Le métier d' fait partie des professions paramédicales. Son activité se centre principalement sur l'aide aux personnes soignées dans l’incapacité d'assumer seules leurs besoins primaires. L'aide-soignant travaille également en étroite collaboration et sous la responsabilité de l'infirmier pour une partie de son rôle propre qu'il peut effectuer au sein de l'équipe pluriprofessionnelle gravitant autour des personnes soignées. Il contribue à la réalisation de certains soins de la personne, notamment une partie des soins fondamentaux, afin de pallier l'incapacité de celle-ci à réaliser certains actes de la vie quotidienne, comme se laver, s’habiller, bouger, respirer, boire ou s'alimenter seul.

Le terme d'aide-soignant désigne un professionnel paramédical titulaire du diplôme d’État d’aide-soignant (DEAS), exerçant sous la responsabilité de l'infirmier. Depuis la réforme statutaire de 2021, les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture constituent un corps unique relevant de la catégorie B de la fonction publique hospitalière. Les aides médico-psychologiques (AMP), ainsi que les agents des services hospitaliers qualifiés (ASHQ), relèvent de corps distincts classés en catégorie C, et ne font pas partie du corps des aides-soignants.

Pour devenir aide-soignant, il faut passer un diplôme d'État aide-soignant (DEAS). Il n'a rien de commun avec le métier d'ASH, qui n'est pas paramédical. Les soins prodigués par les aides-soignants sont divers et ne peuvent pas être réduits aux soins de nursing (actes de la vie quotidienne). Ainsi dans les hôpitaux, les aides-soignants travaillent aussi dans des services dits "spécialisés" tels que les urgences, réanimation, psychiatrie, blocs opératoires, salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI), de décontamination, etc.

En France Statut juridique Le statut d'aide-soignant dépend principalement de quatre arrêtés : l'arrêté du relatif à la formation conduisant au diplôme d’État d’aide‑soignant (DEAS) ;

l'arrêté du relatif aux modalités d’organisation de la validation des acquis de l’expérience pour l’obtention du diplôme d’État d’aide‑soignant .;

l'arrêté du portant diverses modifications relatives aux modalités de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux et aux formations conduisant aux diplômes d'Etat d'aide-soignant et d'auxiliaire de puériculture

l'arrêté du modifiant l'arrêté du relatif à la formation conduisant au diplôme d'Etat d'aide-soignant et portant diverses dispositions relatives aux modalités de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux et l'arrêté du relatif à la formation conduisant au diplôme d'Etat d'auxiliaire de puériculture

Conformément au premier arrêtés :

« Ses activités se situent dans le cadre du rôle qui relève de l'initiative de l'infirmier diplômé d'État, défini par les articles R. 4311-3 et R. 4311-5 du code de la santé publique, relatifs aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier.»

Le diplôme d’État d’aide-soignant peut être obtenu selon trois voies réglementaires : la formation en institut (formation initiale), l’apprentissage (jusqu’à 29 ans révolus, avec dérogations possibles), ou la validation des acquis de l’expérience (VAE). Ce diplôme se situe au niveau du RNCP ce qui correspond au niveau 4 du Cadre européen des certifications (CEC).

Formation en France

Seuls les titulaires du diplôme d'État d'aide-soignant peuvent exercer ce métier. La formation dure 11 mois dont 22 semaines de cours théoriques (en institut agréé par le ministère de la Santé) et 22 semaines de stage.

Accès L’accès à la formation d’aide-soignant se fait par une sélection en deux étapes : d’abord l’étude d’un dossier de candidature, puis un entretien individuel pour les candidats retenus. Le jury évalue les motivations, les aptitudes humaines et la cohérence du projet professionnel. Aucun diplôme n’est exigé, mais le candidat doit avoir au moins 17 ans au de l’année d’entrée en formation.

