Créé par la loi du , le du génie ( RG), régiment de l'armée de terre spécialisé dans les travaux de voies ferrées, était basé au camp des Matelots à Versailles, raccordé au réseau ferré en gare de Versailles-Matelots. Il appartenait, en dernier lieu, à la brigade du génie spécialisée dans les travaux lourds.
Le RG était une composante à part entière de l'utilisation des chemins de fer militaires en France. Le RG a été dissous le .
Création et dénominations successives vignette|Membres du 5 régiment du génie à Suresnes, en 1900. le création du du Génie, dit régiment de sapeurs de chemins de fer ; le dépôt de guerre du Génie 5, dissous après l'armistice signé le ; le dissolution des unités de sapeurs de chemins de fer, remplacées par 9 compagnies de sapeurs de chemin de fer, placées sous les ordres du colonel commandant le centre d'organisation du Génie n° 36 (COG 36) qui devient successivement le centre d'organisation du Génie n° 5 (COG5) puis le centre d'organisation du Génie n°522 (COG522) et le du Génie ; le le du Génie redevient le du Génie ( RG) ; le dissolution du RG dont le 19e régiment du génie ( RG), 53e compagnie spécialisée de réserve, reprend les missions en conservant une partie du patrimoine et des traditions.
Colonels/chefs de corps Liste complèteFabrice Hamelin, Le Régiment du Génie, d'hier et d'aujourd'hui, Lavauzelle, Panazol, 1997
Historique des garnisons, combats et batailles du RG De 1871 à 1914 thumb|right|École de chemin de fer du du génie, Versailles-Matelots, 1916, La Foudroyante. thumb|right|Gare du Temple du ciel. thumb|right|Gare Cheng Yang Mun (Zhengyangmen).
Après la guerre de 1870-1871, les unités de sapeurs de chemins de fer ne sont pas reconstituées. En 1876, réapparaissent les unités spécialisées, compagnies d'ouvriers de chemin de fer, qui seront regroupées à Satory en 1876 sous les ordres d'un chef de bataillon mais sans constituer une unité distincteDécret du 3 janvier 1876. En 1876, les compagnies de chemin de fer rejoignent Versailles et forment deux bataillons spéciaux. Le du est en garnison à Toul à la caserne Perrin-Brichambault. Le , le , spécialisé chemin de fer et les deux bataillons spéciaux passent au du génie.
Le , le régiment de sapeurs de chemin de fer prend le ; il comprend trois bataillons à quatre compagnies.
Après sa création en 1889, le du génie hérite de l’exploitation de la ligne Chartres - Orléans. La Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans conserve la gestion des gares de Chartres, Orléans et Voves. Seules la gare de Patay et cinq autres stations sont mises à la disposition des militaires qui doivent permettre aux cadres subalternes de pratiquer un service complet.. Tout y était militaire, du guichetier au chef de gare, du chauffeur de locomotive aux agents d'exploitation. Deux raisons conduisaient à cela : la nécessité pour les personnels du du génie de pouvoir rouler en métropole et l'intérêt des sociétés privées chargées de la mise en œuvre d'un réseau ferré de pouvoir disposer de personnel qualifié pouvant aller dans les colonies françaises participer à l'exploitation des lignes qui ont fait l'objet de concession. Deux postes de bifurcation offrent la possibilité de former des aiguilleurs. Un trafic de dix trains permet la formation d’un nombre suffisant d’agents : les militaires prennent en charge le mouvement des trains, le service marchandises à grande vitesse et éventuellement la conduite sous réserve d’avoir suivi un stage au dépôt de Chartres.
Les employés des compagnies de chemin de fer étaient affectés aux , et du , pendant leur service militaire et comme réserviste. Les sapeurs de chemins de fer pouvaient être détachés dans les réseauxrèglement du 28/11/1891.
En 1901, création du du qui réunit les personnels colombophiles et télégraphistes militaires et prend garnison au Mont-Valérien, puis passe au de génie en 1912.
