Claude Ballif, né le à et mort le à Saint-Dizier, est un compositeur français.
Biographie Son père, officier de carrière, polytechnicien, colonel d'artillerie, sa mère issue d’une famille de maître de forge, jusqu'en 1914, Claude Ballif, né cinquième enfant d'une fratrie de dix, grandit dans un milieu cultivé, il aura pour oncle l'helléniste André-Jean Festugière. Il commence ses études musicales avec le violon, à l’âge de six ans. Les trois écossaises de Chopin et surtout le Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy sont les premières œuvres qui le marquent (il les possédait en disque). À l’âge de 13 ans, il suit son père à Madagascar. Il y reste trois ans et rentre en 1940 à Bordeaux. Il s’inscrit deux ans plus tard, à 18 ans, au conservatoire : son père qui n’était pas particulièrement favorable à son choix de devenir musicien finit par l’accepter. À 24 ans, deux ans après son premier opus, "Cendres", il entre au Conservatoire national de musique de Paris où il étudie notamment avec Olivier Messiaen et Tony Aubin. Mais il ne s’y sent pas à l’aise : son caractère indépendant (qu’il conservera toute sa vie) le pousse à quitter de lui-même et sans diplôme cette institution. À 28 ans, il rencontre Fred Goldbeck, qui l'incite à demander une bourse D.A.A.D.Deutscher Akademischer Austauschdienst : office allemand d'échanges interuniversitaires. pour achever ses études au conservatoire de Berlin : il l’obtient dans sa trentième année. Il achève pendant cette période de rédiger L’introduction à la métatonalité. Il sort à 31 ans diplômé en composition du conservatoire de Berlin, ayant suivi les cours de Boris Blacher et Josef Rufer. Il obtient la même année le premier prix de composition du concours international de Genève pour Lovecraft et son Premier quatuor à cordes. Il commence à suivre l’année suivante, et pendant trois ans, les cours d’été de Darmstadt, où il fréquente John Cage, Pierre Boulez, Luigi Nono, Luciano Berio et Karlheinz Stockhausen.
Il rencontre alors Jean Wahl et commence ses conférences au Collège philosophique pour une durée de cinq ans. En 1959 Il intègre parallèlement le Groupe de recherches musicales (GRM), dirigé par Pierre Schaeffer, où il réalise pour bandes magnétiques « Études au ressort et Points-Mouvement » et y rencontre Iannis Xenakis, François Bayle, Ivo Malec et Bernard Parmegiani. Il commence parallèlement ses premiers « Solfeggietti ». À 39 ans, il est nommé professeur d’histoire de la musique et d’analyse à l’École normale de musique. Il se marie avec Elisabeth, elle aussi fille de militaire, et quitte le GRM. Deux ans plus tard, il est nommé au conservatoire de Reims. En 1965, Hermann Scherchen créé sa pièce symphonique A Cor et à Cri au théâtre des Champs-Élysées. Il fête ses 44 ans pendant les événements de mai 68. Il rencontre cette année-là Ivan Wyschnegradsky, avec qui il va approfondir l'utilisation des micro-intervalles avec les quarts de tons et sur qui il consacre un numéro spécial de La Revue musicale. Il publie son ouvrage sur Berlioz. Il est nommé professeur d'histoire de la musique au Centre universitaire expérimental de Vincennes à Paris, où enseigne aussi son ami, le musicologue et philosophe Daniel Charles. Il quitte cet enseignement peu après.
En 1971, il est nommé à 47 ans professeur d'analyse au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il obtient trois ans plus tard le prix Honegger pour sa symphonie mystique (oratorio) La vie du monde qui vient. Il commence à 52 ans, à la suite d'invitations, une série de voyages pour enseigner la composition dans les plus prestigieuses universités du monde (Harvard, Pékin…). Pour lui, l’oreille voyage et cherche un « orient » parmi sons et bruits.
À 58 ans, il est nommé professeur associé de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, poste qu'il conservera jusqu’à sa retraite. À 60 ans, il est le « compositeur de l’été » du Festival estival de Paris et entame une série de séjours dans différentes villes. Il quitte le Conservatoire national supérieur de musique de Paris à 66 ans en 1990 et est invité par Joseph-François Kremer à ouvrir une classe de composition et d’analyse au conservatoire de Sevran. Il occupera ce poste pendant dix ans. À 77 ans, en 2000, il prend la direction du « département de la musique » pour le compte du gouvernement Vénézuélien et fait des séjours au Venezuela où il créera son quatrième concert symphonique pour flûte & orchestre (commande de l’Orchestre Simon Bolivar, Caracas), Un délire de dédales. Atteint d'un cancer, en 2001, il ne pourra terminer sa dernière pièce symphonique, « Au Clair de la lune bleue », créée en 2006, après sa mort en 2004. Il est enterré à Poissons dans la Haute-Marne.
