Philippe Candeloro, né le à Courbevoie (Hauts-de-Seine), est un patineur artistique français. Il a obtenu les médailles de bronze aux Jeux olympiques d'hiver de 1994 à Lillehammer et de 1998 à Nagano. Il est également devenu vice-champion du monde en 1994.
Il a inventé une série de sauts pieds-joints en avant ainsi qu'une pirouette sur les genoux qui porte son nom (Candeloro spin en anglais), et il a aussi réalisé le « back-flip ». Ces deux dernières figures ont été interdites en compétition amateur. L'interdiction du back-flip a été levée en 2024.
Biographie
Carrière sportive Enfance Philippe Candeloro a des origines modestes. Son père, Luigi, est maçon et sa mère, Marie-Thérèse, est chef-comptable. Il est d'origine italienne du côté paternel (Abruzzes). Il vit à Colombes en Île-de-France avec ses parents, sa sœur Marinelle et ses deux frères Alain et Laurent. Il découvre le patinage dans le cadre scolaire en 1979 à la patinoire de Colombes où officie André Brunet. Celui-ci repéra très vite l'aisance et le talent de ce jeune garçon, et resta son entraîneur pendant toute sa carrière. La Fédération française des sports de glace (FFSG) lui proposa à dix ans d'intégrer l'Institut national du sport et de l'éducation physique (INSEP), mais Philippe refusa car il préférait privilégier sa bonne relation avec son entraîneur. Alors qu'il n'avait que seize ans lors des Jeux olympiques d'hiver de 1988 à Calgary, il fut choisi pour participer à la cérémonie de clôture.
Saison 1989/1990 C’est la première saison où Philippe Candeloro se fait connaître du grand public. Il participe pour la première fois au Trophée Lalique et y prend la septième place. Pour ses quatrièmes championnats du monde junior, il frôle le podium mais doit se contenter de la . Aux championnats de France à Annecy, il réussit à conquérir la médaille d'argent derrière Éric Millot, son grand rival pendant plusieurs années. Cette performance lui permet de participer à ses premiers championnats d'Europe à Leningrad en URSS. Il rentre directement dans le top 10 européen à une très encourageante . Il participe également à ses premiers championnats du monde "senior" en mars 1990 à Halifax et s’y classa .
Saison 1990/1991 Natacha Dabbadie devient sa chorégraphe pour préparer au mieux les prochains Jeux olympiques. À l’automne, Philippe Candeloro participe pour la première fois au Skate America, puis au Trophée Lalique. Il se positionne respectivement et . Fin novembre/début décembre, il se présente pour la cinquième fois aux championnats du monde junior et espère enfin monter sur le podium, mais il ne peut que s'incliner à la . Aux championnats de France à Reims, il conserve son titre de vice-champion de France derrière son rival Éric Millot. Qualifié pour les championnats d'Europe à Sofia, il progresse dans le classement et prend la , juste derrière Éric Millot. La France ne pouvant envoyer qu’un seul représentant masculin aux championnats du monde de mars 1991 à Munich, Philippe ne peut pas y participer.
Saison 1991/1992 Philippe Candeloro prépare sa nouvelle saison avec en ligne de mire les Jeux olympiques d'hiver de février 1992 organisés en France à Albertville. Il choisit de patiner son programme libre sur la musique du film Conan le Barbare de Basil Poledouris. Mais la saison va mal commencer, car il est victime d'un accident de moto qui va freiner sa préparation. Un mois après son accident, il va connaître, selon lui, une injustice aux championnats de France organisés à Colombes. En effet, après une compétition très serrée, il va perdre une place sur le podium et n'obtenir que la médaille de bronze, ce qui équivaut à une non-qualification pour les Jeux. Philippe Candeloro estime être victime d'une machination et pense que Nicolas Pétorin, qui vient d'obtenir la médaille d'argent, a été soutenu par la fédération. C'est pourtant Éric Millot et Nicolas Pétorin qui iront aux Jeux. Philippe vit très mal cette épreuve qui le prive des championnats d'Europe à Lausanne en janvier et des Jeux olympiques en février, d'autant plus qu'il avait eu de bons résultats la saison passée. La fédération l'envoie toutefois aux championnats du monde de mars 1992 à Oakland, accompagné de son compatriote Axel Médéric, et il entrera dans le top 10 mondial en prenant la . Le public américain, impressionné par sa prestation, lui fera même une ovation.
Saison 1992/1993 Philippe Candeloro fait le choix de conserver son programme libre sur la musique de Conan le Barbare puis se rend à trois compétitions automnales où il est en constante progression: au Skate America en octobre, au Trophée Lalique en novembre, et finalement du Trophée NHK en décembre. Aux championnats de France à Grenoble, il remonte sur la du podium derrière Éric Millot. Il réussit à devancer pour la première fois son compatriote lors des championnats d'Europe à Helsinki, où il remporte la médaille d'argent derrière l'ukrainien Dmytro Dmytrenko et devant Éric Millot qui a la médaille de bronze. Aux championnats du monde de mars 1993 à Prague, Candeloro continue sa progression mondiale et se rapproche du podium en se classant . Après cette saison réussie, on attend une confirmation des résultats la saison suivante.
thumb|left|200px|La pirouette Candeloro, une pirouette se terminant sur les genoux.
