thumb|Carnaval de Bâle en 2005.

thumb|Scène du festival de Jazz de Montreux en 2005. La vie musicale en Suisse regroupe les compositeurs, chefs d'orchestre, interprètes suisses ou œuvrant en Suisse ainsi que les événements, écoles, institutions et associations liées à la vie musicale.

Histoire de la musique en Suisse thumb|upright=0.8|Notker le Bègue La musique suisse est provinciale excepté à différentes époques où, grâce aux échanges commerciaux, des personnalités suisses se démarquent dans les domaines musicaux, notamment lors du Haut Moyen Âge entre les et , ou plus tard avec les humanistes au , puis à l'époque de l'industrialisation au et dès le début du . À l'inverse, des personnalités étrangères comme Felix Mendelssohn, Richard Wagner ou Franz Liszt contribuent à la vie musicale suisse.

Des origines à la fin du L'histoire musicale du pays remonte à la période du Haut Moyen Âge, lors de la fondation des premières abbayes du pays, en particulier celles de Saint-Maurice et de Disentis dont la liturgie est largement influencée par l'école parisienne de Notre-Dame entre le et le . En parallèle à la musique d'église, se développe dès le des jeux liturgiques en latin ainsi qu'en langue vulgaire. Enfin, de nombreuses chansons de trouvères alémaniques ont été regroupées dans le Codex Manesse.

Un peu plus tôt, aux et , l'abbaye de Saint-Gall avec Notker le Bègue (environ 840 – 912) contribue au chant grégorien auquel on lui attribue la paternité d’une quarantaine de séquences. Puis au , des musiciens se rattachent au mouvement des humanistes, tels que Hans Kotter, (environ 1485 – 1541) organiste à Fribourg; Ludwig Senfl (environ 1486 – 1543), de Bâle, auteur de messes, de psaumes, mais aussi des lieder site larousse.fr, consulté le 30 novembre 2008. et Glarean (1488 – 1563) connu comme réformateur de la théorie musicale avec son Dodecachordon (1547), sa définition de la gamme à douze tons.

C'est au cours du que la pratique de la musique commence à prendre un caractère professionnel ; auparavant, la pratique de la musique ne peut se concevoir que dans un cadre artisanal, comme c'est le cas pour l'organiste lucernois Franz Leonti Meyer von Schauensee qui, après avoir mené une carrière politique, devient ecclésiastique pour pouvoir exercer ses talents de musicien et fonder un collège de musique dans sa ville , ainsi que la société qui soutient les positions dogmatiques de l'Église face aux idées nouvelles des Lumières. Progressivement, l'organisation de concerts par des sociétés d'amateurs ou par des collèges devient une pratique régulière qui attire de plus en plus de public.

Du à nos jours En 1808, en pleine époque de la Restauration, le Lucernois Franz Xaver Schnyder von Wartensee et le Zurichois Hans Georg Nägeli fondent la « Société helvétique de musique » qui est suivie en 1842 par la « Société fédérale de chant ». Ces sociétés font connaître, à travers les fêtes qu'elles organisent périodiquement, les œuvres orchestrales de Georg Friedrich Haendel, Joseph Haydn et Ludwig van Beethoven ; à cette époque, l'influence dominante de la musique dans le pays est donné par le mouvement romantique allemand porté par Johannes Brahms et Richard Wagner qui séjourne pendant plusieurs années à Zurich. En 1900, afin de se libérer de cette influence, plusieurs musiciens fondent à Genève l'Association des musiciens suisses dont les fêtes annuelles vont être, pendant plusieurs années, l'occasion de présenter au public des œuvres de compositeurs nationaux. En parallèle avec cette nouvelle association, se développe dans le pays une mode pour le chant choral à quatre voix.

Dès 1886, les fêtes fédérales, alors basées sur la gymnastique et le chant, se voient agrémentées d'un (en allemand festival), représentant des évènements de l'histoire nationale sous forme de tableaux vivants composés de chœurs, de scènes de groupes et de dialogues dramatiques, interprétés par des amateurs. Au fil des années, ces représentations vont prendre de plus en plus d'ampleur, pour culminer en 1903 à Lausanne où plus de montent sur scène. Le genre va progressivement décliner pour se conclure en 1914 en Suisse, où le dernier des Festspiel, La Fête de Juin, mis en scène par Émile Jaques-Dalcroze et Adolphe Appia, est monté à Genève.

