La rivière Batiscan coule sur , du lac Édouard, région Mauricie, Québec, Canada, direction sud pour se jeter dans le Saint-Laurent à Batiscan. Son parcours traverse les MRC (municipalité régionale de comté), Portneuf, Mékinac et Les Chenaux.
Toponymie Nul ne sait de manière absolue ce que signifie Batiscan. Pour le découvrir, il faut aller à la rencontre de cette rivière et de son immense bassin versant convenant à la pratique d’une foule d’activités de plein air. Ektuhnthe Wendats - Patiskô Abénaquis, noms traditionnels autochtones.
Dans les œuvres de Samuel de Champlain, il est mentionné qu'au début de juin 1603, passant devant ce lieu : Du côté du Nort, il y a une rivière qui s'appelle Batiscan, qui va fort avant en terre, par où quelquefois les Algoumequins viennent. » Commission toponymie QuébecLa rivière Batiscan a été nommée en 1602 par Samuel de Champlain. Cette désignation d'origine amérindienne existait avant même l'arrivée des premiers contingents d'explorateurs français. Champlain rapporte en 1610 que la rivière tiendrait son nom d'un chef Algonquin portant le même nomDouville, Raymond, La seigneurie de Batiscan : chronique des premières années, (1636-1681), Éditions du Bien public, Trois-Rivières, Québec, 1980, commentant l’étymologie du nom de Batiscan.. Le toponyme Batiscan soulève quelques interprétations émanant de diverses sources. Le père Charles Arnaud soutenait que le nom signifiait . Toujours selon lui, le nom pourrait aussi signifier . Selon Pierre-Georges Roy, son nom signifierait , ce qui a été constaté par le passé. Pour le père Albert Lacombe, le nom proviendrait du cri et signifierait et pour le père Joseph-Étienne Guinard, il proviendrait du cri et signifierait .
Géographie Le bassin versant de la rivière Batiscan se situe sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent ; le bassin versant de la rivière Métabetchouane le borde au nord, à l’est c’est le bassin de la rivière Sainte-Anne (Les Chenaux), à l’ouest, celui de la rivière Saint-Maurice, au sud-ouest c’est le bassin de la rivière Champlain.
En plus de la rivière Batiscan, le bassin versant renferme dix sous-bassins principaux et des centaines de lacs et rivières.
Les dix sous-bassins principaux couvrent une étendue de plus de . Le bassin de la Batiscan comprend les sous-bassins des rivières et des lacs suivants :
Rivière des Envies, (MRC Mékinac et Les Chenaux) Rivière Tawachiche, (MRC Mékinac) Rivière à Pierre, (MRC Portneuf) Rivière Blanche (Saint-Casimir), (MRC Portneuf) Rivière Miguick, (MRC Portneuf) Rivière aux Éclairs, (MRC La Jacques-Cartier et Agglomération de La Tuque) Rivière à Moïse, (MRC La Jacques-Cartier) Rivière Jeannotte, (Agglomération de La Tuque) Lac Édouard, (Agglomération de La Tuque) Lac aux Biscuits (Agglomération de La Tuque)
Le sous-bassin résiduel regroupe tous les cours d’eau directement reliés à la Batiscan d’une superficie de moins de .
Deux régions administratives se partagent le territoire du bassin versant de la Batiscan; 53 % se situe dans la région de la Mauricie, avec une superficie de , et 47 % du bassin est localisé dans la région de la Capitale-Nationale et couvre une étendue terrestre de , ce bassin versant recoupe respectivement quatre municipalités régionales de comté (MRC)
Mékinac () Les Chenaux () La Jacques-Cartier (), Portneuf ()
et deux territoires équivalents : Ville de Shawinigan (anciennement MRC Centre-de-la-Mauricie) () et Agglomération de La Tuque (autrefois MRC Haut-Saint-Maurice) ().
Note: L'usage populaire dit la Batiscanie, nom vernaculaire pour désigner de manière générale le bassin versant de la rivière Batiscan.