Saison 1993/1994 Une nouvelle saison olympique s’ouvre à la suite du choix qu'a fait le CIO (Comité international olympique) en 1986 d'alterner les jeux d'été et les jeux d'hiver. Cette fois, Philippe Candeloro ne veut pas rater sa sélection pour les jeux. Il présente un programme libre sur la musique du film Le Parrain de Nino Rota. Aux compétitions d'automne, il ne fait que progresser dans les classements. Il se glisse pour la première fois dans la peau du jeune Corleone au Skate America en octobre où il déclenche l'enthousiasme des texans. Il s'y classe et le mois suivant, au Trophée Lalique, il est . Puis il remporte le Trophée NHK en décembre pour la deuxième fois consécutive, devant un public chaleureux. Aux championnats de France à Rouen, il réussit à devenir champion de France en battant, pour la première fois à ces championnats, le quadruple champion Éric Millot. En janvier a lieu la dernière compétition pour tester les programmes avant les Jeux. Ce sont les championnats d'Europe à Copenhague où il connaît une contre-performance en ne réitérant pas son exploit de la saison passée. Comme il ne se classe que , les pronostics pour les Jeux ne vont pas être en sa faveur. Néanmoins, Philippe Candeloro arrive aux Jeux olympiques d'hiver de février 1994 à Lillehammer, grâce à son titre de champion de France. Avec son statut d'outsider, il réussit un programme technique quasi parfait (en dehors d'une chute sur son dernier saut) dans le libre avec sa pirouette finale sur les genoux. Malgré la présence du quadruple champion du monde Kurt Browning, et du retour de patineurs professionnels tels que Viktor Petrenko et Brian Boitano, il réussit l'exploit de surprendre tout le monde en obtenant la médaille de bronze derrière le russe Aleksey Urmanov et le canadien Elvis Stojko. Et il réussit à séduire les juges et le public norvégien avec son programme sur la musique du Parrain. Il confirme cette excellente prestation aux championnats du monde de mars 1994 à Chiba, au Japon, en devenant vice-champion du monde derrière Elvis Stojko, en réalisant notamment une combinaison triple axel/triple boucle piqué dans le libre. Cette médaille restera sa meilleure performance à un championnat du monde.
Saison 1994/1995 Après une saison olympique réussie, Philippe Candeloro décide de poursuivre sa carrière amateur jusqu'aux Jeux olympiques suivants. Il souhaite conserver le thème du Parrain pour son programme libre mais en se vieillissant avec un pantalon à rayures et du blush blanc dans les cheveux. Il commence sa saison par les podiums du Skate America (), du Trophée de France qu'il remporte, et du Trophée NHK (). Aux championnats de France à Bordeaux, il conserve la médaille d'or pour la deuxième fois consécutive. Mais aux championnats d'Europe de janvier à Dortmund, il ne prend que la . Son Parrain vieillissant commence, semble-t-il, à lasser les juges et le public. Après trois semaines d'entraînements intenses à Font-Romeu, le patineur français arrive aux championnats du monde de mars 1995 à Birmingham avec un peu d'appréhension. Pour la dernière fois où il patine sur le Parrain, il ne craque cependant pas et réussit à se maintenir sur le podium mondial, remportant la médaille de bronze derrière le canadien Elvis Stojko et l'américain Todd Eldredge. Philippe Candeloro dira qu'il a cherché à se décontracter avant sa prestation et qu'il a pensé à sa chorégraphe Natacha Dabbadie, restée à l'hôtel dans son fauteuil roulant à cause d'une sciatique.
Saison 1995/1996 Changement de registre après deux saisons sur le Parrain, Philippe Candeloro fait le pari audacieux d'un thème humoristique avec le héros de bande dessinée Lucky Luke, sur les musiques de la série télévisée Les Mystères de l'Ouest de Richard Markowitz et du film Le Bon, la Brute et le Truand de Ennio Morricone. Le tout est accompagné de beuglements et de hennissements. De plus, au début du programme, il se cache sous la balustrade des juges. Cette saison est la première où est organisé le Grand Prix ISU. Pourtant, Candeloro ne va patiner qu'à une seule épreuve de celui-ci, le Trophée NHK, pour y tester son "Lucky Luke". Il y gagne la médaille de bronze, juste avant les championnats de France à Albertville où il conserve son titre pour la troisième fois consécutive. Aux championnats d'Europe de à Sofia, il ne prend que la . Et lors des championnats du monde de mars 1996 à Edmonton, Philippe Candeloro souffre d'une blessure à la cheville et s'effondre à la après le programme court. Le fait de se classer du libre lui permet de remonter à la mondiale, alors qu'il avait eu la médaille d'argent deux ans plus tôt et la médaille de bronze l'année précédente. Son programme basé sur Lucky Luke n'a pas porté chance au patineur qui n'obtient aucune médaille dans ce grand championnat international, les juges trouvant sa tenue plus appropriée à des galas qu'à des compétitions. Néanmoins, son cow-boy solitaire lui a permis de gagner encore plus de popularité auprès de ses fans dans le monde entier. Dès son retour en France, après les championnats du monde au Canada, il subit une opération chirurgicale à la cheville droite à l'hôpital Foch à Suresnes.
Saison 1996/1997