Dans la seconde moitié du , les musiques populaires se développent par la multiplication des fanfares civiles et des sociétés locales de musiques qui jouent un rôle social important dans les communes rurales et représentent, dans de nombreux cas, l'unique moyen d'apprendre à jouer d'un instrument de musique. Après la Première Guerre mondiale, le jazz fait son apparition en Suisse et connaît rapidement un important succès, alimenté par une scène locale particulièrement active lors de la Seconde Guerre mondiale en raison de l'isolement du pays, alors entièrement entouré par les forces de l'Axe. La percée du jazz est suivie par celle du rock et de la musique pop qui mettent en avant la langue anglaise ; depuis les années 1970, cette tendance à l'utilisation de l'anglais dans la chanson est combattue par un mouvement suisse alémanique qui prône l'usage du dialecte suisse allemand, en particulier dans le cadre de la musique rock. C'est également depuis les années 1970 que l'enseignement de la musique est structuré dans le cadre de la société suisse de pédagogie musicale, fondée en 1893. : l'enseignement public, assuré par des hautes écoles spécialisées appelées « hautes écoles de musique ». ou par les conservatoires de musique côtoie ainsi l'enseignement privé, souvent donné par des particuliers.

Musique classique

Compositeurs Du au milieu La vie musicale du est influencée par la présence de musiciens allemands comme interprètes ou dirigeant les institutions musicales suisses. Cette influence s'étend également à la Suisse romande.

Richard Wagner, compositeur allemand, est en exil politique à Zurich entre 1849 et 1858. Cette période est l'une des plus productives de sa vie. À Zurich, par exemple, il développe L'œuvre d'art de l'avenir (1849), une nouvelle conception de l'opéra, et des œuvres telles que L'Anneau du Nibelung et Tristan et Isolde L'œuvre d'art de l'avenir - Richard Wagner et Zurich (1849 – 1858) Communiqué de presse de juin 2008 – Musées nationaux suisses.

Friedrich Hegar, comme tous les compositeurs suisses du , se consacre à la musique pour chœur d'homme. Avec Hans Huber, la composition suisse s'étend aux différents styles de musique (musique de chambre, symphonique, oratorio et opéra). Dès 1900 apparaissent davantage de compositeurs suisses, ceux-ci s'étant formés à l'étranger, notamment en Allemagne, comme Fritz Brun, Volkmar Andreae ou Walter Courvoisier. Ernest Bloch se forma, lui, à Genève auprès d'Émile Jaques-Dalcroze. Formé à Bâle, le fribourgeois Jules Marmier (1874 - 1975) anima la musique vocale de son canton entre 1902 et 1936.

Othmar Schoeck (1866 – 1957), formé à Zurich ainsi qu'à Leipzig, est le premier compositeur suisse de réputation mondiale. Il écrira huit œuvres pour la scène, parmi lesquelles Penthesilea (1923 - 25). Frank Martin (1890 – 1974) élabore son propre style. Quelques-unes de ses œuvres : Le Vin herbé (1938 et 1940-1941), Petite symphonie concertante (1944-1945) Concerto pour sept instruments à vent, timpani, et cordes (1949), Golgotha (1945-1948), et Requiem (1971-1972).

Le style néo-baroque est caractéristique des compositeurs suisses dans les années 1920 et 1930. Parmi ceux-ci, on trouve Willy Burkhard, Robert Blum, Peter Mieg (1906 – 1990), Paul Müller-Zürich, Adolf Brunner, Alfred Baum (1904-1993), Conrad Beck et Arthur Honegger (1892 - 1955). Heinrich Sutermeister (1910 – 1995) est connu pour ses compositions d'opéras néo-romantiques, comme son Romeo und Julia (1940) selon William Shakespeare et pour ses 3 concertos pour piano, ses 2 concertos pour violoncelle ainsi que pour son Requiem (1953) créé par Herbert von Karajan.

