Les , aussi appelées îles Senkaku-Diaoyu ou quelquefois îles Diaoyutai (en ) sont un ensemble de petites îles japonaises se trouvant en mer de Chine orientale.

Ces huit îlots et rochers inhabités, incorporés pour la plupart au Japon en 1895, sont l'objet d'un conflit territorial important (leur possession étant liée à l'obtention d'une ZEE afférente), et sont revendiqués concurremment par Taïwan et par la Chine depuis 1971, qui les a pourtant reconnus comme japonais en 1920 sous le gouvernement de la république de ChineCf. par exemple la lettre du consul chinois de l'époque ci-dessous..

Dans les médias internationaux, ces îles sont également parfois appelées Diaoyu (nom utilisé en république populaire de Chine) ou Pinnacle en anglais.

Géographie Localisation Les îles Senkaku se situent au nord-est de Taïwan et au sud-ouest du Japon en mer de Chine orientale. Dans l'ordre croissant des distances, les îles se trouvent à : à l'est de l'îlot militaire de Pengjia, république de Chine (Taïwan) Détails du site d'élevage: Agincourt / Peng-chia-Hsu, Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (ACAP) ; au nord de l'île d'Yonaguni, Japon ; au nord-est de la ville de Keelung, république de Chine (Taïwan) ; au sud-est de la ville de Wenzhou, république populaire de Chine ; à l'ouest de l'île d'Okinawa, Japon.

Administrativement, elles dépendent de la ville d'Ishigaki sur l'île éponyme de la préfecture d'Okinawa (Japon). Géographiquement, elles font partie de l'archipel Sakishima, avec les îles Yaeyama, Miyako (plus au sud) et Ryūkyū.

L'intérêt de ces îles est avant tout économique. En plus de ressources halieutiquesCes îles qui enveniment les relations entre la Chine et le Japon, Le Monde, le 13 décembre 2012, leur environnement sous-marin pourrait recéler d'importants gisements d'hydrocarbures, comme celui de Chunxiao/Shirakaba.

Ces îlots sont officiellement revendiqués depuis 1971 par la république de Chine (Taïwan) qui les rattache au canton de Toucheng dans le comté de Yilan, comme par la république populaire de Chine qui les rattache à la province de TaïwanBrice Pedroletti, « « La Chine entend détrôner la puissance militaire navale du Japon » », interview de Jean-Pierre Cabestan, Le Monde, le 23 septembre 2010, car ils présentent, en plus d'un intérêt économique, un intérêt stratégique certain pour la Marine chinoise.

Topographie

+Nom en japonaisNom en chinoisCoordonnéesSuperficie ()Image Huangwei Yu (, Île de la queue jaune) 1.08Chiwei Yu (, Île de la queue rouge) 0.0609Diaoyutai (, Île de la pêche aux poissons) ou Diaoyu Dao () 4.32Bei Xiaodao (, Îlot du nord) 0.3267Nan Xiaodao (, Îlot du sud)0.4592Chong Bei Yen () ou Da Bei Xiaodao (, Grande île du Nord) 0.0183Chong Nan Yen () ou Da Nan Xiaodao (, Grande île du Sud)0.0048Yan Jiaoyan () ou Fei Jiaoyan (, Rocher volant)0.0008 Les îles Senkaku se composent principalement de cinq îlots : en japonais, Huangwei Yu (, Île de la queue jaune) en chinois, (2 sur la carte de droite, très à l'est) ; en japonais, Chiwei Yu (, Île de la queue rouge) en chinois, (3, au nord-ouest) ; en japonais, Diaoyutai (, Île de la pêche aux poissons) ou Diaoyu Dao () en chinois ; c'est la plus grande île avec de superficie (1, à l'ouest) (25 0 45 'N, 1230 28' E), l'altitude maximale est de ; en japonais, Bei Xiaodao (, Îlot du nord) en chinois, (4) ; en japonais, Nan Xiaodao (, Îlot du sud) en chinois, (5) ; Et de trois rochers : en japonais, Chong Bei Yen () ou Da Bei Xiaodao (, Grande île du Nord) en chinois, (6) ; en japonais, Chong Nan Yen () ou Da Nan Xiaodao (, Grande île du Sud) en chinois, (7) ; , Fei Lai () en japonais, Yan Jiaoyan () ou Fei Jiaoyan (, Rocher volant) en chinois, (8).