Hydrologie Le bassin hydrographique de la Batiscan a une superficie de . Son débit qui est mesuré à la centrale de Saint-Narcisse, est de . Le débit présente cependant une forte variation saisonnière, avec un maximum de en mai et un minimum de au mois de septembre. Les derniers de la rivière font partie de l'estuaire du Saint-Laurent, les marées y sont de à son embouchure.
Le bassin est composé d'une centaine de cours d'eau. Les principaux tributaires de la Batiscan sont, de l'amont à l'aval, les rivière aux Castor Noirs, rivière aux Éclairs, rivière Jeannotte, rivière Miguick, rivière à Pierre, rivère Tawachiche et rivières des Envies. Les principaux sous-bassins versants de la Batiscanie sont : rivière Jeannotte (), rivière des Envies (), rivière Miguick () et la rivière à Moïse ().
Le bassin comprend un millier de lacs. Les plus importants sont les lacs Édouard (), lac Batiscan (), lac aux Sables (), lac Masketsi (), lac à la Tortue (), lac du Jésuite () et le lac Roberge (). Dans le bassin versant de la rivière Batiscan, plus de 85 barrages de tailles variées ont été répertoriés. Sept de ces barrages ont une hauteur de plus de . Le barrage le plus imposant est celui de Saint-Narcisse avec une longueur de et une hauteur de à partir du lit de la rivière. Son réservoir couvre .
Géologie La partie du bassin au nord de la moraine de Saint-Narcisse est située dans les Laurentides, soit la province de Grenville du Bouclier canadien. On y retrouve des roches ignées telles le granite, la monzonite, la migmatite, la mangérite, le gabbro et la diorite et des roches sédimentaires telles le gneiss et le schiste. Quant aux derniers , ils font partie de la plate-forme du Saint-Laurent qui est composé de roches sédimentaires du Paléozoïque comme le calcaire, le schiste et le grès.
Les dépôts meubles du Quaternaire des Basses-terres du Saint-Laurent sont principalement dus au retrait de l'Inlandsis il y a , la région a été ensuite recouverte par la Mer de Champlain sur une période de laissant des dépôts d'argile. Les régions près du fleuve sont recouvertes de dépôts fluviatiles. Des tourbières se sont développées dans certaines zones où le drainage se fait mal, la plus grande est la Tourbière du Lac-à-la-Tortue sa superficie de . Dans les Laurentides, les principaux dépôts sont le till qui a été laissé par le retrait des glaciers.
Géographie humaine Centrales hydro-électriques La centrale de Saint-Narcisse est la seule centrale hydroélectrique située sur la rivière Batiscan. Toutefois, des centrales ont été érigées sur des affluents de la rivière Batiscan : la centrale "Électrique Kabibouska", érigée sur la Rivière des Envies, à Saint-Séverin, desservant le village de Saint-Séverin et les habitants de Saint-Tite ; la centrale électrique aménagée au barrage des "Chutes de la Marmite" sur la Rivière-à-Pierre, en amont de "lac de la ferme" (dit lac du dépôt) au nord-est du village. Cette centrale desservait la localité de Rivière-à-Pierre, surtout les industries.
Histoire …« Il existe un potentiel archéologique connu à Sainte-Geneviève-de-Batiscan ou une source manuscrite (Massicotte, 1935) fait état de la découverte d'artéfats de la période préhistorique (pointe de projectile et autres). Ainsi, la bordure du fleuve Saint-Laurent et de ses principaux affluents ont été occupés depuis plusieurs millénaires. De par son importance en tant que voie possible de circulation et de pénétration vers l'intérieur des terres, la rivière Batiscan demeure un point d'intérêt non négligeable pour l'archéologie préhistorique. Source : Jean Dumont, consultant en archéologie »
…« Batiscan fut donné aux Jésuites, « pour l’amour de Dieu », le .
— Les concessions que les Jésuites avaient obtenues étaient particulièrement destinées par eux à l’évangélisation et à l’éducation religieuse des Indiens; et la concession de Batiscan leur avait été accordée dans ce but précis.
— l’enquête de 1666-1667 sur la traite de l’eau-de-vie avec les Indiens démontre que les Français connaissaient la région de Batiscan, qu’ils y faisaient depuis longtemps de fréquents séjours. Les diverses dépositions lors de cette enquête ont prouvé que les tribus indiennes de la région de Trois-Rivières étaient les grandes pourvoyeuses de fourrures des trafiquants de Trois-Rivières et du Cap-de-la-Madeleine. Source :Les lents débuts d'une seigneurie des Jésuites, Raymond Douville, 1960.»
