Ian Fleming Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API., né le à Londres (Angleterre) dans le quartier de Mayfair et mort le à Canterbury (Kent), est un romancier d'espionnage britannique, journaliste, officier du renseignement naval et ornithologue connu principalement pour avoir été l'auteur de la série de romans d’espionnage James Bond.
C'est lui qui a créé le célèbre espion anglais en se basant sur le nom d'un ornithologue. Fleming venait d’une famille riche liée à la banque d’affaires Robert Fleming & Co. Son père fut député de Henley de 1910 jusqu’à sa mort sur le front occidental en 1917. Après des études à Eton, Sandhurst et aux universités de Munich et de Genève, Ian Fleming a occupé un certain nombre d’emplois avant de commencer à écrire.
Tout en travaillant pour la division Naval Intelligence de la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, Fleming a pris part à la planification de l' et à la supervision de deux unités de renseignement. Son service durant la guerre, ainsi que l'expérience du métier de journaliste, ont largement contribué à la création de l’environnement du personnage de James Bond.
Ian Fleming a écrit son premier James Bond, Casino Royale, en 1952. Ce fut un tel succès que trois tirages furent nécessaires pour faire face à la demande. Onze romans de Bond, ainsi que deux recueils de nouvelles ont suivi de 1953 à 1966. Les romans évoquent James Bond, un officier du Secret Intelligence Service, communément appelé MI6. Bond est également connu par son matricule 007. Il est commandant dans la Royal Naval Reserve. Les histoires de 007 se classent parmi les livres de fiction les plus vendus de tous les temps, et leurs adaptations cinématographiques connaissent un grand succès encore aujourd'hui. En effet, ils ont été vendus à plus de d’exemplaires. Fleming a également écrit l’histoire pour enfants Chitty-Chitty-Bang-Bang et deux œuvres de non-fiction. En 2008, The Times a classé Fleming quatorzième sur sa liste des 50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945.. En 2002, la maison d'édition Ian Fleming Publications annonce la création du prix CWA Ian Fleming Steel Dagger, décerné par la Crime Writers' Association au meilleur roman issu des genres thriller, adventure ou espionnage publié au Royaume-Uni..
Grand séducteur, gros buveur, gros fumeur, le père de James Bond souffrait également d’une maladie cardiaque ; il est décédé en 1964, âgé de 56 ans, d’un infarctus du myocarde. Deux de ses livres ont été publiés à titre posthume. Depuis son décès, d’autres auteurs ont repris le personnage.
Biographie vignette|redresse|La villa Goldeneye (Jamaïque) où Ian Fleming écrivit tous ses romans de James Bond entre 1946 et 1964. vignette|redresse|Plage James Bond de la villa Goldeneye (Jamaïque) vignette|redresse|Le vice-amiral John Henry Godfrey qui inspira à Ian Fleming le personnage de M, directeur du MI6.
Années de formation Issu d'une famille de riches banquiers de la haute société, d'origine écossaise, il naît à Mayfair, un quartier de Londres, d'Evelyn St. Croix et de Valentine Fleming, député conservateur, tué sur le front français en .
En , Ian entre à Eton College, dans l'ombre de son frère aîné, Peter Fleming, né presque exactement un an avant lui et qui brille dans tout ce qu'il entreprend. Adolescent rebelle, Ian, pour sa part, n'excelle qu'en athlétisme. En 1925, alors qu'il lui restait quatre trimestres pour obtenir son diplôme, sa mère le retire d'Eton et l'inscrit à l'Académie royale militaire de Sandhurst, où il a beaucoup de mal à s'adapter à la sévère discipline de l'établissement. Ayant attrapé une gonorrhée, il quitte Sandhurst et est envoyé par sa mère à la villa Tennerhof de Kitzbühel. Cette école expérimentale en Autriche tenue par le couple A. E. Forbes Dennis et Phyllis Bottome aidait des adolescents issus de la haute société britannique à trouver leur voie.. Là, Ian étudie l'allemand en vue d'une carrière diplomatique. Surtout, grâce à sa connaissance de la théorie psychologique d'Alfred Adler, le couple Forbes aide le jeune homme à surmonter son complexe d'infériorité envers son frère Peter et à se donner un but dans la vie, tout en l'encourageant à explorer l'écriture et à contrôler son intense besoin de séduire des femmes.
