Le (CFEL) est un ancien réseau ferroviaire secondaire français à voie normale situé en partie dans le département du Rhône et en partie dans le département de l'Isère et qui reliait la Gare de Lyon-Est à Aoste-Saint-Genix via Crémieu, Saint-Hilaire-de-Brens (bifurcation pour l'antenne de Jallieu) et Soleymieu-Sablonnières (bifurcation pour l'antenne de Montalieu).

Après une fin d'exploitation progressive jusqu'en , l'emprise de la ligne comprise entre la gare de Lyon-Part-Dieu et Meyzieu Z.I. a été transformée pour permettre d'y faire circuler la ligne T3 du tramway de Lyon, et la navette Rhônexpress pour l'aéroport Saint-Exupéry. À noter pour ce dernier, qu'à partir de la ZI de Meyzieu, la voie quitte l'ancienne emprise du CFEL pour s'orienter au Sud en direction de l'aéroport.

Le reste de l'emprise ferroviaire est désaffecté, pour partie réutilisé en voies vertes. Un projet de remise en service existe entre Meyzieu et Crémieu.

Histoire Création La création de cette ligne fut envisagée dès 1865, avec le projet infructueux conçu par Lucien et Félix Mangini pour créer une ligne de Lyon à Crémieu et Trept, puis celui de Bachelier conçu en 1869 pour créer une ligne plus étendue devant relier Lyon à Chambéry par un itinéraire direct.

La compagnie du PLM s'y opposa, et Bachelier proposa un nouveau projet pour lequel il obtint une concession le , au titre des chemins de fer d'intérêt local, pour relier Lyon à Saint-Génix-d'Aoste (renommé depuis Saint-Genix-sur-Guiers), au confluent du Rhône et du Guiers, en site propre mais suivant approximativement le tracé de l'ancienne Route d'Italie (ancienne route nationale 517).

Il céda ses droits à la Société belge de chemins de fer, qui, après réalisation des travaux, créa la Société anonyme du Chemin de fer de l'est de Lyon (CFEL)A. Sampité, op. cit. en bibliographie. C'est cette dernière qui ouvrit la ligne à voie normale, ainsi que ses deux embranchements aux dates suivantes : De Lyon (gare de l'Est) à Saint-Génix-d'Aoste le . D'une longueur de et comportant 21 gares ; De Soleymieu - Sablonnières à Montalieu, le . D'une longueur de , et comportant 5 gares ; De Montalieu à Amblagnieu, le . D'une longueur de , et comportant 2 gares ; De Saint-Hilaire-de-Brens à Jallieu (Faubourg de Bourgoin-Jallieu), en 1899. D'une longueur de et comportant 4 gares.

La construction de la ligne bénéficia de subventions départementales, pour la section de Lyon à Saint-Genix, et de Sablonnières à Montalieu. Les lignes de Saint-Genix et de Montalieu étaient soumises aux dispositions de la loi de 1865 sur les voies ferrées d'intérêt local (VFIL), la ligne d'Amblagnieu étant, elle, soumise à la loi du , plus favorable pour la création des VFIL.

La compagnie engagea en 1913 des pourparlers avec le département de la Savoie pour prolonger la ligne de Saint-Génix-d'Aoste jusqu'à Chambéry, via Yenne, Le Bourget-du-Lac, La Motte-Servolex et nécessitant le percement d'un tunnel de sous la Dent du Chat, revenant ainsi au projet initial de liaison directe Lyon - Chambéry. Ce projet fut bloqué par la Première Guerre mondiale, puis abandonné après celle-ci en raison du changement des conditions économiques et du développement de la motorisation individuelleJ. Paillard, art. cité en bibliographie.

Le trafic escompté était principalement le fret généré par l'activité agricole de la plaine de l'est lyonnais, les matériaux extraits des carrières de pierre ainsi que la production des cimenteries implantées à Saint-Hilaire-de-Brens, Trept, Bouvesse et les industries métallurgiques ou chimiques implantées dans le secteur de Décines, Meyzieu, Pont-de-Chéruy.

