; Adela (ou Alix) (1230 ), dame de Houdan, mariée à , seigneur de Nesle ; Pernelle (.), abbesse de Port-Royal.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - . 1188-1291 L'anarchie franque, Paris, Perrin, 1936, 2006, 902 .

Articles connexes Maison de Montfort-l'Amaury Liste des comtes de Montfort-L'Amaury Croisade des albigeois Croisade des barons Catharisme

Lien externe

Foundation for Medieval Genealogy : Comtes de Montfort

Amaury 06 Amaury 06 Amaury 06 Amaury VI de Montfort Montfort, Amaury de Montfort, Amaury de Montfort, Amaury de Amaury de Montfort Montfort, Amaury de Catégorie:Vicomte de Béziers Catégorie:Croisé du XIIIe siècle