Le dossier de candidature comprend :

un curriculum vitae (CV) rédigé en traitement de texte,

une lettre de motivation manuscrite,

une lettre manuscrite de présentation d’une situation vécue, personnelle ou professionnelle en lien avec la candidature, ou bien une lettre présentant le projet professionnel du candidat,

et les pièces administratives habituelles (pièce d’identité, justificatifs, etc.).

Seuls les agents des services hospitaliers qualifiés (ASHQ) peuvent être dispensés de la sélection, à condition d’avoir un an d’ancienneté à temps plein, ou six mois avec une formation de 70 heures aux soins d’hygiène. Ils sont alors admis sans passer ni le dossier ni l’entretien.

Examen L'obtention du diplôme d'État d'aide-soignant (DEAS) est soumise à la validation des cinq blocs de compétences acquis en formation théorique et pratique dans le milieu professionnel.

Enseignement de la formation initiale La formation amenant à l'obtention du DEAS dure 44 semaines, réparties en 770 h de formation théorique et 770 h de formation en milieu professionnel, conformément à l’arrêté du

L'enseignement est donné sous forme de modules : Module 1 – Accompagnement d’une personne dans les activités de sa vie quotidienne et de sa vie sociale Module 2 – Repérage et prévention des situations à risque Module 3 – Évaluation de l’état clinique d’une personne Module 4 – Mise en œuvre des soins adaptés, évaluation et réajustement Module 5 – Accompagnement de la mobilité de la personne aidée Module 6 – Relation et communication avec la personne et son entourage Module 7 – Accompagnement des personnes en formation et communication avec les pairs Module 8 – Entretien des locaux et des matériels et prévention des risques associés Module 9 – Traitement des informations Module 10 – Travail en équipe pluri‑professionnelle, qualité et gestion des risques L’évaluation des compétences se fait en contrôle continu, à la fois en institut et en stage. Chaque module est évalué par des QCM, QROC, études de cas ou simulations. Les compétences en stage sont validées à partir d’une grille d’évaluation intégrée dans un portfolio, rempli par les tuteurs de stage et l'apprenant. L’obtention de l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence de niveau 2 (AFGSU 2) est obligatoire pour valider la formation. Elle est intégrée à l’évaluation du bloc 2 du référentiel. Les blocs de compétences sont validés si la moyenne est au moins de 10/20, avec possibilité de compensation dès 8/20 dans un même bloc. Un jury désigné par le préfet attribue le diplôme si l’ensemble des blocs est validé. Le candidat ne doit pas dépasser 5 % d’absences non justifiées. Des sessions de rattrapage sont prévues en cas d’échec.

Grille des salaires concernant la France Dans la fonction publique hospitalière, les aide-soignants relèvent de la catégorie B. Leur rémunération dépend de leur grade et de leur échelon.

Il existe deux grades principaux :

Classe normale : 11 échelons, avec un indice majoré allant de 373 à 517, soit un salaire brut mensuel compris entre 1 836 € et 2 545 €.

Classe supérieure : 11 échelons, avec un indice majoré allant de 387 à 560, soit un salaire brut mensuel compris entre 1 905 € et 2 757 €.

Les aide‑soignants de classe normale peuvent accéder à la classe supérieure par avancement au choix, sous réserve des conditions suivantes :

Ils doivent justifier, au de l’année du tableau d’avancement, d’au moins 1 an d’ancienneté dans le 5ᵉ échelon de la classe normale et de 5 ans de services effectifs dans la catégorie B (Fonction publique hospitalière)

La promotion est prononcée après inscription sur un tableau d’avancement établi chaque année dans chaque établissement

Le salaire net d’un aide-soignant représente environ 82 % du salaire brut, soit une différence d’environ 18 % liée aux cotisations sociales spécifiques à la fonction publique hospitalière.

En complément de leur traitement indiciaire, les aides-soignants de la fonction publique hospitalière peuvent percevoir différentes primes et indemnités, en fonction de leur lieu d'exercice, de leurs horaires ou de leur ancienneté.

