Le district des Franches-Montagnes est un des quatre districts du canton du Jura en SuisseEn France, la Franche Montagne a désigné la zone isolée et quelque peu sauvage comprise entre les vallées du Dessoubre et du Doubs, s'étendant de Morteau au sud-ouest à St-Hippolyte, Maîche et les confins du Sundgau au nord-est (cf. Maîche, par l'abbé Richard, 1862 : p. 8).. Son chef-lieu est Saignelégier.

Le district a été entièrement transféré du canton de Berne à la République et Canton du Jura, le à la suite de la création du canton. Les communes de Lajoux et des Genevez l'ont rejoint à ce moment.

Géographie

Les Franches-Montagnes se situent entre le canyon resserré du Doubs et le Vallon de Saint-Imier, là où les chaînons successifs du Jura perdent progressivement de l'altitude en allant vers l'ouest. Elles forment, à l'altitude de , un plateau de carrés.

L'érosion, très avancée, a nivelé montagnes et vallées jusqu'à les rendre difficilement repérables. Les rides allongées émergeant ici ou là ne sont pas des plis, mais seulement les restes plus résistants de couches calcaires non encore aplanies.

Malgré des précipitations atteignant , la contrée est pauvre en cours d'eau. Les emposieux et les dolines, souvent disposés en alignement, les entonnoirs où s'engouffrent les eaux sont fréquents. Pourtant, de nombreuses cuvettes tapissées d'argile imperméable dissimulent de petits lacs ou étangs dont les eaux s'écoulent et disparaissent dans les profondeurs en des endroits généralement connus.

II en est ainsi pour l'étang de la Gruère. Ses eaux, mêlées aux eaux d'infiltration de la région, réapparaissent plus tard et plus loin, à Tramelan, sous forme de résurgence. Le climat du haut plateau est rude, les hivers sont longs et la période de végétation estivale ne dure que quatre à cinq mois. Les conditions expliquent pourquoi l'occupation principale des habitants est l'élevage du bétail.

Armoiries et étymologie

left|sans_cadre|100x100px Le blason du district des Franches-Montagnes est aussi celui de la commune de Saignelégier. Il est « D'or, avec un miroir d'argent bordé de sable, placé sur six montagnes de gueules posées trois sur trois. ». Il s'agit des armoiries parlantes des nobles de Spiegelberg (miroir, montagne), dont les restes du château sont encore visibles sur l'arête du Rocher des Sommêtres, situé sur la frontière communale entre les communes de Muriaux et du Noirmont, à de Saignelégier.

Le nom de Franches Montagnes des Bois, Freiberg en allemand, date d'une charte du par laquelle le prince-évêque de Bâle Imer von Ramstein accorda une franchise totale d'impôts à ses vassaux de Spiegelberg, seigneurs de Muriaux, pour leur fief alors relativement pauvre et désertique. .

Économie

L’implantation de l’horlogerie sur la plateau franc-montagnard remonte à l’époque des paysans-horlogers. Elle reste établie aux Breuleux (Valgine), aux Genevez (Edox), (Novi), au Noirmont (Louis Erard, Paul Picot), aux Bois (Rodolphe) et à Saignelégier (Maurice Lacroix, Aérowatch). Plusieurs entreprises produisent des boîtes de montres aux Breuleux (Donzé-Baume et Mica), au Noirmont (Joseph Erard, Orolux, Detech, Promotech, Novotech) et à Saignelégier (Queloz).

Une entreprise spécialisée dans l'informatique des assurances sociales (Globaz) s’est développée au Noirmont. vignette|Indicateurs de randonnée équestre, pédestre, et cyclable à proximité de Saignelégier. Le secteur tertiaire est surtout représenté par le tourisme, notamment l’hôtellerie/restauration et les loisirs (ski de fond, randonnée pédestre, équitation, golf aux Bois, canoë, pêche à la ligne). La région dispose notamment d'un réseau équestre.

L’agriculture joue encore un rôle important dans ce district, berceau de l’élevage d’une race de cheval de trait et d’équitation, la race franc-montagnarde. Le principe des pâturages communaux a contribué à cette vocation de terre d’élevage. Jusque dans les années 1960, le principe du libre-parcours du bétail a prévalu. Ce droit avait été accordé aux Francs-Montagnards par le prince-évêque Imier de Ramstein, au . Au , avec le développement de la circulation routière, le nombre des accidents impliquant le bétail avait considérablement augmenté. En vertu du droit de libre-parcours, la responsabilité causale du propriétaire de bétail n'était pas engagée et l'automobiliste devait supporter tous les dégâts. Un arrêt du Tribunal fédéral mit fin à cette pratique.

Communes

Le district est composé des 12 communes suivantes :

+ Les communes du district Nom N° OFS Population () Lajoux 6750 Le Bémont 6741 Le Noirmont 6754 Les Bois 6742 Les Breuleux 6743 Les Enfers 6745 Les Genevez 6748 Montfaucon 6751 Muriaux 6753 Saignelégier 6757 Saint-Brais 6758 Soubey 6759 Total

Fusions +Entrée en vigueur (date)Anciennes communesNouvelle commune2009Montfaucon + MonfavergierMontfaucon2009Muriaux + Le PeuchapatteMuriaux2009Saignelégier + Goumois + Les PommeratsSaignelégier2023Les Breuleux + La Chaux-des-BreuleuxLes Breuleux

Administration

Préfets des Franches-Montagnes Pendant la période bernoise, qui s'est achevée lors de la création du canton du Jura en 1979, les Franches-Montagnes disposaient d'un préfet représentant l'administration cantonale dans le district. +Liste des préfets des Franches-MontagnesDébutFinNomPartiRemarques18961926Ephrem Jobin19261928Joseph JobinPDCPrésident du Tribunal de district (1926-1928)19281945Alfred Wilhelm(1928-1945)AvocatGreffier du Tribunal de district (1922-1928)Président du Tribunal de district (1928-1945)Juge à la Cour d'appel du canton de Berne (dès 1945)19451966Paul Hublard(1901-1989)AvocatGreffier du Tribunal de district (1928-1945)Président du Tribunal de district (1945-1966)19661978Charles Wilhelm(1925-2013)PDCAvocatGreffier du Tribunal de district de Courtelary (1955-1966)Président du Tribunal de district (1966-1990)Juge non permanent au Tribunal cantonal (dès 1978)

Annexes Notes et références

Bibliographie Paul Bacon, Un peu d'histoire des Franches-Montagnes et de la Courtine, Saignelégier, 1941 Paul Bacon, Les Franches-Montagnes Pays des Hautes Joux, Genève, 1957 Jean-Pierre Beuret, François Noirjean, Clément Saucy, Franches-Montagnes, pays du cheval, Porrentruy, 1997 Paul Jubin, Les Franches-Montagnes à cœur ouvert, Fribourg, 1963 Paul Jubin, Le Franc-Montagnard : miroir d'un siècle de vie régionale, Saignelégier, 1998 Marie-Louise Oberli-Wermeille, Le djâsaie de tchie nos : glossaire patois des Franches-Montagnes, Saignelégier, 2006 Jean-Paul Prongué, La Franche Montagne de Muriaux à la fin du Moyen Âge, Porrentruy, 2000

Liens externes

Franches-Montagnes Catégorie:Paysage, site ou monument naturel d'importance nationale en Suisse