Gares desservies

# Gare Type État actuel Coordonnées Vue ancienne Vue actuelle 1 Voyageurs Détruite 100px 100px 2 Voyageurs Actuellement station de tramway sur la ligne 3 du tramway de Lyon 100px 100px 3 Voyageurs Détruite 100px 100px 4 Voyageurs Actuellement station de tramway sur la ligne 3 du tramway de Lyon 100px 100px 5 Voyageurs Détruite 100px 100px 6 Voyageurs Désaffectée 100px 100px 7 Voyageurs Détruite 100px 100px 8 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 9 Voyageurs Détruite en 2009, emplacement de l'actuelle Maison du Conseil général 100px 100px 10 Voyageurs Désaffectée 100px 100px 11 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 12 Voyageurs Usage d'habitation (depuis 2015) 100px 100px 13 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 14 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 15 Voyageurs Détruite en 1957 100px 100px 16 Voyageurs Désaffectée 100px 100px 17 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 100px|2023 18 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 19 Voyageurs Détruite 100px 100px 20 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 21 Voyageurs Détruite 100px 100px 22 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 23 Voyageurs Actuellement gare du chemin de fer touristique du Haut-Rhône 100px 100px 24 Marchandises Usage d'habitation 100px 100px 25 Marchandises Dans la carrière de Porcieu 100px 100px 26 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 27 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 28 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 29 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 30 Voyageurs Usage d'habitation 100px 100px 31 Voyageurs Désaffectée 100px 100px

La fin du Chemin de fer de l'Est de Lyon vignette|État de la ligne en août 2014 entre Pusignan et Charvieu Comme de nombreuses autres lignes secondaires, concurrencées durant l'entre-deux-guerres par la croissance de l'automobile et des compagnies d'autocars, le CFEL arrête progressivement le transport des voyageurs entre 1935 et 1939, mais continue d'assurer celui des marchandises.

La Seconde Guerre mondiale entraînant d'importantes pénuries de carburants, le service voyageur reprend en 1939, et contribue au ravitaillement des Lyonnais.

La branche de Jallieu est totalement fermée en 1942, après avoir été fermée à partir de Vénérieu (desserte des carrières). À Vénérieu, elle était doublée sur quelques kilomètres par une voie métrique.

Le service voyageur cesse définitivement en 1947, dès le retour des autocars.

En 1957 cesse l'exploitation de la branche d'Amblagnieu et en 1960 le service est limité à Bouvesse. La ligne principale se réduit alors à .

En 1964 est ouverte une importante zone d'activité à Meyzieu, en amont de la Gare de Meyzieu. Le CFEL y exploite une gare marchandise avec un plan de voies important et de nombreux embranchements particuliers, bien visibles sur les plans et photos aériennes de l'époque.

La concession expirant en 1977, une nouvelle société, la Société nouvelle de l'Est lyonnais prend le relais, pour peu de temps. Le fret étant devenu insignifiant au-delà de Meyzieu-ZI, le département de l'Isère décide unilatéralement la suppression de la ligne entre Pusignan et Bouvesse, ce qui prend effet le .

Le département du Rhône confie alors l'exploitation à la SNCF, de la section de ligne, Lyon -Meyzieu Z.I.., soit , jusqu'en 1999, époque où la SNCF n'exploite plus que le tronçon Lyon Part-Dieu - Décines.., sous le régime de la voie mère d'embranchement après réalisation des travaux de mise à ses normes de ce tronçon.

Le tracé de la ligne a été repris en grande partie pour la piste cyclable "voie verte" : vignette

+ FIN DE L'EXPLOITATION Section fin du trafic déclassement de la ligneSaint Hilaire - Jallieu (tous services)1947 trafic voyageur (ensemble du réseau)Morestel à Saint-Genix d'Aoste (fret) Montalieu-Vercieu à Montalieu-Ville et Amblagnieu-Porcieu1957Soleymieu - Sablonnières à Morestel (fret)Meyzieu-ZI à Bouvesse (fret)Décines - Meyzieu-ZI1999 (fret)Lyon-Part-Dieu - Décines

Projet de tramway Un projet de tramway reliant Lyon au Nord-Isère est annoncé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Il doit voir le jour à l'horizon 2030. La future ligne a pour objectif de relier Crémieu à la station du tramway T3, à Meyzieu, avec une fréquence de passage de toutes les 15 minutes aux heures de pointe. Les voyageurs pourront ensuite rejoindre Lyon avec le T3 déjà existant.