De la seconde moitié du à nos jours thumb|upright=0.9|Heinz Holliger Le dodécaphonisme viennois arrive tardivement en Suisse. Alfred Keller (1907 – 1987), élève de Schönberg, compose à partir des années 1950. Edward Staempfli ou Rolf Liebermann parmi d'autres ont recours au dodécaphonisme.

La composition d'avant-garde de l'école de Darmstadt avec ses cours d'été internationaux pour la nouvelle musique. est représentée en Suisse sous le nom de (style des temps nouveaux). Paul Gredinger, Jacques Wildberger (1922 – 2006), Philippe Eichenwald (1915 – 2001) composent de la musique sérielle, suivis par Constantin Regamey (1907 – 1982) et Norbert Moret (1921-1998). Edward Staempfli, établi à Berlin depuis 1954, intègre l'idée sérielle mais en suivant sa propre voie. Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Henri Pousseur enseigneront à l'académie de Bâle, chacun à leur tour, entre 1961 et 1963. Klaus Huber (1924 - ) est l'un des compositeurs suisses les plus connus. À Berne se forme un cercle autour de Urs Peter Schneider, fondateur en 1968 de l'ensemble et de concerts du même nom donnés par la Société internationale de musique contemporaine (SIMC). Peter Streiff, Roland Moser et Hans Heugen Frischknecht rejoignent cet ensemble. L'école de Darmstadt a aussi influencé des compositeurs romands, comme Jacques Guyonnet (1933 - ) et Michel Tabachnik (1942 - ).

On peut encore relever deux compositeurs tessinois : Francesco Hoch (1943 - ) et Mario Venzago (1948 - ) ainsi que deux compositeurs vivant à Paris : Giuseppe Giorgio Englert (1927 - 2007) et le valaisan Pierre Mariétan (1935 - ).

À partir des années 1970, les tendances sont à la redécouverte de la simplicité et du romantisme avec des compositeurs tels que Thomas Kessler, Ulrich Gasser, Joseph Haselbach, Martin Sigrist et Dominique Gesseney-Rappo.

Le compositeur lausannois Richard Dubugnon (né en 1968), Prix culturel Vaudois Musique 2014, est aujourd'hui l'un des compositeurs les plus joués de sa génération, tant à l'étranger par les orchestres et solistes les plus prestigieux, que par les principaux orchestres suisses.

Interprètes Orchestres thumb|upright=0.9|Tonhalle (Zurich) Aux et , des cercles d'amateurs de musique privés organisent des concerts que l'on nomme « réunions musicales (Collegia Musica) ». Ils contribueront au développement futur d'une vie musicale qui sera en partie subventionnée par l'État. Les orchestres les plus importants sont : l'Orchestre de la Suisse romande à Genève, fondé en 1918 par Ernest Ansermet qui le dirige jusqu'en 1967, à Zurich l'Orchestre de la Tonhalle (1868) et l'Orchestre de chambre de Zurich, à Bâle l'Orchestre de chambre de Bâle (1984)Orchestre de Chambre de Bâle site basel.ch, consulté le 2 décembre 2008. et l'Orchestre symphonique de Bâle (1876) Über uns site konzerte-basel.ch, consulté le 2 décembre 2008., ce dernier a fusionné avec l'Orchestre Symphonique Radio en 1997Sinfonieorchester Basel (Orchestre Symphonique de Bâle) site basel.ch, consulté le 2 décembre 2008.. L'Orchestre de la Suisse italienne est un autre orchestre qui, à ses origines en 1933, était radiophonique.. L'Orchestre du Festival de Lucerne qui depuis ses origines en 1938 jusqu'en 1993 s'appelait l'Orchestre Suisse du Festival de Lucerne, était composé de musiciens appartenant à différents orchestres professionnels réunis à l'occasion du Festival de musique de Lucerne. Après dix ans d'interruption, Claudio Abbado recréé un orchestreClaudio Abbado et Pierre Boulez à Lucerne article Swissinfo du 14 août 2003, consulté le 2 décembre 2008.. Au début du , on dénombre en Suisse vingt-neuf orchestres professionnels. et près de deux cents si on ajoute les orchestres amateurs..

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