Jacques Novicow (en , ), né le à Constantinople et mort le , était un sociologue russe d'expression française.

Né d'un père russe et d'une mère grecque, il était le quatrième enfant de sa famille. En 1853, celle-ci s'installa à Odessa. Un voyage en Italie, vers l'âge de huit ans, lui fit une forte impression. Il fit des études de droit à l'Université d'Odessa, mais il s'intéressa rapidement aux questions sociales. Il fut professeur à l'Université d'Odessa, mais également membre de la Chambre de commerce et ancien membre du Conseil provincial de cette ville. Il avait de plus hérité de l'industrie de son père. Il passa une partie de sa vie en France et écrivit en français la plupart de ses ouvrages. Son ouvrage Les Luttes entre les sociétés humaines et leurs phases successives lui apporta la notoriété. Farouche opposant du darwinisme social Karl Holl, Pazifismus in Deutschland, Frankfurt am Main, 1988, p.72-73. et de la guerre, il fut l'un des promoteurs et défenseurs de la fédération européenne. Il défendit également le français comme langue internationale, face à l'anglais.

Il fut membre et vice-président de l'Institut international de sociologie. Jacques Novicow, peu connu maintenant, développa une critique rationnelle et systématique de la guerre bien avant que Norman Angell publie La grande illusion.

À en croire l'article de Kevin Alleno paru dans Relations InternationalesAlleno Kevin, « Un projet de paix perpétuelle. Fédéralisme et pacifisme chez Jacques Novicow », Relations internationales,  2013/2 n° 154,  p. 7-20., Angell se serait même grandement inspiré de l'œuvre de Novicow, ce qui occasionna d'ailleurs une grande polémique dans les milieux pacifistes.

Vierdana GrossiVerdiana Grossi, Le Pacifisme européen : 1889-1914, Bruxelles, Bruylant, 1994. explique le relatif anonymat de Novicow par le fait qu'il habitait Odessa et non une grande ville, comme Londres, à l'instar d'Angell. Ce dernier se justifia beaucoup vis-à-vis de Novicow, qui préférait rester discret.

Novicow, par ses thèses pacifistes, eut une certaine « proximité intellectuelle »Alleno Kevin, « Un projet de paix perpétuelle. Fédéralisme et pacifisme chez Jacques Novicow », Relations internationales,  2013/2 n° 154. avec les socialistes bien qu'il détestât leurs thèses économiques et le concept de lutte des classes, qu'il assimilait à du darwinisme social.

Œuvres

Une visite, 1878 Une définition de l’Art, 1882 La Politique internationale, 1886 Les Luttes entre les sociétés humaines et leurs phases successives, 1893 La guerre et ses prétendus bienfaits, 1894 Les Gaspillages des sociétés modernes : contribution à l'étude de la question sociale, Paris, Félix Alcan, «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1894 Le Péril jaune, 1897 Essai de notation sociologique, 1897 Conscience et volonté sociales, 1897 L'Avenir de la race blanche, critique du pessimisme contemporain, Paris, Félix Alcan, «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1897 La théorie organique des sociétés, 1899 La Fédération de l'Europe, 1901 L'Expansion de la nationalité française, 1903 L’affranchissement de la Femme, 1903 La Possibilité du bonheur, 1904 La Justice et l’expansion de la Vie. Essai sur le bonheur des sociétés humaines, 1905 Le Problème de la misère et les phénomènes économiques naturels, 1908 La Critique du darwinisme social , 1910 Le Français, langue auxiliaire de l’Europe, 1911 L'Alsace-Lorraine, obstacle à l'expansion allemande, 1913 L'Illusion patriotique, 1925.

Liens externes Notice biographique Notice biographique, 2

Notes et références

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