Sa musique L'écriture de Claude Ballif est le fruit d'une savante combinaison de la tonalité (au sens le plus large, comme chez Bartók par exemple) et d'une forme personnelle du sérialisme. Il appelle ce système la , système sans esprit de système car il offre la possibilité d'utiliser et de combiner les grands systèmes harmoniques d'écriture (tonal, modal, sériel), sans pour autant que cela soit obligatoire. Ce système permet aussi l'utilisation de micro-intervalles et peut servir de méthode d'analyse très efficace.
Ballif fut pendant près de vingt ans professeur d'analyse et de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. C'est grâce à ce travail d'analyse qu'il peut comprendre et développer les différents systèmes harmoniques de la musique de tradition européenne. Sa métatonalité est une théorie qui englobe la tonalité tout en permettant une écriture sérielleEn fait, dans une œuvre, il peut utiliser une série, un ton de référence, un mode ou une échelle de base. Puis il abandonne un de ces systèmes pour l'échanger ou le combiner à un autre selon l'inspiration ou le mouvement recherché. Il peut travailler sur un seul système ou sur tous en même temps s'il le désire. C'est en ce sens que la métatonalité est un système sans esprit de système.. Ce n'est pas un système d'écriture atonal (Ballif disait que l'atonalité pure n'est possible qu'en théorie car en pratique, le cerveau humain cherche toujours à hiérarchiser ce qu'il perçoit d'une manière ou d'une autre). Pour lui, le mouvement nécessite, pour être compris, que l'on ait un point de repère, au moins passager : dans le système tonal, c'est la tonalité ; dans la plupart des musiques modales, c'est le bourdon ou la finale ; dans la métatonalité, c'est l'orient (une note référence). Mais la possibilité — comme chez Debussy par exemple — de « noyer » momentanément le ton (ici l'orient) est toujours présente et souvent utiliséePour comprendre en détail sa théorie, voir L'ouverture métatonale de Michèle Tosi..
Mais la métatonalité n'est pas le seul centre de sa pensée : le matériau sonore est fondamental à ses yeux. Car s'il pense sa musique de manière formelle avant de l'écrire, ce sont ses oreilles qui le guident in fine. N'importe quel son peut alors devenir prétexte pour une musique. (voir notamment son œuvre pour percussion).
Son processus créatif se divise en deux moments : un Apollinien ou la rationalité va guider à la création d'une forme, puis un Dionysiaque ou son oreille, instrument d'une poétique sonore, remplit cette forme. Mais si la mise en forme intervient en premier il se peut très bien qu'elle se "déforme" sous l'influence de l'oreille : Ballif n'est donc pas un musicien de tableau noir mais bel et bien un musicien sensitif.
Sa vision de compositeur (dans le sens originel composer = mettre ensemble) est exposée dans son ouvrage phare : "Économie musicale "édité en première édition auprès de Méridiens-Klincksieck dans la collection "Musicologie" en 1992 que dirige Joseph-François Kremer. Il définit sa musique comme avant tout religieuse. Ses élèves le voient, après Rameau et Messiaen, comme le père d'une nouvelle génération de musiciens.