En 1901, la Compagnie 23/3, commandée par le Capitaine Guyot a ouvert les remparts de Pékin et construit la partie intramuros de la gare Zhengyangmen. Cette opération a été rendue possible après la réalisation d'une carte de la ville établie d'après les photographies aériennes réalisées par la section d'aérostiers du du géniePrécis des unités du Génie de 1793 à 1993 (ND) par le Cne(er) Giudicelli et le Maj(er) Dupire.
Première Guerre mondiale À la mobilisation, le du Génie était composé de : 16 d'active (numérotées de 1 à 16), 16 de réserve (17 à 32) et (1T à 4T). Les bataillons sont numérotés de 1 à … dans la spécialité.
Dès , le du Génie verse à l'artillerie ses spécialistes en voie de . Si le du Génie construit et exploite les voies normales (), il exploite sans les construire les autres types de voies, les règles d'exploitation étant identiques. Pendant la Première Guerre mondiale, le régiment est à la disposition du Président du Conseil (le chef du gouvernement sous la Troisième République). Le est exclusivement orienté vers la voie normale. Ses missions sont doubles : mise en valeur des territoires et colonies françaises d'une part et transport logistique sur les arrières, actions de freinage en et maintien d'itinéraire en d'autre part. Cette spécificité explique entre autres l'appartenance du RG à la réserve ministérielle aux premiers jours de la Première Guerre mondiale.
Par la suite, le tonnage de la logistique a totalement saturé les capacités du commandement de la logistique et il ne rentrait pas dans les missions du RG d'exploiter le fret. La Direction a donc pris en charge sa propre logistique. La Direction, elle, a continué de se focaliser sur sa mission première : l'ouverture, le rétablissement et le maintien d'itinéraire logistique. Au RG, l'infrastructure jusqu'à la rupture de charge, structures incluses, aux régiments d'artillerie, le reste. Il est notamment meneur sur la création du port de Bonneuil-sur-Marne.
thumb|Locomotive à voie etroite et wagonnets - N° 36, 17 avril 1915 - Poilu du 5e Régiment de Génie Le régiment instruit et forme tous les cheminots responsables de l'établissement des voies normales ainsi que des voies de .
Le du Génie vit pendant la guerre 1914-1918, ses effectifs s'élever peu à peu à , groupant et . Un total de près de au RG, dont les coolies chinois, les travailleurs indochinois et malgaches, fut atteint en 1917.
En 1918, ils avaient reconstruit de voies ferrées, de pont et d'estacade. Le RG a réalisé la majeure partie des de voie ferrée construits pendant le conflit.
Entre-deux-guerres vignette|Le est passé en revue par le prince Amha Sélassié à Satory le . À partir de 1920, les compagnies du RG, venues d'Afrique du Nord, rejoignent leur affectation d'origine. Les autres sont réparties en bataillons dont : un bataillon au Maroc () en 1925, un au Levant (), un à l'Armée du Rhin (), trois compagnies voie ferrée au Maroc, quatre compagnies voie ferrée en Allemagne, deux compagnies voie ferrée à Constantinople, les autres restant en portion centrale.
Les effectifs resteront importants jusqu'en 1925 pour la reconstruction des infrastructures ferroviaires des treize départements dévastés par la guerre.
Le RG est stationné à TrèvesManuel du Gradé du Génie de 1927 Quartier de la Malmaison, du au . Après la dissolution de l'Armée du Rhin, son bataillon voie ferrée rejoint le du génieHistorique du du Génie de l'Air, 1982/1983, Service historique des Armées, Vincennes}.
Seconde Guerre mondiale vignette|Le drapeau du lors d'une prise d'arme en janvier 1940. En 1939, le installe les camps d'Argelès et du Barcarès (Pyrénées-Orientales) puis effectue des travaux sur le port de Lorient. Début , le est envoyé le long de la frontière belge afin de faire sauter voies ferrées, aiguillages, etc. De nombreux soldats sont mitraillés par les Allemands.
Deux compagnies passent en Suisse le . Le lieutenant Chemel commandait la , il restera avec la section d'arrière-garde chargée de faire sauter les voies derrière eux. Cette section passera ensuite sous le commandement du lieutenant Baron le au passage en Suisse, le lieutenant Chemel a rejoint Londres. Les deux compagnies, ou ce qu'il en reste, seront internées en Suisse du à . Après la guerre, ces deux compagnies ne seront reconnues ni combattantes, ni prisonnièresNotes personnelles d'un ancien de la ..