Ce tramway empruntera l’ancienne ligne de chemin de fer de l’Est lyonnais (CFEL). Six nouvelles stations seront créées dans le Nord-Isère pour desservir les centres-villes : Crémieu/Villemoirieu, Tignieu-Jameyzieu, Charvieu-Chavagneux ("Petit Prince" et "Centre"), Janneyrias et Pusignan. Des aménagements tels que des parkings vélos et voitures, des accès piétons et une desserte en cars sont également prévus pour améliorer les différentes connexions locales. L’estimation de trafic effectuée par la Région est de 13 500 voyages par jour en 2030, et 16 000 voyages en 2040, soit 12 000 trajets en voiture économisés.

Le prolongement de la ligne du tramway T3 permettrait de bénéficier d’un trajet direct d’environ 50 minutes jusqu’à Lyon Part-Dieu, contre plus d’1h15 actuellement incluant une correspondance.

Le projet entre dans une phase d’études de faisabilité (évaluée à deux millions d’euros), des inventaires faune-flore et des études techniques ont commencé en septembre 2024. Une concertation a lieu du 12 novembre 2025 au 14 janvier 2026. L’objectif est d’obtenir une déclaration d’utilité publique et une autorisation environnementale début 2028, avec une mise en service de ce tramway à l’horizon 2032.

Le projet final devrait avoisiner les 250 millions d'euros (créations de parkings inclus), dont 20 millions dédiés à l'itinéraire cyclable qui sera connecté à la voie verte Arandon-Crémieu à l’est, et à la Voie Lyonnaise 10 à l’ouest. Ordre Station Commune(s) Coordonnées approximatives (Lat, Long) 1 Pusignan Pusignan 2 Janneyrias Janneyrias 3 Charvieu-Chavagneux (Petit Prince) Charvieu-Chavagneux 4 Charvieu-Chavagneux (Centre) Charvieu-Chavagneux 5 Tignieu-Jameyzieu Tignieu-Jameyzieu 6 Crémieu / Villemoirieu Crémieu / Villemoirieu

Infrastructure La ligne

La tête de ligne était située à la Gare de Lyon-Est située avenue Félix-Faure à proximité du Fort Montluc et de l'ancienne gare marchandise de La Part-Dieu, à laquelle elle était reliée. Le dépôt et les ateliers étaient situés à la gare de VilleurbanneJ. Banaudo, op. cité en bibliographie.

La ligne était à voie unique, avec des évitements et des voies de débord dans les diverses gares de la ligne. Le principal ouvrage d'art était le tunnel de Crémieu, long de , dans les gorges de la Fusa, franchies par un tracé assez tourmenté et des rampes de par mètre.

La ligne traversait donc Villeurbanne, la Plaine de l'Ain jusqu'à Crémieu (), avec un tracé plat et facile. Au-delà, le profil est plus ondulé, avec des rampes généralement limitées à ( ponctuellement), mais atteignant sur l'embranchement d'Amblagnieu, les rampes étant orientées dans le sens du trafic.

Les rails, de type Vignole, étaient constitués par des coupons en acier de () et de (), ainsi que des rails soudés longs de ( environ), avec des courbes assez prononcées atteignant de rayon aux abords de certaines gares, limitant de ce fait la vitesse à environ.

Les gares

Pour le style architectural de ses gares, la Société belge des chemins de fer possédait un plan type, emprunté au Grand Central belge, constitué d'un petit bâtiment à un étage à trois ouvertures sous toiture à deux versants, généralement encadré par deux ailes, plus étroites et, sauf exception, plus courtes. Les premières gares, édifiées sur le chemin de fer du Nord-Est, étaient en briques et quelques-unes comme Lumbres et Samer étaient des copies conformes des gares belges ; le plan est ensuite simplifié et adapté aux styles locaux.

Les gares du Chemin de fer de l'Est de Lyon, dont la façade est en pierre calcaire de teinte jaunâtre, reprennent la disposition de petites gares qui ont également été construites sur la ligne de Oiry - Mareuil à Romilly-sur-Seine par Société belge des chemins de fer (avec une façade employant des matériaux différents).

Les haltes du Chemin de fer de l'Est de Lyon emploient les mêmes matériaux mais ont un plan différent : il s'agit d'un petit bâtiment de deux niveaux, sans ailes, comportant deux travées et une toiture à deux versants.