En , il passe avec succès une entrevue au comité de sélection du personnel diplomatique et est incité à se préparer pour l'examen d'entrée de l'automne 1931. À cette fin, sur les conseils de Forbes Dennis, Ian s'inscrit à l'université de Munich à l'automne 1928 puis à une école d'été en France en 1929. Il se rend ensuite à l'Université de Genève, où il aurait fréquenté la section d'anthropologie. Il lit beaucoup en français et en allemand tout en apprenant le russe avec un émigré. En 1930, il obtient un poste à la Section de coopération internationale de la Société des Nations, dont le comité comprenait notamment Henri Bergson, Marie Curie et Albert Einstein. Après seulement dix semaines de travail à ce poste, Ian abandonne pour reprendre ses études, complètement désillusionné de la bureaucratie des organismes internationaux. Fiancé depuis 1930 à Monique Panchaud de Bottens, originaire d'un village proche de Genève, Ian la présente à sa mère ; celle-ci lui fait un accueil glacial et fait tout en son pouvoir pour empêcher un mariage, si bien que Ian sera finalement confronté à une douloureuse rupture en .
Journaliste chez Reuters Après son échec à l'examen d'entrée au Foreign Office, en 1931, Ian obtient un emploi de journaliste chez Reuters. Il y travaillera plus de deux ans et évoquera cette période comme , où il apprendra plus que dans ses études antérieures. Son travail de rédacteur couvrait un large éventail de nouvelles : sport, courses automobiles, monde des affaires et de la politique, avis de décès, etc. Il s'agissait de rédiger avec le maximum de concision possible, de façon percutante et avec une absolue précision. En 1933, Reuters l'envoie à Moscou pour couvrir le procès de six dirigeants de la compagnie britannique Metropolitan-Vickers accusés d'avoir saboté leurs turbines et même plusieurs centrales électriques. Cet épisode met le jeune homme en contact direct avec la réalité stalinienne et fournit au futur romancier une documentation de première main sur les personnages de vilains auxquels se heurtera son héros fictionnel. Il essaie d'obtenir une entrevue avec Staline, mais sans succès . À son retour à Londres, il est invité à communiquer à un groupe de responsables du Foreign office ses impressions de l'URSS.
Dans la City Il quitte Reuters après un peu plus de deux ans. En dépit du fait qu'il adorait son travail, il ne pouvait pas résister à l'offre qui lui était faite de devenir partenaire dans une banque : la perspective de revenus bien supérieurs était à même de lui assurer des séjours de ski et une vie dorée au sein de la City. En même temps, il investit en 1935 dans le Book Collector, une collection de livres luxueusement reliés retenus pour avoir marqué une avancée significative dans le progrès de l'humanité.
