Nota bene : l'article orthographie « français » et « rugby » sans majuscules car les adjectifs n'en portent pas dans les noms composés, sauf exception. Voir Usage des majuscules en français.
Le Stade français Paris rugby est un club de rugby à XV français fondé en et basé dans le de Paris. Il évolue au stade Jean-Bouin, stade parisien destiné à la pratique du rugby à XV et situé à côté du Parc des Princes.
Il est issu de la fusion des sections de rugby des clubs omnisports parisiens du Stade français et du CASG (Club athlétique des sports généraux), en 1995.
Il a pris un statut de société anonyme à conseil d'administration, adapté au rugby professionnel, par opposition à l'association loi de 1901. Considéré comme l'un des plus grands clubs de l'histoire du rugby français, il possède un riche palmarès avec quatorze titres de champion de France (1893, 1894, 1895, 1897, 1898, 1901, 1903, 1908, 1998, 2000, 2003, 2004, 2007, 2015), une Coupe de France en 1999 et un titre en Challenge européen en 2017.
Historique Les origines vignette|Première représentation connue des joueurs (1891).|alt=Dessin des joueurs de l'équipe du Stade français en 1891. vignette|Première finale du championnat en 1892 et derby parisien entre le Stade français (marine) et au Racing (ciel et blanc).|alt=Dessin de la rencontre entre le Stade français et le Racing durant la finale du championnat en 1892. vignette|Stade français - Cooper's Hill, 1898.|alt=Photo de la rencontre entre le Stade français et Cooper's Hill en 1898. vignette|redresse|Henri Amand, six fois champion de France avec le Stade français, est le premier capitaine de l'équipe de France.
Le Stade français est une institution sportive fondée en 1883 (ou 1887, selon les sources) à la suite de discussions au café Procope entre des élèves du lycée Saint-Louis, boulevard Saint-Michel à Paris. Il s'agit alors de faire du sport, notamment de la course à pied, mais rapidement, certains lycéens s'intéressent à ce « rugby football » pratiqué par des étudiants britanniques de Paris, et qui devient la discipline phare du club. Vu ses conditions de création, le Stade « français » n'est, à ses débuts, pas un club populaire. En effet, les lycées ont alors un recrutement fortement bourgeois et surtout aristocratique, comme le montrent les compositions d'équipes de l'époque (sept joueurs portant un nom à particule jouent la première finale du championnat, quatre côté Racing club de France, trois côté Stade français), ce qui explique sans doute en partie cet engouement pour une discipline pratiquée par les Britanniques de la bonne société qu'il était de bon ton d'imiter alors. Georges Pastre attribue aussi cet intérêt des jeunes lycéens au fait que le rugby « leur parut bientôt le plus intellectuel de tous les sports »Georges Pastre, Les Boucliers du printemps, Histoire générale du rugby, Tome I, Midi Olympique, 1968..
Les premières rencontres se font contre ces Britanniques de Paris, et ce seraient eux qui auraient accolé l'adjectif « français » au nom de « Stade », choisi par les étudiants en hommage aux athlètes de l'antiquité. Le Stade recrute même plusieurs Britanniques, dont C. Heywood, professeur au lycée Buffon et demi d'ouverture, qui sera le capitaine de l'équipe vaincue par le Racing Club de France lors de la première finale de 1892.
Le Stade est le premier club français à participer seul à un match de rugby international en 1892 à Londres, face à Rosslyn Park. Le , le Stade français retrouve cette équipe de Rosslyn Park à Bécon-les-Bruyères, pour une première victoire hexagonale face à une équipe non française, sur le score de 9 à 8. Le capitaine est alors Louis Dedet. En 1892, le club estudiantin du Paris FC reçut également Rosslyn Park, mais dut s'incliner.
Entre 1893 et 1908, les Stadistes sont huit fois champions de France. Le club dispute bien la finale du championnat 1927, mais il devra attendre 90 ans avant de renouer avec le titre national. Le club tombe une première fois en Deuxième division en 1947, remonte immédiatement, mais pour la seule saison 1948–1949 qui se solde par un match nul, neuf défaites et aucune victoire. Il évolue ensuite en deuxième et troisième divisions jusqu'au début des années 1990.