Géologie Ce groupe d'îlots et de rochers isolés, actuellement inhabité, repose sur la plate-forme continentale. La profondeur des fonds se situe entre 150 et , au nord-ouest de la fosse d'Okinawa (plate-forme continentale de la marge sud-est de la Chine) Ji Guoxing, « Maritime Jurisdiction in the Three China Seas », le 10 janvier 1995, Jean-Claude Sibuet et al., « Back arc extension in the Okinawa Trough », Journal of Geophysical Research, 1987, vol. 92, . La présence de la fosse d'Okinawa et la position de ces îles dans le contexte de la ceinture de feu du Pacifique fait l'objet des discussions entre scientifiques chinois et japonais en matière de justification territoriale. Quoi qu'il en soit, ce groupe a une histoire particulière et la faune et la flore distinctes des autres îles de l'archipel Ryukyu en témoignent. Les périodes d'isolement ou de rattachement à d'autres terres (mouvements eustatiques et tectoniques) ont défini l'histoire des espèces qui les peuplent.

La plus grande île du groupe, Uotsuri-jima, est essentiellement constituée de grès et est entourée d'un récif de corail. Sept petits sources et ruisseaux constituent le réseau hydrographique. La disponibilité en eau douce ne serait pas suffisante pour un peuplement important.

Durant le Tertiaire et le Quaternaire, les îles Nansei (Ryukyu et Senkaku) ont été maintes fois reliées et séparées à la fois au continent et des autres îles japonaises. La plupart des îles Ryukyu hébergent de nombreux organismes endémiques comme des mammifères (Felis iriomotensis et Pentalagus furnessi). La période d'isolement des Senkaku a sans doute été plus longue que celle de l'ensemble des Ryukyu, et durant plus de six millions d'années au Pliocène ; le groupe a été connecté avec le continent à certaines périodes du Pléistocène, en particulier pendant la baisse du niveau marin de la dernière période glaciaire quaternaire.

L'étude de la lignée des espèces de crabes d'eau douce (Geothelphusa) de Taiwan aux îles Ryukyu semble montrer que leur spéciation est le résultat des cycles de glaciaires et d'interglaciaires durant le Pléistocène Hsi-Te Shih et al., « Pleistocene speciation of freshwater crabs (Crustacea: Potamidae: Geothelphusa) from northern Taiwan and southern Ryukyus, as revealed by phylogenetic relationships », Zoologischer Anzeiger - A Journal of Comparative Zoology, vol. 250, n 4, .

Lors du dernier Maximum Glaciaire (vers - av. J.-C.), le niveau des mers étant 120 à plus bas dans ce secteur, une partie des îles faisait partie de l'Asie continentale et l'autre très proche de la côte. Avec la remontée du niveau marin, le groupe Senkaku et Taiwan semblent n'avoir été isolé du continent que récemment, au Tardiglaciaire, c'est-à-dire moins de (les similitudes de l'herpétofaune de ces îles, de Taiwan et du continent vont dans le sens de ce scénario paléogéographique Hidetoshi Ota, Noriaki Sakaguchi, Sadao Ikehara, TsuTomu Hikida, « The Herpetofauna of the Senkaku Group, Ryukyu Archipelago », Pacific Science, 1993, vol. 47, n3, ).

Flore et faune La plus grande île du groupe, Uotsuri-jima, est principalement couverte de forêts de Livistona chinensis var. subglobosa, Arenga tremula, Ficus microcarpa et Planchonella obovata. Les arbustes de la zone côtière sont essentiellement Scaevola taccada. Les formations végétales naturelles de ces îles sont menacées par l'introduction d'espèces allochtones envahissantes.