Après l'armistice de 1940, du régiment sont prisonniers en Allemagne. Certains rejoignent les mouvements de résistanceHistorique du .La « voie » des Chanteraines, 96..
À partir de , durant les campagnes de France et d'Allemagne, les unités du apportent leur aide dans la reconstruction des ouvrages d'art. Elles participent à la bataille d'Alsace et au franchissement du Rhin au sein de la . Notamment, entre le et le , les compagnies 5/1 et 5/5 SCF réalisent la construction du pont-rail de KehlVidéo de 15 min réalisée par la ville de Versailles, l'ECPA-D et le , et retraçant d'histoire du régimentFiche documentaire Image'Est : vidéo familiale de Madame Dohm en 1947 - pont de Kehl et plaque commémorative sur laquelle on peut lire « 1ère Armée Rhin et Danube. Pont de Kehl sur le Rhin. Construit entre le et le par le groupe des Compagnies 5/1 et 5/5 SCF du Génie Français avec le concours du U.S. Army » avec le concours du U.S. Army. Ce pont assurera seul l'ensemble du trafic ferroviaire entre la France et l'Allemagne passant par Strasbourg de 1946 à 1956.
De 1945 à la dissolution
Les missions du régiment sont redéfinies à la Libération. Sa devise devient « Partout, Toujours, Réaliser » en 1946.
vignette|upright=0.8|Insigne de la CTVF du RG en 2011. Dans les années 1957/1960, le Génie est présent en Algérie où il est représenté par de travaux lourds (TL) ; la compagnie 5/1 dont une section assure le renouvellement de la voie ferrée (voie unique) entre Aïn Sefra et Colomb-Béchar est cantonnée à Aïn Sefra puis Colomb-Béchar ; la compagnie 5/4 est cantonnée à proximité d'Alger et ses différentes sections assurent la remise en état des ouvrages d'art endommagés par les attentats dans l'Algérois et le Constantinois. Il est également représenté au de l'état-major de la région militaire par le capitaine Grillot
De à , le RG comprenait d'instruction A et B, la de commandement, le bataillon de travaux lourds (Capitaine Courtois) avec la compagnie C dont certains sapeurs construisaient des voies ferrées vers Pontault-Combault. Les sapeurs du du génie faisaient une partie de leur stage traction au dépôt de locomotives de Trappes.
En 1977, le RG devient le du génie de division blindée (RGDB). Il conserve une composante voies ferrées. En 1984, il change de structure et abandonne le format . Ses et rejoignent le du génie à Épernay. D'autres sont dirigées vers Mourmelon pour renforcer le du génie nouvellement créé.
En 1994, le régiment accueille le du génie de réserve.
En 1998, le RG devient le régiment de travaux lourds de l'armée de terre.
thumb|Le Diplodocus du du Génie de Versailles, le . Il possède divers éléments militaires et ferroviaires. Le parc ferroviaire comporte ainsi plusieurs locotracteurs type Y 7400, des voitures et des wagons parfois anciens, certains en livrée camouflage OTAN ainsi qu'une grue ferroviaire pour la pose d'éléments de ponts Diplodocus, appelé aussi engin poseur de travures de voies ferrées (EPTVF) (sections de voies « pré-montées »), pesant et classé au titre objet des monuments historiques en 2005, base Palissy.
Le RG organisait tous les ans des journées portes ouvertes autour du double thème du train et du génie militaire.
À la suite de la réforme des armées lancée en 2008 après l'adoption du livre blanc sur la défense, le , François Fillon (Premier ministre) et Hervé Morin (ministre de la Défense) ont annoncé la dissolution du RGDéfense, la nouvelle carte militaire, Le Figaro. Le , le RG n'est plus. Ses missions sont reprises par le du génie.
Dernière composition vignette|Simca Marmon de la compagnie du . La dernière composition du régiment est la suivante : une compagnie de commandement et de logistique ( CCL) à Versailles ;