Le Stade français fournit énormément d’internationaux aux premières équipes de France. Cinq d'entre eux participent au premier match du XV de France, disputé le contre les All Blacks, dont Henri Amand qui devient le premier capitaine de l'histoire du rugby national. Au total, plus d'une cinquantaine de Stadistes porteront le maillot de l'équipe de France.
Fusion avec le CASG Paris En 1992, le Stade français est repris par Max Guazzini, l'un des fondateurs de la station de radio NRJ dont il était alors vice-président et directeur général des programmes. Ce passionné de rugby, originaire du Sud-Est et juriste de formation, décide de relancer à Paris le rugby de club de haut niveau, qui souffrait des déboires du Racing Club de France. Le Stade français végète depuis des années entre séries régionales d'Île-de-France et divisions fédérales. Il y injecte de l'argent, le restructure et le , provoque la fusion de la section rugby à XV du Stade français avec celle du CASG Paris qui évolue alors en groupe B, et donne lieu à la naissance du Stade français-CASG.. Le CASG Paris, lui-même locataire du Stade Jean-Bouin, site qui reste la propriété de la Mairie de Paris, est l'organisateur historique du Challenge Jean-Bouin pendant ses dernières années.
L'ère Laporte Son premier coup de maître est l’engagement comme entraîneur de Bernard Laporte, qui entraînait alors le Stade bordelais. Avec lui à sa tête, le club franchit chaque année un échelon. Pour sa première saison à la tête du club parisien, il remporte le titre de champion de France de groupe B en 1996.
Ayant rejoint le groupe A2 (ancêtre de l’actuelle Pro D2) pour la saison 1996-1997, le club se renforce de manière significative avec notamment les arrivées de Hervé Chaffardon, capitaine des Mammouths de Grenoble, privé du Bouclier de Brennus 3 ans plus tôt à la suite d’une finale polémique après une erreur d’arbitrage. et de la première ligne de Bègles-Bordeaux championne de France 1991.
Premier de sa poule devant Montpellier, il monte immédiatement en groupe A1 de première division pour la saison 1997-1998.
Dès sa première saison au plus haut niveau, le Stade français est sacré champion de France à l’occasion de la première finale disputée au Stade de France, en battant Perpignan en 1998. 1 an plus tard, Bernard Laporte sera appelé à diriger l’équipe de France mais restera proche du club.
XV de départ des champions de France 1998 :
1. Serge Simon 2. Vincent Moscato 3. Philippe Gimbert 4. David Auradou 5. Hervé Chaffardon 6. Marc Lièvremont 8. Christophe Juillet 7. Richard Pool-Jones 9. Christophe Laussucq 10. Diego Dominguez 11. Emori Bolo Bolo 12. Cliff Mytton 13. Franck Comba 14. Christophe Dominici 15. Arthur Gomes
Les années 2000 alt=Photo de l'équipe du Stade français, en cercle, au Parc des Princes en 2005|vignette|Le Stade français Paris au Parc des Princes en 2005. Il remporte cinq autres titres nationaux (2000, 2003, 2004, 2007 et 2015), et dispute trois autres finales perdues : deux en 2005 après prolongations, l’une nationale, contre Biarritz, l’autre européenne, contre le Stade toulousain, et une autre en Coupe d’Europe (2001) — incontestablement le « Graal » du club — contre Leicester.
Le titre de 2000 arrive dans des circonstances étranges. Les joueurs ne s’entendant pas avec l’entraîneur d’alors, Georges Coste, et fomentent un « putsch » qui se solde par le départ du Catalan en mai. C’est virtuellement sans entraîneur qu’ils arrivent en finale, même si Fabrice Landreau a pris les rênes techniques de l’équipe et que Bernard Laporte a avoué par la suite qu'il avait suivi l'équipe à la demande de Max Guazzini.