Catalogue 1945, Préludes pour une main aimée, pour piano 1946, Cendres, 1, pour trois groupes de percussions 1945-1948, Le cortège d'Orphée 1b, pour soprano lyrique (ou baryton) & piano, Poèmes de Guillaume Apollinaire 1948, Quatre mélodies sur des poèmes d'Henri Michaux 1c, pour soprano & piano [1. L’Oiseau qui s'efface ; 2. Repos dans le malheur ; 3. Deux peupliers ; 4. Il est venu] 1949, Apparitions 2, pour mezzo-soprano & piano, poèmes de Henri Michaux [1. Apparition ; 2. Dans les limbes lumineuses ; 3. Extérieurs ; 4. Les inachevés ; 5. Marchand 6. Dans l'attente ; 7. Œil] 1949, Chanson bas 3, pour soprano & piano, poèmes de Stéphane Mallarmé [1. Le cantonnier ; 2. Le marchand d'ail et d'oignons ; 3. La femme de l'ouvrier ; 4. Le vitrier ; 5. Le crieur d'imprimés ; 6. La marchande d'habits] 1950, Sports et divertissements : Orchestration d’après l'œuvre pour piano d'Erik Satie. 1951-1977 Minuit pour les géants 4 (revue en 1977), pour mezzo-soprano (ou baryton) & piano; poème de Tristan Tzara 1951-1995, Notes et menottes, pour piano [vol. I : “À mes enfants, chantez votre existence sur toutes les gammes” (1979) ; Vol. II “Libres exercices de classe à deux voix sur une gamme donnée à 11 sons” (1949-1950) ; vol. III (1992) ; vol. IV (1995) 1952, Quintette de cuivres 9, pour trompette piccolo, trompette, cor, trombone & tuba 1952, Trio d'anches 8, pour hautbois, clarinette & basson 1952, Quatre antiennes à la sainte Vierge 7, pour six voix solistes (S1, S2, A, HC, T, B) & ensemble instrumental (16 musiciens) [I. Alma redemptoris mater ; II. Ave Regina ; III. Regina Coeli ; IV Salve Regina] 1953, Quintette à vent 10, pour flute, hautbois, clarinette, basson 1955, Diableries 12b, ), pour piano 1955, Lovecraft, pour orchestre, op. 13 (d'après la Couleur tombée du ciel, de Lovecraft). 1955, Quatuor à cordes 1 12, pour deux violons, alto, violoncelle 1956, Sonates pour orgue 14 (1. La folie de la croix ; 2. Ce beau poisson d'amour qu'est Jésus mon sauveur ; 3. L'agneau de dieu ; 4. Ô doux et bon pélican) 1956, Musik im Mirabel 15, pour soprano & piano, poèmes de Georg Trakl (1. Musik im Mirabel ; 2. Der Schlaf ; 3. Zu Abend mein Herz ; 4. Nahe des Todes ; 5. In ein altes Stammbuch ; 6. Sommer] 1956, Trio à cordes 1 16, pour violon, alto, violoncelle 1957, Fantasio 21a, pour orchestre (4.4.4.4 - 4.4.4.0 - hpe.pno.3timb.5perc. - cordes) 1957, Retrouver la parole, 33, Cantate pour chœur a six voix solistes & ensemble instrumental, poèmes de Roger Giroux 1957, Sonate 2 19, pour piano 1958, Quatuor à cordes 2 22, pour deux violons, alto, violoncelle 1958, Quintette 24, pour flute et quatuor a cordes, ou flute, hautbois & trio a cordes 1959, Quatuor à cordes 3 30, pour deux violons, alto, violoncelle 1959, Sonate 3 29, pour piano 1959, Trio à cordes 2 28, pour violon, alto, violoncelle 1959-1965, Ceci et cela 26 (1959-1965) Premier concert à huit pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, trompette, trombone, tuba & orchestre et la mémoire d’Hermann Scherchen [3(I, II, III+picc.).3.3(I, II+cl. picc., III+cl.b.). 3(+2saxh.) - 4.4.4(III+b., IV+cb.).2 - 12perc.4org. 9.9.6.4.4] 1960, Canzone à 8 (in primi toni), orchestration pour deux orchestres de “Canzone otta vitoni” de Giovanni Gabrieli) 1960, Quatuor 34, pour basson, deux violons, alto & violoncelle 1960, Sonate 4 31, pour piano 1960, Vitrine (1960) pour six musiciens (cl., cb., cbn, trb., cel., hpe) 1961, Solfeggietto 36 1, pour flute 1961, Solfeggietto 36 2, pour cor anglais 1961, Trio 1 35, pour flute, basson & harpe 1961, Trio 2 35, pour flute, hautbois & violoncelle constitue avec le Trio 3 35 — un double trio 1961, Trio 3 35, pour violon, clarinette & cor [Constitue avec le Trio 2 .35 un double trio] 1962, Fantasio grandioso 21b, pour orchestre (4.4.4.4 - 4.4.4.0 - hpe.pno.3timb.5perc.) 1962 A Cor et à Cri, op. 39, pour orchestre 1962, Passe-temps 38, pour piano 1962, Sonate 40, pour violoncelle et piano 1963, Solfeggietto, 36 3 pour violon