Parmi les principales :

Complément de traitement indiciaire (CTI) : instauré en 2020 dans le cadre du Ségur de la santé, il représente 49 points d’indice majoré, soit environ 188 € nets par mois. Il est versé mensuellement à tous les agents exerçant dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux publics. Prime spéciale de sujétion : équivalente à 10 % du traitement indiciaire brut, elle est également versée mensuellement. Par exemple, un aide-soignant en début de carrière (échelon 1, indice 373 classe normal) perçoit environ 184 € brut, tandis qu’en fin de carrière (échelon 11, indice 517 classe normal), cette prime atteint environ 255 € brut. Indemnité horaire pour travail de nuit : depuis le 1ᵉʳ , elle représente 25 % de la somme du traitement indiciaire brut et, le cas échéant, de l’indemnité de résidence, divisée par 1820 heures annuelles. Cette indemnité s’applique à toutes les heures effectuées entre 21 h et 6 h. Indemnité forfaitaire pour travail les dimanches et jours fériés : depuis le 1ᵉʳ , elle est fixée à 60 € brut pour 8 heures de travail effectif, versée au prorata du temps réellement effectué sur ces plages. Indemnité de sujétions spéciales (ISS) : accordée aux aides‑soignants et autres agents de la fonction publique hospitalière exposés à des sujétions spécifiques, elle est égale à 13/1 900ᵉ du traitement indiciaire brut annuel, soit l'équivalent de 13 heures supplémentaires par mois. Son versement est mensuel, à terme échu, et son montant peut être modulé par délibération de l’établissement dans la limite de ce plafond. Nouvelle bonification indiciaire : certains aides-soignants peuvent bénéficier de cette bonification lorsqu’ils exercent dans des services nécessitant une technicité particulière ou une responsabilité accrue (comme les unités de soins longue durée ou la néonatalogie). Son montant varie généralement entre 10 et 13 points d’indice majoré, soit environ 50 à 64 € brut par mois, versés en complément du traitement indiciaire. Indemnité pour heures supplémentaires : elle est calculée sur la base du traitement indiciaire brut annuel (incluant l’indemnité de résidence) répartie sur 1 820 h. Les 14 premières heures de jour sont majorées de 25 %, puis de 27 % au-delà. Les heures effectuées la nuit (entre 22 h et 7 h) sont majorées de 100 % (doublées), et celles des dimanches ou jours fériés de 66 %. Le plafond est fixé à 25 h/mois ou 240 h/an.

En Belgique

En Belgique, le métier d'aide-soignant est quasi similaire à celui exercé en France. Hormis la formation qui dure 18 mois. Certaines écoles proposent ces études, comme l'institut Reine-Fabiola à Etterbeek ou l'Institut de la Providence à Anderlecht. Ce sont des études professionnelles qui se déroulent sur trois ans : Aide familial, Aide familial : obtention d'une qualification permettant d'exercer le métier d'aide familial ; Aide soignant : ne peut être accessible qu'après l'obtention de la qualification et à la fin permet d'obtenir un CESS et le diplôme d'aide-soignant avec son numéro VISA du ministère de la Santé.

Il est également possible d'obtenir un diplôme d'aide soignant et un CESS à la fin d'une première année d'infirmière hospitalière réussie.

Le site spécialisé pour les aide-soignant(e)s en Belgique qui permet de trouver non seulement les adresses des écoles qui proposent la formation, mais aussi les lois, les barèmes, les interventions patronale (primes), offres d'emplois, etc. est www.aide-soignant.be.

Au Luxembourg

La formation d'aide-soignant au Luxembourg repose sur l'obtention du CATP d'aide-soignant. Ce diplôme se prépare en trois ans.

En Suisse La formation d'aide soignant a été supprimée et remplacée par la formation Aide en soins et accompagnement (ASA) qui a pour durée 2 ans.

Au Québec