L’Australien John Connolly, futur entraîneur en chef des Wallabies, amena le Stade en finale de la Coupe d’Europe en 2001. Il fut remplacé en 2002 par le Sud-Africain Nick Mallett, ancien joueur de Saint-Claude et de l’ACBB qu'il fit remonter en Première division, et ancien entraîneur des qu’il mena à une série record de 17 victoires consécutives en 1997 et 1998. Celui-ci fut à l’origine de deux nouveaux titres nationaux consécutifs en 2003 et 2004. C’est l’ancien capitaine du XV de France et du club, Fabien Galthié, qui lui succède. Sous sa houlette, dès sa première année en tant qu'entraîneur, le Stade dispute deux nouvelles finales, en coupe d'Europe face au Stade toulousain (défaite après prolongations 12-18) et en championnat face au Biarritz olympique (défaite 34-37 après prolongations également).
En 2005-06, le club est éliminé lors de la phase de poules de la Coupe d'Europe, puis tombe en demi-finale du championnat de France contre Toulouse (9-12).
alt=Photo du maillot extérieur du Stade français pour la saison 2006-2007.|vignette|Maillot extérieur du Stade français Paris pendant la saison 2006-2007, orné du lys.
En 2007, après une nouvelle désillusion en Coupe d'Europe (défaite d'un point sur le terrain de Leicester, futur finaliste, en quart de finale), le Stade renoue avec un titre en remportant le championnat de France contre l'ASM Clermont Auvergne (23-18). Handicapés par les blessures d'un bout à l'autre de la saison (avec jusqu'à une quinzaine de joueurs sur le flanc en même temps), les Parisiens réalisent l'exploit de demeurer en tête du championnat de la première à la dernière journée, avant de battre Biarritz double tenant du titre en demi-finale, puis Clermont, vainqueur du Challenge européen 15 jours auparavant et fort de tout son effectif. La finale vaudra pour le suspens qui verra le vainqueur changer quatre fois au cours du dernier quart d'heure, le Stade inscrivant l'essai décisif à trois minutes du terme par Radike Samo.
Ce treizième titre marquera la fin d'une époque pour le stade. En effet, de nombreux joueurs emblématiques de la dernière décennie prennent leur retraite (David Auradou, Agustín Pichot, Mathieu Blin et Mike James) ou quittent le club (Fabien Galthié, Sylvain Marconnet, Rémy Martin) au cours des saisons qui suivent. Si le club parvient néanmoins à se qualifier pour les demi-finales (toutes deux perdues) lors des saisons 2007/2008 et 2008/2009, les quatre suivantes sont très décevantes, car le club n'arrive pas à accrocher les phases finales du Top 14. En 2011 et 2013, les parisiens arrivent néanmoins à se qualifier pour la finale du Challenge européen, la petite coupe d'Europe, qu'ils perdent toutes les deux, contre les Harlequins lors de l'édition 2011 et contre le Leinster en 2013.
Après ces dures années de problèmes sportifs et financiers, la saison 2013-2014 marque le début du retour au premier plan du Stade français grâce à une politique de confiance aux jeunes qui commence enfin à montrer ses fruits, associée à une volonté de miser sur la continuité au niveau de l'effectif.
Symboles du renouveau du club, Jules Plisson, Arthur Bonneval, Rabah Slimani et Alexandre Flanquart font leurs premiers pas en équipe de France et le club se montre enfin capable de rivaliser avec les cadors du championnat et de retrouver les phases finales du Top14 pour la première fois depuis 2009. Pourtant leader à la , affaibli par les doublons et disposant d'un banc moins riche que ses adversaires, Paris connaîtra une fin de saison très décevante et finira à seulement un point du sixième, dernier qualifié en barrage.
Mais les joueurs ne connaîtront pas le même destin lors de la saison suivante, 2014/2015, qui les verra retrouver enfin les phases finales et la qualification pour la grande Coupe d'Europe (ERCC). Année marquée également par le départ de deux joueurs emblématiques en la personne du demi de mêlée Jérôme Fillol et du troisième ligne Pierre Rabadan (17 ans au club dont 14 saisons professionnelles).