En 1639, les Jésuites firent l'acquisition de la seigneurie de Batiscan dans le but d'évangéliser les Attikameks. Ceux-ci ne s'installèrent jamais dans la colonie, bien qu'ils ont utilisé la rivière jusqu'au pour le commerce de la fourrure. Le Journal des Jésuites fait rapport d'une expédition de traite de fourrures, composés de huit Français de Trois-Rivières, avec vingt canots d’Algonquins, partie le de Trois-Rivières : « Ils entrèrent dans les terres par la rivière Batiscan, qui est six lieues au-dessous des Trois-Rivières. Ils passèrent dans cette rivière vingt-huit saults en quatorze jours. Ils arrivèrent au terme de leur voyage le , après avoir passé soixante-et-quatorze saults ou portages. Ils retournèrent aux Trois-Rivières le chargés de castors.»Raymond Douville, "La seigneurie de Batiscan : chronique des premières années, (1636-1681)", Les Éditions du Bien public, Trois-Rivières, , citant le Journal des Jésuites.. La première noyade (un Français) connue sur cette rivière est survenue lors de cette expédition.
Le terrible tremblement de terre du aurait modifié significativement le relief dans la vallée notamment la disparition de saults dans la rivière Batiscan, l'émergence de nouveaux rochers, l'aplanissement de certaines montagnes, des fissures majeures dans le solRaymond Douville, "La seigneurie de Batiscan : chronique des premières années (1636-1681)", Éditions du Bien public, Trois-Rivières, à 13, chapitre "Le tremblement de terre de 1663"..
À partir de 1852 que la Price Brothers and Company commença à exploiter la forêt de la vallée de la Batiscan. Plusieurs scieries furent construites sur les rivières Batiscan et des Envies Le bois était transporté par flottaison en descendant le courant de la rivière, ce qui requiert le travail de draveurs et de cageux. Les premiers types d'arbres coupés furent les pins blancs, expédiés en Grande-Bretagne.
.…—« Vers 1872, il faut aller chercher ce qui reste de pins blancs presqu'aux confins du territoire, sur la rivière Manouane, par exemple. À la faveur de cette ascension rapide en quête d'essences nobles, le front pionnier s'avance également le long des rivières Batiscan et des Envies, en amont de Saint-Stanislas. Les colons déjà établis profitent de la proximité des chantiers pour écouler leur production agricole et fournissent en même temps une main-d'œuvre pour qui le travail en forêt représente un revenu d'appoint. Source : Les travailleurs forestiers en Mauricie au par Claire-Andrée Fortin 1983»
À partir des années 1930, l'activité forestière se transforma et servit plutôt aux papetières. En 1963, la drave fut abandonnée sur la Batiscan.
En 1896, Jean-Baptiste Frégault constitue la North Shore Power Company et achète les droits de production sur la Grande Chute près de Saint-Narcisse. Il y construit une centrale hydroélectrique ainsi qu'une ligne à haute tension de , la première de l'Empire britannique. La centrale fut agrandie en 1905. En 1907, elle fut vendue à la Shawinigan Water and Power Company. Cette dernière la remplaça par une nouvelle centrale de Saint-Narcisse en 1926. En 1963, elle fut acquise par Hydro-Québec lors de la nationalisation de l'électricité. Cette centrale à Saint-Narcisse a une puissance de .
Écologie Flore La partie sud du bassin versant de la Batiscan fait partie du domaine de l'aceraie (érablière) à bouleau jaune, il renferme une flore très diversifiée. Lors d’un inventaire des plantes terrestres, les gestionnaires du Parc de la rivière Batiscan ont trouvé une cinquantaine d’espèces différentes .
Faune Quarante neuf espèces de mammifères fréquentent le bassin de la rivière Batiscan. Parmi ces espèces, on rencontre le castor du Canada, la loutre de rivière, l'orignal, le rat musqué et la taupe à nez étoilé.