L'isolement des îles et îlots a donc permis le développement de lignées spécifiques et la protection des milieux insulaires fragiles est nécessaire ne serait-ce qu'en raison de la présence d'espèces endémiques et d'espèces en danger. Trente-quatre oiseaux terrestres y ont été recensés. Six espèces et sous-espèces de reptiles vivent dans les îles Senkaku (Gekko hokouensis Pope, Eumeces elegans Boulenger, Scincella sp., Ramphotyphlops braminus Daudin, Elaphe carinata carinata Gunther et Dinodon rufozonatus rufozonatus Cantor Dinodon rufozonatum (CANTOR, 1842), The reptile database (Colubridae)). Il n’y a aucun batracien. L'isolement du groupe insulaire et les conflits territoriaux n'ont pas permis d'étude exhaustive comme de protection efficace.

Uotsuri-Jima présente donc un certain nombre d'espèces endémiques comme la taupe Mogera uchidai et la fourmi Okinawa-kuro-oo-ari (Camponotus sp. 6) Japanese ant image database, 2003 S. Ikehara & M. Shimojana, « The terrestrial animals of Senkaku Islands », Scientific reports of the surveys in the Senkaku Islands, 1971, . La taupe de Senkaku est une espèce menacée par les chèvres qui ont été introduites sur l'île en 1978 Yasushi Yokohata, « On the Urgent Appeal for the Conservation of Natural Environment in Uotsuri-jima Island in Senkaku Islands, Japan » in Recent Advances in the Biology of Japanese Insectivora. Proceedings on the Symposium on the Biology of Insectivores in Japan and on the Wildlife Conservation, 1999, ).

Minami-Kojima est l'un des rares lieux de reproduction de l'albatros à queue courte (Phoebastria albatrus), celui-ci nidifie sur Torishima et Minami-kojima. L'albatros à queue courte était sans doute la plus répandue des trois espèces d'albatros du Pacifique Nord. Des millions d'oiseaux ont été tués pour les plumes et les œufs et on pensait l'espèce éteinte en 1949. Quelques oiseaux ont survécu, et grâce aux mesures de protection, il y en reste environ aujourd'hui mais l'avenir de l'espèce est incertain, la majorité des nids de la population mondiale se trouve sur le volcan actif de Torishima et les oiseaux sont menacés par les pêcheries palangrières. Les modifications climatiques constituent une autre incertitude par la réduction de la disponibilité alimentaire en modifiant la température des eaux et, par une augmentation de la fréquence et de l'intensité des typhons menaçant l'élevage des poussins en raison de plus fortes pluies qui érodent les pentes raides où nichent les oiseaux Center for biolocical diversity.

Histoire

Le premier enregistrement de dénomination des îles remonte à la dynastie Ming de Chine (- siècles) dans des livres comme Voyage avec le vent arrière () ou Voyage au Lew Chew (). Les Chinois de la dynastie Ming nommaient déjà Diaoyudao ces îles Unryu Suganuma, Sovereign Rights and Territorial Space in Sino-Japanese Relations, University of Hawaii Press, 2000, 298 pages, inhabitées. Du , elles furent utilisées comme repères de navigation par les émissaires chinois dépêchés à Naha pour l'investiture des rois du royaume de Ryūkyū (1429 — 1879). En 1758, le père Antoine Gaubil, missionnaire français, publia une carte faisant apparaître trois de ces îles sous le nom de Tiaoyu-su, Hoangouey-su et Tchehoey-su, et l'explorateur Jean-François de La Pérouse, dont la frégate lAstrolabe s'approcha en 1787, les décrivit dans son récit de voyage inachevéThierry Mormanne, « Pinnacle et nullité en Mer de Chine Orientale », dans Ebisu, n 12, janvier-mars 1996, (note) et .