Le Fort Pélissier, anciennement connu sous le nom de Fort Aventure est un parc de loisirs situé à la limite entre les communes de Pont-Saint-Vincent et de Bainville-sur-Madon, à au sud de Nancy, sur un plateau dominant Neuves-Maisons.
Il est installé dans l'ancien fort de Pont-Saint-Vincent, un ouvrage fortifié construit à la fin du .
Mission de fort d'arrêt À la fin de la guerre franco-allemande de 1870, la frontière franco-allemande est tracée au milieu de la Lorraine, séparant la Meurthe-et-Moselle, qui reste française, et l'Alsace-Lorraine, qui fait désormais partie de l'Empire allemand. Presque aussitôt, la République française fait construire de nouvelles fortifications le long de cette nouvelle frontière, une ligne discontinue appelée le système Séré de Rivières : quatre puissantes places fortes sont aménagées, les places de Verdun, de Toul, d'Épinal et de Belfort, composées d'une ceinture de forts et de batteries et largement garnies d'artillerie et d'infanterie. Si ces places sont réunies deux à deux par des rideaux de forts (le rideau des hauts de Meuse entre Verdun et Toul et le rideau de la Haute-Moselle entre Épinal et Belfort), un vaste espace entre les deux ensembles a été laissé libre : la « trouée de Charmes ». Cette trouée de 59 km de large (entre l'ouvrage du Chanot près de Toul et le fort de Dogneville près d'Épinal), un appât assez évident, est tout de même renforcée par cinq forts isolés, appelés « forts d'arrêt », contrôlant les axes ferroviaires pour rendre difficile une offensive : ce sont les forts de Manonviller (à l'est de Lunéville), de Frouard (au nord de Nancy), de Pont-Saint-Vincent (au sud de Neuves-Maisons), de Pagny-la-Blanche-Côte (au sud-ouest de Toul) et de Bourlémont (à l'ouest de Neufchâteau).
Le fort de Pont-Saint-Vincent est construit entre 1878 et 1881 en bordure d'une côte, à d'altitude, surplombant la confluence entre le Madon et la Moselle, ainsi que l'agglomération formée par Pont-Saint-Vincent et Neuves-Maisons. Le fort contrôle ainsi un des axes d'invasion, comprenant la route nationale 74 (actuelle D974) qui va de Chalon-sur-Saône à Sarreguemines (via Neufchâteau et Nancy), ainsi que la voie ferrée de Nancy à Mirecourt et Langres (via Culmont-Chalindrey). Avec le fort de Frouard plus au nord, le fort de Pont-Saint-Vincent permet d'étendre le périmètre de défense de la place forte de Toul vers l'ouest, intégrant toute la forêt de Haye, l'agglomération de Nancy devant être protégée par les fortifications de campagne élevées dès le début de la mobilisation sur le Grand Couronné. Quatre batteries annexes, construites en même temps que le fort, permettent de battre les angles morts : de Sainte-Barbe (), de la Chapelle (), de Bainville () et Nord-Ouest de Saint-Jean ().
Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militairesNote le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.. Pour le fort de Pont-Saint-Vincent, son nom Boulanger fait référence au maréchal Aimable Pélissier qui commandait pendant le siège de Sébastopol en 1854-1855 : le nouveau nom devait être gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décretLettre bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.. Le fort reprend officiellement son nom précédent.
Description du fort Le fort est entouré d'un fossé sur quatre côtés, appuyé contre l'escarpement, lui donnant une forme de pentagone et délimitant à l'origine une surface de . La défense des fossés est confiée à deux caponnières simples et une double. Le centre du fort est occupé par un casernement à étage construit en maçonnerie et recouvert de terre, sur lequel trône une tourelle Mougin modèle 1876 en fonte (armée de deux canons de ) et autour duquel sont disposées les plateformes d'artillerie, séparées par 19 traverses-abris.
À la suite de la crise de l'obus-torpille dans les années 1880, le fort est modernisé. La première étape est en 1893-1896 : du béton est coulé sur les galeries de communication, deux casernements bétonnés, un abri-caverne et un magasin sous roc sont creusés ; le fort est agrandi au nord-est (à l'emplacement de la batterie de Sainte-Barbe), passant à une surface de , pour y installer une tourelle Galopin modèle 1890 en acier et à éclipse, armée de deux canons de . Le nouveau saillant est équipé d'un coffre de contrescarpe double bétonné. En 1903, un réseau de barbelés ceinture désormais l'ensemble. En 1910, le fort est relié au réseau électrique civil et est équipé avec des groupes électrogènes pour alimenter l'éclairage, la ventilation et permettre la rotation rapide des tourelles. En 1910-1912 est rajoutée une tourelle et deux casemates équipées avec des projecteurs (pour le combat de nuit) ; cinq observatoires cuirassés sont installés..
Quant à la batterie Nord-Ouest de Saint-Jean, elle est composée de sept plateformes de tir, avec quatre traverses-abris et un magasin sous roc, le tout entouré d'un fossé défendu par une caponnière double ; l'armement était en 1914 de quatre canons de de Bange.. Les autres batteries ont été démantelées.
Emploi au Pour la mobilisation française de 1914, le fort accueille deux compagnies du d'infanterie, une batterie du d'artillerie à pied et un détachement du génie, soit une garnison de . Mais les combats ne s'approchent pas du fort. En 1915, les pièces d'artillerie sur affût de place sont envoyées sur le front. À la fin de la Première Guerre mondiale, le fort est utilisé comme dépôt de matériel par la force expéditionnaire des États-Unis.
En , les tourelles d'artillerie ouvrent le feu en direction des colonnes allemandes approchant des ponts sur la Moselle. En 1943, l'Armée allemande fait démonter les cuirassements du fort : les emplacements des deux tourelles ne sont depuis que de larges puits.
Le site est réutilisé par l'Armée française comme centre d’entraînement commando (CEC, dépendant du d'infanterie) à partir de 1971, pour des stages de trois semaines.. Il est rénové en 1980 puis abandonné en 1996.
Transformation en parc de loisirs En 1999, le fort est racheté en vente à la bougie par un groupe de passionnés qui inaugure en 2005 le fort de l’Aventure., le premier à être aménagé dans un fort en France.
Le site s'étend sur : alt=Photo de l'Auberge d'un point de vue extérieur|vignette|Auberge du Fort Pélissier Parcours extérieur d'accropierre avec activités acrobatiques dans les fossés et sur les dessus du fort ; Parcours intérieur avec labyrinthe, chasse aux énigmes, et mission aventure Activités commando, laser et visite historique ; Location des salles voûtées en pierres apparentes pour des réceptions privées ou professionnelles ; Restaurant panoramique en bord de falaise depuis 2018 ; Hébergement à l'étage du restaurant avec vue à 360° Hangar du Fort, bâtiment de réhabilité en 2019 en salle de spectacle ..
En 2025, le restaurant est fermé et l’ensemble du site est mis en vente en septembre, en raison des difficultés financières auxquelles son propriétaire est confronté.
Notes et références
Voir aussi Lien externe .
Articles connexes Fort de Chaudfontaine, fort belge du aménagé en parcours d'aventures.
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