Guerre 1939-1945 En 1939, à la veille de la guerre, John Godfrey, nommé directeur du (DNI) de la Royal Navy, recherche un aide de camp. Après d'amples consultations, il lui apparaît que Fleming a le profil idéal, par sa maîtrise de l'allemand et du français, sa connaissance de l'URSS, son expérience de la vie militaire et surtout ses précieux contacts dans le monde de la finance. Très vite, Ian deviendra pour lui le fils qu'il n'a jamais eu tandis que le futur romancier s'inspirera de lui pour créer 'M', le patron de James Bond. Engagé d'abord comme lieutenant, Fleming devient commandant, puis aide de camp. Pour Ian, c'est le bonheur car il se sent parfaitement à sa place dans ce haut-lieu du renseignement en temps de guerre, où on lui demande de mettre au point des méthodes d'espionnage inédites et de travestir les plans réels des opérations alliées . Investi de la totale confiance de Godfrey, Ian Fleming se rend en France au tout début de la guerre pour tenter de convaincre l'amiral François Darlan de placer la marine française en sûreté dans les eaux britanniques, mais en vain car ce dernier rallie le régime de Vichy. En 1941, il rencontre le général de Gaulle qui demande une plus étroite collaboration dans les opérations menées en France. Avec le chef espion canadien William Stephenson, qui deviendra son ami, il contribue à jeter les bases de l'Office of Strategic Services (OSS), préfiguration de la CIA. Durant six ans, il joue un rôle central de liaison entre le DNI, le Secret Intelligence Service (SIS), le Special Operations Executive (SOE), Bletchley Park et Winston Churchill, prenant une part active à la mise au point des opérations les plus secrètes. Alors que son frère Peter a mis sur pied des camps d'entraînement de commandos en Angleterre, sur le modèle de l'Abwehr, Ian fait la même chose au Camp X situé à Oshawa, près de Toronto. Dès , visant à s'emparer des codes de la machine Enigma de la Kriegsmarine, il conçoit l'. au cours de laquelle il se déguiserait en un soldat de la Luftwaffe tombé à l'eau et qui se ferait capturer par un bateau allemand. Mais l'opération est annulée pour des raisons logistiques. Il met alors sur pied au début de l'année 1941 le commando Special Engineering Unit ou 30 Assault Unit (30AU). Formé de 24 hommes en 1942, le commando, identifié par un uniforme spécial, compte 450 personnes en 1945, chacun de ses membres étant recruté en fonction d'un talent particulier . Divisés en petites unités de six ou huit personnes, et solidement entraînés, ils étaient déployés à travers divers pays d'Europe, d'Afrique du Nord et du Proche-Orient. Ian insiste aussi pour que les membres du commando lisent des romans d'espionnage et établit une liste de livres sur des opérations dans divers contextes géographiques. Il assiste à la désastreuse et dirige son commando lors de l' à Alger , ainsi que lors de l'. En , les rapports avec ses hommes sont assez tendus lorsqu'il se rend en Normandie pour restaurer la discipline dans un commando où plusieurs étaient morts au combat. En octobre, il perd le contrôle des unités 30AU et entreprend de visiter les missions britanniques à travers l'empire afin de mieux organiser le travail de collecte d'informations. Il est de retour à son bureau de Londres en . Lorsque Hitler est sur le point de perdre la guerre, Ian veille à prendre possession de tous les dossiers secrets avant que les Russes ne s'en emparent ou qu'ils ne soient détruits.
Fleming ne put jamais parler de ses activités car un espion était tenu à un secret absolu, même longtemps après la fin des opérations et il était intraitable sur ce point avec ses subordonnés. Il y reviendra toutefois sous une forme romanesque dans son recueil posthume Octopussy and the Living Daylights ou Meilleurs Vœux de la Jamaïque (1966) dans lequel Bond est à la recherche du trésor nazi enfoui dans les montagnes du Tyrol, près de Kitzbühel.
Retour au journalisme Après la guerre, Fleming intègre le groupe de presse de Lord Kemsley, qui compte sur ses talents d'organisation et son leadership pour diriger le service des affaires étrangères de sa chaîne de journaux, notamment le Sunday Times. En plus d'un salaire confortableEn 2023, son salaire équivaudrait à selon , il obtient de son patron deux mois de vacances qu'il passe chaque hiver à Goldeneye (Oracabessa) sa propriété en Jamaïque . Au Sunday Times, il voit dans son important réseau de correspondants étrangers (88 personnes en 1950) un prolongement du travail de renseignement qu'il faisait pour le DNI durant la guerre. Il continue aussi à suivre chaque année deux semaines de stage de mise à niveau à la RNVR. À partir de 1953, Fleming signe une chronique dans le Sunday Times sous le pseudonyme Atticus.